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Consultation
sur les réformes politiques
Les omissions
de Sidi Saïd
Le patron de l'UGTA
a fait l'impasse sur les revendications salariales des travailleurs
algériens qui – censés être représentés par ce syndicat – n'ont de
cesse de monter au créneau pour exprimer leur malaise
socioprofessionnel.
Les consultations
sur les réformes politiques, entamées depuis une semaine, se sont
poursuivies hier, à l’ancien siège du ministère des Affaires
étrangères, où a été reçu Abdelmadjid Sidi Saïd, secrétaire général
de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA). L’Instance de
consultations sur les réformes politiques a reçu une délégation de
l’UGTA conduite par son secrétaire général. L’hôte de l’Instance de
Bensalah, Sidi Saïd présent à cette rencontre en tant que patron de
la Centrale syndicale, a plaidé pour la promotion de la société
civile à tous les niveaux. Dans ce contexte, le secrétaire général a
insisté sur l’urgence de réviser la loi de 1990 régissant les
associations d’autant plus que ces réformes concernent justement la
société civile. Sidi Saïd a affirmé, à l’issue de sa rencontre avec
les membres de l’Instance de consultations sur les réformes
politiques, que l’Union a mis sur la table de la commission ses
préoccupations sur les plans économique, social et surtout la
promotion de la société civile. «La société civile a un rôle
important à jouer à tous les niveaux, en tant que relais fondamental
entre le citoyen et les autorités publiques», a-t-il estimé. Dans la
même perspective, Sidi Saïd a plaidé pour la révision de la loi de
1990 relative aux associations, pour que ces dernières, qui doivent
concerner toutes les franges de la société, deviennent un outil
efficace de proximité. «Nous avons aussi demandé à préciser les
secteurs stratégiques à consacrer dans la Constitution, comme la
consécration de la gratuité de l’enseignement et de l’accès à la
santé», a-t-il indiqué. Non sans négliger la presse, Sidi Saïd a dit
que cette corporation a, elle aussi, un rôle essentiel à jouer dans
la promotion de la République. D’après lui, le rôle de la presse
doit aller toujours dans le sens de la préservation des acquis de
l’Algérie, à savoir la démocratie et la République. La Centrale
syndicale, ajoute-t-il, a toujours mis l’accent sur la stabilité et
la paix en tant que constante pour le développement et le progrès,
tout comme elle doit observer une ligne républicaine, une ligne
ouvrière et une ligne allant dans le sens de la continuité et de la
stabilité de l’Algérie qui sont des principes indiscutables et
immuables qui ne peuvent être matière à négociation.
S’il y a une
lecture à faire sur la rencontre de Sidi Saïd, c’est que le patron
de l’UGTA n’a soufflé mot à propos des revendications et
préoccupations des travailleurs, tous secteurs confondus. A
commencer par les médecins, les pharmaciens, les enseignants
contractuels, communaux, cheminots… le SG de l’Union générale des
travailleurs algériens semble ne pas être inquiété, à tout le moins
concerné. Non plus un mot sur tous ces mouvements, sit-in et grèves
cycliques qui ont fait tâche d’huile dans plusieurs secteurs. Sidi
Saïd en a fait l’impasse, préférant ainsi se perdre en conjectures
en se limitant à des propositions superflues qui ne rassurent
certainement pas les travailleurs algériens qui ne demandent rien
que l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles et des
salaires décents. Pour ainsi dire, la couche ouvrière ne serait
certainement pas satisfaite des propositions de Sidi Saïd qui
n’intéressent vraiment pas les travailleurs d’autant plus que ces
suggestions ont cette connotation «sociopolitique».
Par Yazid Madi
Haut
MSP
Les femmes
inquiètent Soltani
Boudjerra Soltani
est embarrassé par le système des quotas et la représentation des
femmes dans les Assemblées élues. S’exprimant hier, à la Radio
nationale, le président du Mouvement de la société pour la paix
(MSP) a donné libre cours à ses appréhensions. Il a déclaré qu’«à
l’exception des grandes villes où il est possible d’avoir des
candidates, dans les régions de l’intérieur du pays, nous n’avons
pas de femmes candidates». Dans certaines communes, estime-t-il «on
ne peut pas accepter une femme maire». Le problème, explique le
leader islamiste, est plutôt «culturel». M. Soltani dit qu’il est
pour la promotion du rôle de la femme dans la vie politique, mais
cela ne devrait pas se faire par «une décision politique». «Nous ne
pouvons pas imposer un quota sur les listes électorales»,
préconisant «le lancement de campagnes politiques de
sensibilisation pour arriver à un niveau où la femme peut participer
positivement». Dans l’immédiat, le président du MSP s’est montré
inquiet de l’obligation de faire participer les femmes à hauteur de
30% des listes électorales. Sur un autre plan, l’invité de la Radio
nationale, a réitéré sa demande de «limitation des mandats
présidentiels à un seul mandat renouvelable une seule fois». Il a
justifié son soutien à la non- limitation des mandats, en 2008, par
«la nécessité de parachever le processus de réconciliation nationale
afin de tourner définitivement la page de la tragédie».
«Aujourd’hui, l’Algérie est arrivée à bon port. Nous pouvons revenir
à la vie normale et limiter les mandats présidentiels pour garantir
une alternance au pouvoir. Si un président ne réussit pas en dix
ans, il ne pourra pas le faire en quinze ou en vingt ans !
Aujourd’hui, il y a des révolutions autour de nous avec un slogan :
«nous en avons assez ! Assez des gens qui gouvernent pendant vingt
ou trente ans. Il faut donner l’occasion au peuple de choisir ses
représentants» a-t-il déclaré. Aussi, il a affirmé que la priorité
est le changement vers un régime parlementaire. Ce qui va permet-tre
«de redonner la parole au peuple, revenir à l’Etat de droit et
élargir le champ des libertés individuelles et publiques». Soltani a
plaidé également pour une seule chambre au Parlement, et souligné
qu’il faut dissoudre la chambre haute (le Sénat). Cette chambre a
été créée dans des conditions particulières et rien ne justifie son
maintien, a-t-il expliqué, demandant «le retour à une vie politique
normale». Concernant la loi sur les partis politiques, le président
du MSP propose que les partis soient agréés par la justice. Et que
chaque citoyen algérien jouissant de tous ses droits puisse créer
son propre parti politique. Il a aussi demander «le maintien du mode
de scrutin proportionnel», et le renforcement les mécanismes de
contrôle, des élections. «Il faut garder l’administration
impartiale, c’est la justice qui doit s’occuper des élections»
a-t-il soutenu. Boudjera Soltani a indiqué, par ailleurs, qu’il est
temps de passer le flambeau à la nouvelle génération, après un demi
siècle de l’indépendance du pays. Comme, il a annoncé qu’il va se
retirer, à la fin de son mandat, de la présidence du parti et
laisser la place aux autres.
Aomar Fekrache
Haut
Crédit documentaire et dette des entreprises
Le gouvernement
cède au patronat
Mis à part les
sujets ayant directement trait à l’ordre du jour de la tripartite, à
savoir l’entreprise et l’investissement, Ouyahia a répondu à des
questions qui vont de la situation en Libye et au Sahel au dossier
de la réouverture des frontières avec le Maroc, en passant par les
consultations politiques en Algérie, les médecins résidents,
l’affaire Djezzy et l’exclusion de l’éventualité d’une amnistie
générale au profit des détenus terroristes.
Des résolutions en
faveur de l’entreprise et du climat des investissements en Algérie
ont été adoptées à l’issue de la réunion de la tripartite qui s’est
achevée tard dans la soirée de samedi à la Résidence El-Mithek
d’Alger. Le lendemain matin, le Premier ministre Ahmed Ouyahïa, est
revenu sur son sujet de la veille lors d’une conférence de presse où
il s’est étalé sur les grandes décisions qui ont été prises dans ce
cadre, et ce, tout en répondant à d’autres questions de l’heure
d’ordre politique et social.
En effet, le chef
de l’Exécutif a annoncé que dans l’immédiat il a été décidé la levée
de la mesure prise dans le cadre de la LFC 2009 et largement
contestée par le monde du business, à savoir le crédit documentaire.
Dans le communiqué final, il est mentionné que désormais «les
entreprises de production de biens et de services pourront importer
leurs équipements, intrants et autres produits destinés à la
production, en ayant recours au paiement libre dans la limite
maximale de 4 millions DA au lieu de 2 millions DA». Quant aux
importations destinées à la revente en l’état, elles demeurent
soumises au paiement par crédit documentaire, a-t-on précisé. A
propos des petites et moyennes entreprises confrontées à des
difficultés de remboursement de leurs dettes bancaires, «le
gouvernement donne son accord pour participer au rééchelonnement des
créances en défaillance». Cette mesure se traduit par l’aval que
donne le gouvernement pour une participation du Trésor public à la
bonification des crédits d’investissement destinés aux PME. A cet
effet, il est demandé aux banques de maintenir le taux d’intérêt de
5,5% appliqué pour les crédits à l’investissement, tout en
instruisant le Trésor public à prendre en charge une bonification de
2%. En outre, a ajouté Ouyahia, les banques sont invitées à accorder
un différé sur les crédits aux petites et moyennes entreprises
exclusivement destinés à l’investissement. «Un différé qui s’étale
sur 3 années sur les crédits d’investissements à moyen et long terme
(5 à 7 ans), et 5 années sur les crédits à long terme (plus de 7
ans). Le Trésor public prendra en charge les intérêts intercalaires
de ces périodes de différé». En annonçant ces mesures, Ahmed Ouyahia
reconnaît que le Trésor public sera mis à rude épreuve, tout en
estimant qu’un tel mal est bel et bien nécessaire.
Parallèlement aux
dispositions annoncées pour le court terme, le conférencier a révélé
que sept groupes et comités tripartites ont été mis en place pour
présenter leurs conclusions et recommandations à la 14e session de
la tripartite prévue pour la prochaine rentrée sociale. Parmi les
groupes de travail installés, celui qui s’occupera d’examiner
l’environnement de l’entreprise et de dégager des recommandations
est placé sous la coupe du Premier ministère, vue sa vitalité, a
annoncé Ahmed Ouyahia. Mis à part les sujets concernant directement
l’ordre du jour de la tripartite, c’est-à-dire l’entreprise et
l’investissement, Ouyahia a répondu à des questions qui vont de la
situation en Libye et au Sahel à l’éventualité de la réouverture des
frontières avec le Maroc en passant par les consultations politiques
en Algérie, les médecins résidents, l’affaire Djezzy et l’exclusion
de l’éventualité d’une amnistie générale au profit des détenus
islamistes.
Par Hafid
Mesbah
Haut
Amnistie générale en faveur des détenus du FIS
La polémique
Quinze jours après
la médiatisation d’une éventuelle libération des détenus du FIS,
balancée par des dirigeants de ce parti dissous, c’est hier que le
Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a démenti formellement l’existence
d’une quelconque initiative d’amnistie générale en faveur de détenus
de l’ex-FIS dissous, impliqués dans des affaires de terrorisme.
Dans une
conférence de presse animée à l’occasion de la tripartite, en
réponse à une question sur une démarche qui aurait été initiée par
des dirigeants du parti dissous pour «la libération de plus de 4 000
détenus», M.Ouyahia dira : «Je démens officiellement cette rumeur»,
rappelant que l’Algérie avait déjà tendu la main à tous ceux qui
s’étaient égarés du droit chemin. Selon lui, le chiffre avancé de 4
000 détenus ne reflétait pas la réalité, et a assuré que le chiffre
réel était inférieur et représenterait moins de 10% de ce prétendu
total. Il s’agit de la première réaction claire du gouvernement
après que le ministre de la Justice garde des Sceaux, Tayeb Belaiz
a déclaré mardi dernier qu’il n’est pas «au courant d’un projet
relatif à une éventuelle amnistie générale» au profit des détenus
impliqués dans des affaires de terrorisme ! «Je ne suis pas au
courant. J’ai lu ça comme vous dans la presse». Le 16 mai dernier,
El-Hachemi Sahnouni, membre fondateur du Front islamique du Salut
(FIS) a annoncé que des milliers d’islamistes détenus en Algérie
seront libérés après avoir renoncé aux violences pour bénéficier de
la politique de réconciliation nationale. Selon lui, «ces détenus
notamment ceux qui ont été arrêtés au début des années 1990, vont
bénéficier d’une grâce présidentielle. La décision devrait
intervenir dans les prochains jours». Pour sa part, Abdelfetah
Ziraoui, ex-dirigeant du FIS, a déclaré à l’AFP, qu’«entre 7 000
et 8 000 islamistes se sont engagés par écrit à ne plus recourir à
la lutte armée pour obtenir leur libération dans le cadre de la
politique de réconciliation nationale». Selon ce qu’a été rapporté
par l’AFP, Ziraoui aurait dit qu’«après la mise en œuvre de cette
charte, les oulémas (théologiens) d’Algérie et de l’étranger ont
appelé à une amnistie en faveur de tous les prisonniers de la
tragédie nationale. Après des pourparlers, le régime a accepté».
Cependant, ces ex-dirigeants du FIS n’ont pas donné d’informations
sur la source qui aurait affirmé cette éventuelle libération. Ainsi,
la polémique s’installe sur cette question alors que les autorités
qui ont engagé des consultations politiques avaient mis des lignes
rouges à ne pas dépasser à travers l’ex-FIS qui est exclu de ces
consultations. Au sujet de ces consultations, M. Ouyahia a affirmé
que celles-ci reposent sur des décisions souveraines et ne sont, en
aucun cas, dictées par des forces étrangères. A ce propos, il dira
: «Nous n’avons nul besoin d’une démocratie des blindés» avant de
saluer le rôle de l’armée dans la lutte contre le terrorisme. Selon
lui, le président Bouteflika est déterminé à aller de l’avant dans
ces réformes et à achever son mandat.
Toutefois, il a
appelé les partis de l’opposition à prendre part «de manière forte
et active» aux consultations, et mettre ainsi à l’épreuve les
engagements pris par l’Etat dans ce domaine. En outre, il a affirmé
que le gouvernement soumettra bientôt une loi organique sur une
représentation féminine de 30% dans les Assemblées élues. Ouyahia
est fier de la maîtrise de l’ordre public. Ensuite il est revenu sur
les protestations ayant marqué le front social en indiquant que
l’Algérie a pu maîtriser l’ordre public «grâce à sa bonne
gouvernance». Des protestations qu’il a liées aux problèmes de
logement et de chômage auxquels s’ajoutent «les conflits d’intérêts
des lobbies de l’économie factice». Selon lui, la situation en
Algérie est différente de celle de ces pays ayant connu des
perturbations ces derniers mois. S’agissant du rôle de la police, il
dira que ce corps «n’a même pas fait usage de grenades lacrymogènes»
saluant «le rôle des forces de l’ordre dans le rétablissement de
l’ordre public et le respect des personnes».
L’ouverture des
frontières avec le Maroc «n’est pas à l’ordre du jour»
S’agissant de la
question de l’ouverture des frontières terrestres entre l’Algérie et
le Maroc, il dira que celle-ci n’était «pas à l’ordre du jour»
soulignant que cela «arrivera un jour ou l’autre». Selon lui, cette
réouverture n’était «pas conditionnée par la question du Sahara
occidental» avant d’ajouter : «Nous avons besoin d’un climat
empreint de bonne foi et de confiance mutuelle entre voisins (...)
mais les dernières déclarations officielles marocaines accusant
l’Algérie de financer des mercenaires africains en Libye,
n’encourageaient malheureusement pas cette tendance».
La coopération
entre les pays du Sahel est sans ambages.
Interrogé sur le
Sahel, Ouyahia a affirmé que la coopération entre les pays du Sahel
aux plans militaire et sécuritaire était «effective et sans
ambages». Il a ajouté que ces pays ont «un intérêt commun et tout ce
qui touche cette ceinture touche tous les pays de la région»,
soulignant qu’«en sus de la coopération sécuritaire, il existe entre
les pays du Sahel une coopération en matière de lutte
antiterroriste». Par ailleurs, il a évoqué «la circulation des
armes libyennes en région sahélo-saharienne et leur acheminement
vers des forces terroristes». A ce sujet, il dira que «les stocks
d’armes libyennes échappaient à tout contrôle» soulignant que le
Mali avait déclaré que les armes découvertes en possession de
terroristes provenaient «du trafic d’armes et du chaos qui sévit en
Libye». Enfin, il s’est interrogé sur ce qu’il a considéré comme
une reprise des actes terroristes qui ont fait, ces dernières
semaines 40 morts dans le nord du pays et a dit qu’«elle n’etait pas
liée au chaos en Libye».
Nacera Chenafi
Haut
Le transport ferroviaire est paralysé
Les cheminots
en grève illimitée
Le débrayage,
spontanément initié par les conducteurs de train, a engendré
d'importantes perturbations dans le transport de voyageurs et de
marchandises sur le territoire national.
Le transport
ferroviaire était paralysé hier, en raison d’une grève illimitée
déclenchée par les cheminots. Le débrayage, spontanément initié par
les conducteurs de train, a engendré d’importantes perturbations
dans le transport de voyageurs et de marchandises sur le territoire
national. Dans la capitale, aucun train n’a quitté le quai. Toutes
les gares d’Alger étaient fantomatiques. Même le service minimum n’a
pas été assuré. Conséquence, des milliers de voyageurs désirant
rejoindre Alger, sa banlieue ou les autres wilayas du pays, ont été
pénalisés. Visiblement surpris par cet arrêt de travail, les
voyageurs ont été contraints de chercher un autre de moyen de
locomotion. A la gare d’Agha, les grévistes qui réclament l’octroi
d’une prime de technicité ont déserté les lieux. Deux agents de
sécurité ont été postés à l’entrée de la gare pour signifier aux
usagers que les mécaniciens sont en grève. Nombre de voyageurs n’ont
pas manqué d’exprimer leur colère : «Nous sommes des victimes»,
lance timidement un fonctionnaire à un préposé au guichet. Les
citoyens ont été doublement pénalisés par l’absence de
communication. Aucune information n’a été donnée aux voyageurs.
Selon un cheminot-syndicaliste, aucun préavis de grève n’a été
déposé auprès des autorités concernées. «C’est une grève spontanée.
Je n’en savais rien, sinon j’aurais pris mes précautions», déplore
une étudiante. «J’ai un examen ce matin (hier ndlr) et je devais
être à l’université avant 11h. Mais à ma grande surprise, les
cheminots sont en grève et j’ai failli rater mes examens. Les
travailleurs n’ont pas le droit de prendre en otages les citoyens»,
enchaîne avec amertume cette étudiante. Contactée,
Mme Bounab,
syndicaliste à la Société nationale du transport ferroviaire (SNTF),
a indiqué que «la grève des conducteurs de train a été entamée sans
aucun préavis».
Les grévistes
revendiquent, selon elle, l’octroi d’une prime de technicité
accordée fin février dernier lors de la signature d’un protocole
d’accord entre les travailleurs et la direction de la SNTF.
«Plusieurs cheminots ne perçoivent pas cette indemnité pour des
raisons qui demeurent inconnues. Pourtant, la tutelle s’est engagée
à verser cette prime chaque mois», précise-t-elle. Notre
interlocutrice déplore le fait qu’aucun appel au dialogue n’a été
lancé aux grévistes, en dépit des répercussions de la grève sur les
citoyens. «C’est le statu quo. La SNTF fait jusque-là la sourde
oreille», fulmine-t-elle.
Dans ce sens, la
grève des cheminots risque de se poursuivre aujourd’hui encore si la
direction n’intervient pas pour trouver un terrain d’entente. A
signaler que nos multiples tentatives de joindre par téléphone le
directeur du département des ressources humaines de la SNTF sont
restées vaines. Pour rappel, la tension est montée au niveau des
gares ferroviaires au début du mois de mars dernier et une grève
partielle avait provoqué la paralysie des trains de banlieue.
L’ouverture des négociations entre la DG de la SNTF, la Fédération
des cheminots en présence de responsables de l’UGTA, a abouti à la
signature d’un accord en faveur d’une nouvelle grille de salaires.
Le protocole d’accord prévoit la mise en application du déroulement
de carrière sur la base de deux années par échelon à partir de l’an
2000, de même que l’avancement à partir du dernier grade acquis
avant l’an 2000 et la revalorisation du régime indemnitaire. Il
prévoit également la revue à la hausse, et de nouvelles primes
revendiquées ont été accordées telles que les primes de risque
d’électrification et de technicité.
Par Hocine
Larabi
Haut
Affaire des 30 MIG-29 achetés par l'Algérie
Le scandale qui
a fait trembler le Kremlin
Les trente avions
MIG-29 achetés par l’Algérie auprès de son fournisseur
traditionnel, la Russie, n’a pas dévoilé tous ses secrets. Après la
localisation d’appareils d’espionnage israéliens sur ces avions,
puis s’avérant qu’il s’agit de vieux appareils de chasse, l’Algérie
a été contrainte de revoir son contrat d’achat avec les autorités
russes et de renvoyer ces avions à Moscou. Cette affaire a été un
véritable scandale pour le constructeur russe. C’est ainsi que le
premier responsable de ce constructeur, Musaiil Izmailov, a été
condamné il y a quelques jours à sept ans de prison ferme par la
justice russe pour une affaire de «souveraineté» d’Etat. Pis, essayé
à Svilfsskia, à Moscou, pour détecter ces appareils d’espionnage,
mais également pour d’autres défauts, la Russie a jugé «légale» la
contestation algérienne, tout en présentant ses excuses aux
autorités algériennes, à qui la Russie promet une réparation rapide.
Le constructeur russe, «Rus Aparron Export», avait exporté vers
l’Algérie à la fin 2006, trente avions MIG-29, en vertu d’un contrat
signé lors de la visite de l’ancien président russe Vladimir
Poutine, à Alger. Ces avions ont été retournés à Moscou en 2007
parce que certains équipements étaient vieux et n’avaient pas la
qualité requise. «Rim SINAB», qui a fourni les pièces de rechange
pour la fabrication d’avions algériens, est ainsi coupable d’avoir
participer à cette affaire. Le jugement s’est fondé sur les aveux de
crime de fraude d’Izmailov et la fourniture de pièces de rechange
pour les plantes MiG-vieux et usés d’une valeur non valide de 11 $
millions de roubles (équivalent à 400 000 dollars), et la date de
fabrication remonte à une période située entre 1982-1996. Faut-il le
rappeler, Moscou a conclu un règlement avec l’Algérie, en 2005, afin
qu’il lui fournisse d’autres avions tels que les Sukhoi, mais cette
affaire a poussé les autorités algériennes à penser sérieusement à
résilier le contrat. L’accord prévoit la fourniture de matériels et
d’équipements sophistiqués, y compris les systèmes de missiles «AS
300» et des avions de combat, Sukhoi (su-30 et su-32), ainsi que la
prestation de formation pour les avions «Yak» 130 modifiés, qui a
été incluse dans l’accord. Mais la question est de savoir si
l’Algérie va s’engager ou pas à acheter ces avions de chasse ainsi
que les équipements qui vont avec. D’autre part, le constructeur
russe d’avions de chasse est impliqué dans d’autres affaires
similaires à celle du scandale algérien. Cela dit, Izmailov, qui
purge une peine de prison pour avoir commis une infraction contre
l’Algérie, est impliqué dans une autre affaire, à savoir la
fourniture à la Pologne de pièces de rechange pour la production
d’équipements électroniques. Le mystère qui entoure la question des
vieux avions vendus à l’Algérie a en soulevé d’autres, notamment ce
qui se passe dans l’institution «Basalte» qui devait commencer la
production de (R - P - G Hashem) en Jordanie après la signature
d’une joint-venture entre «Basalte» et le roi Abdallah pour près de
3 ans. Mais ces questions semblaient logiques après le licenciement
sans justification du directeur de «Basalte» Vladimir Cornekov, et
la nomination d’Alexander Rivas. Il convient de noter que Cornekov
après avoir conclu un accord avec la Jordanie lors de l’Exposition
(IDEX) en 2005, a été accusé d’avoir pillé l’argent public et détenu
dans un hôpital psychiatrique puisqu’il représentait une menace.
Aujourd’hui, grâce au scandale algérien, la Russie a pu élucider une
grosse affaire d’espionnage, mais également une fraude qui a touché
son secteur de l’armement.
Sofiane Abi
Haut
Partenariat algéro-français
PME étrangères
et algériennes, à qui la priorité ?
140 entreprises
françaises aux côtés ou contre les 500 algériennes ? C’est
aujourd’hui que débute le forum de partenariat algéro-français à
Alger. Etalé sur deux jours et survenant au lendemain de la réunion
inédite de la tripartite consacrée à l’économie nationale pour la
booster, à travers, notamment le développement de l’entreprise
pour non seulement diversifier mais aussi fructifier les revenus
nationaux. Ces derniers reposent à ce jour essentiellement sur la
fiscalité pétrolière malgré les potentialités dont regorgent les
autres ressources du pays dont les PME qui génèrent à elles
seules 80% des richesses hors hydrocarbures et absorbent une main-
d’œuvre nationale conséquente. Elle a été estimée l’année dernière
par le Cnes entre 40 et 75% (statistiques qui concernent selon le
Cnes tout le monde arabe) d’où l’intérêt de son développement.
Ainsi, ce rendez-vous peut être prometteur et porteur pour les deux
parties : Pour l’Algérie dont les indicateurs économiques sont
satisfaisants avec une croissance estimée par la Banque mondiale de
l’ordre d’un peu moins de 4% et un PIB en hausse de 8,4% et avec
aussi sa démarche inéluctable de transition vers une économie de
marché inscrite dans le registre de la mondialisation auquel elle y
adhère à l’instar des autres pays est résolument décidée d’assurer
sa sécurité financière. Du côté de l’Hexagone, affecté par la crise
économique et les nouvelles réformes apportées au dossier de ses
retraites, cela a fini par se répercuter sur son budget avec un
déficit apprécié, lui, à 5,7% du PIB français. Ainsi, au
rendez-vous de demain, prévu à l’hôtel Hilton d’Alger auquel
prendront part les ministre respectifs de l’Industrie, de la PME
et de la promotion de l’investissement, Mohamed Benmeradi et celui
du Commerce, Mustapha Benbada, en présence du vice-président du
Sénat français et ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et
du secrétaire d’Etat français au Commerce extérieur Pierre Lellouche,
140 entreprises françaises côtoieront leurs homologues algériennes
présentes à hauteur de 350. Elles échangeront leur point de vue,
parleront de leurs expériences et surtout leur savoir-faire pour
tenter de se faire une place dans le marché algérien. Toutefois et
face à la volonté nationale de développer les PME, promouvoir
l’investissement et créer de l’emploi, les résolutions prises à la
tripartite seront-elles élargies aux PME étrangères voulant
s’implanter en Algérie comme un intrant dans les modalités d’accès
à ce marché ou concernera-t-il uniquement les 500 sociétés privées
et publiques nationales? En bref, les PME étrangères seront-elles
soumises au même régime que leurs homologues algériennes ou
s’inscriront-elles dans un autre régime bénéfique pour les deux
parties et dont le partenariat aura pour finalité le principe
gagnant-gagnant ? C’est là toute la question.
Par Djaouida
Abbas
Haut
Commission des finances de l'APN:
Mimoune fait
des exposés sur le tourisme
Le ministre du
Tourisme et de l’Artisanat, Smaïl Mimoune a présenté dimanche un
exposé sur son secteur devant la commission des finances et du
budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), dans le cadre d’une
série de réunions consacrées à l’examen du projet de loi de finances
complémentaire (LFC) 2011, indique dimanche communiqué de l’APN.
Lors de cette
séance présidée par Mohamed Kenai, le ministre a exposé la réalité
et l’avenir du tourisme en Algérie, dans le cadre des mesures
incitatives engagées par le ministère, après l’adoption de la loi
d’orientation relative au secteur.
M. Mimoune s’est
dit optimiste quant à la capacité du tourisme algérien à combler les
lacunes enregistrées, mettant en valeur à cet égard les dispositions
contenues dans le projet de LFC 2011 portant notamment sur l’octroi
de concession de gré à gré, de biens relevant des domaines publics,
pour satisfaire les besoins en projets d’investissement, au lieu du
recours aux enchères, ainsi que l’application de rabais sur les
redevances annuelles pour l’octroi de cette concession. Il a évoqué
l’annulation des dispositions de l’article 82 de la LFC-2009 qui
prévoit des réductions de 80% et de 50% des redevances au titre de
la concession, au niveau des régions des Hauts Plateaux et du Sud et
leur substitution par le dinar symbolique durant une période de 10
ans, à l’issue de laquelle ce taux atteint les 50%. Une autre
disposition prévoit le financement des rabais sur les taux d’intérêt
appliqués aux offres bancaires en matière d’activités liées à la
modernisation des établissements touristiques, à travers le compte
d’affectation spéciale relatif à la bonification du taux d’intérêt
sur l’investissement. La nécessité de préparer la saison estivale et
de remédier à la situation détériorée de certaines structures
touristiques et la coordination entre les ministères du Tourisme et
de la Culture en matière de préservation du patrimoine national sont
les principales questions soulevées par les membres de la
commission.
Fahem B.
Haut
Abdelghani Hamel
«Les
kidnappings nous préoccupent tous»
Compte tenu de
l’étendue de la wilaya de Tizi Ouzou qui représente 0,13% de
l’ensemble du territoire national, et sa forte densité de population
avec 317 habitants au kilomètre carré, «sa sécurisation n’est pas
chose aisée».
Le phénomène des
kidnappings que vit la Kabylie «nous préoccupe tous, notamment le
ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales qui lui accorde
une attention particulière et l’état-major de l’Armée nationale et
la DGSN». C’est ce que le directeur général de la Sûreté nationale,
le général major Hamel Abdelghani, a affirmé hier au cours d’un
point de presse animé à l’issue de la cérémonie de clôture des
portes ouvertes sur la police à Tizi Ouzou. Pour enrayer le
phénomène, dont il est aujourd’hui difficile d’établir la ligne de
démarcation entre ce qui est l’œuvre du banditisme ou du terrorisme,
a-t-il précisé, «nous déployons des efforts», même si compte tenu
de l’étendue de la wilaya de Tizi Ouzou qui représente 0,13 % de
l’ensemble du territoire national et sa forte densité de population
avec 317 habitants au kilomètre carré, «sa sécurisation n’est pas
chose aisée». Le DGSN trouve néanmoins le ratio de couverture
sécuritaire de la wilaya estimé à un policier pour 320 habitants
«acceptable» par rapport aux normes. Comme il suggère également une
meilleure organisation qui tiendra compte de l’espace et du temps,
un bon maillage et le renforcement de la coordination entre toutes
les forces de l’ordre pour assurer la quiétude des habitants et la
sécurité de leurs biens. Il n’a pas manqué de rappeler que les
effectifs de la police seront augmentés progressivement avec la mise
en service de nouvelles structures, confirmant au passage
l’affectation récente de pas moins de 700 policiers dans la région.
Le directeur général de la Sûreté nationale a mis en exergue
l’importance de la contribution du citoyen dans le cadre de la
lutte contre la criminalité sous toutes ses formes. A la question
portant sur le retour en force de l’activité policière récente à
Tizi Ouzou, le conférencier ne trouve rien d’exceptionnel en ces
descentes, tout en soutenant qu’elles touchent l’ensemble du
territoire national. Abordant la question de la situation
sécuritaire du pays, il a indiqué que celle-ci «s’améliore de
manière progressive» ces derniers mois, avec une baisse de la
criminalité. Le DGSN a saisi l’occasion de sa rencontre avec la
presse à Tizi Ouzou pour apporter un démenti formel sur la prétendue
démission du chef de sûreté de wilaya, déclarant que le responsable
en question n’a à aucun moment songé à démissionner, coupant court à
ces rumeurs et rappelant que la police n’interfère jamais dans le
travail de l’institution judiciaire et s’en tient à ses missions
connues de tous. Notons que le général major a également présidé
une cérémonie de remise de cadeaux symboliques à des membres de la
société civile au niveau de la salle des fêtes Iazourene. Ainsi,
d’anciens sportifs, le président de la JSK ainsi que notre ami et
confrère de la Radio nationale, Mohamed Haouchine, ont été honorés
par le directeur général de la Sûreté nationale.
Par Hamid
Messir
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