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samedi 24 février 2024

10 détenus israéliens contre un seul jour de trêve Par Mohamed Habili

Hier lundi, c’était le 51e jour de la guerre d’Israël contre Ghaza et le 4e et dernier de la trêve, dont on ne sait si elle sera ou non prolongée, et si oui de combien. On sait en revanche quel en sera le prix, celui-ci étant dûment fixé par l’occupant : un jour de trêve supplémentaire contre la libération de 10 autres otages israéliens. On parle déjà d’une offre israélienne de deux jours de trêve en échange de la libération de 20 otages, une information pour l’heure non confirmée, du moins sous cette forme précise. On se demande pourquoi une prolongation de deux jours seulement, et pas d’une autre qui soit plus longue ou plus courte, du moment que les termes de l’échange sont connus : un jour de trêve contre 10 otages israéliens, entraînant eux-mêmes la libération de 30 prisonniers palestiniens. Dans ce cas il suffirait de connaître le nombre exact d’Israéliens encore détenus, puis de le diviser par 10, pour obtenir celui des jours de trêve dont pourraient jouir les habitants de Ghaza, si bien sûr la résistance acceptait de passer sous les fourches caudines d’Israël. Evidemment il y aurait bien plus à gagner si elle arrêtait de libérer les otages par groupe et acceptait tout simplement de se rendre.

Ce ne serait plus la trêve au compte-gouttes mais le cessez-le-feu une bonne fois pour toutes, évidemment contre la reddition de tous les combattants palestiniens sur le pied de guerre depuis le 7 octobre. Dans la région, bien des Etats arabes sont en train de pousser dans cette direction, sans le dire explicitement toutefois, mais en mettant à profit les médias qu’ils contrôlent pour faire passer le message. C’est le cas notamment d’al-Arabia qui a passé la journée d’hier à diffuser en boucle les images montrant l’étendue des destructions causées par les bombardements israéliens, destructions qui sont bien réelles. Il s’en est trouvé un dirigeant du Fatah pour s’exprimer sur la même chaîne en des termes plus clairs encore, se posant en particulier la question de savoir si les «supposés succès obtenus sur le terrain» justifiaient tous ces morts, ces souffrances et ces destructions. La réponse était dans la question. Pour autant, il n’est pas allé jusqu’à appeler ouvertement le Hamas à se rendre, à l’évidence le seul moyen à ses yeux de mettre fin au calvaire des habitants de Ghaza, mais il ne s’en est pas fallu de beaucoup qu’il le fasse. Peut-être est-ce seulement parce qu’il sentait que les Palestiniens eux-mêmes n’étaient pas encore prêts pour la reddition totale qu’il suggère, et qui de son point de vue relève du bon sens. La réalité, c’est que ni le Fatah ni nombre d’Etats de la région ne voudraient dans l’absolu d’une victoire du Hamas. L’un des articles du communiqué final de la conférence conjointe arabo-islamique organisée sur l’initiative de l’Arabie saoudite faisait obligation aux participants de briser le blocus israélien sur Ghaza. Il est resté lettre morte. Et pour cause, le mettre en application revenait à entrer en guerre avec Israël, ce qui évidemment n’était pas le but recherché, d’autant que le cas échéant ce ne serait pas seulement avec Israël mais également avec les Etats-Unis, l’allié de beaucoup de ces Etats. Les dirigeants du Hamas ont néanmoins et cela à plusieurs reprises demandé sa mise en œuvre, tout en cherchant à mobiliser les opinions arabes dans cette optique. La reddition contre la fin des souffrances des Palestiniens de Ghaza n’est pas dans les intentions des combattants palestiniens, d’autant plus qu’ils estiment ne pas avoir encore perdu la guerre.

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