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01/06/2020
 
 


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«La rafle des notables» d'Anne Sinclair
De nouveaux témoignages sur les camps de concentration



Dans son livre «La rafle des notables», la journaliste évoque les récits des 743 Juifs, parmi lesquels son grand-père, arrêtés à Paris en décembre 1941 et déportés vers le camp nazi de Compiègne-Royallieu. Si la rafle du Vél’ d’Hiv, survenue en juillet 1942, est connue de tous de par son ampleur historique, elle a été précédée par d’autres déportations de masse dont on n’a moins entendu parler. Dans son nouveau livre, paru aux éditions Grasset, et disponible en librairie depuis le déconfinement, Anne Sinclair s’est intéressée à «la rafle des notables» qui visa 743 Juifs français déportés le 12 décembre 1941, parmi lesquels son grand-père paternel, Léonce Schwartz. «Mon grand-père n’est là que comme une illustration d’un récit collectif. C’est une histoire collective que j’ai voulu raconter, et pas une histoire personnelle», explique la fondatrice et ancienne directrice éditoriale du HuffPost, dans notre interview vidéo. Pour ce faire, Anne Sinclair s’est plongée dans le travail des historiens spécialistes de cette période comme Serge Klarsfeld et Laurent Joly, mais aussi dans les notes et journaux laissés par ces prisonniers. En plein hiver 1941, quelque 700 chefs d’entreprise, notaires, avocats, ingénieurs, pharmaciens ou écrivains, sont emmenés vers le camp nazi de Compiègne-Royallieu, à moins de 100 km de Paris. Ils y passeront un peu plus de trois mois, avant que la majorité d’entre eux soit déportée vers Auschwitz et «gazés dans les jours qui suivirent». Son grand-père, comme quelques autres, fut transféré au Val-de-Grâce pour de graves raisons médicales. Il décédera des suites des sévices allemands en mai 1945. Outre la lecture de ce chapitre méconnu de la persécution nazie et l’horreur du quotidien des ces prisonniers Juifs français «assimilés depuis des générations», «La rafle des notables» dévoile aussi la vie culturelle qu’ont entretenue ces hommes dans les baraquements. Tant qu’ils en avaient les forces du moins. «Il y a eu une vie culturelle assez intense qui est assez extraordinaire et qui, comme disait Serge Klarsfeld, était une façon de ne pas devenir fous», indique Anne Sinclair. Des parties de bridge, des concerts mais surtout des conférences sur de grands procès d’assises, sur le théâtre ou la poésie française, des cours d’ingénierie ou d’électricité... De quoi permettre «aux orateurs d’éviter l’engourdissement et aux malheureux auditeurs d’oublier leur sort au moins durant une heure» avant que l’épouvante ne les reprenne. Le profil bourgeois des ces «notables» déportés, qui avaient tous fait des études supérieures et voulaient entretenir leur culture, a formé comme une «micro-société» dans ce camp de Compiègne, faisant la singularité de cette rafle. «De tout temps la culture a été un refuge», résume Anne Sinclair alors que près de 80 ans plus tard, les Français se sont à nouveau «raccrochés» à la culture pendant ces mois de confinement liés à la crise sanitaire.


R. I.

 

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