Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Politisation

Après les terribles attentats qui ont fait ces deux dernières semaines sept morts à Toulouse, la police française a réussi à mettre hors d’état de nuire le terroriste islamiste qui se revendiquait d’Al-Qaïda et mettre fin à la psychose qui avait commencé à s’emparer de la population française. Une psychose qui avait atteint tout autant la société civile que la classe politique. Cette dernière en pleine effervescence et en pleine campagne présidentielle a parfois eu du mal à savoir comment gérer politiquement cette crise à double tranchant. La première à avoir pâti de la situation a été Marine Le Pen. En effet, après le meurtre de militaires d’origines maghrébine et antillaise, puis celui d’enfants juifs a immédiatement orienté l’enquête policière et l’opinion publique vers la thèse d’un tueur raciste et antisémite et donc possiblement affilié au réseau néo-nazi. Le Front National et sa candidate ont après ça rapidement été mis à l’index par de nombreux représentants politiques à l’instar de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche, ou encore par diverses associations, tel SOS racisme. Mais le développement de l’enquête policière et la piste djihadiste confirmée a changé la teneur et surtout le sens des critiques. En effet, critiquée, Marine Le Pen est devenue celle qui est montée au créneau dénonçant, d’une part, sa stigmatisation et surtout la montée du fondamentalisme en France. Les thèses qu’elle a toujours défendues concernant la dangerosité d’une immigration massive sont d’après elles renforcées et plus crédibles que jamais, bien que ce ne soit pas elle qui en premier lieu semble «profiter» le plus de la terrible tragédie de Toulouse. Le premier à «bénéficier» des retombées de cette triste affaire est sans conteste Nicolas Sarkozy qui a su jouer de son image de président solide et déterminé à combattre ceux qui veulent terroriser la République. Les sondages sont d’ailleurs très clairs sur les bonds qu’a fait la popularité du président Sarkozy ainsi que sur l’augmentation des intentions de vote en faveur du candidat Sarkozy. Mais il faudra attendre quelques jours pour déterminer si la nouvelle aura dont est entourée le chef de l’État n’est que passagère ou si elle subsistera au moins jusqu’au premier tour de la présidentielle, rendant la victoire, annoncée par certains, de François Hollande bien plus difficile et incertaine qu’attendue.   

F. M.

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France

Après la mort de Mohamed Merah, l’heure est aux questions

 

 24/03/12

 

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Après la mort de Mohamed Merah, l’heure est aux questions

Après la mort du jeune jihadiste auteur de sept assassinats effroyables, l'Exécutif français s'efforçait hier de répondre aux questions sur les failles de la surveillance antiterroriste tandis qu'à Toulouse, l'enquête se concentrait sur la recherche de complicités.

Le Premier ministre, François Fillon, a affirmé hier matin qu'il n'existait «aucun élément permettant d'appréhender Mohamed Merah», tueur de trois militaires et de quatre juifs dont trois enfants, avant ses passages à l'acte, car la France est «un État de droit». Les services de renseignement français avaient placé le jeune homme de 23 ans sous surveillance après ses séjours de 2010 et 2011 en Afghanistan et au Pakistan, mais lui trouvaient un mode de vie de jeune homme de son âge apparemment incompatible avec l'islam radical. Mohamed Merah avait cependant eu affaire à la justice pour des faits de petite délinquance et fréquentait un petit groupe de personnes se réclamant du salafisme, la branche la plus rigoriste de l'islam. Dans les heures précédant sa mort, lors de discussions avec les policiers, il s'était réclamé d'Al-Qaïda et du jihad. Il avait indiqué vouloir «venger les enfants palestiniens», punir la France pour son engagement en Afghanistan et pour sa loi interdisant le port public du voile islamique. «Le fait d'appartenir à une organisation salafiste n'est pas en soi un délit. Il ne faut pas mélanger fondamentalisme religieux et terrorisme, même si naturellement nous connaissons bien les liens qui unissent les deux», a avancé M. Fillon. Le Premier ministre a encore indiqué que Mohamed Merah, qui figurait sur la liste noire des personnes interdites de vol aux États-Unis, était aussi inscrit en France sur la liste des personnes à surveiller en cas de déplacement. Mais «il ne s'est pas déplacé», a-t-il fait valoir. Le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande, qui a repris pleinement sa campagne après une pause, a relayé jeudi soir lors d'un meeting à Aurillac (centre) les interrogations qui se sont fait jour après la découverte du parcours et de la personnalité du tueur en série, évoquant «une faille» dans sa surveillance. Les médias s'interrogeaient aussi hier sur les conditions de l'assaut lancé jeudi matin pour capturer le tueur après trente heures de siège et au cours duquel il a été abattu. «Pourquoi l'ordre ‘politique’ a été donné d'intervenir hier matin», «pourquoi était-il si urgent de ne plus attendre?», demande notamment la République des Pyrénées. Le chef du parti présidentiel, Jean-François Copé, a reconnu hier «tout à fait légitime» qu'il y ait «transparence» sur l'enquête, afin de ne pas laisser d'éventuelles «zones d'ombre», tout en assurant ne pas avoir de doute «à titre personnel». Dès jeudi matin, le minis-tre des Affaires étrangères, Alain Juppé, avait lui-même dit comprendre «qu'on puisse se poser la question de savoir s'il y a eu une faille ou pas», appelant à «faire la clarté là-dessus». L'enquête à Toulouse tentait de déterminer d'éventuelles complicités dans ces crimes. Mohamed Merah, qui vivait officiellement sur de faibles ressources, avait plusieurs domiciles, louait des voitures au mois et disposait d'un important arsenal. Dans ses échanges avec les policiers pendant les longues heures du siège de l'appartement où il s'était retranché, il a raconté qu'il vivait de «casses», mais les policiers semblent ne pas se contenter de cette piste. Son frère aîné Abdelkader, en garde à vue depuis la nuit de mardi à mercredi avec sa compagne et leur mère, a affirmé n'être pas au courant de ses projets criminels, alors que plusieurs témoins l'ont présenté comme apparemment plus engagé que lui dans le combat islamiste. La garde à vue de ces trois proches a été prolongée hier matin. Conformément aux procédures antiterroristes en vigueur en France, elle pourra durer jusqu'à demain à l'aube avant une éventuelle mise en examen (inculpation).

Par Nawel B.

 

  

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