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POINT chauds Par Fouzia Mahmoudi 17/12/2018

RIC

 Si les «gilets jaunes» ont maintenu leur mobilisation ce samedi pour le cinquième samedi de manifestation à Paris et un peu partout ailleurs en France, les contestataires ont ajouté cette fois-ci une nouvelle requête à leur liste de demandes. En effet, la revendication montante du mouvement des «gilets jaunes» est désormais le référendum d’initiative citoyenne (RIC) ou populaire, défendu également par plusieurs partis politiques sous des formes diverses, vise à faciliter la consultation du peuple, sans associer le Parlement en amont. Samedi, devant l’Opéra Garnier à Paris, des représentants des «gilets jaunes» ont réclamé un tel dispositif afin de «rendre au peuple son rôle souverain». Alors que plusieurs manifestants brandissaient des pancartes «RIC», ils réitéraient ainsi une demande formulée jeudi devant la salle du jeu de Paume à Versailles, haut lieu de la Révolution de 1789. Pour les manifestants de ce mouvement, d’abord axé essentiellement sur le pouvoir d’achat, il s’agit de modifier la Constitution pour «donner au peuple le droit de rédiger ou d’abroger une loi sur le sujet qu’il choisit». Voire de révoquer des élus et même le président, alors que les «Macron démission» ont encore fusé en France samedi. Dans une liste de revendications diffusée fin novembre, des «gilets jaunes» demandaient qu’une proposition de loi obtenant 700 000 signatures entraîne un référendum national dans un délai d’un an, après un passage pour éventuel amendement à l’Assemblée nationale, le Parlement n’étant donc pas sollicité en amont. Outre les référendums à l’initiative de l’exécutif ou du Parlement, la réforme constitutionnelle de 2008 sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy a déjà inscrit la possibilité, dans de strictes conditions, de «référendums d’initiative partagée». Il faut «un cinquième des membres du Parlement, soutenus par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales», soit au moins 185 députés et sénateurs et plus de 4,5 millions d’électeurs. Difficile à mettre en œuvre, cette procédure n’a jamais été utilisée. Plusieurs candidats à la présidentielle, du RN à LFI, souhaitaient instaurer de véritables référendums d’initiative populaire, comme en Suisse ou en Italie, mais pas Emmanuel Macron. Reste à savoir quelle sera la popularité du RIC dans les jours et semaines à venir et si cela deviendra leur principale revendication, forçant alors le gouvernement à y répondre.

 
 

 

 

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