Points chauds 

Par

Fouzia Mahmoudi

Persévérance

Clint Eastwood, pourtant grand républicain et soutien public de John McCain, l’a dit lui-même : Hillary Clinton est en train de subir une campagne d’intimidation qu’elle n’a pas méritée. En effet, selon l’acteur et réalisateur américain, la pression que subit la prétendante à l’investiture démocrate pour abandonner est tout simplement abominable. Il est vrai que depuis quelques semaines, les pro-Obama et une grande partie des médias américains font très clairement passer le message à Hillary Clinton qu’elle devrait abandonner sa campagne en faveur de son adversaire Barack Obama. D’après la presse et surtout d’après le camp de ce dernier, l’ex-première dame n’a plus aucune chance de remporter l’investiture de son parti et ferait donc mieux de laisser tomber pour que Barack Obama puisse commencer sa campagne contre le candidat républicain. Le sénateur de l’Illinois a, depuis quelques semaines, pris du poil de la bête et est décidé à tout prix à représenter son parti aux prochaines présidentielles. Obama qui, il y a quatre ans, faisait partie de l’équipe de John Kerry, adversaire malheureux de Georges W. Bush aux dernières présidentielles, a su tirer les leçons nécessaires pour gagner ou pour du moins avoir l’impression qu’il va gagner. Obama fait en effet preuve d’une grande détermination et surtout d’une grande fermeté face à ses adversaires, que ce soit son adversaire actuelle Hillary Clinton au sein du parti démocrate ou encore face à John McCain. Obama donne à ses électeurs l’image d’un homme fort sûr de son fait et maîtrisant à la perfection tous les sujets qu’il aborde. De plus, Obama a su varier les éternels thèmes de campagne présidentielle pour donner un souffle nouveau à sa propre campagne. Pour tous, il est le candidat du changement, presque le candidat du futur, alors que Clinton par opposition fait vieillotte dans sa façon de concevoir la politique comme dans celle de l’appliquer. Pourtant, cette dernière a l’énergie et la détermination des vétérans, et elle est bien décidée à n’arrêter sa campagne que le jour où les grands électeurs démocrates désigneront l’un ou l’autre des deux candidats.

F. M.

 

Monde

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Liban

Sleimane prend ses fonctions de président

 

 27/05/08

 

Liban

Sleimane prend ses fonctions de président

Le nouveau président libanais, Michel Sleimane, a pris ses fonctions hier et se préparait à lancer les consultations avec la majorité, appuyée par l’Occident et l’opposition, menée par le Hezbollah, pour former un gouvernement d’union nationale.

A son entrée au Palais de Baabda, près de Beyrouth, le chef de l’Etat a été accueilli par la Garde républicaine et 21 coups de canon avant de s’installer sur le fauteuil présidentiel, vacant depuis la fin du mandat de son prédécesseur, Emile Lahoud, en novembre 2007.

M. Sleimane, jusque-là commandant en chef de l’armée, a été élu dimanche par 118 des 127 députés du Parlement libanais, devant un parterre de personnalités arabes et internationales.

Après des mois d’impasse politique, cette élection a été rendue possible à la faveur d’un accord signé le 18 mai à Doha par la majorité et l’opposition libanaises. «Unissons-nous, et travaillons en vue d’une solide réconciliation. Nous avons payé cher notre unité nationale. Préservons-la, la main dans la main», a dit M. Sleimane dimanche dans son discours d’investiture. Il a salué le rôle de la «résistance», référence au Hezbollah, dans la lutte contre Israël, mais a averti que le parti chiite ne devait pas «tirer profit de ses succès pour les utiliser dans des conflits internes».

Le président Sleimane a aussi souhaité l’établissement de relations diplomatiques avec la Syrie, ancienne puissance de tutelle du Liban, et la mise en place d’une stratégie de défense contre les violations par Israël du territoire libanais.

La presse libanaise a salué un discours «équilibré», qui pour le quotidien indépendant Al-Anwar représente une «feuille de route pour la prochaine étape». Le quotidien à grand tirage An-Nahar, proche de la majorité, prédit un «mandat équilibré» et le journal As-Safir souligne que le discours d’investiture du nouveau président «contient des demandes de toutes les parties». La classe politique, majorité comme opposition, a elle aussi salué un discours «réaliste» qui a touché à tous les problèmes importants et aux revendications de tous.

Le discours «a été global et réaliste. Il jette les bases de l’Etat auquel nous aspirons tous», a déclaré à l’AFP, le député Antoine Zahra (majorité). «Il a évoqué des questions que personne n’avait osé soulever, surtout la stratégie de défense de l’Etat, l’interdiction de recourir aux armes à l’intérieur du pays et l’établissement de relations diplomatiques avec la Syrie», a-t-il ajouté. Le député d’opposition Selim Aoun souligne pour sa part que le discours du président est «largement conforme à l’entente» au sein de l’opposition, notamment sur «la stratégie de défense, les relations avec la Syrie et la consécration de l’entente nationale».

Le gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora est devenu démissionnaire de facto dès l’élection du nouveau président.

M. Sleimane doit lancer mercredi les consultations pour la formation d’un gouvernement d’union nationale, selon une source à la présidence.

La composition du nouveau gouvernement devrait être conforme à l’accord de Doha qui donne à l’opposition une minorité de blocage, avec 11 ministres sur 30.

Pour l’instant, les seuls noms à être évoqués pour le poste de Premier ministre sont ceux de Fouad Siniora et de Saad Hariri, chef du Courant du Futur, le principal bloc de la majorité, et fils du Premier ministre assassiné en 2005, Rafic Hariri.

 

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