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Devenue un vrai commerce pendant le ramadhan

La mendicité occasionnelle explose

Médéa

Une nouvelle «génération» de mendiantes investit les rues

Ouverture de la session d'automne du Parlement

Ouyahia face aux parlementaires

6e congrès du PT clôturé hier

Reconduction sans surprise de Louisa Hanoune

Importée pour faire face à la spéculation

L’arnaque gagne la viande indienne

Audition, hier, du ministre du Commerce

Bouteflika veut «une lutte efficace contre la fraude»

Travailleurs retraités

Une réduction de 80% sur l’impôt

En l’espace de vingt mois

Près de 1 500 fugitifs arrêtés par la GGF à Alger

L'Université et le contexte socioéconomique de son évolution

Par-delà les questions d’intendance et de logistique

Regard

Saâdane fait peur et l’ETUSA nous réjouit

 

 30/08/10

Devenue un vrai commerce pendant le ramadhan

La mendicité occasionnelle explose

Si la distinction est difficile à faire entre les vrais et les faux mendiants durant les autres mois de l'année, au mois de ramadhan le phénomène est flagrant. Les mendiants poussent comme

des champignons un peu partout, une situation qui laisse place à des catégories inédites de mendicité.

Elles sont nombreuses ces figures de misérables qui se font concurrence pour squatter chaque place publique susceptible de contenir leurs bouts de cartons ou de couverture  sur lesquels ils s’installent avec leur panier pour récolter  de l’argent en ce mois sacré. A voir le nombre des mendiants se multiplier de manière aussi flagrante, on se demande si la pauvreté prend des taux différents que ceux des autres mois de l’année. L’image renvoyée par l’augmentation du nombre de mendiants se conjugue-t-elle, un tant soit peu, avec la réalité de la pauvreté dans notre société ? Naturellement, avec  l’existence de la mendicité professionnelle, le rapport serait faible entre la mendicité et les vrais taux de pauvreté. Autrement dit, le phénomène de la mendicité ne reflète pas la pauvreté dans notre pays. Au ramadhan, les questions relatives à ce phénomène ne sont pas du même ordre, d’autant que le phénomène change catégoriquement de visage. Au niveau de la capitale, la mendicité s’accroît curieusement. C’est aux alentours des mosquées, des magasins, des boulangers que le nombre de mendiants prend des proportions alarmantes. Il ne s’agit pas d’un hasard de calendrier, puisque cette croissance des mendiants profite en premier lieu des  sentiments particuliers de solidarité et de piété qui caractérise les jeûneurs. Par ailleurs, cette mendicité occasionnelle dérange en premier lieu les mendiants professionnels lesquels multiplient les façons d’investissement de cette période de  pénitence pour réaliser de plus gros gains. Le conflit n’est pas discret entre les mendiants de toute l’année et ceux du mois sacré, car au niveau des places publiques, les mendiants du ramadhan peinent à se réserver une place près des magasins, des mosquées ainsi que tous les lieux ou  se trouvent les âmes charitables. Au niveau du marché de Meyssonnier d’Alger, l’abondance  des mendiants est à l’origine d’un encombrement pour les piétons. Alors que durant toute l’année les alentours du marché étaient la propriété de quelques trois femmes et leurs enfants, en ce mois sacré, leur nombre se chiffrent en dizaines. Entre filles, femmes, hommes et jeunes, ces mendiants, entre vrais, faux et occasionnels, se dirigent tôt le matin vers leurs lieux de «travail» pour se réserver les bonnes places, comme l’indique une maman «ancienne dans le domaine». Selon les propos de cette mendiante accompagnée de  trois enfants, dans la mendicité, il existe des moments et des places stratégiques pour attirer l’attention. «Je travaille ici depuis 4 ans, c’est ma place. A cet effet, je distingue parfaitement les généreux des avares de ce quartier et ceux du voisinage. Toutefois, ceux qui sont avares durant les autres mois de l’année deviennent généreux en ramadhan, ce qui explique le phénomène des mendiants occasionnels», indique-elle. Selon les réponses d’autres mendiants professionnels, le nombre des mendiants occasionnels n’affecte pas leurs recettes habituelles, puisque «les mendiants occasionnels manquent d’expérience et de techniques», comme l’explique un  mendiant ayant l’habitude de travailler à la sortie d’une boulangerie. Et d’ajouter que «les places stratégiques de la mendicité sont squattées par les professionnels tandis que les occasionnels s’installent dans des lieux moins propices…». «Quoique la baraka du mois n’exclut personne», conclut-il.       

Par Yasmine Ayadi

 

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Médéa

Une nouvelle «génération» de mendiantes investit les rues

Le visage et le corps cachés par un «niqab» pour mieux dissimuler son (jeune) âge et tromper les âmes charitables, Rafika représente la nouvelle «génération» de mendiantes qui écument, depuis quelques jours, les artères principales de la ville de Médéa ou squattent les abords immédiats des mosquées. Elle fait partie de ces fillettes, agées entre dix et douze ans à peine, qui forment la «relève», étant initiées dès leur plus tendre enfance à cette «profession», au plus haut point dégradante mais très lucrative, notamment durant le mois sacré de ramadhan. Exploitées lorsqu’elles étaient petites par leurs propres parents ou par des accompagnateurs qui les brandissaient à la face des passants comme pour les attendrir, ces apprentis-mendiantes évoluent désormais en solo mais leur «protecteur» n’est jamais loin.  Vite initiées aux techniques et subtilités du métier, elles disputent à leurs anciennes marraines les endroits de la ville les plus fréquentées et donc les plus rentables. Le niveau des recettes déterminera la part qui leur sera versée par leur «employeur» à la fin de la journée, d’où l’intérêt pour chacune d’elles d’amasser le plus d’argent possible, notamment les toutes nouvelles recrues, inexpérimentées et affectées, de surcroît, dans des endroits très peu animés. Contraintes et forcées, faute de perspectives ou de prise en charge adéquate susceptible de les sortir de cette spirale, ces nouvelles mendiantes marquent le passage à une nouvelle forme d’exploitation, eu égard non seulement à l’âge de ces filles, mais également le volume horaire assigné à chacune d’elles, en plus de leur condition de vie très précaire. Celles-ci passent de longues et pénibles journées à arpenter les ruelles de la ville ou adossées au mur d’une mosquée à quémander. Les journées de «travail» peuvent durer jusqu’à dix heures sinon plus, le temps d’activité étant rallongé à l’infini durant les veillées de ramadhan. Certaines de ces mendiantes attendent la fin des prières surérogatoires (tarawih) pour regagner, à bord de taxis (clandestins s’entend), leur domicile souvent distant de plusieurs kilomètres de leurs lieux d’activité. Peu bavardes et méfiantes la plupart du temps, elles fuient toute personne étrangère qui tente de percer leur mystère. Elles ont visiblement pour instruction de limiter les contacts avec les gens et d’éviter d’engager avec eux des conversations qui puissent aider à identifier leurs commanditaires. Au curieux qui les interpellent, elles répètent un seul et même discours, qui ne renseigne sur rien et qui s’avère être le plus souvent celui qu’elles ont, de toute façon, appris par cœur durant leur enfance auprès de leurs mères mendiantes. C’est qu’aucune n’a le droit de déroger à la règle, faute de quoi elle s’exposera inéluctablement aux remontrances du chef. Celle qui se laissera aller à des confidences avec un étranger risque tout bonnement la «bastonnade» et des ponctions sur son «salaire», confie l’une d’elles, en s’assurant au préalable de la confidentialité de ses dangereux propos.         

R. M.

 

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Ouverture de la session d'automne du Parlement

Ouyahia face aux parlementaires

Les parlementaires qui ont bénéficié cette année d’un long congé en raison du manque d’activité, de textes de loi et de l’absentéisme, vont reprendre le chemin du Parlement dans le cadre de la session d’automne dont l’ouverture est programmé pour le 2 septembre, selon un communiqué de l’Assemblée populaire nationale (APN).

Une reprise qui sera probablement chargée de textes de loi, mais aucune garantie sur le changement d’attitude des députés qui préfèrent traiter leurs affaires personnelles  et occuper leur siège au Parlement le jour du vote, aux cérémonies d’ouverture et de clôture.

En tout cas, pour cette nouvelle session parlementaire, il est attendu que le  Premier ministre Ahmed Ouyahia ouvre le bal des travaux. D’ailleurs, il a décidé dans le cadre d’une réunion du bureau politique de son parti,  de réunir les parlementaires de Rassemblement national démocratique (RND) mercredi prochain, 1er septembre, qui sera suivie d’une autre avec les secrétaires des bureaux de wilaya. Une rencontre qui précédera son passage à l’Assemblée populaire nationale (APN). Un rendez-vous très attendu puisque une année après la présentation du plan d’action du gouvernement suite à sa désignation comme Premier ministre et à l’amendement de la Constitution en 2008, Ahmed Ouyahia n’a pas présenté la déclaration de politique générale comme le stipule le texte fondamental de la République algérienne. Il faut savoir qu’en matière d’agenda, M. Ouyahia présentera les grandes lignes du nouveau plan d’investissement public pour la période 2010-2014. Un programme doté de 286 milliards de dollars ce qui complique la gestion des dépenses publiques. En tout cas, l’information portant sur la présentation par M. Ouyahia du programme quinquennal a été donnée par le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Abdelaziz Belkhadem. Ce dernier à laisser même entendre que le Premier ministre présentera un bilan et des perspectives, et les députés auront le droit d’exercer leur mission de contrôle à travers la présentation de la déclaration de politique générale. Il n’y a longtemps, le porte- parole du RND, Miloud Chorfi, a dit qu’il n’était pas utile de présenter la déclaration de politique générale puisque le dernier lifting ministériel n’a pas touché le Premier ministre.

Apparemment, M. Ouyahia aura a présenté un bilan sur la réalisation des projets du précèdent programme quinquennal, même si les auditions tenues par le président de la République depuis le 15 août dernier  ont permis d’établir des «rapports» sur quelques secteurs même si certains d’entre eux restent dans le cadre général. Il est à souligner que la précédente session parlementaire était «vide» en matière de législation en plus de «l’absentéisme» des députés.

Pour la prochaine session,  le Parlement attend, «sans le réclamer à haute voix», la présentation qui sera faite par le Premier ministre. Au plan constitutionnel, la Constitution stipule dans son article 84 que «le gouvernement présente annuellement à l’Assemblée populaire nationale, une déclaration de politique générale». En tout cas, Ahmed Ouyahia aura à répondre à plusieurs questions, notamment d’ordre socio-économique, à l’instar de la gestion de la protestation sociale annoncée par les syndicats de l’Education, la Santé et l’Enseignement supérieur, la finalisation des statuts particuliers afin d’appliquer le régime indemnitaire. Sans oublier l’organisation de la tripartite qui devait finaliser les dossiers de la tripartite tenue le 2 décembre 2009. Il s’agit notamment du dossier relatif à la retraite et les négociations menées avec les organisations patronales en matière de facilitations bancaires. Ainsi, l’entrée sociale s’annonce très chargée pour le gouvernement Ouyahia qui a repris le service le 8 août, mais quelques ministres restent encore plongés dans le sommeil du «ramadhan». Pour les parlementaires, l’expérience a montré qu’il ne faut pas s’attendre à grand-chose.        

Par Nacera Chenafi

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6e congrès du PT clôturé hier

Reconduction sans surprise de Louisa Hanoune

Les travaux du 6e congrès du Parti des travailleurs ont pris fin hier à l’hôtel Safir Mazafran (Zeralda)  par l’élection des membres du comité central. Après les débats, les 920 congressistes du PT ont procédé au vote d’une dizaine de résolutions et des membres du comité central du parti. Un comité qui désignera dans les prochains jours le nouveau secrétariat politique, dont lequel figurera le président du parti et les différents postes de responsabilité. Comme une lettre à la poste, ni le bilan du précédent comité central ni la direction politique n’ont fait objet de critiques par les délégués du parti. Seule nouveauté dans ce 6e congrès, le Parti des travailleurs a procédé au changement de ses statuts. Ainsi, le comité central , composé actuellement de 40 membres, sera revu à la hausse pour atteindre 65 ou 70 membres. Idem pour le secrétariat politique qui compte 13 membres et est appelé à être élargi à une vingtaine de délégués. En effet, 216 congressistes ont été en faveur de l’élargissement des instances dirigeantes du parti, dont le comité central. Le porte-parole du congrès et chargé de la communication auprès du secrétariat politique, Djoudi Djelloul, a affirmé que cet amendement vise «à asseoir une base solide au parti et répondre aux exigences et aspirations de la base». Hormis l’élection du comité central, les délégués qui se sont rassemblés au troisième jour consécutif ont déjà assuré la reconduction de la secrétaire générale Louisa Hanoune pour un mandat de trois ans. C’est dans les prochains jours qu’elle devrait être réélue conformément aux statuts du parti. Une élection qui a entériné le plébiscite déjà annoncé. Lors des débats en plénière, les intervenants, au nombre de 216, ont exprimé leur soutien à un renouvellement et exprimer leur confiance en Mme Hanoune. D’après quelques militants, ce 6e congrès est considéré comme une formalité à accomplir. Aucun d’eux ne doute de la reconduction de Louisa Hanoune, et c’est ce qui va se produire sans surprise. Selon une source, la représentation féminine au sein du comité central est appelée à s’accroître. A noter que 30% des participants à ce congrès sont des femmes. Un choix qui traduit, avait souligné Mme Hanoune, la politique du parti qui «œuvre à promouvoir ces deux franges de la société». Les assises ont été marquées  par les interventions des délégués qui ont évoqué la démocratie du mandat, la jeunesse, l’organe central du parti, les finances, l’agriculture, la femme, l’action syndicale, la résolution de politique générale, la résolution sur la Conférence mondiale ouverte et une motion spéciale sur la Palestine.            

Hocine L.

 

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Importée pour faire face à la spéculation

L’arnaque gagne la viande indienne

Cédée entre 650 et 850 dinars/kilogramme, la viande indienne congelée importée d'Inde se vend actuellement plus chère sur les marchés populaires que celle qui arrive traditionnellement du Brésil et de l'Uruguay. Cette dernière est proposée entre 550 et 780 DA/kilo  en fonction de la pièce achetée.

Et pourtant, les prix affichés au niveau des points de vente de la Sotracov, société publique importatrice de ce produit, sont de 410 dinars pour les avants et 560 DA pour les arrières (des pièces appelées parties nobles de la bête dans le jargon de la boucherie). Les mêmes prix ou presque sont pratiqués par l’un des quatre importateurs privés qui ont investi dans ce créneau tel que l’INALCA. Cette société cède le collier et la poitrine à 420 DA et l’épaule à 440 DA. Qui fait donc dans la surenchère en flambant les prix sur les marchés fréquentés par la plus grande partie de la population ? Selon Boubekeur Yaïci, ancien cadre au ministère de l’Agriculture et responsable de l’INALCA, la responsabilité incombe aux grossistes et demi-grossistes qui flambent le marché. «Nous, en tant qu’importateurs nous vendons aux grossistes des carcasses entières dans lesquelles on trouve les 14 pièces que nous leur vendant entre 435 et 440 DA/kilo. Cela part du filet, en passant par les côtes et ce, jusqu’au collier. Nous pratiquons donc un prix unique et c’est aux autres intervenants dans la chaîne de commercialisation de faire dans le détail», a-t-il expliqué. Il ajoutera : «Nous avons eu des échos disant que la viande hachée, qui se fait pourtant avec les morceaux les moins chers, se vend à 600 DA dans les marchés de Chéraga à Alger et aussi à Oran. Alors, vous comprenez bien que ce sont ces intervenants là qui mettent le feu dans les marchés». Notre interlocuteur qualifie les grossistes en viande d’individus qui veulent gagner beaucoup d’argent en peu de temps, alors que la viande est un produit dont la marge bénéficiaire se gagne sur la quantité. A la question de savoir si cette viande de Buffalo se vend bien ou peu, Yaïci a répondu qu’il est satisfait pour le moment. Car sur les 1 500 tonnes importées par son établissement, il en a écoulé 400 tonnes jusqu’à présent. Se disant inscrit dans la continuité, le responsable de l’INALCA Algérie a déclaré que son entreprise attend encore de nouveaux arrivages pour pouvoir répondre aux demandes des consommateurs dès la rentrée sociale pour approvisionner notamment les écoles et les universités en viande indienne. Ainsi, Yaïci ne rate pas l’occasion de parler des vertus de la viande de Buffalo qu’il qualifie de tendre et pas grasse. Une viande qui éviterait ainsi au consommateur les problèmes de santé engendrés généralement par les taux de cholestérol élevé contenu dans les viandes d’autres provenances. La polémique qui a entouré l’importation de cette source de protéines animales venue d’Inde et tout ce qui a été dit et écrit dans le but de  savoir s’il s’agissait d’une viande halal ou non, notre interlocuteur a ironisé en disant  : «Quand on importait d’Europe et d’Amérique du Sud, personne ne se souciait si l’abattage des bêtes répondait ou non aux exigences du rite musulman ; mais maintenant que nous l’importons de provinces musulmanes on se demande si c’est du halal ou pas».

Notre interlocuteur a fait savoir que dans le futur la viande indienne remplacera petit à petit celle d’Amérique latine parce qu’elle est moins chère et reste de bonne qualité. A ce sujet, le patron de l’Inalca a fait savoir que sur une tonne de viande, il y a 1 000 dollars de différence entre celle du Brésil et celle de l’Inde et une fois arrivée dans l’assiette du consommateur algérien elle coûtera 120 dinars de plus. Faire venir de la viande ou autre denrée alimentaire d’Inde ou d’ailleurs pour faire baisser les prix, surtout en période de ramadhan, ne semble pas réussie dans la mesure où les services de contrôle des prix et de la répression des fraudes n’arrivent pas à imposer la loi.

Par Hafid Mesbah

 

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Audition, hier, du ministre du Commerce

Bouteflika veut «une lutte efficace contre la fraude»

Dans le cadre des auditions annuelles qu’il dirige sur les activités des différents départements ministériels,  Abdelaziz Bouteflika, président de la République, a présidé le 24 août 2010 une réunion restreinte d’évaluation consacrée au secteur du commerce.

Au cours de cette audition, l’exposé du ministre du Commerce a porté sur les mesures engagées par le secteur concernant l’encadrement, la surveillance du marché, les pratiques commerciales et la concurrence ainsi que le volet relatif au contrôle et à la répression des fraudes. L’accent a été mis sur l’approfondissement des instruments de régulation et d’organisation visant notamment la préservation du pouvoir d’achat, la protection de l’économie nationale et du consommateur et l’élaboration d’une réglementation appropriée pour tenir compte des évolutions enregistrées au sein de la société et de l’économie. Dans ce contexte, la législation relative aux règles applicables à la concurrence et aux pratiques commerciales, a été amendée. De même, dans le domaine de l’organisation des activités commerciales et de protection du consommateur, il a été procédé à la promulgation de textes relatifs au dispositif de régulation de l’implantation des équipements commerciaux, de la conformité des produits et de l’information du consommateur. En ce qui concerne le soutien de l’Etat au pouvoir d’achat, il y a lieu de noter que le mise en œuvre du dispositif de remboursement des frais  de transport concernant dix (10) wilayas du Sud du pays, permet aux populations de ces wilayas d’acquérir les produits relevant de ce mécanisme à des prix  analogues à ceux pratiqués au Nord du pays. Par ailleurs, une structure de coordination mixte Commerce-Agriculture a été mise en place pour veiller au renforcement du dispositif de contrôle et à la surveillance du marché, notamment durant le mois sacré du ramadhan 2010. La loi relative à la protection du consommateur et à la répression des fraudes, promulguée en 2009, a renforcé les mesures de protection de la santé et de la sécurité des consommateurs et a permis aux associations de protection des consommateurs de jouer pleinement leur rôle. Pour ce qui est du développement des infrastructures commerciales, un programme de modernisation et de densification a été retenu en vue de réduire le commerce informel par la disponibilité, notamment, de structures facilitant l’écoulement des produits agricoles frais. Ce programme s’articule sur la  réhabilitation des marchés de gros de fruits et légumes en cours d’exécution. En matière de réalisations, cinq (05) marchés de gros et 85 marchés de détail ont été réceptionnés. Additionnellement à ce programme de réhabilitation, le secteur du commerce prévoit, notamment au titre du plan quinquennal 2010-2014, la réalisation de nouveaux marchés de gros. Dans le domaine de la surveillance et du contrôle économique du marché intérieur, les actions engagées ont été renforcées grâce à un apport complémentaire en moyens humains (1 500 agents recrutés ainsi que 7 000 agents de contrôle prévus dans le plan quinquennal 2010-2014), la construction en cours de 13 laboratoires de contrôle de la qualité et de la répression des fraudes et la programmation de 16 projets de contrôle d’analyse des produits, et, enfin, l’implantation de nouvelles subdivisions territoriales, autant de mesures qui ont permis d’augmenter la vigilance à l’égard des manœuvres spéculatives et autres pratiques commerciales frauduleuses sur le marché. Les résultats enregistrés durant l’année 2009 dans le domaine du contrôle des pratiques commerciales, se sont soldés par plus de 320 000 interventions et 164 000 autres au titre du premier semestre 2010. Les actions menées dans le cadre du contrôle de la qualité et de la répression des fraudes au cours de l’année 2009, se sont traduites par près de 500 000 interventions. Au titre des mesures conservatoires, il a été procédé à la fermeture administrative de plus 2 500 locaux commerciaux et la saisie de près de 8 000 tonnes de produits non conformes ou impropres à la  consommation. Au premier semestre 2010 seulement, le nombre d’interventions a été de plus de 475 000, ce qui a permis la verbalisation de plus de 80 000 commerçants. En outre, les opérations engagées au titre de l’assainissement du commerce extérieur ont permis d’identifier un certain nombre d’importateurs indélicats qui ont fait l’objet de poursuites judiciaires, avec interdiction d’exercer des activités liées au commerce extérieur. En matière de conformité des produits importés, la même vigilance a été observée aux frontières grâce à la mise en place d’un dispositif de contrôle efficace. Intervenant à la fin de l’évaluation du secteur, le chef de l’Etat a rappelé que «le renforcement de l’outil de contrôle devra demeurer un priorité pour le gouvernement qui doit mobiliser tous les moyens adéquats en faveur de l’amélioration de la qualité des biens et services mis sur le marché, à travers une lutte efficace et permanente contre les phénomènes de la fraude, la contrefaçon et les pratiques déloyales». Enfin, le chef de l’Etat a particulièrement insisté sur «la nécessité d’intensifier les actions de sensibilisation afin de préserver la santé des citoyens, notamment en impliquant davantage les associations professionnelles et de consommateurs».

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Travailleurs retraités

Une réduction de 80% sur l’impôt

Au titre de l’accompagnement au développement humain, la LFC 2010 a, entre autres, relevé  l’extension de l’exonération d’impôt, selon un barème progressif, sur le revenu au bénéfice des retraités percevant mensuellement plus de 20 000 DA en fonction du montant de leurs salaires ou de leurs pensions.

Une décision prise pour faire davantage bénéficier cette catégorie exclue auparavant de rabattement sur l’IRG décidé en 2009 pour les catégories dont les retraites n’excédaient pas les 20 000 DA.

A ce sujet, contactée la Fédération nationale des travailleurs retraités (FNTR) par la voix de son chargé de l’information Smaïl Boukrif  rappellera «à qui de droit» que cette mesure n’est que l’aboutissement des multiples actions menées par la Fédération.

En effet, Il indiquera que la LFC de 2010 a fait bénéficier les 20 000 travailleurs retraités qui ont été lésés par celle de 2009 qui les avait pénalisés par un trop perçu. Cet acquis, expliquera le chargé de l’information «est le fruit des multiples actions menées à travers de multiples écrits adressés notamment au ministère des Finances, à l’APN, à l’UGTA ainsi qu’au ministre du Travail pour dénoncer l’injustice dont  20 000 retraités ont été victimes». En outre, le chargé de l’information affichera la satisfaction de la FNTR par rapport à cette décision particulièrement par «l’effet rétroactif de son application à partir de janvier 2010». Soulignant dans ce contexte que parmi les 20 000 retraités, «certains, ceux dont le revenu est classé entre 20 010 et 25 000 DA, sont concernés par un abattement sur l’IRG allant jusqu’à 80%».

Par ailleurs, Boukrif mettra l’accent sur la confusion portée par certains quotidiens faisant état de la signature par le minis-tre du Travail d’un décret ministériel relatif à la revalorisation des pensions et des retraites à un taux de 70%. A ce sujet, il dira qu’ «il n’ y a pas d’arrêté signé. Il s’agit simplement des 20 000 retraités de 2009 qui vont toucher les 5% qu’ils n’ont pas  eus». Ainsi, selon notre interlocuteur, il est uniquement question de régularisation des pensions et retraites n’ayant pas bénéficié par  la revalorisation de 2009.

Interrogé à propos de l’actualisation des salaires revendiquée lors du 5e congrès de la FNTR tenu en juin dernier, le chargé de l’information indiquera que «cette revendication n’a pas été prise en charge par la tutelle mais nous continuerons à réclamer ce droit».

S’agissant de la restitution par l’Etat des 400 milliards de dinars utilisés pour faciliter le départ de 400 000 travailleurs à  la retraite proportionnelle, dans le cadre de l’ordonnance 97-13, Boukrif affirmera que «cette résolution issue du 5e congrès  reste toujours d’actualité, soulignant toutefois que «des discussions ont été engagées avec des hauts responsables qui ont trouvé légitime cette revendication».

Par Lynda N.Bourebrab

 

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En l’espace de vingt mois

Près de 1 500 fugitifs arrêtés par la GGF à Alger

Le groupement de la Gendarmerie nationale de la wilaya d’Alger a rendu en chiffres le bilan de ses activités durant l’année 2009 et jusqu’au 22 août dernier.

 

En effet, le GGF a réussi à arrêter, en l’espace de vingt mois, 1 320 fugitifs recherchés dans plusieurs affaires ayant un lien avec le crime organisé, le vol, le détournement de fonds publics et l’atteinte à l’économie nationale. Durant l’année 2009, 500 personnes recherchées ont été arrêtées par le GGF à travers différentes opérations coup de poing effectuées dans les quartiers d’Alger. En 2010, 820 fugitifs seront arrêtés par le GGF dont 75% sont des repris de justice âgés entre 20 et 35 ans. D’autre part, la Gendarmerie nationale a contrôlé plus de 173 500 véhicules depuis le mois de janvier dernier. Durant ces fouilles, une quarantaine de voitures volées ont été récupérées par les éléments de la GN.

 

Un dealer arrêté à Zeboudja avec 500 g de drogue

Le 24 août, la brigade de Gendarmerie nationale de Zeboudja a présenté devant le procureur de la République près le tribunal local, un (01) dealer interpellé en possession de 500 grammes de kif traité. Il a été placé sous mandat de dépôt. 

 

Une femme de 43 ans arrêtée avec 200 g de cannabis et 87 faux billets

Le 25 août, les gendarmes de la compagnie territoriale de Biskra, en patrouille à hauteur de la cité des 726 logements du chef-lieu de wilaya, ont interpellé deux (02) personnes en possession de 50 grammes de kif traité.  La brigade de Gendarmerie nationale de Biskra procède à l’enquête. Rappelons que le 24 août 2010, les gendarmes de la brigade de Biskra ont interpellé une dame de 43 ans et saisi à son domicile 200 grammes de kif traité et quatre vingt sept (87) faux billets de 1000 DA. Ils ont également récupéré dans le même quartier 30 grammes de cette substance jetés par un dealer qui a pris la fuite à la vue des gendarmes, comme signalé dans la synthèse du 25 août 2010.

 

A Constantine, deux dealers interpellés pour détention de psychotropes

Le 25 août dernier, la brigade de Gendarmerie nationale de Ouled-Rahmoune a présenté devant le procureur de la République près le Tribunal d’El-Khroub, deux (02) dealers interpellés pour détention et consommation de psychotropes hallucinogènes (17 comprimés de marque Rivotril) et tentative de vol. Ils ont été placés sous mandat de dépôt. 

 

Deux personnes arrêtées à El-Tarf avec 25 g de drogue

Le 25 août dernier, les gendarmes de la section de sécurité et d’intervention du groupement de la wilaya d’El-Tarf, en patrouille au centre-ville de Berrihane, ont interpellé deux (02) personnes en possession de vingt-cinq (25) grammes de kif traité et la somme de 5 925 DA représentant le produit de vente des stupéfiants. Elles ont été remises à la brigade de Gendarmerie nationale de Berrihane pour enquête. 

 

Deux autres à Ouargla

Le 26 août, agissant  sur renseignements, les gendarmes de la brigade de Zaouia El-Abidia ont interpellé, à hauteur de la cité Beni-Soud, Commune de Tibesbest, deux (02) dealers en possession de 23 grammes de kif traité. L’enquête est en cours.

 

940 poulets abattus clandestinement découverts à bord de 2 Toyota à Oum El-Bouaghi

Le 28 août, les gendarmes des brigades de F’Kirina et Aïn-Beida, en patrouille à travers leurs secteurs de compétence, ont interpellé trois (03) personnes, transportant à bord de deux (02) véhicules de marque Toyota Hilux, neuf cent quarante (940) poulets abattus clandestinement. Les brigades de Gendarmerie nationale de F’Kirina et Aïn-Beida procèdent aux enquêtes.

 

Une personne interpellée à Sétif pour détention d’un fusil à pompe

Le 24 août, agissant sur renseignements et en vertu d’un mandat de perquisition, les gendarmes de la brigade de Aïn-Tarik ont interpellé une (01) personne et saisi à son domicile, au village Aïn-Tarik, commune de Sétif, un (01) fusil à pompe détenu illégalement avec huit (08) cartouches de calibre 16.

 

Tébessa, Tlemcen et Souk Ahras, le trafic de carburant s’implante

Du 23 au 24 août, les gardes-frontières de Bourenane (Souk-Ahras), Goulita, El-Meridj, El-Ouenza et les gendarmes des brigades d’El-Ma-Labiodh, Bir-El-Ater, Bekaria, Oum Ali et El-Mezeraa (Tébessa), ont saisi, lors de patrouilles, trois (03) véhicules légers, 1 994 litres de carburant et un lot de vêtements. Cinq contrebandiers ont été interpellés. D’autre part, du 25 au 27 août, les gardes-frontières d’El-Meridj, Goulita, Bourenane (Souk-Ahras) et les gendarmes de la Section de sécurité et d’intervention du groupement wilaya de Tébessa et des brigades de Hammamet, El-Ouenza, El-Ma-Labiod, (Tébessa), ont saisi, lors de patrouilles effectuées le long du tracé frontalier, deux (02) véhicules légers,1 540 litres de carburant, un lot de produits cosmétiques, un lot d’effets vestimentaires et dix-sept (17) ballots de friperie qui ont été abandonnés. Deux (02) contrebandiers ont été interpellés. Le 26 août, les gendarmes des brigades de Hammamet, El-Ma-Labiod et Morsot (Tébessa) ont présenté devant les procureurs de la République près les tribunaux d’El-Aouinet et Tébessa, quatre (04) contrebandiers qui avaient aménagé leurs véhicules (deux (02) de marque Peugeot 504 et deux (02) de marque Renault 25, pour le transport de carburant. Deux d’entre eux ont été placés sous mandat de dépôt et les deux autres sont cités à comparaître à l’audience du 19 septembre 2010. Du 27 au 28 août 2010, les gardes-frontières d’El-Ouenza (Tébessa) et les gendarmes de la brigade de Haddada (Souk-Ahras), en patrouille le long du tracé frontalier, ont saisi 1221 litres de mazout, abandonnés par des contrebandiers. Par ailleurs, aux frontières ouest du pays, les gardes-frontières de Sidi-Boudjenane, Boukanoune, Chaib-Rassou, El-Djorf et Abdallah (Tlemcen) ont récupéré, du 24 au 25 août derniers, lors de patrouilles le long du tracé frontalier, 3 850 litres de carburant abandonnés par des contrebandiers. Du 25 au 27 août, les gardes-frontières de Sidi-Boudjenane, Boukanoune, El-Bouihi, El-Djorf et Abdallah (Tlemcen), ont saisi, lors de patrouilles effectuées le long du tracé frontalier, 12 155 litres de carburant, abandonnés par des contrebandiers. Du 27 au 28 août, les gardes-frontières de Sidi-Boudjenane, Boukanoune et Chaib-Rassou (Tlemcen) ont récupéré, lors de patrouilles le long du tracé frontalier, un (01) véhicule léger, onze (11) quintaux de déchets de cuivre et 2 200 litres de carburant, abandonnés par des contrebandiers.

 

Oran, un jeune arrêté avec des effets vestimentaires de la contrebande

Le 25 août, les gendarmes de la brigade de Aïn-El-Beida, dressant un point de contrôle sur le chemin de wilaya n° 73, ont interpellé une (01) personne transportant à bord d’un véhicule de marque Renault Mégane, un lot d’effets vestimentaires (173 pantalons jeans) provenant de la contrebande. Le procureur de la République près le tribunal d’Es-Senia, tenu informé, a prescrit la mise en liberté du mis en cause après audition et la remise du moyen de transport et la marchandise à la recette des Douanes d’Es-Senia.

800 litres de mazout saisis et 2 personnes interpellées à Adrar

Le 26 août, les gendarmes de la brigade de Reggane, dressant un point de contrôle sur la RN n° 06, ont interpellé deux (02) contrebandiers transportant à bord d’un véhicule de marque Toyota FJ-60 et un camion de marque Sonacome, quatre (04) fûts contenant au total 800 litres de mazout. L’enquête est en cours. Le 27 août, les gendarmes de la brigade de Zorg, en patrouille sur la RN n° 10, ont récupéré à hauteur du village Aïn-Ferhat, commune de Zorg, un (01) véhicule de marque Renault-25, avec à son bord 840 kg de concentré de tomate en provenance de la contrebande, abandonné par son conducteur qui a pris la fuite à la vue des gendarmes. La marchandise a été remise à la recette des Douanes d’Oum-El-Bouaghi.

 

Saïda, un homme arrêté avec onze cartouches de calibre 9

Le 27 août, les gendarmes de la Section de sécurité et d’intervention du groupement de Saïda, en patrouille au village Sidi-Maamar, commune de Aïn-Lahdjar, ont interpellé une (01) personne, circulant à bord d’un véhicule de marque Peugeot 406, en possession de onze (11) cartouches de calibre 9.  Poursuivant les investigations et en vertu d’un mandat de perquisition, les gendarmes de la brigade de Saïda ont saisi au domicile de sa sœur à la cité El-Feth, au chef-lieu de wilaya, vingt (20) cachets portant différents noms d’artisans et commerçants, un cachet falsifié des impôts, deux cachets pour légalisation conforme de copies, un (01) cachet de l’APC de Saïda et un (01) autre  de l’état civil, 357 imprimés d’acte de naissance n°13 vierges, 97 n°12 et 230 autres de n°14 ainsi que divers CD-ROM renfermant des listes de commerçants. L’enquête se poursuit.          

Par Sofiane Abi

 

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L'Université et le contexte socioéconomique de son évolution

Par-delà les questions d’intendance et de logistique

Le taux de réussite au baccalauréat de la session 2010 ne manquera pas de poser – au-delà de la polémique sur la validité et la performance réelle des épreuves de cet examen que seule une éventuelle expertise docimologique indépendante pourrait trancher – des défis autrement plus complexes dans l'étape de passage à l'université de dizaines de milliers de nouveaux bacheliers.

C’est pratiquement dans un mois que le branle-bas de combat sera enclenché pour finaliser les procédures d’intendance et de logistique (chambre universitaire, abonnement au transport…). Il est vrai que les préinscriptions validées au mois d’août dernier par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique n’ont pas agrée à tous les futurs étudiants. Beaucoup de profils «pondus» par le système informatique mis en place ne semblent pas ainsi correspondre aux vœux réels – y compris ceux classés en troisième position – de leurs titulaires. En tout cas, la rentrée universitaire a peu de chances de se dérouler dans la sérénité voulue par l’administration de tutelle. Aux problèmes et malentendus accumulés depuis des années viendront se greffer les difficultés d’intégration des nouvelles populations universitaires.  L’actualité tourmentée de l’université algérienne ne cesse pas, ainsi, de révéler régulièrement de nouvelles facettes de sa complexité. Depuis le milieu des années 2000, l’université s’est fait plus connaître par ses remous internes – qui n’ont pas pu être contenus dans les limites des franchises universitaires – que par quelque innovation pédagogique ou de recherche, même si le système LMD (licence – master-doctorat) est adopté d’une façon progressive et se généralise maintenant à l’ensemble des structures universitaires. Sur ce système, la polémique n’a pas cessé de s’enfler et d’épouser les contours de l’opinion de chaque intervenant dans le domaine. Ces remous, l’université les coltine depuis au moins le début des années 1990, lorsque la population universitaire commence à devenir très importante. Les premiers signes de malaise furent le déficit en infrastructures pédagogiques, ce qui obligea les gestionnaires du secteur à imaginer des solutions d’urgence pour parer au plus pressé. Ainsi, des ITE (anciennes écoles normales), des ITMA (lycées agricoles), des salles de cinéma étaient pris d’assaut par l’administration universitaire pour y assurer des cours, des travaux dirigés et d’autres prestations pédagogiques ou d’intendance. Ces solutions de bricolage ont été généralisées au niveau de tout le territoire national avant que les programmes d’investissement publics (PSSR, PCSC) ne viennent combler les déficits. Ainsi, de nouveaux pôles universitaires ont vu le jour à l’image de celui de Tamda, à l’est de Tizi Ouzou, destiné, à terme, à recevoir pas moins de 20 000 étudiants.

Une charte universitaire est-elle possible ?

Si sur le plan des infrastructures et de certaines parties de l’intendance (restauration, hébergement, transport) les choses paraissent bénéficier d’un intérêt de plus en plus accru des gestionnaires du secteur et des autorités politiques du pays, l’accompagnement pédagogique, la gestion de la ressource humaine (corps enseignant) et la recherche scientifique sont, de l’avis de plusieurs analystes, les parents pauvres de la politique de développement de l’université algérienne.

Dans ce contexte, les mouvements de protestation récurrents portent essentiellement sur la valorisation de la fonction enseignante et de la politique de la recherche. La gestion des carrières, l’évolution et la promotion du personnel pédagogique constituent, en effet, la base minimale sur laquelle sont censés reposer les autres éléments de l’édifice institutionnel et technique de l’Université.

Dans l’état actuel des choses, entre les idéaux de développement économique et de formation des élites pour lesquels, selon le président de la République, l’université est censée travailler, d’une part, et l’état dans lequel celle-ci se trouve aujourd’hui- où se conjuguent  baisse du niveau pédagogique, profils peu adaptés aux débouchés économiques, tensions permanentes et grèves récurrentes –, d’autre part, les analystes, les responsables gestionnaires et la société tout entière sont fondés à tirer la sonnette d’alarme et à désigner les termes de référence pour un nouveau contrat qui devra servir de base consensuelle à une université qui vit de plus en plus mal son étape de mutation. C’est une charte qui est censée épouser complètement les préoccupations et les ambitions de la société en matière de savoir, de progrès technologique et de développement économique.

Outre une population de jeunes bacheliers qui donne chaque année une envergure nouvelle à nos structures universitaires, ces dernières vivent des remous, des grèves et d’autres formes de perturbations où se mêlent les revendications sociales, les questions d’intendance et les exigences pédagogiques des programmes. Ces aléas, où s’enchevêtrent les questions sociales, les motivations politiques et les contradictions culturelles – ont fini par prendre en otage l’université et la projeter dans la zone des incertitudes.  

Un rang et une place à retrouver dans le champ social

Depuis la «massification» (démocratisation ?) de l’accès à l’université à la fin des années soixante-dix du siècle dernier, l’université algérienne a été travaillée au corps par des luttes politiciennes au sein même de ses structures. Faute de démocratie et de liberté d’expression, les organisations clandestines de la société (partis, associations, syndicats) y avaient élu domicile. Depuis ces moments de «ferveur révolutionnaire» et d’opposition clandestine, l’université ne faisait que régresser et se fourvoyer dans une voie sans issue. Elle fera les frais de l’économie rentière qui s’installa insidieusement et qui a fini par casser tous les ressorts de la société. Les conséquences d’une telle situation ne pouvaient être qu’à l’antipode des missions dévolues à l’université : formation de l’encadrement nécessaire pour l’économie et l’administration du pays, reproduction des élites et renforcement des valeurs de la citoyenneté. L’on comprend dès lors que le niveau de certaines questions et revendications – comme celles liées à l’intendance, au transport et à la cantine – paraît en déphasage complet par rapport aux enjeux que charrie le fonctionnement d’une telle institution. Autrement dit, la place et le rang qui doivent revenir à l’Université sont censés permet-tre de dépasser allégrement ces questions qui relèvent de la gestion quotidienne. Des budgets colossaux sont mis en place pour la constructions de nouveaux centres universitaires et de nouvelles résidences pour étudiants et étudiantes. Des sommes conséquentes sont destinées à la dotation de laboratoires en équipements pédagogiques de recherche. Le paradoxe est que des chapitres moins budgétivores souffrent d’un déficit de prise en charge correcte et, de ce fait, laissent la voie ouverte à la contestation et au pourrissement. C’est dans ce contexte d’interrogations et de remises en cause que les gestionnaires de l’économie nationale et les nouveaux capitaines d’industrie, qui commencent à conférer au secteur économique ses vraies valeurs de rentabilité et de compétence, se posent d’ores et déjà la grande question de savoir où se trouvent les relais en matière de ressources humaines appelées à prendre en charge les entreprises et à manager leur politique d’investissement. Ce sont là les préoccupations exprimées à maintes reprises par les autorités politiques du pays et les responsables de l’enseignement supérieur. Déjà auparavant, des séminaires et autres colloques se sont tenus pour analyser la relation entre l’université algérienne, en tant qu’instance pédagogique et académique, avec le monde du travail tel qu’il s’est établi sous l’impulsion de l’ouverture sur le marché. Dans l’étape actuelle de l’évolution des structures de l’enseignement dans notre pays, aussi bien l’entreprise algérienne que l’entreprise étrangère appelée à travailler en Algérie, aucune d’entre elle n’a l’assurance de tomber sur des qualifications valables dans leurs domaines d’activité respectifs. Le constat le plus indulgent est que la relation intime et dialectique entre la formation et l’emploi n’a pas pu bénéficier, jusqu’à un passé récent, de l’intérêt à la hauteur des défis de la part des pouvoirs publics. Le challenge actuel c’est de mettre la main sur la stratégie permettant de  rationaliser et d’harmoniser le rapport entre la qualification et le background universitaire d’une part et les besoins d’une économie émergente d’autre part. Néanmoins, l’engagement de l’Algérie dans l’économie de marché- supposant compétitivité, performance et management moderne- ne peut souffrir davantage les atermoiements d’un système scolaire et universitaire qui forme des chômeurs en puissance. La recherche de la main-d’œuvre qualifiée, d’agents de maîtrise et de cadres compétents demeure le point noir de la politique du déploiement des entreprises dans notre pays. Le déficit en ressources humaines se pose avec une acuité inégalée depuis que le pays s’est engagé dans l’économie de marché. Le taux de chômage n’a pas beaucoup de chance d’être drastiquement jugulé si la formation universitaire demeure prisonnière du climat de médiocrité qui a fait beaucoup de dégâts chez les diplômés (licenciés ou ingénieurs).

Par Saâd Taferka

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Regard

Saâdane fait peur et l’ETUSA nous réjouit

Il n’y a rien à attendre de l’équipe nationale. Ni contre le Gabon en match amical, où il s’agira seulement de «faire tourner l’effectif», ni contre la Tanzanie, avec des joueurs qui ne peuvent pas être en forme. L’explication serait que cette période est difficile pour les joueurs algériens. On ne nous dit pas si ce constat peut être fait pour les joueurs des équipes adverses. Si c’était le cas, on peut se réjouir de l’équilibre des forces. Si c’est l’inverse on ne pourra qu’espérer et attendre ce que ça va donner.  Saâdane ajoute qu’il va «essayer de gérer» la chose, «du mieux qu’il peut» pour réaliser de bons résultats. Quand même ! Il lui reste un zeste d’optimisme. Alors qu’on a une équipe qui est soit amoindrie par des blessures, soit en train de «tourner», soit en  mauvaise forme. Ce à quoi il faut ajouter que l’équipe tanzanienne peut créer «surprise» et que le groupe dans lequel se trouvel’Algérie est un groupe «très difficile». Ce n’est vraiment pas de chance ! On fera avec, avec  une pensée pour  le pauvre entraîneur qui ne dispose jamais des conditions minimales, qui n’a souvent que ces yeux pour pleurer  et qui se trouve en permanence obligé de nous avertir que rien ne va chez les Verts et de nous demander «de redescendre sur terre». Au fait, c’est quoi «redescendre sur  terre» pour un supporteur ? Il n’y a que Saâdane qui pourra nous l’expliquer. S’il veut bien. En attendant ce jour et en  espérant qu’il ne veut pas nous dire qu’il n’y a plus rien à faire  qu’à attendre le pire, laissons-le à ses soucis. Et allons vers les bonnes nouvelles. L’ETUSA, cette entreprise qui assure le transport à Alger, annonce qu’elle a décidé d’assurer le service durant les soirées du ramadhan, grâce à un programme «Spécial nuit». C’est annoncé à point nommé, c’était tout juste et, au vu du ton du communiqué, cela aurait pu ne pas se faire. L’ETUSA n’est apparemment pas tenue d’être au service de la collectivité. Rien ne l’y obligerait, sauf de bien vouloir le faire. Pour ceux qui croient que le service public est un acquis, il serait bon qu’ils révisent leurs certitudes. Le service public chez nous n’existe pas. Il n’est qu’une illusion. Ceux qui seraient astreints à l’assurer nous le prouvent tous les jours. Ceux qui font office de «taxis», comme ces transports publics qui nous malmènent, comme ces commerçants qui nous donnent l’impression de les déranger. Il faut croire que l’octroi de licence, d’agréments ou d’autorisation de toutes natures, ne s’accompagne pas d’un cahier des charges circonstancié. Il faut aussi se rendre à l’évidence que la prédation est le seul souci de ces bénéficiaires des sésames de l’enrichissement sans grands frais. La fierté de l‘ETUSA n’est pas spontanée. Elle procède d’un contexte où  l’Etat contribue fondamentalement au mépris du service public. Ce contexte est apparu, lorsqu’un vent de folie s’est emparé du pays. Plus d’Etat dans la vie économique et sociale. Que tout le monde se débrouille et que naissent des rapports lucratifs entre les citoyens. Ceux qui paient d’un côté et ceux qui encaissent de l‘autre. Y compris dans les services essentiels à la communauté. Même ceux qui ont inventé le principe de laisser faire le pouvoir de l’argent n’ont pas laissé ces services à la prédation débridée. Concessions contre concessions, jamais de concessions gratuites. Et puis concernant ce qui leur sert d’ETUSA, ils ont décidé depuis toujours qu’elle n’est pas astreinte à l’obligation de rentabilité financière pure, mais surtout à la rentabilité sociale. Même les étasuniens n’ont jamais donné tout le transport public au privé et l’ont inscrit comme nécessité vitale pour le fonctionnement de la société. Parce que chez ces gens-là on sait ce qu’il est bon et ce qu’il n’est pas bon de faire. Pourtant c’est de chez eux que nous avons hérité cet urbanisme qui s’impose à nous. Il suffirait de faire ce qu’ils font pour que nous puissions améliorer sa maîtrise. Ce qui signifie qu’il s’agit juste de mettre les ingrédients oubliés. Ce n’est pas sorcier. Non ? 

Par Ahmed Halfaoui

 

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