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LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 23/09/2018


Pour les Européens, tout sauf un Brexit à l'amiable

 La réunion informelle de Salzbourg des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne a-t-elle été organisée autrement que pour y attirer Theresa May et lui faire passer un mauvais quart d’heure ? Celle-ci n’est pas allée jusqu’à l’affirmer dans la déclaration solennelle qu’elle a faite à son retour à Londres, mais elle a tout de même assez fait comprendre à ses compatriotes que les dirigeants européens n’ont montré à cette occasion ni à elle, ni par conséquent à eux, tout le respect qu’elle-même a tenu à faire preuve à leur égard. Tout semble s’être passé comme si la réunion n’avait qu’un seul véritable ordre du jour : faire bloc contre la Première ministre britannique, rejeter globalement et dans le détail ses propositions pour le Brexit, et de la sorte l’affaiblir davantage au sein de son propre parti, où elle est contestée pour ce même plan de sortie de l’Union européenne. Entre ceux des conservateurs partisans d’une rupture sans concessions avec l’Europe, dont la figure de proue est Boris Johnson, l’ex-chef de la diplomatie, et ceux qui comme Theresa May entendent sauver l’essentiel des relations économiques actuelles avec l’Europe, quelqu’un de naïf penserait que les dirigeants européens auraient intérêt à avoir plus de sympathie pour ceux-ci que pour ceux-là. C’est qu’il ne tiendrait pas compte de ce qui à leurs yeux est le plus important. Pour eux il ne devrait surtout pas y avoir de Brexit heureux.
 

Tout pays membre de l’Union qui serait tenté de suivre l’exemple de la Grande-Bretagne devrait abandonner cette idée au vu de ce que celle-ci est en train de subir en ce moment, c’est-à-dire avant même qu’elle ne soit sortie. Un Brexit heureux, et c’est la porte ouverte devant les eurosceptiques, et autres antieuropéens que comptent l’Union. Et c’est à terme la fin du projet européen. On peut donc leur faire confiance pour opposer au gouvernement britannique, à la limite quel qu’il soit, celui de Theresa May ou d’un autre, les arguments les moins acceptables pour lui. Pour l’heure, celui qu’ils suggèrent l’air de ne pas y toucher concerne la frontière entre l’Irlande du Nord, qui comme chacun sait fait partie de la Grande-Bretagne, et l’Irlande, Etat indépendant membre de l’UE. Une sortie de la Grande-Bretagne du marché commun devrait avoir pour premier effet le rétablissement de cette frontière terrestre, la seule d’ailleurs qu’ait le Royaume-Uni. Ce que le gouvernement May cherche par tous les moyens à éviter, aussi bien pour des raisons économiques que politiques, en réalité davantage pour ces dernières. Or que proposent les Européens pour résoudre cette difficulté ? D’un côté que l’Irlande du Nord, qui soit dit en passant a voté majoritairement pour le maintien dans l’UE, reste dans le marché commun, ce qui revient à la séparer de la Grande-Bretagne. Ou sinon le déplacement de cette frontière ailleurs, de préférence en pleine mer, ce qui n’est guère mieux pour les Britanniques, qui le cas échéant verraient leur seule frontière terrestre échapper à leur contrôle. Reste une troisième proposition, que le Premier ministre de Malte a bien voulu dévoiler aux médias, pour le cas où les Britanniques tiendraient trop à leur intégrité territoriale, et qui à l’en croire aurait les faveurs de ses pairs : l’organisation d’un deuxième référendum sur le même sujet que celui d’il y a maintenant plus de deux ans. Ce que Theresa May a catégoriquement rejeté, mais que d’autres personnalités britanniques préconisent. A l’exemple de Tony Blair, qui, il est vrai, n’a plus rien à perdre. Il ne doit pas exister un seul politique britannique pour oser demander à ses concitoyens de corriger un premier vote par un deuxième.


 


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