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mardi 16 août 2022

13 millions de doses disponibles, mais pas de preneurs: La relance de la vaccination à grande échelle s’impose

Malgré la disponibilité de 13 millions de doses, les Algériens se montrent encore réticents vis-à-vis du vaccin. Les spécialistes du secteur de la Santé souhaitent donner un nouvel élan à la vaccination, alors que le rythme continue de ralentir et l’heure est à la recherche de solutions pour injecter un souffle salvateur de réactivation.

Par Louisa Ait Ramdane

La vaccination anti-Covid est toujours à la traîne. Environ 11 millions d’Algériens sont vaccinés totalement ou partiellement, soit 50 % des 20 millions de la population adulte ciblée par la vaccination. Un taux qualifié par le premier responsable du secteur de très faible par rapport à l’objectif assigné par le gouvernement. Le même responsable va au-delà de la quatrième vague, qui est désormais une évidence, pour parler du risque de l’avènement de la 5e vague, notamment avec le recul du rythme de la vaccination du à la réticence les citoyens.
Les professionnels du domaine appellent à changer de stratégie et relancer la vaccination contre le Covid-19.
Pour Kamel Sanhadji, président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, la relance de la vaccination à grande échelle s’impose, relevant qu’une couverture vaccinale importante jouerait alors le rôle d’anti-confinement en cas d’une éventuelle quatrième vague de la pandémie de Covid-19 qui toucherait l’Algérie. «La relance de l’opération de vaccination à grande échelle, aux fins d’assurer une sécurité sanitaire satisfaisante et de protéger la santé des citoyens, s’impose», a précisé Sanhadji dans un entretien accordé au quotidien national «Liberté». Il a également relevé que «la mise en place d’un mécanisme (pass sanitaire) réglementaire visant à protéger la population serait indiquée, en particulier concernant les personnels des établissements et des structures recevant le public», ajoutant que «l’accès réglementé à ces établissements s’appliquerait également à ce même public».
Pour Sanhadji, «un retour aux mesures de confinement renforcées en Algérie est donc fondé, au cas où les indicateurs épidémiologiques l’imposeraient», faisant observer qu’«une couverture vaccinale importante et significative jouerait alors le rôle d’anti-confinement». Au sujet d’une 3e dose du vaccin anti-Covid-19, recommandée par plusieurs spécialistes, le président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire a expliqué que «des études récentes viennent de démontrer que l’immunité (anticorps) conférée par la vaccination anti-Covid-19 s’amenuise 6 à 8 mois après la vaccination», soulignant qu’«il est donc indiqué qu’une dose de rappel (appelée troisième dose) soit administrée aux personnes vaccinées après au moins six mois». «La troisième dose est un rappel. Quand on est convaincu de l’intérêt de la vaccination contre le Covid-19, la troisième injection (dose de rappel) est une évidence pour avoir un schéma vaccinal complet», a-t-il conclu.
Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, appelle à se tenir prêts face à la quatrième vague de contaminations, en reprenant la vaccination. Dans ce contexte, il a exprimé ses regrets face à la grande réticence de la part de la population quant à la vaccination, bien qu’elle eut connu un rush en juillet dernier avec une moyenne de 250 000 vaccinations par jour. Mais, ajoute-t-il, avec l’amélioration progressive de la situation fin août, la réticence à vacciner a commencé.
Le ministre de la Santé, le Pr Abderrahmane Benbouzid, n’est pas favorable à instaurer l’obligation vaccinale et préfère que la population algérienne prenne conscience et fasse volontairement le vaccin. Dans une déclaration à la Chaîne 3 de la Radio nationale, le Pr Djamel Eddine Nibouche, chef de service cardiologie au CHU Nafissa-Hamoud, à Alger, s’est insurgé contre ceux qui refusent la vaccination anti- Covid-19. Selon lui, «il faut être agressif quant à la vaccination». Le spécialiste a relevé que la vaccination est déjà obligatoire pour les nourrissons, ajoutant «qu’il faut avoir la responsabilité d’imposer le vaccin». Pour le Pr Nibouche, les objectifs du secteur sanitaire pour vaincre la pandémie de Covid-19 ne sont pas encore réalisé.
L. A. R.

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