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21/03/2019
 
 

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Les partis du pouvoir passent à l'opposition !
Concert de bruits de vestes qui se retournent 

  C'est à une ahurissante cacophonie de bruits de vestes qui se retournent à laquelle, médusé, assiste le citoyen algérien, sur fond du soulèvement populaire que connaît le pays depuis quatre semaines.

Par Nadjib Stambouli

S’il est quelque peu attendu et compréhensible que des individus ou des groupes saisissent l’impressionnant appel de la rue exigeant un chamboulement radical de la donne politique pour enfourcher cette dynamique et se positionner dans l’échiquier à venir, il est par contre surprenant, révoltant même, que ces voltefaces émanent de la force qui soutient, plutôt soutenant, Bouteflika, à savoir l’Alliance présidentielle. Hier et avant-hier, les figures de ces partis, dont deux anciens Premiers ministres, Ouyahia et Benflis, ont fait étalage d’un incroyable sens de l’opportunisme, en prenant fait et cause, ô paradoxe, pour les revendications portées par les millions de marcheurs qui ont scandé haut et fort leur refus de prolongation du statu quo avec le même cheptel politique. Benflis s’est livré à de prétendues révélations, notamment sur l’interdiction des marches à Alger et sur la loi sur les hydrocarbures, avec une célérité qui a mis… dix-sept ans, soit son retrait des commandes, à émerger au grand jour. On connaît des méthodes pour se refaire une virginité, mais avouons que celle-là est plutôt originale. L’autre ex-Premier ministre, Ouyahia, pour lequel on n’a pas attendu son statut d’ambulance pour lui tirer dessus, puisque il a été fustigé à plusieurs reprises sur ces mêmes colonnes alors qu’il détenait encore les rênes de l’exécutif, s’est fendu d’un message qui a étonné plus d’un. En effet, il y a quelques jours, il n’a rien trouvé de mieux à faire, en sa qualité de SG du RND, que d’appeler «le pouvoir à répondre en urgence aux revendications du mouvement citoyen» auquel il affirme son soutien, toute honte bue. Ces deux anciens Premiers ministres, entre l’attitude attendue d’eux, soit d’assumer soit de se taire, ont choisi cette troisième voie, celle de l’opportunisme éhonté, dans l’espoir de redorer leur blason, terni par leur propre gestion des affaires du pays. Non content de ne pas avoir observé le quart de décence avant de prendre en marche le train des revendications citoyennes, Ouyahia a chargé son habituel préposé aux basses besognes, Seddik Chihab, de monter au créneau. Ce dernier a déclaré tout bonnement, contre toute attente, que le RND était contre la candidature de Bouteflika pour un cinquième mandat, mais qu’ils n’ont «pas eu le courage de le dire» ! On aura tout vu… Mieux, le même Chihab va jusqu’à théoriser l’opportunisme, en évoquant «la différence entre la conviction et le discours». Mais trop, c’est trop ! Même le RND a puisé dans ses reliquats de dignité principielle pour recadrer très sèchement son porte-parole. Dans cette atmosphère surréaliste où les langues se délient et les masques tombent, le bon vieux FLN devait se sentir en reste. Dans la folle journée d’hier, le SG par intérim de ce parti, Bouchareb, comme son pair du RND, a pris option pour le surf sur la vague contestataire en disant soutenir les revendications populaires. Autrement dit, avec le RND et le FLN, on se retrouve avec les seuls partis au monde à être à la fois au pouvoir (certes, pour quelques jours ou quelques heures encore) et dans l’opposition. En passant, Bouchareb tire à boulets rouges sur la gestion de Ouyahia, et la boucle est bouclée pour offrir devant Dieu et ses créatures le peu valorisant, dégradant même, spectacle de partis et de personnalités sans foi ni loi lorsqu’il s’agit de qualifier de blanc ce qu’ils décrivaient hier encore comme noir. Ce sont là des attitudes de sangliers blessés, qui au lieu de se diriger vers le mouroir ou le placard aux oubliettes que leur indiquent les marcheurs dans leurs mots d’ordre sous le sceau de silmia silmia, s’accrochent avec l’énergie du désespoir à leur féroce appétit de pouvoir. Après avoir prouvé qu’ils étaient capables de tout, ils démontrent aujourd’hui qu’ils sont capables du pire : se renier. Encore faut-il avoir des convictions, pour pouvoir se renier…

N. S.

 

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