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dimanche 26 juin 2022

10 morts et 221 personnes secourues en cinq jours : Asphyxie au gaz, la cote d’alerte

Le nombre de décès par asphyxie au gaz est inquiétant. Depuis le début de l’année, soit en seulement cinq jours, dix personnes sont mortes et plus de 200 autres ont été secourues in extremis.

Par Aomar Fekrache

Selon un bilan présenté avant-hier par le chargé de l’information à la Direction générale de la Protection civile, le capitaine Yousfi Mourad, «depuis le 1er janvier, 10 personnes sont mortes asphyxiées par le monoxyde de carbone émanant d’appareils de chauffage et de chauffe-eau au niveau national». Les chiffres des pompiers renseignent amplement sur le grand danger que présente la mauvaise utilisation du gaz de ville pour la santé des citoyens. En fait, au cours de la même période, «700 interventions ont été enregistrées, ayant permis de sauver 221 personnes d’une mort certaine. Ces personnes ont été transférées vers les services hospitaliers pour recevoir les soins nécessaires», a-t-il expliqué. Le plus lourd bilan a été enregistré au niveau d’Alger, avec 3 morts, suivi de Tiaret, Ain Defla et Djelfa (2 décès pour chacune) et un décès à Batna. Les trois personnes mortes dans la commune de Baba Hassen à Alger sont, pour rappel, issues d’une même famille, un homme âgé de 31 ans, son épouse de 21 ans et leur enfant d’un an. Une véritable tragédie qui, à ce rythme, risque de se répéter si les citoyens ne prennent pas au sérieux ce tueur silencieux. Bien que des campagnes de sensibilisation aient été régulièrement diffusées, l’on continue d’enregistrer des drames à travers le territoire national. C’est ce qu’a d’ailleurs regretté le capitaine Yousfi Mourad, soulignant que des campagnes de sensibilisation ont été pour autant menées à travers le pays, pour rappeler aux citoyens la nécessité de respecter les mesures de précaution et de sécurité afin de réduire ces accidents mortels. Le chargé de communication de la Protection civile a imputé ces accidents domestiques au «manque d’aération et d’entretien périodique des divers appareils, à leur mauvaise installation par des personnes non qualifiées, en sus du non-respect des conditions de sécurité». Pour éviter de dormir et ne plus se réveiller, ce gaz étant inodore et invisible, il est recommandé aux citoyens de «mettre en place des ouvertures d’aération en haut et en bas des endroits où l’équipement fonctionnant au gaz est installé et d’utiliser un détecteur de monoxyde de carbone en guise de moyen d’alerte». Si les services de la Protection civile affirment poursuivre leurs efforts et leurs campagnes de sensibilisation, tout compte fait la tâche n’est pas du tout facile. Et pour cause, en Algérie le gaz de ville est en passe d’être généralisé et est désormais accessible même dans les campagnes et les villages les plus reculés. D’où l’urgence d’agir pour sauver des vies humaines et adapter les campagnes de sensibilisation pour cibler toutes les couches de la société. La Protection civile a lancé en octobre dernier une campagne nationale de sensibilisation aux dangers d’asphyxie au gaz sous le slogan «Ensemble pour un hiver chaud et sûr». Un programme «riche» a été élaboré pour cette campagne, dont des portes ouvertes au niveau des unités de la Protection civile, des caravanes de sensibilisation sillonnant les différents communes et villages, outre l’animation d’émissions radiophoniques et télévisées et la diffusion de spots de sensibilisation via les différents médias.
A. F.

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Le ministère de la Santé tire la sonnette d’alarme

Le ministère de la Santé a rappelé, hier, dans un communiqué, les principales directives de la campagne de prévention et de précautions afin de réduire les risques liés aux intoxications au monoxyde de carbone qui continuent de faire des victimes.
Il a souligné, notamment, l’importance de contrôler tous les ans les installations de chauffage et de production d’eau chaude par un professionnel qualifié (chaudière, chauffe-eau, chauffe-bain, cheminée, poêle…), aérer son logement quotidiennement pendant 10 minutes au moins et ne jamais obstruer les aérations du logement.
Le ministère a recommandé également de «n’utiliser d’appareils mobiles de
chauffage d’appoint que dans les pièces convenablement ventilées et par intermittence, ne jamais faire fonctionner un moteur de voiture dans un garage fermé, de respecter les consignes d’utilisation des appareils de chauffage et de ne jamais utiliser d’appareils non destinés à l’usage de chauffage».
R. N.

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