|
Devenue un vrai
commerce pendant le ramadhan
La mendicité
occasionnelle explose
Si la distinction
est difficile à faire entre les vrais et les faux mendiants durant
les autres mois de l'année, au mois de ramadhan le phénomène est
flagrant. Les mendiants poussent comme
des champignons un
peu partout, une situation qui laisse place à des catégories
inédites de mendicité.
Elles sont
nombreuses ces figures de misérables qui se font concurrence pour
squatter chaque place publique susceptible de contenir leurs bouts
de cartons ou de couverture sur lesquels ils s’installent avec leur
panier pour récolter de l’argent en ce mois sacré. A voir le nombre
des mendiants se multiplier de manière aussi flagrante, on se
demande si la pauvreté prend des taux différents que ceux des autres
mois de l’année. L’image renvoyée par l’augmentation du nombre de
mendiants se conjugue-t-elle, un tant soit peu, avec la réalité de
la pauvreté dans notre société ? Naturellement, avec l’existence de
la mendicité professionnelle, le rapport serait faible entre la
mendicité et les vrais taux de pauvreté. Autrement dit, le phénomène
de la mendicité ne reflète pas la pauvreté dans notre pays. Au
ramadhan, les questions relatives à ce phénomène ne sont pas du même
ordre, d’autant que le phénomène change catégoriquement de visage.
Au niveau de la capitale, la mendicité s’accroît curieusement. C’est
aux alentours des mosquées, des magasins, des boulangers que le
nombre de mendiants prend des proportions alarmantes. Il ne s’agit
pas d’un hasard de calendrier, puisque cette croissance des
mendiants profite en premier lieu des sentiments particuliers de
solidarité et de piété qui caractérise les jeûneurs. Par ailleurs,
cette mendicité occasionnelle dérange en premier lieu les mendiants
professionnels lesquels multiplient les façons d’investissement de
cette période de pénitence pour réaliser de plus gros gains. Le
conflit n’est pas discret entre les mendiants de toute l’année et
ceux du mois sacré, car au niveau des places publiques, les
mendiants du ramadhan peinent à se réserver une place près des
magasins, des mosquées ainsi que tous les lieux ou se trouvent les
âmes charitables. Au niveau du marché de Meyssonnier d’Alger,
l’abondance des mendiants est à l’origine d’un encombrement pour
les piétons. Alors que durant toute l’année les alentours du marché
étaient la propriété de quelques trois femmes et leurs enfants, en
ce mois sacré, leur nombre se chiffrent en dizaines. Entre filles,
femmes, hommes et jeunes, ces mendiants, entre vrais, faux et
occasionnels, se dirigent tôt le matin vers leurs lieux de «travail»
pour se réserver les bonnes places, comme l’indique une maman
«ancienne dans le domaine». Selon les propos de cette mendiante
accompagnée de trois enfants, dans la mendicité, il existe des
moments et des places stratégiques pour attirer l’attention. «Je
travaille ici depuis 4 ans, c’est ma place. A cet effet, je
distingue parfaitement les généreux des avares de ce quartier et
ceux du voisinage. Toutefois, ceux qui sont avares durant les autres
mois de l’année deviennent généreux en ramadhan, ce qui explique le
phénomène des mendiants occasionnels», indique-elle. Selon les
réponses d’autres mendiants professionnels, le nombre des mendiants
occasionnels n’affecte pas leurs recettes habituelles, puisque «les
mendiants occasionnels manquent d’expérience et de techniques»,
comme l’explique un mendiant ayant l’habitude de travailler à la
sortie d’une boulangerie. Et d’ajouter que «les places stratégiques
de la mendicité sont squattées par les professionnels tandis que les
occasionnels s’installent dans des lieux moins propices…». «Quoique
la baraka du mois n’exclut personne», conclut-il.
Par Yasmine
Ayadi
Haut
Médéa
Une nouvelle
«génération» de mendiantes investit les rues
Le visage et le
corps cachés par un «niqab» pour mieux dissimuler son (jeune) âge et
tromper les âmes charitables, Rafika représente la nouvelle
«génération» de mendiantes qui écument, depuis quelques jours, les
artères principales de la ville de Médéa ou squattent les abords
immédiats des mosquées. Elle fait partie de ces fillettes, agées
entre dix et douze ans à peine, qui forment la «relève», étant
initiées dès leur plus tendre enfance à cette «profession», au plus
haut point dégradante mais très lucrative, notamment durant le mois
sacré de ramadhan. Exploitées lorsqu’elles étaient petites par leurs
propres parents ou par des accompagnateurs qui les brandissaient à
la face des passants comme pour les attendrir, ces
apprentis-mendiantes évoluent désormais en solo mais leur
«protecteur» n’est jamais loin. Vite initiées aux techniques et
subtilités du métier, elles disputent à leurs anciennes marraines
les endroits de la ville les plus fréquentées et donc les plus
rentables. Le niveau des recettes déterminera la part qui leur sera
versée par leur «employeur» à la fin de la journée, d’où l’intérêt
pour chacune d’elles d’amasser le plus d’argent possible, notamment
les toutes nouvelles recrues, inexpérimentées et affectées, de
surcroît, dans des endroits très peu animés. Contraintes et forcées,
faute de perspectives ou de prise en charge adéquate susceptible de
les sortir de cette spirale, ces nouvelles mendiantes marquent le
passage à une nouvelle forme d’exploitation, eu égard non seulement
à l’âge de ces filles, mais également le volume horaire assigné à
chacune d’elles, en plus de leur condition de vie très précaire.
Celles-ci passent de longues et pénibles journées à arpenter les
ruelles de la ville ou adossées au mur d’une mosquée à quémander.
Les journées de «travail» peuvent durer jusqu’à dix heures sinon
plus, le temps d’activité étant rallongé à l’infini durant les
veillées de ramadhan. Certaines de ces mendiantes attendent la fin
des prières surérogatoires (tarawih) pour regagner, à bord de taxis
(clandestins s’entend), leur domicile souvent distant de plusieurs
kilomètres de leurs lieux d’activité. Peu bavardes et méfiantes la
plupart du temps, elles fuient toute personne étrangère qui tente de
percer leur mystère. Elles ont visiblement pour instruction de
limiter les contacts avec les gens et d’éviter d’engager avec eux
des conversations qui puissent aider à identifier leurs
commanditaires. Au curieux qui les interpellent, elles répètent un
seul et même discours, qui ne renseigne sur rien et qui s’avère être
le plus souvent celui qu’elles ont, de toute façon, appris par cœur
durant leur enfance auprès de leurs mères mendiantes. C’est
qu’aucune n’a le droit de déroger à la règle, faute de quoi elle
s’exposera inéluctablement aux remontrances du chef. Celle qui se
laissera aller à des confidences avec un étranger risque tout
bonnement la «bastonnade» et des ponctions sur son «salaire», confie
l’une d’elles, en s’assurant au préalable de la confidentialité de
ses dangereux propos.
R. M.
Haut
Ouverture de la session d'automne du Parlement
Ouyahia face
aux parlementaires
Les parlementaires
qui ont bénéficié cette année d’un long congé en raison du manque
d’activité, de textes de loi et de l’absentéisme, vont reprendre le
chemin du Parlement dans le cadre de la session d’automne dont
l’ouverture est programmé pour le 2 septembre, selon un communiqué
de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Une reprise qui
sera probablement chargée de textes de loi, mais aucune garantie sur
le changement d’attitude des députés qui préfèrent traiter leurs
affaires personnelles et occuper leur siège au Parlement le jour du
vote, aux cérémonies d’ouverture et de clôture.
En tout cas, pour
cette nouvelle session parlementaire, il est attendu que le Premier
ministre Ahmed Ouyahia ouvre le bal des travaux. D’ailleurs, il a
décidé dans le cadre d’une réunion du bureau politique de son
parti, de réunir les parlementaires de Rassemblement national
démocratique (RND) mercredi prochain, 1er septembre, qui sera suivie
d’une autre avec les secrétaires des bureaux de wilaya. Une
rencontre qui précédera son passage à l’Assemblée populaire
nationale (APN). Un rendez-vous très attendu puisque une année après
la présentation du plan d’action du gouvernement suite à sa
désignation comme Premier ministre et à l’amendement de la
Constitution en 2008, Ahmed Ouyahia n’a pas présenté la déclaration
de politique générale comme le stipule le texte fondamental de la
République algérienne. Il faut savoir qu’en matière d’agenda, M.
Ouyahia présentera les grandes lignes du nouveau plan
d’investissement public pour la période 2010-2014. Un programme doté
de 286 milliards de dollars ce qui complique la gestion des dépenses
publiques. En tout cas, l’information portant sur la présentation
par M. Ouyahia du programme quinquennal a été donnée par le
secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Abdelaziz
Belkhadem. Ce dernier à laisser même entendre que le Premier
ministre présentera un bilan et des perspectives, et les députés
auront le droit d’exercer leur mission de contrôle à travers la
présentation de la déclaration de politique générale. Il n’y a
longtemps, le porte- parole du RND, Miloud Chorfi, a dit qu’il
n’était pas utile de présenter la déclaration de politique générale
puisque le dernier lifting ministériel n’a pas touché le Premier
ministre.
Apparemment, M.
Ouyahia aura a présenté un bilan sur la réalisation des projets du
précèdent programme quinquennal, même si les auditions tenues par le
président de la République depuis le 15 août dernier ont permis
d’établir des «rapports» sur quelques secteurs même si certains
d’entre eux restent dans le cadre général. Il est à souligner que la
précédente session parlementaire était «vide» en matière de
législation en plus de «l’absentéisme» des députés.
Pour la prochaine
session, le Parlement attend, «sans le réclamer à haute voix», la
présentation qui sera faite par le Premier ministre. Au plan
constitutionnel, la Constitution stipule dans son article 84 que «le
gouvernement présente annuellement à l’Assemblée populaire
nationale, une déclaration de politique générale». En tout cas,
Ahmed Ouyahia aura à répondre à plusieurs questions, notamment
d’ordre socio-économique, à l’instar de la gestion de la
protestation sociale annoncée par les syndicats de l’Education, la
Santé et l’Enseignement supérieur, la finalisation des statuts
particuliers afin d’appliquer le régime indemnitaire. Sans oublier
l’organisation de la tripartite qui devait finaliser les dossiers de
la tripartite tenue le 2 décembre 2009. Il s’agit notamment du
dossier relatif à la retraite et les négociations menées avec les
organisations patronales en matière de facilitations bancaires.
Ainsi, l’entrée sociale s’annonce très chargée pour le gouvernement
Ouyahia qui a repris le service le 8 août, mais quelques ministres
restent encore plongés dans le sommeil du «ramadhan». Pour les
parlementaires, l’expérience a montré qu’il ne faut pas s’attendre à
grand-chose.
Par Nacera
Chenafi
Haut
6e congrès du PT clôturé hier
Reconduction
sans surprise de Louisa Hanoune
Les travaux du 6e
congrès du Parti des travailleurs ont pris fin hier à l’hôtel Safir
Mazafran (Zeralda) par l’élection des membres du comité central.
Après les débats, les 920 congressistes du PT ont procédé au vote
d’une dizaine de résolutions et des membres du comité central du
parti. Un comité qui désignera dans les prochains jours le nouveau
secrétariat politique, dont lequel figurera le président du parti et
les différents postes de responsabilité. Comme une lettre à la
poste, ni le bilan du précédent comité central ni la direction
politique n’ont fait objet de critiques par les délégués du parti.
Seule nouveauté dans ce 6e congrès, le Parti des travailleurs a
procédé au changement de ses statuts. Ainsi, le comité central ,
composé actuellement de 40 membres, sera revu à la hausse pour
atteindre 65 ou 70 membres. Idem pour le secrétariat politique qui
compte 13 membres et est appelé à être élargi à une vingtaine de
délégués. En effet, 216 congressistes ont été en faveur de
l’élargissement des instances dirigeantes du parti, dont le comité
central. Le porte-parole du congrès et chargé de la communication
auprès du secrétariat politique, Djoudi Djelloul, a affirmé que cet
amendement vise «à asseoir une base solide au parti et répondre aux
exigences et aspirations de la base». Hormis l’élection du comité
central, les délégués qui se sont rassemblés au troisième jour
consécutif ont déjà assuré la reconduction de la secrétaire générale
Louisa Hanoune pour un mandat de trois ans. C’est dans les prochains
jours qu’elle devrait être réélue conformément aux statuts du parti.
Une élection qui a entériné le plébiscite déjà annoncé. Lors des
débats en plénière, les intervenants, au nombre de 216, ont exprimé
leur soutien à un renouvellement et exprimer leur confiance en Mme
Hanoune. D’après quelques militants, ce 6e congrès est considéré
comme une formalité à accomplir. Aucun d’eux ne doute de la
reconduction de Louisa Hanoune, et c’est ce qui va se produire sans
surprise. Selon une source, la représentation féminine au sein du
comité central est appelée à s’accroître. A noter que 30% des
participants à ce congrès sont des femmes. Un choix qui traduit,
avait souligné Mme Hanoune, la politique du parti qui «œuvre à
promouvoir ces deux franges de la société». Les assises ont été
marquées par les interventions des délégués qui ont évoqué la
démocratie du mandat, la jeunesse, l’organe central du parti, les
finances, l’agriculture, la femme, l’action syndicale, la résolution
de politique générale, la résolution sur la Conférence mondiale
ouverte et une motion spéciale sur la Palestine.
Hocine L.
Haut
Importée pour faire face à la spéculation
L’arnaque gagne
la viande indienne
Cédée entre 650 et
850 dinars/kilogramme, la viande indienne congelée importée d'Inde
se vend actuellement plus chère sur les marchés populaires que celle
qui arrive traditionnellement du Brésil et de l'Uruguay. Cette
dernière est proposée entre 550 et 780 DA/kilo en fonction de la
pièce achetée.
Et pourtant, les
prix affichés au niveau des points de vente de la Sotracov, société
publique importatrice de ce produit, sont de 410 dinars pour les
avants et 560 DA pour les arrières (des pièces appelées parties
nobles de la bête dans le jargon de la boucherie). Les mêmes prix ou
presque sont pratiqués par l’un des quatre importateurs privés qui
ont investi dans ce créneau tel que l’INALCA. Cette société cède le
collier et la poitrine à 420 DA et l’épaule à 440 DA. Qui fait donc
dans la surenchère en flambant les prix sur les marchés fréquentés
par la plus grande partie de la population ? Selon Boubekeur Yaïci,
ancien cadre au ministère de l’Agriculture et responsable de l’INALCA,
la responsabilité incombe aux grossistes et demi-grossistes qui
flambent le marché. «Nous, en tant qu’importateurs nous vendons aux
grossistes des carcasses entières dans lesquelles on trouve les 14
pièces que nous leur vendant entre 435 et 440 DA/kilo. Cela part du
filet, en passant par les côtes et ce, jusqu’au collier. Nous
pratiquons donc un prix unique et c’est aux autres intervenants dans
la chaîne de commercialisation de faire dans le détail», a-t-il
expliqué. Il ajoutera : «Nous avons eu des échos disant que la
viande hachée, qui se fait pourtant avec les morceaux les moins
chers, se vend à 600 DA dans les marchés de Chéraga à Alger et aussi
à Oran. Alors, vous comprenez bien que ce sont ces intervenants là
qui mettent le feu dans les marchés». Notre interlocuteur qualifie
les grossistes en viande d’individus qui veulent gagner beaucoup
d’argent en peu de temps, alors que la viande est un produit dont la
marge bénéficiaire se gagne sur la quantité. A la question de savoir
si cette viande de Buffalo se vend bien ou peu, Yaïci a répondu
qu’il est satisfait pour le moment. Car sur les 1 500 tonnes
importées par son établissement, il en a écoulé 400 tonnes jusqu’à
présent. Se disant inscrit dans la continuité, le responsable de l’INALCA
Algérie a déclaré que son entreprise attend encore de nouveaux
arrivages pour pouvoir répondre aux demandes des consommateurs dès
la rentrée sociale pour approvisionner notamment les écoles et les
universités en viande indienne. Ainsi, Yaïci ne rate pas l’occasion
de parler des vertus de la viande de Buffalo qu’il qualifie de
tendre et pas grasse. Une viande qui éviterait ainsi au consommateur
les problèmes de santé engendrés généralement par les taux de
cholestérol élevé contenu dans les viandes d’autres provenances. La
polémique qui a entouré l’importation de cette source de protéines
animales venue d’Inde et tout ce qui a été dit et écrit dans le but
de savoir s’il s’agissait d’une viande halal ou non, notre
interlocuteur a ironisé en disant : «Quand on importait d’Europe et
d’Amérique du Sud, personne ne se souciait si l’abattage des bêtes
répondait ou non aux exigences du rite musulman ; mais maintenant
que nous l’importons de provinces musulmanes on se demande si c’est
du halal ou pas».
Notre
interlocuteur a fait savoir que dans le futur la viande indienne
remplacera petit à petit celle d’Amérique latine parce qu’elle est
moins chère et reste de bonne qualité. A ce sujet, le patron de l’Inalca
a fait savoir que sur une tonne de viande, il y a 1 000 dollars de
différence entre celle du Brésil et celle de l’Inde et une fois
arrivée dans l’assiette du consommateur algérien elle coûtera 120
dinars de plus. Faire venir de la viande ou autre denrée alimentaire
d’Inde ou d’ailleurs pour faire baisser les prix, surtout en période
de ramadhan, ne semble pas réussie dans la mesure où les services de
contrôle des prix et de la répression des fraudes n’arrivent pas à
imposer la loi.
Par Hafid
Mesbah
Haut
Audition, hier, du ministre du Commerce
Bouteflika veut
«une lutte efficace contre la fraude»
Dans le cadre des
auditions annuelles qu’il dirige sur les activités des différents
départements ministériels, Abdelaziz Bouteflika, président de la
République, a présidé le 24 août 2010 une réunion restreinte
d’évaluation consacrée au secteur du commerce.
Au cours de cette
audition, l’exposé du ministre du Commerce a porté sur les mesures
engagées par le secteur concernant l’encadrement, la surveillance du
marché, les pratiques commerciales et la concurrence ainsi que le
volet relatif au contrôle et à la répression des fraudes. L’accent a
été mis sur l’approfondissement des instruments de régulation et
d’organisation visant notamment la préservation du pouvoir d’achat,
la protection de l’économie nationale et du consommateur et
l’élaboration d’une réglementation appropriée pour tenir compte des
évolutions enregistrées au sein de la société et de l’économie. Dans
ce contexte, la législation relative aux règles applicables à la
concurrence et aux pratiques commerciales, a été amendée. De même,
dans le domaine de l’organisation des activités commerciales et de
protection du consommateur, il a été procédé à la promulgation de
textes relatifs au dispositif de régulation de l’implantation des
équipements commerciaux, de la conformité des produits et de
l’information du consommateur. En ce qui concerne le soutien de
l’Etat au pouvoir d’achat, il y a lieu de noter que le mise en œuvre
du dispositif de remboursement des frais de transport concernant
dix (10) wilayas du Sud du pays, permet aux populations de ces
wilayas d’acquérir les produits relevant de ce mécanisme à des prix
analogues à ceux pratiqués au Nord du pays. Par ailleurs, une
structure de coordination mixte Commerce-Agriculture a été mise en
place pour veiller au renforcement du dispositif de contrôle et à la
surveillance du marché, notamment durant le mois sacré du ramadhan
2010. La loi relative à la protection du consommateur et à la
répression des fraudes, promulguée en 2009, a renforcé les mesures
de protection de la santé et de la sécurité des consommateurs et a
permis aux associations de protection des consommateurs de jouer
pleinement leur rôle. Pour ce qui est du développement des
infrastructures commerciales, un programme de modernisation et de
densification a été retenu en vue de réduire le commerce informel
par la disponibilité, notamment, de structures facilitant
l’écoulement des produits agricoles frais. Ce programme s’articule
sur la réhabilitation des marchés de gros de fruits et légumes en
cours d’exécution. En matière de réalisations, cinq (05) marchés de
gros et 85 marchés de détail ont été réceptionnés. Additionnellement
à ce programme de réhabilitation, le secteur du commerce prévoit,
notamment au titre du plan quinquennal 2010-2014, la réalisation de
nouveaux marchés de gros. Dans le domaine de la surveillance et du
contrôle économique du marché intérieur, les actions engagées ont
été renforcées grâce à un apport complémentaire en moyens humains (1
500 agents recrutés ainsi que 7 000 agents de contrôle prévus dans
le plan quinquennal 2010-2014), la construction en cours de 13
laboratoires de contrôle de la qualité et de la répression des
fraudes et la programmation de 16 projets de contrôle d’analyse des
produits, et, enfin, l’implantation de nouvelles subdivisions
territoriales, autant de mesures qui ont permis d’augmenter la
vigilance à l’égard des manœuvres spéculatives et autres pratiques
commerciales frauduleuses sur le marché. Les résultats enregistrés
durant l’année 2009 dans le domaine du contrôle des pratiques
commerciales, se sont soldés par plus de 320 000 interventions et
164 000 autres au titre du premier semestre 2010. Les actions menées
dans le cadre du contrôle de la qualité et de la répression des
fraudes au cours de l’année 2009, se sont traduites par près de 500
000 interventions. Au titre des mesures conservatoires, il a été
procédé à la fermeture administrative de plus 2 500 locaux
commerciaux et la saisie de près de 8 000 tonnes de produits non
conformes ou impropres à la consommation. Au premier semestre 2010
seulement, le nombre d’interventions a été de plus de 475 000, ce
qui a permis la verbalisation de plus de 80 000 commerçants. En
outre, les opérations engagées au titre de l’assainissement du
commerce extérieur ont permis d’identifier un certain nombre
d’importateurs indélicats qui ont fait l’objet de poursuites
judiciaires, avec interdiction d’exercer des activités liées au
commerce extérieur. En matière de conformité des produits importés,
la même vigilance a été observée aux frontières grâce à la mise en
place d’un dispositif de contrôle efficace. Intervenant à la fin de
l’évaluation du secteur, le chef de l’Etat a rappelé que «le
renforcement de l’outil de contrôle devra demeurer un priorité pour
le gouvernement qui doit mobiliser tous les moyens adéquats en
faveur de l’amélioration de la qualité des biens et services mis sur
le marché, à travers une lutte efficace et permanente contre les
phénomènes de la fraude, la contrefaçon et les pratiques déloyales».
Enfin, le chef de l’Etat a particulièrement insisté sur «la
nécessité d’intensifier les actions de sensibilisation afin de
préserver la santé des citoyens, notamment en impliquant davantage
les associations professionnelles et de consommateurs».
Haut
Travailleurs retraités
Une réduction
de 80% sur l’impôt
Au titre de
l’accompagnement au développement humain, la LFC 2010 a, entre
autres, relevé l’extension de l’exonération d’impôt, selon un
barème progressif, sur le revenu au bénéfice des retraités percevant
mensuellement plus de 20 000 DA en fonction du montant de leurs
salaires ou de leurs pensions.
Une décision prise
pour faire davantage bénéficier cette catégorie exclue auparavant de
rabattement sur l’IRG décidé en 2009 pour les catégories dont les
retraites n’excédaient pas les 20 000 DA.
A ce sujet,
contactée la Fédération nationale des travailleurs retraités (FNTR)
par la voix de son chargé de l’information Smaïl Boukrif rappellera
«à qui de droit» que cette mesure n’est que l’aboutissement des
multiples actions menées par la Fédération.
En effet, Il
indiquera que la LFC de 2010 a fait bénéficier les 20 000
travailleurs retraités qui ont été lésés par celle de 2009 qui les
avait pénalisés par un trop perçu. Cet acquis, expliquera le chargé
de l’information «est le fruit des multiples actions menées à
travers de multiples écrits adressés notamment au ministère des
Finances, à l’APN, à l’UGTA ainsi qu’au ministre du Travail pour
dénoncer l’injustice dont 20 000 retraités ont été victimes». En
outre, le chargé de l’information affichera la satisfaction de la
FNTR par rapport à cette décision particulièrement par «l’effet
rétroactif de son application à partir de janvier 2010». Soulignant
dans ce contexte que parmi les 20 000 retraités, «certains, ceux
dont le revenu est classé entre 20 010 et 25 000 DA, sont concernés
par un abattement sur l’IRG allant jusqu’à 80%».
Par ailleurs,
Boukrif mettra l’accent sur la confusion portée par certains
quotidiens faisant état de la signature par le minis-tre du Travail
d’un décret ministériel relatif à la revalorisation des pensions et
des retraites à un taux de 70%. A ce sujet, il dira qu’ «il n’ y a
pas d’arrêté signé. Il s’agit simplement des 20 000 retraités de
2009 qui vont toucher les 5% qu’ils n’ont pas eus». Ainsi, selon
notre interlocuteur, il est uniquement question de régularisation
des pensions et retraites n’ayant pas bénéficié par la
revalorisation de 2009.
Interrogé à propos
de l’actualisation des salaires revendiquée lors du 5e congrès de la
FNTR tenu en juin dernier, le chargé de l’information indiquera que
«cette revendication n’a pas été prise en charge par la tutelle mais
nous continuerons à réclamer ce droit».
S’agissant de la
restitution par l’Etat des 400 milliards de dinars utilisés pour
faciliter le départ de 400 000 travailleurs à la retraite
proportionnelle, dans le cadre de l’ordonnance 97-13, Boukrif
affirmera que «cette résolution issue du 5e congrès reste toujours
d’actualité, soulignant toutefois que «des discussions ont été
engagées avec des hauts responsables qui ont trouvé légitime cette
revendication».
Par Lynda
N.Bourebrab
Haut
En l’espace de vingt mois
Près de 1 500
fugitifs arrêtés par la GGF à Alger
Le groupement de
la Gendarmerie nationale de la wilaya d’Alger a rendu en chiffres le
bilan de ses activités durant l’année 2009 et jusqu’au 22 août
dernier.
En effet, le GGF a
réussi à arrêter, en l’espace de vingt mois, 1 320 fugitifs
recherchés dans plusieurs affaires ayant un lien avec le crime
organisé, le vol, le détournement de fonds publics et l’atteinte à
l’économie nationale. Durant l’année 2009, 500 personnes recherchées
ont été arrêtées par le GGF à travers différentes opérations coup de
poing effectuées dans les quartiers d’Alger. En 2010, 820 fugitifs
seront arrêtés par le GGF dont 75% sont des repris de justice âgés
entre 20 et 35 ans. D’autre part, la Gendarmerie nationale a
contrôlé plus de 173 500 véhicules depuis le mois de janvier
dernier. Durant ces fouilles, une quarantaine de voitures volées ont
été récupérées par les éléments de la GN.
Un dealer
arrêté à Zeboudja avec 500 g de drogue
Le 24 août, la
brigade de Gendarmerie nationale de Zeboudja a présenté devant le
procureur de la République près le tribunal local, un (01) dealer
interpellé en possession de 500 grammes de kif traité. Il a été
placé sous mandat de dépôt.
Une femme de 43
ans arrêtée avec 200 g de cannabis et 87 faux billets
Le 25 août, les
gendarmes de la compagnie territoriale de Biskra, en patrouille à
hauteur de la cité des 726 logements du chef-lieu de wilaya, ont
interpellé deux (02) personnes en possession de 50 grammes de kif
traité. La brigade de Gendarmerie nationale de Biskra procède à
l’enquête. Rappelons que le 24 août 2010, les gendarmes de la
brigade de Biskra ont interpellé une dame de 43 ans et saisi à son
domicile 200 grammes de kif traité et quatre vingt sept (87) faux
billets de 1000 DA. Ils ont également récupéré dans le même quartier
30 grammes de cette substance jetés par un dealer qui a pris la
fuite à la vue des gendarmes, comme signalé dans la synthèse du 25
août 2010.
A Constantine,
deux dealers interpellés pour détention de psychotropes
Le 25 août
dernier, la brigade de Gendarmerie nationale de Ouled-Rahmoune a
présenté devant le procureur de la République près le Tribunal d’El-Khroub,
deux (02) dealers interpellés pour détention et consommation de
psychotropes hallucinogènes (17 comprimés de marque Rivotril) et
tentative de vol. Ils ont été placés sous mandat de dépôt.
Deux personnes
arrêtées à El-Tarf avec 25 g de drogue
Le 25 août
dernier, les gendarmes de la section de sécurité et d’intervention
du groupement de la wilaya d’El-Tarf, en patrouille au centre-ville
de Berrihane, ont interpellé deux (02) personnes en possession de
vingt-cinq (25) grammes de kif traité et la somme de 5 925 DA
représentant le produit de vente des stupéfiants. Elles ont été
remises à la brigade de Gendarmerie nationale de Berrihane pour
enquête.
Deux autres à
Ouargla
Le 26 août,
agissant sur renseignements, les gendarmes de la brigade de Zaouia
El-Abidia ont interpellé, à hauteur de la cité Beni-Soud, Commune de
Tibesbest, deux (02) dealers en possession de 23 grammes de kif
traité. L’enquête est en cours.
940 poulets
abattus clandestinement découverts à bord de 2 Toyota à Oum
El-Bouaghi
Le 28 août, les
gendarmes des brigades de F’Kirina et Aïn-Beida, en patrouille à
travers leurs secteurs de compétence, ont interpellé trois (03)
personnes, transportant à bord de deux (02) véhicules de marque
Toyota Hilux, neuf cent quarante (940) poulets abattus
clandestinement. Les brigades de Gendarmerie nationale de F’Kirina
et Aïn-Beida procèdent aux enquêtes.
Une personne
interpellée à Sétif pour détention d’un fusil à pompe
Le 24 août,
agissant sur renseignements et en vertu d’un mandat de perquisition,
les gendarmes de la brigade de Aïn-Tarik ont interpellé une (01)
personne et saisi à son domicile, au village Aïn-Tarik, commune de
Sétif, un (01) fusil à pompe détenu illégalement avec huit (08)
cartouches de calibre 16.
Tébessa,
Tlemcen et Souk Ahras, le trafic de carburant s’implante
Du 23 au 24 août,
les gardes-frontières de Bourenane (Souk-Ahras), Goulita, El-Meridj,
El-Ouenza et les gendarmes des brigades d’El-Ma-Labiodh, Bir-El-Ater,
Bekaria, Oum Ali et El-Mezeraa (Tébessa), ont saisi, lors de
patrouilles, trois (03) véhicules légers, 1 994 litres de carburant
et un lot de vêtements. Cinq contrebandiers ont été interpellés.
D’autre part, du 25 au 27 août, les gardes-frontières d’El-Meridj,
Goulita, Bourenane (Souk-Ahras) et les gendarmes de la Section de
sécurité et d’intervention du groupement wilaya de Tébessa et des
brigades de Hammamet, El-Ouenza, El-Ma-Labiod, (Tébessa), ont saisi,
lors de patrouilles effectuées le long du tracé frontalier, deux
(02) véhicules légers,1 540 litres de carburant, un lot de produits
cosmétiques, un lot d’effets vestimentaires et dix-sept (17) ballots
de friperie qui ont été abandonnés. Deux (02) contrebandiers ont été
interpellés. Le 26 août, les gendarmes des brigades de Hammamet,
El-Ma-Labiod et Morsot (Tébessa) ont présenté devant les procureurs
de la République près les tribunaux d’El-Aouinet et Tébessa, quatre
(04) contrebandiers qui avaient aménagé leurs véhicules (deux (02)
de marque Peugeot 504 et deux (02) de marque Renault 25, pour le
transport de carburant. Deux d’entre eux ont été placés sous mandat
de dépôt et les deux autres sont cités à comparaître à l’audience du
19 septembre 2010. Du 27 au 28 août 2010, les gardes-frontières d’El-Ouenza
(Tébessa) et les gendarmes de la brigade de Haddada (Souk-Ahras), en
patrouille le long du tracé frontalier, ont saisi 1221 litres de
mazout, abandonnés par des contrebandiers. Par ailleurs, aux
frontières ouest du pays, les gardes-frontières de Sidi-Boudjenane,
Boukanoune, Chaib-Rassou, El-Djorf et Abdallah (Tlemcen) ont
récupéré, du 24 au 25 août derniers, lors de patrouilles le long du
tracé frontalier, 3 850 litres de carburant abandonnés par des
contrebandiers. Du 25 au 27 août, les gardes-frontières de
Sidi-Boudjenane, Boukanoune, El-Bouihi, El-Djorf et Abdallah
(Tlemcen), ont saisi, lors de patrouilles effectuées le long du
tracé frontalier, 12 155 litres de carburant, abandonnés par des
contrebandiers. Du 27 au 28 août, les gardes-frontières de
Sidi-Boudjenane, Boukanoune et Chaib-Rassou (Tlemcen) ont récupéré,
lors de patrouilles le long du tracé frontalier, un (01) véhicule
léger, onze (11) quintaux de déchets de cuivre et 2 200 litres de
carburant, abandonnés par des contrebandiers.
Oran, un jeune
arrêté avec des effets vestimentaires de la contrebande
Le 25 août, les
gendarmes de la brigade de Aïn-El-Beida, dressant un point de
contrôle sur le chemin de wilaya n° 73, ont interpellé une (01)
personne transportant à bord d’un véhicule de marque Renault Mégane,
un lot d’effets vestimentaires (173 pantalons jeans) provenant de la
contrebande. Le procureur de la République près le tribunal d’Es-Senia,
tenu informé, a prescrit la mise en liberté du mis en cause après
audition et la remise du moyen de transport et la marchandise à la
recette des Douanes d’Es-Senia.
800 litres de
mazout saisis et 2 personnes interpellées à Adrar
Le 26 août, les
gendarmes de la brigade de Reggane, dressant un point de contrôle
sur la RN n° 06, ont interpellé deux (02) contrebandiers
transportant à bord d’un véhicule de marque Toyota FJ-60 et un
camion de marque Sonacome, quatre (04) fûts contenant au total 800
litres de mazout. L’enquête est en cours. Le 27 août, les gendarmes
de la brigade de Zorg, en patrouille sur la RN n° 10, ont récupéré à
hauteur du village Aïn-Ferhat, commune de Zorg, un (01) véhicule de
marque Renault-25, avec à son bord 840 kg de concentré de tomate en
provenance de la contrebande, abandonné par son conducteur qui a
pris la fuite à la vue des gendarmes. La marchandise a été remise à
la recette des Douanes d’Oum-El-Bouaghi.
Saïda, un homme
arrêté avec onze cartouches de calibre 9
Le 27 août, les
gendarmes de la Section de sécurité et d’intervention du groupement
de Saïda, en patrouille au village Sidi-Maamar, commune de
Aïn-Lahdjar, ont interpellé une (01) personne, circulant à bord d’un
véhicule de marque Peugeot 406, en possession de onze (11)
cartouches de calibre 9. Poursuivant les investigations et en vertu
d’un mandat de perquisition, les gendarmes de la brigade de Saïda
ont saisi au domicile de sa sœur à la cité El-Feth, au chef-lieu de
wilaya, vingt (20) cachets portant différents noms d’artisans et
commerçants, un cachet falsifié des impôts, deux cachets pour
légalisation conforme de copies, un (01) cachet de l’APC de Saïda et
un (01) autre de l’état civil, 357 imprimés d’acte de naissance
n°13 vierges, 97 n°12 et 230 autres de n°14 ainsi que divers CD-ROM
renfermant des listes de commerçants. L’enquête se poursuit.
Par Sofiane Abi
Haut
L'Université et le contexte socioéconomique de son évolution
Par-delà les
questions d’intendance et de logistique
Le taux de
réussite au baccalauréat de la session 2010 ne manquera pas de poser
– au-delà de la polémique sur la validité et la performance réelle
des épreuves de cet examen que seule une éventuelle expertise
docimologique indépendante pourrait trancher – des défis autrement
plus complexes dans l'étape de passage à l'université de dizaines de
milliers de nouveaux bacheliers.
C’est pratiquement
dans un mois que le branle-bas de combat sera enclenché pour
finaliser les procédures d’intendance et de logistique (chambre
universitaire, abonnement au transport…). Il est vrai que les
préinscriptions validées au mois d’août dernier par le ministère de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique n’ont pas
agrée à tous les futurs étudiants. Beaucoup de profils «pondus» par
le système informatique mis en place ne semblent pas ainsi
correspondre aux vœux réels – y compris ceux classés en troisième
position – de leurs titulaires. En tout cas, la rentrée
universitaire a peu de chances de se dérouler dans la sérénité
voulue par l’administration de tutelle. Aux problèmes et malentendus
accumulés depuis des années viendront se greffer les difficultés
d’intégration des nouvelles populations universitaires. L’actualité
tourmentée de l’université algérienne ne cesse pas, ainsi, de
révéler régulièrement de nouvelles facettes de sa complexité. Depuis
le milieu des années 2000, l’université s’est fait plus connaître
par ses remous internes – qui n’ont pas pu être contenus dans les
limites des franchises universitaires – que par quelque innovation
pédagogique ou de recherche, même si le système LMD (licence –
master-doctorat) est adopté d’une façon progressive et se généralise
maintenant à l’ensemble des structures universitaires. Sur ce
système, la polémique n’a pas cessé de s’enfler et d’épouser les
contours de l’opinion de chaque intervenant dans le domaine. Ces
remous, l’université les coltine depuis au moins le début des années
1990, lorsque la population universitaire commence à devenir très
importante. Les premiers signes de malaise furent le déficit en
infrastructures pédagogiques, ce qui obligea les gestionnaires du
secteur à imaginer des solutions d’urgence pour parer au plus
pressé. Ainsi, des ITE (anciennes écoles normales), des ITMA (lycées
agricoles), des salles de cinéma étaient pris d’assaut par
l’administration universitaire pour y assurer des cours, des travaux
dirigés et d’autres prestations pédagogiques ou d’intendance. Ces
solutions de bricolage ont été généralisées au niveau de tout le
territoire national avant que les programmes d’investissement
publics (PSSR, PCSC) ne viennent combler les déficits. Ainsi, de
nouveaux pôles universitaires ont vu le jour à l’image de celui de
Tamda, à l’est de Tizi Ouzou, destiné, à terme, à recevoir pas moins
de 20 000 étudiants.
Une charte
universitaire est-elle possible ?
Si sur le plan des
infrastructures et de certaines parties de l’intendance
(restauration, hébergement, transport) les choses paraissent
bénéficier d’un intérêt de plus en plus accru des gestionnaires du
secteur et des autorités politiques du pays, l’accompagnement
pédagogique, la gestion de la ressource humaine (corps enseignant)
et la recherche scientifique sont, de l’avis de plusieurs analystes,
les parents pauvres de la politique de développement de l’université
algérienne.
Dans ce contexte,
les mouvements de protestation récurrents portent essentiellement
sur la valorisation de la fonction enseignante et de la politique de
la recherche. La gestion des carrières, l’évolution et la promotion
du personnel pédagogique constituent, en effet, la base minimale sur
laquelle sont censés reposer les autres éléments de l’édifice
institutionnel et technique de l’Université.
Dans l’état actuel
des choses, entre les idéaux de développement économique et de
formation des élites pour lesquels, selon le président de la
République, l’université est censée travailler, d’une part, et
l’état dans lequel celle-ci se trouve aujourd’hui- où se conjuguent
baisse du niveau pédagogique, profils peu adaptés aux débouchés
économiques, tensions permanentes et grèves récurrentes –, d’autre
part, les analystes, les responsables gestionnaires et la société
tout entière sont fondés à tirer la sonnette d’alarme et à désigner
les termes de référence pour un nouveau contrat qui devra servir de
base consensuelle à une université qui vit de plus en plus mal son
étape de mutation. C’est une charte qui est censée épouser
complètement les préoccupations et les ambitions de la société en
matière de savoir, de progrès technologique et de développement
économique.
Outre une
population de jeunes bacheliers qui donne chaque année une envergure
nouvelle à nos structures universitaires, ces dernières vivent des
remous, des grèves et d’autres formes de perturbations où se mêlent
les revendications sociales, les questions d’intendance et les
exigences pédagogiques des programmes. Ces aléas, où s’enchevêtrent
les questions sociales, les motivations politiques et les
contradictions culturelles – ont fini par prendre en otage
l’université et la projeter dans la zone des incertitudes.
Un rang et une
place à retrouver dans le champ social
Depuis la
«massification» (démocratisation ?) de l’accès à l’université à la
fin des années soixante-dix du siècle dernier, l’université
algérienne a été travaillée au corps par des luttes politiciennes au
sein même de ses structures. Faute de démocratie et de liberté
d’expression, les organisations clandestines de la société (partis,
associations, syndicats) y avaient élu domicile. Depuis ces moments
de «ferveur révolutionnaire» et d’opposition clandestine,
l’université ne faisait que régresser et se fourvoyer dans une voie
sans issue. Elle fera les frais de l’économie rentière qui
s’installa insidieusement et qui a fini par casser tous les ressorts
de la société. Les conséquences d’une telle situation ne pouvaient
être qu’à l’antipode des missions dévolues à l’université :
formation de l’encadrement nécessaire pour l’économie et
l’administration du pays, reproduction des élites et renforcement
des valeurs de la citoyenneté. L’on comprend dès lors que le niveau
de certaines questions et revendications – comme celles liées à
l’intendance, au transport et à la cantine – paraît en déphasage
complet par rapport aux enjeux que charrie le fonctionnement d’une
telle institution. Autrement dit, la place et le rang qui doivent
revenir à l’Université sont censés permet-tre de dépasser
allégrement ces questions qui relèvent de la gestion quotidienne.
Des budgets colossaux sont mis en place pour la constructions de
nouveaux centres universitaires et de nouvelles résidences pour
étudiants et étudiantes. Des sommes conséquentes sont destinées à la
dotation de laboratoires en équipements pédagogiques de recherche.
Le paradoxe est que des chapitres moins budgétivores souffrent d’un
déficit de prise en charge correcte et, de ce fait, laissent la voie
ouverte à la contestation et au pourrissement. C’est dans ce
contexte d’interrogations et de remises en cause que les
gestionnaires de l’économie nationale et les nouveaux capitaines
d’industrie, qui commencent à conférer au secteur économique ses
vraies valeurs de rentabilité et de compétence, se posent d’ores et
déjà la grande question de savoir où se trouvent les relais en
matière de ressources humaines appelées à prendre en charge les
entreprises et à manager leur politique d’investissement. Ce sont là
les préoccupations exprimées à maintes reprises par les autorités
politiques du pays et les responsables de l’enseignement supérieur.
Déjà auparavant, des séminaires et autres colloques se sont tenus
pour analyser la relation entre l’université algérienne, en tant
qu’instance pédagogique et académique, avec le monde du travail tel
qu’il s’est établi sous l’impulsion de l’ouverture sur le marché.
Dans l’étape actuelle de l’évolution des structures de
l’enseignement dans notre pays, aussi bien l’entreprise algérienne
que l’entreprise étrangère appelée à travailler en Algérie, aucune
d’entre elle n’a l’assurance de tomber sur des qualifications
valables dans leurs domaines d’activité respectifs. Le constat le
plus indulgent est que la relation intime et dialectique entre la
formation et l’emploi n’a pas pu bénéficier, jusqu’à un passé
récent, de l’intérêt à la hauteur des défis de la part des pouvoirs
publics. Le challenge actuel c’est de mettre la main sur la
stratégie permettant de rationaliser et d’harmoniser le rapport
entre la qualification et le background universitaire d’une part et
les besoins d’une économie émergente d’autre part. Néanmoins,
l’engagement de l’Algérie dans l’économie de marché- supposant
compétitivité, performance et management moderne- ne peut souffrir
davantage les atermoiements d’un système scolaire et universitaire
qui forme des chômeurs en puissance. La recherche de la main-d’œuvre
qualifiée, d’agents de maîtrise et de cadres compétents demeure le
point noir de la politique du déploiement des entreprises dans notre
pays. Le déficit en ressources humaines se pose avec une acuité
inégalée depuis que le pays s’est engagé dans l’économie de marché.
Le taux de chômage n’a pas beaucoup de chance d’être drastiquement
jugulé si la formation universitaire demeure prisonnière du climat
de médiocrité qui a fait beaucoup de dégâts chez les diplômés
(licenciés ou ingénieurs).
Par Saâd
Taferka
Haut
Regard
Saâdane fait
peur et l’ETUSA nous réjouit
Il n’y a rien à
attendre de l’équipe nationale. Ni contre le Gabon en match amical,
où il s’agira seulement de «faire tourner l’effectif», ni contre la
Tanzanie, avec des joueurs qui ne peuvent pas être en forme.
L’explication serait que cette période est difficile pour les
joueurs algériens. On ne nous dit pas si ce constat peut être fait
pour les joueurs des équipes adverses. Si c’était le cas, on peut se
réjouir de l’équilibre des forces. Si c’est l’inverse on ne pourra
qu’espérer et attendre ce que ça va donner. Saâdane ajoute qu’il va
«essayer de gérer» la chose, «du mieux qu’il peut» pour réaliser de
bons résultats. Quand même ! Il lui reste un zeste d’optimisme.
Alors qu’on a une équipe qui est soit amoindrie par des blessures,
soit en train de «tourner», soit en mauvaise forme. Ce à quoi il
faut ajouter que l’équipe tanzanienne peut créer «surprise» et que
le groupe dans lequel se trouvel’Algérie est un groupe «très
difficile». Ce n’est vraiment pas de chance ! On fera avec, avec
une pensée pour le pauvre entraîneur qui ne dispose jamais des
conditions minimales, qui n’a souvent que ces yeux pour pleurer et
qui se trouve en permanence obligé de nous avertir que rien ne va
chez les Verts et de nous demander «de redescendre sur terre». Au
fait, c’est quoi «redescendre sur terre» pour un supporteur ? Il
n’y a que Saâdane qui pourra nous l’expliquer. S’il veut bien. En
attendant ce jour et en espérant qu’il ne veut pas nous dire qu’il
n’y a plus rien à faire qu’à attendre le pire, laissons-le à ses
soucis. Et allons vers les bonnes nouvelles. L’ETUSA, cette
entreprise qui assure le transport à Alger, annonce qu’elle a décidé
d’assurer le service durant les soirées du ramadhan, grâce à un
programme «Spécial nuit». C’est annoncé à point nommé, c’était tout
juste et, au vu du ton du communiqué, cela aurait pu ne pas se
faire. L’ETUSA n’est apparemment pas tenue d’être au service de la
collectivité. Rien ne l’y obligerait, sauf de bien vouloir le faire.
Pour ceux qui croient que le service public est un acquis, il serait
bon qu’ils révisent leurs certitudes. Le service public chez nous
n’existe pas. Il n’est qu’une illusion. Ceux qui seraient astreints
à l’assurer nous le prouvent tous les jours. Ceux qui font office de
«taxis», comme ces transports publics qui nous malmènent, comme ces
commerçants qui nous donnent l’impression de les déranger. Il faut
croire que l’octroi de licence, d’agréments ou d’autorisation de
toutes natures, ne s’accompagne pas d’un cahier des charges
circonstancié. Il faut aussi se rendre à l’évidence que la prédation
est le seul souci de ces bénéficiaires des sésames de
l’enrichissement sans grands frais. La fierté de l‘ETUSA n’est pas
spontanée. Elle procède d’un contexte où l’Etat contribue
fondamentalement au mépris du service public. Ce contexte est
apparu, lorsqu’un vent de folie s’est emparé du pays. Plus d’Etat
dans la vie économique et sociale. Que tout le monde se débrouille
et que naissent des rapports lucratifs entre les citoyens. Ceux qui
paient d’un côté et ceux qui encaissent de l‘autre. Y compris dans
les services essentiels à la communauté. Même ceux qui ont inventé
le principe de laisser faire le pouvoir de l’argent n’ont pas laissé
ces services à la prédation débridée. Concessions contre
concessions, jamais de concessions gratuites. Et puis concernant ce
qui leur sert d’ETUSA, ils ont décidé depuis toujours qu’elle n’est
pas astreinte à l’obligation de rentabilité financière pure, mais
surtout à la rentabilité sociale. Même les étasuniens n’ont jamais
donné tout le transport public au privé et l’ont inscrit comme
nécessité vitale pour le fonctionnement de la société. Parce que
chez ces gens-là on sait ce qu’il est bon et ce qu’il n’est pas bon
de faire. Pourtant c’est de chez eux que nous avons hérité cet
urbanisme qui s’impose à nous. Il suffirait de faire ce qu’ils font
pour que nous puissions améliorer sa maîtrise. Ce qui signifie qu’il
s’agit juste de mettre les ingrédients oubliés. Ce n’est pas
sorcier. Non ?
Par Ahmed
Halfaoui
Haut
Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|