Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Patience

Si souvent l’on a du mal à prendre au sérieux les promesses faites par les Américains au sujet du règlement du conflit israélo-palestinien, il ne faut pas oublier que les doutes quant à leur sincérité sont également partagés par une partie des Israéliens. En effet, si pour les Palestiniens ainsi que pour une majorité de l’opinion publique internationale, les Etats-Unis sont trop pro-israéliens, ces derniers semblent estimer qu’ils ne le sont pas assez. C’est ainsi que le récent discours d’Obama sur un Etat palestinien dans les frontières de 1967 ou encore les demandes fréquentes de Washington demandant aux israéliens de ralentir ou de geler la colonisation sont très mal perçues en Israël. Habitués à être soutenu, coûte que coûte par la Maison-Blanche certains israéliens voient la moindre remarque objective sur le conflit qui les oppose aux Palestiniens comme un affront. Ces derniers jours, la tension a d’ailleurs continué de grimper entre des Israéliens mécontents des récentes déclarations américaines et Washington, en particulier en ce qui concerne l’expansion des constructions juives en territoires palestiniens. Effectivement, depuis plusieurs jours maintenant les Etats-Unis ont dépêché des agents américains en Samarie pour s’assurer que les Israéliens mettraient un terme aux constructions de colonies sur certains terrains stratégiques destinés aux Palestiniens.  C’est ainsi que depuis quelques jours, des équipes de l’ambassade des Etats-Unis se sont rendues sur le site «E-1» qui sépare la ville juive de  Maaleh Adoumim de Jérusalem. Cette bande de terre située à l’est de Jérusalem, est indispensable à la continuité entre les deux villes, afin qu’une quelconque souveraineté palestinienne ne vienne un jour isoler Maaleh Adoumim, ville de près de 40 000 habitants. A l’opposé, les Palestiniens et les Américains exigent qu’Israël ne construise pas dans cette zone afin d’assurer une continuité également indispensable à un Etat palestinien. L’armée israélienne a même été dépêchée sur demande américaine sur cette zone pour empêcher un groupe de manifestants juifs d’occuper la place. Pour les Etats-Unis, cette zone doit être libre et «Washington ne permettra pas à des juifs de venir s’y installer». Des émissaires de l’ambassade se sont ainsi rendus sur place, ils ont pris des notes et des photos, un message ferme a été transmis aux autorités israéliennes, et quelques minutes plus tard, la police et l’armée étaient sur place pour déloger les fauteurs de troubles juifs. Cette attitude de fermeté de la part des Américains tant souhaitée par les Palestiniens a évidemment été très mal reçue en Israël où elle est vécue comme une trahison. Mais, il est temps pour Washington de se montrer plus juste dans son traitement du conflit du Proche-Orient pour permettre à la paix de voir le jour et pour permettre aux Palestiniens d’enfin disposer de leur Etat. Mais le chemin reste encore long, et bien souvent les Américains ont tendance à pratiquer dans ce dossier la politique du «un pas en avant, deux pas en arrière». Reste à savoir si cette fois-ci la Maison-Blanche maintiendra sa nouvelle politique dans la région sur la longueur ou pas.

F.M.

Monde

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Le président sud-africain aujourd'hui à Tripoli

L’Algérie s’en tient à la position de l’UA

 30/05/11

 

Le président sud-africain aujourd'hui à Tripoli

L’Algérie s’en tient à la position de l’UA

La position de l’Algérie à l’égard de la situation en Libye est «claire» et s’en tient à celle de l’Union africaine (UA) et s’inscrit dans le respect des décisions du Conseil de sécurité de l’ONU, y compris celle portant sur l’embargo aérien contre ce pays.

C’est ce qu’a déclaré hier le Premier ministre, Ahmed Ouyahia lors d’une conférence de presse animée au lendemain de la tenue de la tripartite regroupant gouvernement-syndicat et patronat.  Ainsi, le Premier ministre réitérera la position de l’Algérie face à ce conflit, une position qui dira-t-il est «claire», «basée sur des principes bien connus». Affirmant dans ce contexte, le respect de l’Algérie des «décisions du Conseil de sécurité et la position de l’UA qui appelle à l’arrêt des combats et à une solution politique du conflit». Aussi, soulignera-t-il l’Algérie «reconnaît des Etats et non des régimes et cela a été constaté avec ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte et les très bonnes relations que nous entretenons avec les nouveaux gouvernements de ces deux pays». En outre, Ahmed Ouyahia affichera le vœu de l’Algérie de voir les Libyens parvenir à placer l’intérêt de leur pays «au-dessus de tout autre considération» pour construire «un avenir d’unité, de justice, de démocratie et de développement». Par ailleurs, le Premier ministre indiquera que le gouvernement algérien avait reçu de la part d’opérateurs libyens des demandes d’achat de produits alimentaires et de médicaments et que la réponse avait été «positive» mais sous conditions. Et de préciser à ce sujet que «nous avons soumis le dossier au comité de sanctions de l’ONU pour vérifier si ces opérateurs se conformaient aux règles et pour empêcher la sortie de notre territoire de produits autres que les produits de première nécessité et les médicaments».

La rébellion fête ses 100 jours

La rébellion libyenne, qui célèbre ses 100 jours, répète que le départ de Maâmmar Kaddafi est la condition préalable à toute sortie de crise, au moment où le président sud-africain est attendu à Tripoli pour présenter au dirigeant contesté «une stratégie de sortie», ont rapporté des agences. A cet effet, Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition libyen (CNT) s’est félicité avant-hier soir dans un communiqué affirmant que «cela fait 100 jours depuis le début de cette révolution bénie, nous voyons des victoires émerger sur le plan national et international». Ajoutant que «nous devons célébrer ce que nos fils héroïques ont accompli à Misrata et dans les montagnes du Nefoussa», deux enclaves de l’opposition situées à l’est et au sud-ouest de Tripoli et qui résistent depuis des semaines aux troupes du régime. Poursuivant dans ce contexte, il dira que «nous devons applaudir le large soutien international pour notre révolution», partie mi-février de Benghazi et Al-Baïda, dans l’Est, dans la foulée de la chute des présidents de la Tunisie et l’Egypte voisines. Par ailleurs, Moustapha Abdeljalil ne manquera pas d’afficher sa satisfaction quant à la position des membres du G8 regroupés à Deauville les jeudi et vendredi derniers. Aussi, déclarera-t-il vouloir «saluer la position prise vendredi dernier par le G8», soulignant toutefois qu’«aucune négociation n’est possible avant le départ de Kaddafi et de son régime». Un mois plus tard, une coalition internationale, intervenant sur mandat de l’ONU, lançait une campagne de frappes aériennes, toujours en cours, contre le régime de Kaddafi. Mais l’opération militaire semblant s’installer dans la durée, le colonel Kaddafi étant bien décidé à ne pas lâcher le pouvoir qu’il dirige depuis près de 42 ans, l’issue paraît désormais se trouver sur le terrain diplomatique. Revirement majeur, la Russie, allié traditionnel de Tripoli, a lâché vendredi dernier le régime lors du G8 de Deauville, en France, se rangeant aux côtés des Occidentaux qui réclament le départ du leader, comme signifié dans la déclaration finale du sommet. Cette déclaration intervient alors que le président sud-africain Jacob Zuma doit rencontrer aujourd’hui le chef de l’Etat libyen Maâmmar Kaddafi pour discuter avec lui d’une stratégie qui lui permettrait de quitter le pouvoir. Serait-ce alors l’épilogue du conflit fratricide qui met la Libye à feu et à sang où la situation humanitaire est franchement critique ?      

Par Lynda N.Bourebrab

 

 

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