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LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 25/04/2019


A Khartoum, le siège du Q.G se poursuit


 Avant-hier se sont tenus en Egypte deux mini-sommets africains, sur initiative d’Abdelfattah Sissi, président en exercice de l’Union africaine, l’un consacré à la crise soudanaise et l’autre à la situation en Libye, suite à l’offensive des forces de Khalifa Haftar sur Tripoli. Deux des pays concernés au premier chef par ce qui se passe dans ces deux pays, l’Algérie et la Tunisie, n’y ont pas pris part cependant, soit parce qu’ils n’ont pas été invités, soit par ce qu’il y a eu entente préalable avec le pays organisateur pour que son président parle en leur nom dans ces deux dossiers brûlants. En l’absence de toute indication à cet égard, force est de privilégier la première hypothèse, d’autant que pour la Tunisie au moins, on est certain qu’elle ne professe pas la même opinion que l’Egypte sur les derniers développements en Libye. Théoriquement, d’ailleurs, l’Algérie aussi, mais compte tenu de ses problèmes internes actuels, on comprend qu’elle ne soit pas portée à exprimer haut et fort sa différence par rapport à l’Egypte, sur la question libyenne plus particulièrement, ce que probablement elle aurait fait en temps ordinaire. Qu’il s’agisse de la Libye ou du Soudan, l’Egypte n’a jamais fait mystère de son alignement sur l’une des parties en conflit : sur Tobrouk pour ce qui est du premier, sur l’armée soudanaise pour ce qui est du second, encore que sa position dans ce cas soit contrainte compte tenu de la nature des forces en présence.
 

Pour l’heure, on sait sur quelle résolution a abouti la réunion sur le Soudan, mais pas encore celle sur la Libye. Au terme de cette résolution, le Conseil militaire se voir proroger le délai dans lequel il doit avoir transféré le pouvoir à un gouvernement civil, lequel délai est passé de 15 jours, qui vient à expiration, à trois mois. Au but de ces trois mois, le Conseil militaire doit s’être effacé devant un pouvoir composé de civils. Le sommet ne dit en revanche rien sur ce que doit faire le Conseil militaire pour y parvenir. Il disposait de 15 jours pour ce faire, désormais il n’est plus aussi pressé par le temps, si toutefois pour lui la difficulté à résoudre est la même : parvenir à un accord politique avec une opposition de masse, qui s’est dotée d’un organe de représentation, et dont le trait caractéristique n’est pas la patience. La situation de l’armée soudanaise est sans exemple. A bien des égards, elle est insoutenable : depuis maintenant près de trois semaines, l’esplanade de son quartier général est occupée jour et nuit par une foule immense, qui en contrôle les entrées et les sorties, et qui n’est disposée à se disperser que si l’armée consent à lui remettre le pouvoir. Quelle armée accepterait que son quartier général soit encerclé de cette façon, par une foule qui elle-même, il est vrai, n’est forte que de ses convictions et de son désir de changement. Compte tenu du problème auquel il est confronté, et qui est pressant, ce n’est pas tellement de temps que le pouvoir soudanais a besoin, que de l’assurance qu’il ne sera pas condamné s’il en est réduit à user de la force pour dégager les abords de son quartier général. A-t-il oui ou non le droit d’en reprendre le contrôle par tous les moyens en sa disposition, dans le cas bien sûr où les moyens pacifiques se révèlent inopérants ? La résolution adoptée au Caire ne constitue pas une réponse claire à cette question. Elle peut même être interprétée comme une réponse négative à une question de cette nature. On n’attend pas de vous de commencer par réprimer cette même foule à qui justement il vous est fait obligation de remettre le pouvoir au plus tard dans trois mois. A vous de trouver comment sortir de ce dilemme apparemment insoluble.


 


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