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Otages en
Colombie
Possible
libération d’Ingrid Bétancourt
Le président
colombien Alvaro Uribe a annoncé publiquement samedi soir que des
chefs de la guérilla marxiste des Farc sont prêts à se démobiliser
et à libérer des otages dont la Franco-Colombienne Ingrid Bétancourt.
L’armée
colombienne a annoncé samedi le décès de Manuel Marulanda, le chef
historique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc-marxiste),
déjà donné pour mort à au moins 17 reprises. «Le gouvernement a reçu
des appels des Farc dans lesquels certains dirigeants ont annoncé
leur décision de se démobiliser et de libérer Ingrid Bétancourt, si
le gouvernement (colombien) leur garantit la liberté», a affirmé le
président lors d’une réunion publique en province. Ces dirigeants, a
ajouté Alvaro Uribe, «seraient remis aux autorités françaises pour
qu’ils puissent profiter dans ce pays de leur liberté». Alvaro Uribe
a également rappelé son offre de payer une récompense pouvant
attein-dre 100 millions de dollars aux guérilleros qui désertent
avec des otages. Le président a fait ces déclarations à l’issue d’un
«conseil communautaire» (lieu de rencontre du président avec la
population) dans la localité de Florida (sud-ouest) et ses propos
ont été retransmis en direct par la télévision d’Etat. Ingrid
Betancourt, 46 ans, ex-candidate à la présidentielle, est otage de
la guérilla colombienne des Forces armées révolutionnaires de
Colombie (Farc) depuis plus de six ans. Depuis plusieurs mois, Mme
Betancourt est dans un état de santé alarmant, selon plusieurs
témoignages. Les Farc ont proposé d’échanger 39 otages dits
«politiques», dont Ingrid Betancourt et trois Américains, contre 500
guérilleros emprisonnés. Le chef des Farc âgé de 80 ans et vétéran
de la guérilla, est décédé le 26 mars, soit depuis près de deux mois
et son remplaçant à la tête du mouvement devrait être Alfonso Cano,
considéré comme l’actuel responsable idéologique, selon un
communiqué lu par un porte-parole militaire du ministère. Sa mort
«est survenue à 18h30 et les circonstances de son décès ne sont pas
encore confirmées», a-t-on précisé de même source, alors qu’aucune
photographie ou document prouvant cette disparition n’ont été
présentés à la presse par le ministère de la Défense. Samedi le
ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, a indiqué à
l’hebdomadaire Semana que l’information a été donnée au gouvernement
«par une source qui ne nous a jamais trompés». «Marulanda doit être
en enfer», a ajouté le ministre. Le chef guérillero «est décédé de
mort naturelle», a pour sa part déclaré à la télévision privée
Caracol le numéro deux de l’armée, l’amiral David René Moreno.
«Maintenant c’est aux Farc de démontrer que cette information n’est
pas vraie», a-t-il dit. L’agence ANNCOL, proche de la guérilla,
souligne samedi sur son site internet qu’il n’existe aucune
confirmation par la guérilla de ce décès annoncé par le
gouvernement. «Jusqu’à présent le secrétariat (organe dirigeant) des
Farc n’a émis aucun communiqué. Et c’est l’unique source véritable»,
écrit ANNCOL. «Ce qui est certain, c’est que, pour Bogota, Marulanda
doit être mort ou doit mourir le plus vite possible», ironise
l’agence de presse. Le 1er avril, notent les observateurs, Ivan
Marquez, l’un des membres du secrétariat des Farc a rapporté dans
une de ses chroniques publiées par l’Agence bolivarienne de presse
(ABP - proche de la guérilla), des propos de Manuel Marulanda selon
lesquels les autorités colombiennes ont, «en tuant Raul (Reyes - le
numéro deux des Farc), gravement compromis l’échange de prisonniers
et la paix». Né le 12 mai 1928, à Genova, dans le Quindio, la région
du café à l’ouest de Bogota, Pedro Antonio Marin, de son vrai nom,
alias Manuel Marulanda Velez, pseudonyme rendant hommage à un
dirigeant colombien de la région d’Antioquia (nord-ouest) des années
1930 - est le fondateur de la première guérilla paysanne de
Colombie.
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