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Au Parc de la Villette et à la Cité de la musique

A la découverte des musiques du Maghreb

Le chanteur poète a animé avant-hier un concert grandiose  à Tizi Ouzou

Ait Menguellat retrouve ses mots

 

 30/08/10

Au Parc de la Villette et à la Cité de la musique

A la découverte des musiques du Maghreb

Bilal,  Idir, Mohamed  Alloua et Abdelkader Chaou de l’Algérie ainsi que les artistes Nass El Ghiwane et Jil Gnawa du Maroc ont tous émerveillé un public maghrébin nostalgique à la recherche d’’originalité.

Le parc de la Villette  et La cité de la musique de  Paris a vibré, dans la soirée d’avant-hier, au rythme de la musique du grand Maghreb. La communauté émigrée a eu droit à une nuit de folie comme dans la grande salle de la Cité de musique comme sur la pelouse du parc en plein air. Des heures avant le coup d’envoi de cette soirée très attendue,  des familles ont pris d’assaut  les lieux pour attendre la montée sur scène des artistes annoncés de renommée mondiale. A la Cité de la musique, c’est le maître du chaâbi Abdelkader Chaou qui a gratifié  le public essentiellement algérien dans la salle de quelques chefs-d’œuvre de son riche répertoire avant la tombée de la nuit. Lui ont succédé ensuite sur scène les artistes Nass El Ghiwane et Jil Gnawa du Maroc. Alors que sur l’autre site retenu pour cette grande soirée du ramadhan, le grand Idir répétait encore sur scène devant des milliers de fans qui ont rompu le jeûne sur la pelouse de la Villette. Alors que la fête bâtait son  plein dans la salle de La cité de la musique, les animateurs de la soirée, retransmise en direct sur la chaîne de télévision «France ô» donnaient le coup d’envoi  du spectacle par les prestations d’une troupe  tunisienne. Mais l’entrée sur scène du chanteur kabyle  Idir a  redonné un nouveau souffle à cette soirée très spéciale. Le public  enchanté, a accompagné en chœur la star  Idir qui n’a pas manqué d’offrir un cadeau en invitant la vedette de la chanson kabyle  Mohamed Allaoua à interpréter en duo  un titre de ses  chansons. Sur la pelouse, c’est une ambiance maghrébine, et le site  s’est avéré  d’ailleurs  très exigu pour contenir autant de monde. L’annonce de la montée sur scène de  cheb Bilal a survolté encore le public. Il a été accueilli comme il se doit par ses fans qui ne rataient aucune des pauses de Bilal pour scander le  «one two three viva l’Algérie», arborant des  drapeaux aux couleurs de l’Algérie. Même ambiance dans salle de La Cité de la musique où a régné  une ambiance électrique à la montée sur scène de Mohamed Allaoua qui a encore interprété  la très réputée «Allo triciti».  A une heure tardive, la chanteuse Amina Fakhet a succédé à Bilal pour encore clore la soirée qui restera mémorable pour tous ceux qui ont bravé le jeûne et le froid pour venir au parc de la villette.         

H.M.

 

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Le chanteur poète a animé avant-hier un concert grandiose  à Tizi Ouzou

Ait Menguellat retrouve ses mots

Le chantre de la chanson algérienne d’expression amazighe, Lounis Ait Menguellat, a réussi à envoûter l’auditoire qui a assisté à son concert, avant-hier à la maison de la culture de Tizi Ouzou, dans le cadre du programme des veillées artistiques du mois sacré de cet établissement culturel.  Comme il fallait s’y attendre, la salle de spectacles s’est avérée trop étroite pour contenir la déferlante humaine qui a envahi les lieux peu de temps après la rupture du jeûne, dans l’espoir de trouver une place. Beaucoup de fans, surtout des familles qui ont voulu éviter la mêlée formée devant les accès, n’ont pu y accéder, la salle ne pouvant contenir tout ce monde.  Pendant près de deux heures, le maestro de la chanson kabyle a gratifié ses admirateurs d’un spectacle à la hauteur de la renommée de l’artiste, toujours égal à lui-même, en interprétant un chapelet de chansons puisées de son riche répertoire, accompagné de ses fils Djaffar et Tarik, le premier jouant de la flûte et le second de l’harmonica. Les mélomanes et autres adeptes de métaphores expressives qui font la force de ce poète hors pair, ont renoué avec les airs nostalgiques et envoûtants du troubadour, allant de porte en porte pour clamer haut ce qu’il croit être la vérité, comme il le chante dans son tube «Ameddah».   Succédant à son fils qui a animé un intermède musical, le poète au verbe acerbe monta sur scène vers vingt-deux heures. Regard scrutateur d’un lointain horizon, Ait Menguellet, adorateur de la lumière irradiant les ténèbres de rais d’espoir, entame son récital par sa chanson fétiche et énigmatique «O Soleil ne te couche point, éclaire notre longue marche de ta lumière», avant de changer de registre et d’enclencher avec une série de chansons sentimentales composées dans sa prime jeunesse (dans les années 70), telles que «Urdjigh» (L’attente languissante), «Tavrast» (Le message) ou «Ardjouyi» (Ne me quitte pas) chanson très prisée de tout temps par les jeunes et déclinée sur le mode de la litanie pathétique de Jacques Brel.  S’adressant à la jeunesse, nombreuse dans la salle, le ciseleur du verbe leur dédia le tube «Echfaoua» (Souvenir) où il évoque les trois événements majeurs rythmant la vie humaine : la première rencontre amoureuse, la perte d’un ami et le jour du mariage.  Dans son nouvel album intitulé «La feuille blanche», par allusion à la difficulté d’inspiration qu’éprouve, à la manière d’un candidat devant une feuille d’examen, tout poète quand sa muse refuse de lui obéir, le sage fait observer que la vie est faite de ceux qui profitent de l’existence, sachant qu’on ne vit qu’une seule fois, mais il y a aussi ceux qui se complaisent dans une attente indéfinie, en croyant  alléger leur sort accablant en implorant et en gémissant.  La troisième catégorie est composée de rêveurs qui se réfugient dans une vie mystique croyant prendre leur revanche sur le sort ici-bas. L’artiste a clos sa soirée par l’interprétation de son immuable chef d’œuvre  «Aka ammi» (C’est comme ça que tu prendras le pouvoir, mon fils) conçu sur l’œuvre œuvre  «Le Prince»  de Machiavel, prônant l’application de la maxime  «la fin justifie les moyens» par ceux qui sont tentés par l’accès au pouvoir. Dans cette chanson, Ait Menguellet donne une leçon politique à travers un dialogue entre un père illettré  et un fils généreux,  naïf et sans expérience.     

Y. M.

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