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Au Parc de la
Villette et à la Cité de la musique
A la découverte
des musiques du Maghreb
Bilal, Idir,
Mohamed Alloua et Abdelkader Chaou de l’Algérie ainsi que les
artistes Nass El Ghiwane et Jil Gnawa du Maroc ont tous émerveillé
un public maghrébin nostalgique à la recherche d’’originalité.
Le parc de la
Villette et La cité de la musique de Paris a vibré, dans la soirée
d’avant-hier, au rythme de la musique du grand Maghreb. La
communauté émigrée a eu droit à une nuit de folie comme dans la
grande salle de la Cité de musique comme sur la pelouse du parc en
plein air. Des heures avant le coup d’envoi de cette soirée très
attendue, des familles ont pris d’assaut les lieux pour attendre
la montée sur scène des artistes annoncés de renommée mondiale. A la
Cité de la musique, c’est le maître du chaâbi Abdelkader Chaou qui a
gratifié le public essentiellement algérien dans la salle de
quelques chefs-d’œuvre de son riche répertoire avant la tombée de la
nuit. Lui ont succédé ensuite sur scène les artistes Nass El Ghiwane
et Jil Gnawa du Maroc. Alors que sur l’autre site retenu pour cette
grande soirée du ramadhan, le grand Idir répétait encore sur scène
devant des milliers de fans qui ont rompu le jeûne sur la pelouse de
la Villette. Alors que la fête bâtait son plein dans la salle de La
cité de la musique, les animateurs de la soirée, retransmise en
direct sur la chaîne de télévision «France ô» donnaient le coup
d’envoi du spectacle par les prestations d’une troupe tunisienne.
Mais l’entrée sur scène du chanteur kabyle Idir a redonné un
nouveau souffle à cette soirée très spéciale. Le public enchanté, a
accompagné en chœur la star Idir qui n’a pas manqué d’offrir un
cadeau en invitant la vedette de la chanson kabyle Mohamed Allaoua
à interpréter en duo un titre de ses chansons. Sur la pelouse,
c’est une ambiance maghrébine, et le site s’est avéré d’ailleurs
très exigu pour contenir autant de monde. L’annonce de la montée sur
scène de cheb Bilal a survolté encore le public. Il a été accueilli
comme il se doit par ses fans qui ne rataient aucune des pauses de
Bilal pour scander le «one two three viva l’Algérie», arborant des
drapeaux aux couleurs de l’Algérie. Même ambiance dans salle de La
Cité de la musique où a régné une ambiance électrique à la montée
sur scène de Mohamed Allaoua qui a encore interprété la très
réputée «Allo triciti». A une heure tardive, la chanteuse Amina
Fakhet a succédé à Bilal pour encore clore la soirée qui restera
mémorable pour tous ceux qui ont bravé le jeûne et le froid pour
venir au parc de la villette.
H.M.
Haut
Le chanteur poète a animé avant-hier un concert grandiose à
Tizi Ouzou
Ait Menguellat
retrouve ses mots
Le chantre de la
chanson algérienne d’expression amazighe, Lounis Ait Menguellat, a
réussi à envoûter l’auditoire qui a assisté à son concert,
avant-hier à la maison de la culture de Tizi Ouzou, dans le cadre du
programme des veillées artistiques du mois sacré de cet
établissement culturel. Comme il fallait s’y attendre, la salle de
spectacles s’est avérée trop étroite pour contenir la déferlante
humaine qui a envahi les lieux peu de temps après la rupture du
jeûne, dans l’espoir de trouver une place. Beaucoup de fans, surtout
des familles qui ont voulu éviter la mêlée formée devant les accès,
n’ont pu y accéder, la salle ne pouvant contenir tout ce monde.
Pendant près de deux heures, le maestro de la chanson kabyle a
gratifié ses admirateurs d’un spectacle à la hauteur de la renommée
de l’artiste, toujours égal à lui-même, en interprétant un chapelet
de chansons puisées de son riche répertoire, accompagné de ses fils
Djaffar et Tarik, le premier jouant de la flûte et le second de
l’harmonica. Les mélomanes et autres adeptes de métaphores
expressives qui font la force de ce poète hors pair, ont renoué avec
les airs nostalgiques et envoûtants du troubadour, allant de porte
en porte pour clamer haut ce qu’il croit être la vérité, comme il le
chante dans son tube «Ameddah». Succédant à son fils qui a animé
un intermède musical, le poète au verbe acerbe monta sur scène vers
vingt-deux heures. Regard scrutateur d’un lointain horizon, Ait
Menguellet, adorateur de la lumière irradiant les ténèbres de rais
d’espoir, entame son récital par sa chanson fétiche et énigmatique
«O Soleil ne te couche point, éclaire notre longue marche de ta
lumière», avant de changer de registre et d’enclencher avec une
série de chansons sentimentales composées dans sa prime jeunesse
(dans les années 70), telles que «Urdjigh» (L’attente languissante),
«Tavrast» (Le message) ou «Ardjouyi» (Ne me quitte pas) chanson très
prisée de tout temps par les jeunes et déclinée sur le mode de la
litanie pathétique de Jacques Brel. S’adressant à la jeunesse,
nombreuse dans la salle, le ciseleur du verbe leur dédia le tube «Echfaoua»
(Souvenir) où il évoque les trois événements majeurs rythmant la vie
humaine : la première rencontre amoureuse, la perte d’un ami et le
jour du mariage. Dans son nouvel album intitulé «La feuille
blanche», par allusion à la difficulté d’inspiration qu’éprouve, à
la manière d’un candidat devant une feuille d’examen, tout poète
quand sa muse refuse de lui obéir, le sage fait observer que la vie
est faite de ceux qui profitent de l’existence, sachant qu’on ne vit
qu’une seule fois, mais il y a aussi ceux qui se complaisent dans
une attente indéfinie, en croyant alléger leur sort accablant en
implorant et en gémissant. La troisième catégorie est composée de
rêveurs qui se réfugient dans une vie mystique croyant prendre leur
revanche sur le sort ici-bas. L’artiste a clos sa soirée par
l’interprétation de son immuable chef d’œuvre «Aka ammi» (C’est
comme ça que tu prendras le pouvoir, mon fils) conçu sur l’œuvre
œuvre «Le Prince» de Machiavel, prônant l’application de la
maxime «la fin justifie les moyens» par ceux qui sont tentés par
l’accès au pouvoir. Dans cette chanson, Ait Menguellet donne une
leçon politique à travers un dialogue entre un père illettré et un
fils généreux, naïf et sans expérience.
Y. M.
Haut
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M.Merkouche
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