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17/02/2020
 
 

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Rencontre gouvernement-walis
Corruption, abus de fonction et gaspillage d’argent public ciblés par Tebboune 

  S'adressant aux walis, lors de l'ouverture de la réunion gouvernement-walis, le président de la République a donné, hier, des instructions fermes pour lutter avec «rigueur» contre la corruption et l'abus de fonction. Abdelmadjid Tebboune recommande aux responsables centraux et locaux de faire face au gaspillage des dépenses publiques, estimant que le citoyen souffre encore de ce qu'il a qualifié de «petite corruption».

Par Meriem Benchaouia

Selon lui, «le citoyen est en droit de bénéficier des services de l’administration et de demander les documents dont il a besoin, sans qu’une quelconque compensation ne lui soit exigée en contrepartie». le Président de la République a rappelé, à cet égard, l’existence de pratiques «inacceptables» exercées par l’administration contre le citoyen, ce qui est plus grave que la corruption, a-t-il soutenu. «L’abus de fonctions dans le but de s’enrichir reste illicite (haram), d’où l’impératif de lutter contre ce phénomène, car nul n’a le droit d’exiger du citoyen une compensation en contrepartie d’un service», a ajouté le chef de l’État, appelant les responsables concernés à honorer leurs engagements vis-à-vis du citoyen qui «sait pertinemment distinguer le véritable responsable, de celui qui veut gagner du temps». Étayant ses dires, le Président Tebboune a cité le dossier d’attribution de logements à Alger, où 16 800 certificats de résidence falsifiés avaient été découverts, vendus à 1 500 DA le certificat. Il s’agit d’un sujet «sensible touchant directement le citoyen», a-t-il dit, appelant à combattre ce phénomène, et ce, «quelle que soit la personne impliquée». Par ailleurs, le président a affirmé que «les dépenses publiques doivent être affectées au règlement des problèmes de développement et non pas gaspillées et utilisées pour la réfection des trottoirs tous les six mois». A ce titre, il a indiqué que «les trottoirs sont parfois rénovés tous les six mois alors que le citoyen habitant à quelques kilomètres du chef-lieu de la wilaya manque d’eau et d’électricité», mettant l’accent sur l’impératif de maîtriser et de contrôler les marchés publics portant sur ces travaux. «Le contrôle technique a fait défaut, faisant de chaque investissement de développement local une source de gaspillage. Ce que nous réalisons est refait trois ou six mois après, et ce, en toute impunité», a-t-il ajouté. Le Président Tebboune a appelé, dans ce cadre, les directions techniques au niveau des ministères à assumer la responsabilité du contrôle de la qualité des investissements afin d’éviter le gaspillage. «Les directions techniques relevant des ministères techniques seront désormais responsables de la qualité», a indiqué le président de la République, relevant l’impératif d’adopter «des normes permettant de développer le pays sans gaspillage aucun ni un recours quelconque à la rénovation des travaux réalisés après quelques mois, devant la consternation du citoyen». La lutte ciblée contre le gaspillage concerne toutes les dépenses publiques, y compris des «zerda » lors des visites sur le terrain des cadres supérieurs de l’État, a-t-il dit. «Il faut lutter contre le gaspillage, notamment à l’occasion des visites qui doivent devenir le slogan de la résolution des problèmes de développement», a soutenu M. Tebboune. «Les visites ne sont pas synonymes d’ostentation et de festins, nous devons éviter les cortèges composés de 20 à 30 voitures et dont seulement trois ou quatre véhicules transportent les personnes concernées». Les cortèges ministériels doivent «impérativement transporter les personnes concernées seulement et si le déplacement sur le terrain est indispensable, il y a le transport public».

«100 mds DA injectés dans les communes dès le mois de mai»
Le chef de l’Etat a annoncé que 100 milliards de dinars seront injectés dans les communes à partir du mois de mai. «Il y a des citoyens qui vivent dans des conditions tragiques. Ce qui normalement ne devrait pas exister car nous avons les moyens pour l’éviter», a-t-il avancé. A cet effet, il a instruit les responsables de se rapprocher des citoyens et de «briser le cloisonnement créé par le passé entre les citoyens et l’État». «Dans cette conjoncture particulière, vous êtes tenus, en tant que responsables locaux, d’opérer le changement au niveau local en rompant définitivement avec les anciennes pratiques et en vous rapprochant des citoyens afin de briser le cloisonnement créé par le passé entre les citoyens et l’État et de restaurer la confiance perdue», a-t-il affirmé. A ce propos, le président de la République a enjoint aux walis et aux responsables locaux de «s’abstenir de faire de fausses promesses» et de ne promettre que ce qu’ils sont réellement en mesure d’offrir aux citoyens, dont il ne faut plus négliger et dédaigner les préoccupations, estimant que «cela passe impérativement par le recours aux cadres compétents, quelles que soient leurs tendances». Il a, par ailleurs, mis en avant la nécessité d’aider la société civile à s’organiser pour contribuer au développement local.

Préparation d’une loi criminalisant le non-paiement des impôts
«Une loi criminalisant le non-paiement des impôts est prévue, à l’instar de ce qui est en vigueur dans plusieurs pays à travers le monde, dont les États-Unis où le non-paiement des impôts est considéré comme étant un crime économique», a encore annoncé le Président Tebboune. «Certains prétendent être parmi les plus riches de ce pays, alors qu’ils figurent en bas du classement des contribuables, tandis que le fonctionnaire, lui, s’acquitte de ses impôts par retenue sur salaire», a soutenu le président. En outre, il a évoqué les créances bancaires de certains investisseurs, ayant dépassé 1 000 milliards DA en janvier 2020. «En janvier dernier, certains investisseurs devaient un montant de 1 216 milliards DA aux banques», a-t-il dit. «Le passé récent tragique a provoqué une hémorragie des fonds de l’État, en devise et en dinar, c’est pourquoi les citoyens s’interrogent aujourd’hui sur les méthodes à même de garantir les financements», a-t-il ajouté. «Le financement existe mais les remboursements ne sont pas effectués», a affirmé le président de la République.

Aucune restriction dans la révision constitutionnelle
«Il n’existe aucune restriction dans la révision constitutionnelle prévue, hormis ce qui a trait à
l’unité et à l’identité nationale», a affirmé le président. Il a, à cet égard, rappelé que dès sa finalisation, la première mouture de la révision constitutionnelle sera distribuée à tous, «afin que la Constitution soit consensuelle», estimant que «tout un chacun est en droit d’émettre un avis, négatif ou positif» sur ce document. La prochaine Constitution «consacrera la séparation des pouvoirs pour définir les missions de chacun. Cela nous permettra de rompre avec les anciennes pratiques et les dérapages de l’autocratie». Le Président Tebboune a évoqué la création éventuelle d’une Cour constitutionnelle indépendante qui se prononcera sur les litiges opposant les pouvoirs», et ce, a-t-il dit, en plus de l’actuel Conseil constitutionnel. En deuxième étape, il sera procédé à la révision de la loi organique relative au régime électoral, et ce, dans le cadre d’une démarche visant à «écarter l’argent sale et les corrompus de la politique» et permettre «l’émergence d’une nouvelle classe politique de jeunes». A ce titre, le président a souligné que le code électoral «sera complètement révisé et verra l’introduction de mesures de contrôle qui permettront d’accéder aux postes par la voie des urnes», et ce, dans l’objectif d’«éradiquer les phénomènes de fuite des responsabilités et de l’achat des consciences». Le code électoral sera révisé, poursuit M. Tebboune, «afin de parvenir à des institutions élues irréprochables, disposant de prérogatives constitutionnelles, en mesure de demander des comptes à qui que ce soit, et d’aborder les dossiers qui intéressent l’opinion publique».

Tebboune rend hommage au Hirak
À quelques jours du 1er anniversaire du 22 le février, le président de la République a rendu hommage au hirak populaire pacifique qui traduit la volonté du peuple qui a pris son élan, en décembre dernier, pour une élection transparente et intègre où il a réitéré son engagement pour un changement radical. «Il y a de cela une année, les citoyens et citoyennes sont sortis dans un hirak béni pacifique, sous la protection de l’Armée nationale populaire (ANP), digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN) pour revendiquer le changement et rejeter, pacifiquement, l’aventure qui a failli conduire à l’effondrement de
l’État national et de ses piliers pour retomber dans la tragédie vécue lors des années 90». Tebboune a rappelé avoir réitéré, à l’issue de son élection à la magistrature suprême, son engagement à opérer un changement radical, pour satisfaire les revendications du Hirak béni. Le chef de l’État avait appelé, au lendemain de son élection à la magistrature suprême, les participants au Hirak populaire à un dialogue «sérieux» pour l’intérêt de l’Algérie. «Je m’adresse directement au Hirak, que j’ai à maintes reprises qualifié de béni, pour lui tendre la main afin d’amorcer un dialogue sérieux au service de l’Algérie et seulement l’Algérie», a-t-il déclaré à ce propos.

M. B.

 

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