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22/08/2019
 
 

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Karim Younès a rencontré le président de Talaie El Houriyet
Benflis : «Les présidentielles, le chemin le moins risqué pour une sortie de crise» 

  Lors d'une conférence de presse, à l'issue de sa rencontre avec le panel de Karim Younès, le président de Talaie El Houriyet, Ali Benflis, a appelé au départ immédiat du gouvernement Bedoui qui constitue l'obstacle essentiel du blocage politique que connaît le pays.

Louiza Ait Ramdane

«Comment voulez-vous convaincre le peuple algérien d’aller vers les présidentielles, alors qu’un symbole essentiel de 5 mandats est toujours à la tête du gouvernement», s’est interrogé M. Benflis qui estime qu’«il faut la démission du gouvernement pour faciliter le chemin vers la présidentielle». L’Instance de médiation et de dialogue a été reçue hier, par le parti d’Ali Benflis, Talai El Houriat. Une rencontre qui a permis à Benflis d’expliquer à Karim Younès l’approche de son parti pour une sortie de crise et de poser ses conditions pour la réussite du dialogue et la tenue des élections.
Au menu de la rencontre, «un large échange de vues autour de la démarche du dialogue national, du cadre dans lequel il s’inscrit et des objectifs qu’il se fixe», et «l’option de la tenue d’une élection présidentielle et des modalités d’organisation d’un scrutin irréprochable et irrécusable qui recueille l’adhésion populaire, comme prélude à la solution de la crise», indique Talaie El Houriyet dans un communiqué, publié à l’issue de la rencontre. M. Benflis a réitéré «le ferme attachement» de son parti au «dialogue national comme instrument privilégié de règlement de la crise du régime». Il a apporté son soutien au panel dans «sa démarche, du cadre et des finalités du dialogue national.» M. Benflis a estimé que le dialogue doit satisfaire «les demandes légitimes de la révolution démocratique pacifique qui vont dans le sens de la nécessaire modernisation politique du pays et de la transformation de l’Etat national en Etat de droit.» Il a exprimé
«sa conviction» que l’élection présidentielle est «la voie la plus réaliste, la moins longue, la moins risquée et la moins coûteuse pour le pays aux plans politique, sécuritaire, économique et social». Mais, Benflis conditionne la réussite de cette démarche par la «réunion des conditions politiques, institutionnelles et légales et un environnement favorable, pour la tenue d’un scrutin permettant, pour la première fois, au peuple algérien, d’exercer librement le choix de son président de la République sans que sa volonté ne soit dévoyée.» Pour la réussite du dialogue et la tenue de l’élection présidentielle, M. Benflis a posé quatre conditions. La première est « la création d’un environnement apaisé pour le succès du scrutin par l’adoption de mesures de confiance et d’apaisement et des signaux forts de la part des autorités quant à la volonté de garantir la régularité, la transparence et l’intégrité du scrutin». La deuxième est le «départ du gouvernement en place, devenu un facteur important dans l’impasse actuelle, un obstacle au déroulement confiant et serein du dialogue national et une entrave sérieuse à la bonne gestion des affaires publiques et son remplacement par un gouvernement de compétences nationales pour gérer les affaires courantes.» La troisième est la création d’une «autorité électorale indépendante ad hoc» investie de l’intégralité des prérogatives afférentes à la préparation, à l’organisation et au contrôle du processus électoral présidentiel qui prenne en charge l’ensemble du processus électoral depuis la révision des listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats. Et la dernière condition, selon Benflis, est «la révision de la législation électorale actuelle pour supprimer les niches de la fraude, combler les lacunes, revoir l’architecture de l’encadrement du processus électoral, lever les entraves au libre choix de l’électeur et garantir un scrutin impartial, régulier et transparent».
Par ailleurs, Ali Benflis a expliqué «ses réserves quant à l’option «Constituante» à propos de laquelle il a relevé les risques qu’elle ne multiplie les impasses, qu’elle prolonge indûment la durée de la crise et qu’elle aboutisse à son extension et à son exacerbation.» Aussi, il a estimé que «le changement de régime politique, la transition démocratique et l’élaboration d’une nouvelle Constitution pour la République, pourront être pris en charge dans un mandat de transition que le peuple algérien confiera au prochain président de la République.» Pour rappel, dans sa série de rencontres avec les partis politiques, l’Instance de dialogue a rencontré avant-hier, le président du Front El Moustakbel, Abdelaziz Belaid, qui a tenu à signaler l’importance d’associer toutes les franges de la société au processus de dialogue en vue de parvenir à un consensus national garantissant l’organisation d’une élection présidentielle «transparente et régulière».

L. A. R.

 

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