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LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 26/03/2017


Nécessité fait loi


 Le gouvernement entend-il interdire l’importation de tout produit fini autres que les produits de première nécessité, alimentaires et autres, comme par exemple les médicaments ? On le croirait en tout cas sur la foi des propos tenus la semaine dernière par le ministre du Commerce par intérim, Abdelmajid Tebboune, dans un entretien avec la Chaîne III, au cours duquel il a vivement fustigé l’explosion des importations de ces dernières années, qui s’est étendue, a-t-il dit, à des produits parfaitement superflus, un luxe ou une gabegie que ne peut se permettre un pays dont la balance commerciale accuse un déficit de 17 milliards de dollars. Et de convenir qu’effectivement instruction est donnée aux banques de refuser les domiciliations relatives à ce type de produits. Mais comme par la même occasion, il a invité les opérateurs à renouveler leurs licences d’importation, celles dont ils disposent étant arrivées à échéance, on ne sait plus très bien comment il faut précisément l’entendre. En particulier, on ne sait plus si l’interdiction concerne tous les produits finis, «de 7e et de 8e nécessité» comme il les a qualifiés lui-même, auquel cas l’importateur n’a même pas à chercher à obtenir une licence s’agissant d’eux, ou s’il ne l’apprend qu’après coup, qu’une fois sa demande repoussée. Ce qui laisse supposer que toutes les demandes ne le seront pas, qu’il y a là pour tout un chacun une chance à tenter.

Quel sort sera réservé à celles qui portent sur des produits non pas de «7e et 8e nécessité», mais disons de «2e et de 3e nécessité» ? Du moins l’importateur de chewing-gum, donné en exemple par le ministre, sait par avance à quoi s’en tenir ; il doit changer soit de produit soit de domaine d’activité. Celui de chocolat aussi, à ce qu’il semble, encore que son cas soit plus défendable. Une liste de produits autorisés à l’importation serait en préparation, à moins qu’elle ne soit déjà prête, et c’est par rapport à elle que les verdicts des services concernés seraient rendus. Quoi qu’il en soit, le gouvernement s’est fixé un objectif, qui est de réduire de 15 milliards de dollars la facture des importations. Il ne s’en détournera pas, sauf circonstances exceptionnelles. Faut-il compter au nombre de ces dernières une hausse significative du prix du baril, qui surviendrait à bonne distance de la fin de cette année ? Le ministre du Commerce n’a pas soulevé cette éventualité, et on le comprend. Il n’en reste pas moins judicieux de ne pas la perdre de vue. C’est qu’il est déjà arrivé aux pouvoirs publics de mettre en œuvre des mesures restrictives à l’effet de réduire le coût des importations, mais qui pour le moins n’ont pas été couronnées de succès. Celles qui ont été prises en 2009, dans le cadre d’une loi de finances complémentaire, ont suscité du mécontentement dans une partie de l’opinion, qui y a vu l’amorce d’un nouveau cours économique, un divorce d’avec la ligne libérale suivie jusque-là. Mais loin de se tasser, c’est à partir de ce moment que les importations et leur coût ont au contraire véritablement explosé. Il faut dire que passé l’année 2009, marquée par un retournement à la baisse du marché pétrolier, le prix du baril est reparti à la hausse. Si bien que les belles résolutions de cette année n’ont pas réduit les importations, si elles les ont peut-être empêchées d’atteindre un sommet. Mais il y a toutefois différence de taille entre cette année-là et 2017 : ce qu’il y a en perspective ce n’est pas une hausse mais plutôt une baisse du prix du baril. Voilà pourquoi il faut prendre au sérieux le gouvernement quand il se montre déterminé à ramener à l’équilibre la balance commerciale.


 


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