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21/03/2019
 
 

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Mourad Preure nie les rumeurs sur les contrats gaziers avec la France
«L’Algérie ne donne pas gratuitement son gaz»

  Questionné sur les rumeurs qui courent sur les contrats gazier signés avec la France, Mourad Preure, expert en énergie, a affirmé qu’«on ne donne pas gratuitement le gaz, cela n'est pas possible», expliquant qu'«un méthanier transportant le gaz ne quitte pas le port d'Arzew ou de Skikda si la douane ne met pas son tampon».

Par Thinhinene Khouchi

Lors de son intervention à la Radio nationale, l’expert en énergie a tenu à démentir les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux depuis un moment. En effet, Mourad Preure a assuré qu’un méthanier transportant le gaz ne quitte pas le port d’Arzew ou de Skikda si la douane ne met pas son tampon et donc «non, l’Algérie ne donne pas gratuitement son gaz». Quant aux gazoducs qui vont vers l’Espagne et l’Italie, «il y a des points de comptage», a-t-il expliqué, précisant que «lorsqu’un bateau transportant du pétrole quitte l’Algérie, la Banque d’Algérie exige à ce que les recettes soient rapatriées  dans un délai très court». Il a indiqué qu’il y a une comptabilité matière au niveau de Sonatrach et on ne peut pas donner du gaz gratuitement. «Il y a une traçabilité obligatoire». L’expert estime qu’en cas de rupture d’approvisionnement, les fournisseurs se bousculeront pour alimenter la France, y compris les Etats-Unis, le Qatar et la Russie, qui représentent 25% de l’approvisionnement gazier européen. La France produit 80% de son électricité à partir du nucléaire. Il a par ailleurs rappelé que l’Algérie a toujours réussi, dans des moments sensibles, à rassurer ses partenaires. Il n’y a pas eu de rupture d’approvisionnement durant la décennie noire, d’autant plus que nous avions
14 000 km de pipelines. «Nous avons réussi à maintenir le système gazier et pétrolier en fonctionnement, malgré les risques». En outre, la baisse de la production pétrolière en Algérie pose la question quant à la capacité du pays à honorer ses contrats à court et à long terme. A ce propos, Preure a indiqué que «les gisements ont besoin aujourd’hui de beaucoup d’efforts et de technologie pour retrouver leur rythme de production normale». «Nous avons un potentiel indiscutable, mais pendant plus de 15 ans le développement de l’amont a été ralenti, parce que nous avons touché plusieurs fois la réglementation, ce qui a entraîné une désaffection des compagnies pétrolières pour l’amont algérien», a-t-il souligné, indiquant que «pour toutes ces raisons, notre production traverse un trou d’air dû au manque d’investissement». Preure a indiqué que l’Algérie reste un partenaire stratégique en termes d’approvisionnement. Cependant, «en 2010, l’Algérie représentait 16% de la demande gazière européenne, aujourd’hui elle représente 8%». Selon l’expert, notre part a baissé en raison de la présence de concurrents très agressifs, notamment le gaz de schiste américain, le Qatar qui est un concurrent extrêmement agressif et les marchés asiatiques se trouvent aujourd’hui concurrencés par l’Australie et l’Est africain. A ce propos, Preure a rappelé que le Qatar dispose de 77 millions tonnes de capacités de liquéfaction, qu’il va porter, grâce au projet Race Lafane 2, à 100 millions de tonnes, alors que l’Algérie ne dispose que de 24 millions de tonnes, mais le pays reste la source d’approvisionnement la plus proche des marchés européens. Abordant la situation actuelle du pays, l’expert a indiqué que certains pays pourraient profiter du contexte actuel pour prendre les parts de marché à l’Algérie, notamment le Qatar. Selon lui, «tout fléchissement de l’offre algérienne sera immédiatement compensé par des volumes concurrents». Il a rappelé qu’«en cas de rupture d’approvisionnement, les industriels qui achètent du gaz algérien se reporteront immédiatement sur le gaz qatari et américain ou même russe, puisque les Russes sont en train de doubler leur gazoduc nord, alors que nos exportations sont de 54 milliards de mètres cubes». Il a souligné que le gaz de schiste américain veut aussi se positionner sur le marché européen. Le Congrès américain a approuvé 54 millions de tonnes de capacités de liquéfaction, d’autant plus que la demande gazière aux Etats-Unis fonctionne sur un cycle opposé à la demande européenne. Enfin, l’invité de la radio a expliqué que «le pic de la consommation aux USA est en été, alors qu’en Europe, le pic est observé en hiver. Le gaz américain se vend en Europe à 7 dollars de BTU».


T. K.

 

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