Points chauds 

Par

Fouzia Mahmoudi

Soutien

Nicolas Sarkozy avait annoncé au tout début de son mandat   qu’une des priorités de sa présidence sera assurée dans les plus brefs délais et dans les meilleures conditions quant à la libération de la Française retenue en Colombie depuis six ans, Ingrid Bétancourt. Et  oui, il semblerait que cela soit bientôt chose faite. Evidemment, il faut être prudent car plusieurs indicateurs annoncent clairement qu’une prochaine libération est plus aussi illusoire. Et si l’otage venait à être effectivement remise en liberté, on pourrait applaudir la détermination de la diplomatie française qui, à aucun moment, n’a laissé tomber sa ressortissante et qui a au contraire toujours travaillé à sa libération. Mais le gouvernement français n’est pas le seul à être mobilisé pour Ingrid Bétancourd. Cette dernière a en effet bénéficié d’une forte mobilisation de la part de la société civile et surtout de la part d’artistes qui ont porté sa cause. Ailleurs, de très nombreux concerts et autres manifestations culturelles sont régulièrement organisés aux quatre coins de la France pour rendre hommage à l’otage française et à sa famille. Pourtant, si  l’engagement de l’Etat français envers Ingrid Bétancourt est avéré sans faille, il n’en est pas de même envers de nombreux autres ressortissants français retenus en otages ou emprisonnés à  l’étranger, dont le sort plus incertain ne défraie pas la chronique. Mais Bétancourt, candidate aux présidentielles colombiennes, n’est pas une citoyenne comme les autres ; femme médiatisée, elle a bénéficié  d’une couverture médiatique qui fait malheureusement défaut à de nombreux anonymes. De plus, il ne faut pas oublier que si on parle beaucoup d’Ingrid Bétancourt depuis trois ou quatre ans, c’était beaucoup moins le cas au début de sa captivité et c’est cette remise en actualité constante qui a permis aux autorités de ne pas oublier l’otage française retenue en Colombie. Mais malheureusement, elle comme d’autres ne servent bien souvent que comme bouche-trous aux journaux télévisés, mais cela fait parler et c’est déjà ça de gagné. 

F. M.

 

Monde

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Otages en Colombie

Possible libération d’Ingrid Bétancourt

 

 26/05/08

 

Otages en Colombie

Possible libération d’Ingrid Bétancourt

Le président colombien Alvaro Uribe a annoncé publiquement samedi soir que des chefs de la guérilla marxiste des Farc sont prêts à se démobiliser et à libérer des otages dont la Franco-Colombienne Ingrid Bétancourt.

L’armée colombienne a annoncé samedi le décès de Manuel Marulanda, le chef historique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc-marxiste), déjà donné pour mort à au moins 17 reprises. «Le gouvernement a reçu des appels des Farc dans lesquels certains dirigeants ont annoncé leur décision de se démobiliser et de libérer Ingrid Bétancourt, si le gouvernement (colombien) leur garantit la liberté», a affirmé le président lors d’une réunion publique en province. Ces dirigeants, a ajouté Alvaro Uribe, «seraient remis aux autorités françaises pour qu’ils puissent profiter dans ce pays de leur liberté». Alvaro Uribe a également rappelé son offre de payer une récompense pouvant attein-dre 100 millions de dollars aux guérilleros qui désertent avec des otages. Le président a fait ces déclarations à l’issue d’un «conseil communautaire» (lieu de rencontre du président avec la population) dans la localité de Florida (sud-ouest) et ses propos ont été retransmis en direct par la télévision d’Etat. Ingrid Betancourt, 46 ans, ex-candidate à la présidentielle, est otage de la guérilla colombienne des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) depuis plus de six ans. Depuis plusieurs mois, Mme Betancourt est dans un état de santé alarmant, selon plusieurs témoignages. Les Farc ont proposé d’échanger 39 otages dits «politiques», dont Ingrid Betancourt et trois Américains, contre 500 guérilleros emprisonnés. Le chef des Farc âgé de 80 ans et vétéran de la guérilla, est décédé le 26 mars, soit depuis près de deux mois et son remplaçant à la tête du mouvement devrait être Alfonso Cano, considéré comme l’actuel responsable idéologique, selon un communiqué lu par un porte-parole militaire du ministère. Sa mort «est survenue à 18h30 et les circonstances de son décès ne sont pas encore confirmées», a-t-on précisé de même source, alors qu’aucune photographie ou document prouvant cette disparition n’ont été présentés à la presse par le ministère de la Défense. Samedi le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, a indiqué à l’hebdomadaire Semana que l’information a été donnée au gouvernement «par une source qui ne nous a jamais trompés». «Marulanda doit être en enfer», a ajouté le ministre. Le chef guérillero «est décédé de mort naturelle», a pour sa part déclaré à la télévision privée Caracol le numéro deux de l’armée, l’amiral David René Moreno. «Maintenant c’est aux Farc de démontrer que cette information n’est pas vraie», a-t-il dit. L’agence ANNCOL, proche de la guérilla, souligne samedi sur son site internet qu’il n’existe aucune confirmation par la guérilla de ce décès annoncé par le gouvernement. «Jusqu’à présent le secrétariat (organe dirigeant) des Farc n’a émis aucun communiqué. Et c’est l’unique source véritable», écrit ANNCOL. «Ce qui est certain, c’est que, pour Bogota, Marulanda doit être mort ou doit mourir le plus vite possible», ironise l’agence de presse. Le 1er avril, notent les observateurs, Ivan Marquez, l’un des membres du secrétariat des Farc a rapporté dans une de ses chroniques publiées par l’Agence bolivarienne de presse (ABP - proche de la guérilla), des propos de Manuel Marulanda selon lesquels les autorités colombiennes ont, «en tuant Raul (Reyes - le numéro deux des Farc), gravement compromis l’échange de prisonniers et la paix». Né le 12 mai 1928, à Genova, dans le Quindio, la région du café à l’ouest de Bogota, Pedro Antonio Marin, de son vrai nom, alias Manuel Marulanda Velez, pseudonyme rendant hommage à un dirigeant colombien de la région d’Antioquia (nord-ouest) des années 1930 - est le fondateur de la première guérilla paysanne de Colombie.

 

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