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Renouvellement
des structures à l’APN
Les députés
s’agitent sur fond de divisions
C’est l’alerte au
sein des groupes parlementaires qui vivent une agitation qui en dit
long sur l’ambiance qui y prévaut.
Et pour cause, le
renouvellement des structures à l’APN fait beaucoup parler les
députés qui veulent s’investir dans les rouages parlementaires.
Hormis le PT, le MSP et à un degré moindre le FNA (encore indécis),
c’est la grande course au RND, FLN, RCD et chez les indépendants.
Ces partis ont décidé d’envoyer aux urnes les représentants du
peuple pour s’adjuger le siège de vice-président au bureau de l’APN,
présidents de commissions et autres postes qui leur sont attachés.
En effet, sortant
d’un congrès avec les coudées franches, le président du MSP ne va
certainement pas laisser de place aux membres de son opposition. Le
«toilettage» ne va pas épargner les derniers bastions de la
résistance pro Menasra. Habitué à la logique de la cooptation,
Soltani va quelque peu déroger à la règle, puisqu’il pèsera de tout
son poids pour désigner les députés qui lui sont fidèles aux
premières loges du groupe parlementaire de son parti. Imité par le
PT et le FNA, les leaders des deux partis vont procéder, comme à
leur accoutumée, à la nomination des titulaires de postes de
responsabilité au sein de la chambre basse du Parlement. Rompu aux
pratiques démocratiques, le RCD ne manquera pas de faire tourner la
responsabilité à tous ses cadres du groupe parlementaire. Nonobstant
un ou deux postes, le RCD est familier avec les arrangements mutuels
entre députés, à l’effet de redistribuer les rôles pour désigner les
titulaires du Rassemble-
ment pour la
culture et la démocratie.
Par ailleurs, les
groupes les plus minés par les ambitions souvent démesurées de ses
cadres restent ceux du RND et du FLN qui totalisent à eux seuls 5
vices-présidents et une vingtaine de postes subordonnés aux
commissions parlementaires. Si au groupe parlementaire des
indépendants on s’attend à un compromis ou l’urne pour départager
les prétendants, au RND il faut rappeler que, mis à part le poste de
chef de groupe parlementaire qui revient de droit au porte-parole
Miloud Chorfi, la course est ouverte pour le reste des sièges. De
même qu’au FLN, hormis le chef de groupe parlementaire assuré par
Layachi Daâdoua, la commission de la défense, des affaires
étrangères et les affaires juridiques habituellement attribuée aux
députés Chihoub Messaoud, Si Afif et le colonel à la retraite Abid,
la compétition est franche pour les trois postes de vices-présidents
et les autres commissions, dont seul le verdict de l’urne arbitrera
un grand match que les jeux de coulisses ont commencé à faire du
bruit. Encore une fois, campagne électorale oblige, les députés
vaquaient à leurs fins, réservant moins d’intérêt aux lois qui
passent à l’hémicycle pour se faire valoir…
S. B.
Haut
Stratégie américaine et européenne en Méditerranée
«Il n’y aura
pas de bases militaires en Afrique du Nord»
«Les priorités des
Etats-Unis en Méditerranée sont la lutte antiterroriste, la sécurité
énergétique et l’émigration car ce sont les questions qui affectent
nos partenaires européens et les pays de la rive sud» et «il n’ y
aura pas de bases militaires en Afrique du Nord car les pays
refusent», a indiqué hier à Alger le Dr Ian O. Lesser, conseiller
auprès de la Fondation Marshall, lors d’une conférence sur les
stratégies américaines et européennes en Méditerranée.
«Les Etats-Unis et
l’Algérie ont opté pour une coopération bilatérale», a souligné
M. Lesser. Pour
les américains, il s’agit de «renforcer les relations avec l’Europe,
à travers le rôle déterminant de l’OTAN en méditerranée. Cela
consiste en l’élaboration de stratégies américaines et européennes
compatibles dans la région», a expliqué
M. Lesser en
précisant le rôle déterminant de deux pays méditerranéens qui sont
l’Algérie et la Turquie, qualifiés de «corridor stratégique» en
Méditerranée. «Un socle qui nous (USA et Algérie) permet de faire
des choses ensemble dans la région, bien que chacun ait des
orientations personnelles», a-t-il ajouté. Les Etats-Unis, selon la
même source, s’intéressent à certains volets spécifiques dans la
région comme la sécurité maritime et la sécurité dont l’impact est
direct sur sa position de gendarme du monde alors que l’émigration
n’a qu’un impact indirect sur sa stabilité. A ce propos, le
conseiller auprès de la Fondation Marshall a précisé que son pays
«en général, doit faire l’équilibre à travers l’OTAN et son
élargissement aux autres pays de la rive sud de la Méditerranée sur
les questions de défense». Nous avons beaucoup de points communs
avec l’Algérie en matière de politique étrangère. Cela dit, «il
n’est nullement question pour les Etats-Unis d’être membres de
l’Union méditerranéenne» (projet proposé par Nicolas Sarkozy) et «je
doute fort qu’on nous invite en tant qu’observateur à y
participer mais nous devons avoir des stratégies compatibles en
matière de sécurité globale dans la région». La France et les
Etats-Unis «ont des politiques presque similaires et il s’agit de
savoir comment utiliser nos forces pour influencer le monde», a-t-il
soutenu. Le conférencier a noté
qu’«il y a peu de
stratégie américaine en Méditerranée et nous avons perdu beaucoup de
temps» mais lorsque la France accèdera à la présidence de l’Union
européenne, les stratégies américaines et européennes seront à
l’ordre du jour. M. Lesser a passé en revue toutes les crises que la
Méditerranée connaît ça et là, notamment entre la Grèce et la
Turquie, la présence américaine en Irak, le dossier du nucléaire
iranien, le conflit israélo-palestinien, la crise libanaise et enfin
la question de l’autodétermination au Sahara occidental sur lequel
l’administration Bush et le Congrès ont changé de position depuis
peu.
Par Fella M.
Haut
Benbouzid rassure les enseignants
«La hausse des
salaires restera à l’ordre du jour»
Le ministre ne
manquera donc pas d’intervenir sur la question des salaires,
principale revendication des syndicats autonomes.
Le passage au
forum de l’ENTV a été pour le ministre de l’Education nationale
l’occasion de faire le point sur la réalisation de son secteur,
notamment dans le cadre des réformes engagées et dont les objectifs
«sont totalement réalisés». bien que la dernière réalisation en
date, l’adoption par le parlement de la loi sur l’orientation soit
déjà effectuée, le ministre lancera un appel à l’adresse des
syndicats, «parte-naires sociaux», à «apporter leur contribution à
l’enrichissement de la loi d’orientation du secteur qui constitue le
socle juridique de la réforme de l’éducation». Une série de réunions
a été engagée par le ministère, sans toutefois persuader les
syndicats autonomes de renoncer à leur mouvement de protestation qui
s’annonce pour bientôt. Le ministre ne manquera donc pas
d’intervenir sur la question des salaires, principale revendication
des syndicats autonomes. Il a reconnu que les augmentations
accordées «bien que conséquentes, restent cependant insuffisantes du
fait de la cherté de la vie». Ces augmentations, a-t-il dit, ont
atteint depuis 2003 un taux de 71% pour les enseignants du cycle
primaire, 81% pour le cycle moyen alors que les enseignants du
secondaire ont bénéficié de 100% d’augmentation. La question de
l’augmentation des salaires restera une priorité pour le secteur de
Benbouzid dans le cadre de la loi d’orientation de l’Education qui
«accorde une importance particulière à la situation
socioprofessionnelle de l’enseignant, assurant que la question de
l’augmentation des salaires restera à l’ordre du jour à l’avenir».
Sur un autre chapitre, le ministre abordera les investissements
engagés dans le secteur. Il s’agit, entre autres, de la lutte contre
la déperdition scolaire due, selon lui, à un ensemble de facteurs,
dont l’éloignement des écoles, le manque de transport et de cantines
scolaires.
M. Benbouzid a
souligné l’importance majeure accordée par son secteur à cette
question pour laquelle une enveloppe financière de 9,5 milliards de
dinars a été affectée. Grâce à la réforme du secteur, le taux de
déperdition scolaire a reculé de six points, a-t-il encore ajouté,
après l’amélioration des conditions de scolarisation des élèves
grâce, entre autres, aux cantines scolaires. Le ministre évoquera en
outre les efforts fournis pour l’amélioration et la disponibilité du
manuel scolaire. Le forum a été également l’occasion de faire le
point sur les préparatifs pour les examens de fin d’année. Une
enveloppe financière de 430 milliards de centimes a été allouée à
cet effet. «Tout est prêt à 100%» pour ces rendez-vous importants
qui concernent pas moins de 2,5 millions d’élèves des deux sexes
dans les examens de fin d’année, a rappelé le ministre. S’agissant
de l’examen du baccalauréat, M. Benbouzid a fait état des nouvelles
mesures prises cette année au profit des 600 000 candidats à cet
examen qui bénéficieront, a-t-il dit, de 30 minutes supplémentaires,
outre le choix entre deux sujets proposés dans chaque matière.
A souligner enfin
que l’examen de fin du cycle primaire (ex-6e) qui aura lieu mardi
prochain à travers le territoire national pour les élèves du nouveau
et de l’ancien programme concernera un total de 1 322 599 candidats.
A retenir que pour l’ancien programme, on enregistre 772 464
(58,40%) dont 54,26% de garçons et 45,73% de filles. Pour le nouveau
programme, on dénombre 550 135 (41,59%) candidats dont 50,13%
garçons et 49,86% filles.
F. A.
Haut
Emeutes de Berriane
La délégation
parlementaire entame son enquête
La délégation de
l’Assemblée populaire nationale (APN, constituée en accord avec le
gouvernement et qui se trouve depuis samedi à Berriane, a entamé
hier une série de réunions de consultation avec les autorités
locales pour s’enquérir des causes à l’origine des récents
évènements de Berriane. La tâche de cette commission risque
toutefois de ne pas être facilitée, puisque déjà fortement critiquée
par le groupe parlementaire du RCD, dont un élu préside aux
destinées de la commune . Du reste, dans le communiqué du RCD
rendu public le jour du départ de la délégation parlementaire, le
parti de Saïd Sadi qui, faut-il le souligner, a sa propre lecture
des causes à l’origine des affrontements ayant éclaté vendredi 16
mai, laisse entendre qu’il est informé des motifs ayant présidé à la
constitution de cette délégation parlementaire. Selon le RCD, la
seule mission assignée aux députés est «de procéder à l’évaluation
financière des dégâts subis par la ville». Toutefois, selon les
premières informations parvenues de Berriane sur le travail entamé
par la délégation, il ressort clairement que c’est la recherche de
la vérité qui est recherchée. Ainsi, il est rapporté qu’àprès une
réunion tenue dans la soirée à Berriane avec les membres de la
cellule locale de sécurité, la commission devait poursuivre ses
auditions en se réunissant avec les élus locaux, les notables de la
région et les représentants de la société civile. Ces réunions
devraient permettre aux parlementaires de se faire une idée assez
exhaustive sur les véritables raisons des affrontements enregistrés
et à l’issue desquels deux morts sont dénombrés parmi la population
locale et qui ont causé la destruction de biens particuliers,
puisque six maisons ont également été incendiées ainsi que des
magasins et des véhicules. Du reste, les membres de la délégation
devront également rendre visite aux familles des victimes de ces
événements, notamment celles ayant enregistré des décès (deux). Il
s’agit ainsi pour les parlementaires de trouver les mots justes pour
ne pas donner l’impression d’un parti pris et ce, d’autant que même
si les esprits se sont relativement calmés, il n’en reste pas moins
que les rancœurs doivent être de mise. L’ajournement du procès des
18 personnes impliquées dans les évènements et qui devait se tenir
samedi, contribuera sans nul doute à apaiser la tension. Il serait
en effet plus sage de le tenir après que toute la lumière sur ces
évènements ait été faite. A charge donc pour la commission
parlementaire de s’acquitter convenablement de son travail et
surtout de faire en sorte que leur rapport soit rendu public. Cela
aura le mérité de faire tomber les masques, et surtout de mettre
tout un chacun devant ses responsabilités.
Par Amine B.
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Voyage à Tifariti, territoire libéré du Sahara occidental
A la rencontre
d’un peuple militant pour sa cause
On ne parlera
jamais assez de sa misère en tant que peuple réfugié ni de sa
douleur en tant que peuple colonisé, spolié de ses terres et de son
droit à l’autodétermination. On ne parlera jamais assez de sa
résistance farouche ni de son hospitalité légendaire, et encore
moins de sa patience face à la lourde épreuve qui a fait de lui un
peuple combattant et prêt à tous les sacrifices pour récupérer sa
terre, le Sahara occidental.
Rencontrer ce
peuple fier et debout, partager son vécu pour quelques jours, le
temps des commémorations des grands événements qui ont marqué son
histoire durant les trois dernières décennies, est toujours une
belle et riche expérience. Le rendez-vous cette fois a été donné à
Tifariti pour la commémoration du 35e anniversaire du déclenchement
de la lutte armée pour la libération du Sahara occidental (20 mai
1973), doublé de celui de la création du Front Polisario, le (10 mai
de la même année) et de la troisième année du déclenchement de
l’Intifada pacifique dans les territoires occupés, (21 mai 2005).
«Ntiou kho ?», (On
se prépare un thé ?). Une petite question prononcée avec excitation,
à quelques heures seulement de l’embarquement, par un des deux
jeunes artistes qui se rendent pour la première fois dans les camps
de réfugiés sahraouis de Tindouf. Une grande aventure en somme pour
ces deux jeunes, mais aussi pour l’ensemble de la délégation
algérienne qui est du voyage. Notre arrivée au camp de l’école du
27-février est saluée par des sourires et des youyous et de
bienvenue pour les frères algériens. Le camp semble s’être agrandi
depuis notre visite de la dernière fois. Plusieurs commerces ont vu
le jour ; de nouvelles familles se sont formées et, oui, les jeunes
nés ici en 1967 ont déjà 31 ans….
Les familles qui
nous accueillent sont ravies de recevoir des algériens. L’accueil
est royal, malgré le peu de moyens dont ils disposent.
On essaye
d’adoucir notre séjour par tous les moyens et du coup, on est tous
plongés dans leur vie. On ne passe qu’une nuit dans le camp du
27-février. Juste le temps de se reposer un peu, d’aller rendre
visite à certaines familles qui nous ont hébergés précédemment. Ce
sont les enfants qui attirent le plus l’attention et la sympathie.
Souriant toujours, pieds nus tout le temps, faisant beaucoup moins
que leur âge à cause de la sous-alimentation et le déficit de l’aide
humanitaire, ils voient en notre arrivée une véritable aubaine. De
nouvelles têtes, qui offrent le plus souvent des «caramélos»(
bonbons), et des «gélatinos» (de la glace). Un commerçant du
quartier II a installé une machine de fabrication de glaces dans son
petit commerce qui fait office de superette. Ici, la vie est très
dure pour beaucoup de familles, le prix des produits alimentaires et
des légumes et fruits est exorbitant. 80 Da le kg de pomme de terre,
60 da la tomate, 75 DA le concombre. Et si la quantité et les
variétés sont très réduites, la qualité de ces aliments laisse
vraiment à désirer.
Cela est expliqué
par «le fait que la marchandise est acheminée par des camions
frigorifiques et que le changement de température affecte sa
qualité». La présence d’étrangers dans le camp est aussi une aubaine
pour les commerçants ; certaines marchandises, comme le jus, le
lait, le fromage, le thon en conserve sont rapidement écoulées.
«Nous voulons
venir vivre ici»
Demain, une rude
journée nous attend. Plus de 8 heures de route à parcourir en
Toyota. Un terrain cahoteux et accidenté, malaises et secousses
garantis, une véritable épreuve physique. Mais tous sont unanimes à
dire que le paysage et l’aventure surtout en valent la peine et
l’effort. Mais la vraie aventure commence à Tifariti. Elle est
importante, la population sahraouie qui s’est déplacée des
différents camps de Tindouf pour venir prendre part aux festivités.
Un périple de deux jours et deux nuits, par camions pour la plupart.
Les militaires des différentes zones sont aussi à pied d’œuvre pour
assurer la sécurité des lieux, mais aussi la grande parade
militaire. Interrogés sur leur participation aux festivités, les
civils sahraouis, hommes et femmes, répondent qu’«ils sont toujours
entièrement et totalement mobilisés pour leur cause juste et
légitime», et que leur déplacement jusqu’ici, avec leurs tentes,
enfants et bagages, n’est rien comparé aux sacrifices des soldats et
de la population des territoires occupés. «Nous voulons venir nous
installer définitivement ici, sur le sol de Tifariti, sur nos
terres», nous confie Khatidjatou, notre hôtesse qui vient du camp
d’El Dakhla. Toutes les femmes de sa famille se sont mobilisées pour
l’événement et chacune reçoit un groupe d’invités sous sa tente. Les
plus jeunes ne parlent que de «l’éventualité d’aller arracher leurs
droits et leur terre aux marocains par les armes».
Mais ce n’est là
qu’un avis car tout un chacun reconnaît en le Front Polisario «le
représentant légitime de la cause sahraouie, respecte et s’incline
devant ses décisions et ses démarches pour la résolution du conflit
au Sahara occidental».
Ce dernier rend au
peuple cette marque de confiance en déclarant que le choix lui
revient totalement et entièrement pour décider de son avenir.
«Les mines
antipersonnel, ces ennemies invisibles»
Une virée loin du
campement et de la petite ville de Tifariti qui connaît déjà
quelques petits chantiers en plus de son hôpital, sa boulangerie
industrielle, sa salle de conférences, et des infrastructures
d’accueil déjà réalisées, nous fait découvrir la «h’mada». Des
étendues de steppe et des amas de rochers en granit, de forme et de
taille assez singulières.
Le pays est
vraiment beau, et une véritable réserve de nourriture pour le
cheptel des nomades sahraouis. Or, ces derniers sont malheureusement
confrontés aux dangers permanents des mines antipersonnel. Le cadeau
empoisonné laissé par le colonisateur marocain après sa retraite des
territoires sahraouis, fauche souvent des vies innocentes et laisse
des centaines de personnes handicapées à vie.
Une campagne
sahraouie de lutte contre les mines antipersonnel a été mise en
place. Un centre de prise en charge des victimes des mines a été
inauguré au mois d’avril dernier dans le camp de réfugiés Rabouni,
d’une capacité de 54 places et dispose même d’un atelier pour les
prothèses.
Le centre, comme
nous l’explique Boueibat Cheik Abdel Hay, président de la campagne
sahraouie contre les mines, assure aux victimes en plus de leur
prise en charge médicale et psychologique, celle sociale.
La campagne se
heurte au manque d’artificiers et de spécialistes dans la détection
des engins de mort, et les victimes ne sont malheureusement
retrouvées et déterrées qu’après les crues qui les rapprochent du
chemin des nomades, déplore Abdel Hay.
Par Habiba
Ghrib
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Tifariti, la
ville symbole
La localite de
Tifariti qui vient d’abriter les assises du XIIe congrès du Front
Polisario, représente pour les sahraouis un symbole de résistance
contre les colonisateurs qui se sont succédé au Sahara occidental :
Français, Espagnols et les derniers en date, les Marocains, qui ont
envahi et occupé militairement le territoire depuis octobre 1975.
Deux mois seulement après l’invasion du pays (31 octobre 1975), les
citoyens qui avaient fui les villes investies par les troupes
marocaines y avaient trouvé refuge avant d’être bombardés de nouveau
par l’aviation marocaine. Des dizaines de femmes et d’enfants
trouveront la mort avant l’aube du nouvel an 1976, alors que des
centaines seront mutilés pour le restant de leurs jours. En février
de la même année 1976, les blindés marocains devaient la prendre en
tenailles de l’Est et de l’Ouest alors qu’elle était défendue par
une seule unité de combattants sahraouis. Les troupes marocaines
(FAR) vont l’occuper pendant deux mois avant d’être délogées par
l’armée de Libération populaire sahraouie (ALPS). Les FAR
reviendront en force durant l’été de l’année 1977 pour s’y installer
durant un peu moins de deux ans, avant que la bataille décisive de
Tifariti ne soit livrée en mars 1979. Les FAR y perdront des
centaines de morts et de blessés et l’évacueront en y abandonnant le
gros de leur armement et de leur matériel de guerre. Bien avant
l’invasion marocaine, Tifariti semble être prédestinée à la
résistance. Déjà en mars 1912, l’expédition française, qui tentait
de faire la jonction avec ses troupes au Maroc, sous le commandement
du colonel Mouret, a été exterminée à «Gleib Akhchah», rebaptisée
pour la circonstance par «Gleib Chouhada» (montagne des martyrs).
Tifariti avait abrité en 2003 le XIe congrès du Front Polisario et
plusieurs manifestations nationales et internationales y ont été
organisées. La pose de la première pierre du Parlement y a été faite
depuis deux ans aux côtés d’un hôpital et une école déjà en place,
alors que des maisons sont en voie de construction dans le cadre du
repeuplement des territoires libérés sahraouis préconisé par le
dernier rapport moral du Secrétariat national au congrès. Décembre
2007, Tifariti a abrité le 12e congrès du Front Polisario. La
semaine dernière, elle a accueilli les festivités du 35e
anniversaire du déclenchement de la lutte armée par le front
Polisario, le 20 mai 1973.
(SPS)
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Signature d’une convention entre le ministère et Algérie Télécom
Connexion de
433 sites de la santé avant 2009
Une convention
pour la réalisation de la deuxième phase bis du réseau Internet a
été signée hier à Alger entre le ministère de la Santé, de la
population et de la réforme hospitalière et Algérie Télécom en vue
de connecter 433 nouveaux sites relevant du secteur de la santé.
Le ministre de la
Santé, de la population et de la réforme hospitalière, Amar Tou, a
indiqué que cette nouvelle phase qui prévoit la connexion de 433
nouveaux sites au secteur de la santé avant fin 2009 permet de
fournir au citoyen les informations nécessaires dans le domaine de
la santé. Tou a estimé à ce propos que la connexion de son secteur
au réseau multiservices (RMS) permet de répondre à ses besoins dans
les différentes régions du pays, rappelant que l’informatisation du
secteur qui compte parmi les objectifs de l’Organisation mondiale de
santé (OMS) vient ainsi répondre aux exigences de l’économie
nationale. Outre les maladies à déclaration obligatoire au nombre de
34, le nouveau réseau inclura une rubrique réservée aux maladies
chroniques répandues notamment dans les pays développés, a précisé
le ministre. L’élaboration d’un registre des maladies
chroniques liées aux comportements des personnes et au mode de vie
actuel permettra à l’avenir de prévenir ces maladies, a souligné M.
Tou. Le président-directeur général d’Algérie Télécom, M. Moussa
Benhamadi, a pour sa part affirmé que le réseau informatique du
secteur de la santé «est l’un des premiers et meilleurs réseaux
réalisés dans le pays des points de vue organisation et
information». M. Benhamadi a appelé les différentes institutions et
les secteurs nationaux à «intégrer Internet dans leurs réseaux». Il
les a également incités à utiliser les RMS pour le développement des
investissements et l’exploitation des réseaux de connexion. M.
Youcef Benkaci, chargé du réseau des technologies de l’information
et de la communication au ministère de la Santé, a quant à lui
présenté les deux phases réalisées incluant au début 93 sites, dont
des CHU, des instituts, des écoles de santé et des institutions à
l’instar de l’institut Pasteur et de l’Agence nationale du sang,
puis ont été étendues aux directions de la santé et de la population
de wilaya et aux écoles de formation paramédicale. La deuxième phase
bis, lancée aujourd’hui, inclut 433 sites, a souligné M. Benkaci,
affirmant qu’après la fin de cette opération, le secteur pourra
procéder au contrôle épidémiologique, à la gestion des ressources
humaines, au contrôle des dépenses liées aux médicaments et au suivi
des patients. L’opération de connexion du secteur de la
santé au réseau Internet renferme plusieurs avantages, y compris
pour d’autres secteurs à l’instar des finances, de la fonction
publique, du commerce, du travail et de la sécurité sociale, a
souligné M. Benkaci.
Haut
Session du conseil national de l’ordre
Les architectes
diagnostiquent leur profession
Les architectes
ont déploré, lors des deux journées d’information organisées à
Béjaïa, la situation générale dans laquelle se trouve l’architecture
en Algérie et dans la wilaya en particulier. Les architectes de
Béjaïa qui ont débattu durant ces deux journées de «l’exercice de
la profession d’architecte et de la qualité de la production
architecturale» ont exprimé à l’occasion toute leur inquiétude
concernant le processus qui préside actuellement à la production
architecturale, les conditions très défavorables de la maîtrise
d’œuvre qui intervient souvent hors normes et en dehors de ce qui
est prévu par les dispositions réglementaires, la mission de
l’architecte et les modalités de sa rémunération. Disant assumer
leur part de responsabilité dans la production de nos villes et
paysages urbains, l’ordre des architectes implique les pouvoirs
publics qui détiennent les leviers et les prérogatives pour
«contrôler» en amont la production architecturale qualitative, tout
en relevant la fuite de responsabilité des maîtres d’ouvrage (DUC,
DLEP, OPGI et autres…) quant à leur rôle et devoir de mettre les
architectes dans des conditions favorables. A ce propos, il est mis
en évidence la nécessité des maîtres d’ouvrage d’appliquer l’arrêté
interministériel n°17 de 1988 pour garantir certaines conditions aux
architectes qui ont relevé dans leurs interventions l’impérieuse
nécessité de revoir ce texte qui «n’est plus adapté à la réalité
d’aujourd’hui». D’autres intervenants, parmi eux les membres du
conseil national, dont la présidente Mme Bouhired, M. Ladjouz,
président du Conseil local d’Alger et autres ont dénoncé tout ce
qui freine l’élan des architectes, leur savoir-faire et toutes les
conditions devant être mises en œuvre pour obtenir une architecture
de qualité. Nos villages et nos villes ont été travestis, selon M.
Ladjouz, qui a déploré en même temps la disparition de l’ancienne
architecture au profit d’une autre dite moderne mais qui défigure
tout le paysage. Djamel Djemaï, membre de cette organisation, a cité
les recommandations qui seront adressées aux autorités concernées
dont la mise en pratique de maîtrise d’œuvre dans des conditions
favorables, la créativité en appliquant l’arrêté interministériel
n°17 dans l’esprit qui a présidé à sa promulgation, la mise en
place et animation des comités d’architecture, d’urbanisme et de
l’environnement de wilaya, prévus par le décret législatif 94/07. Et
ce n’est pas suffisant puisque celui-ci mettra en avant ce qui doit
être fait pour assurer aussi de meilleures conditions pour
l’élaboration et l’approbation de POS et PDAU par un dispositif
réglementaire, la réglementation de la mission d’aménagement à
introduire dans les missions de l’architecte, celle de la commande
privée, l’accord des délais plus adaptés à la maturation des
projets dans la phase «études» tous corps d’Etat. Le conseil
national de l’ordre des architectes a plaidé par ailleurs pour un
dispositif plus rigoureux s’agissant du choix de l’entreprise pour
la réalisation des projets avant de se réunir en session
extraordinaire pour arrêter définitivement les prérogatives des
délégations de wilaya de l’ordre des architectes, un organe en voie
de création dans toutes les autres wilayas.
Par Tarek B.S.
Haut
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