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Déclaration de
politique générale de Ouyahia
Les failles de
la gestion occultées
Selon M.Ouyahia
les objectifs du précédent programme ont été «très largement
concrétisés». Alors que les retards constatés dans la livraison de
plusieurs projets témoignent qu’il y a un grand problème dans le
respect des délais de réalisation.
Le Premier
ministre Ahmed Ouyahia qui a présenté jeudi dernier devant les
députés la déclaration de politique générale en reconnaissant qu’il
s’agit d’un devoir énoncé dans l’article 84 de la Constitution avant
d’enchaîner dans des chiffres sans justifier, ni expliquer les
défaillances enregistrées en matière de gestion des grands dossiers,
notamment ceux relatifs à la mise ne œuvre de différents projets
inscrits dans le cadre du précédent plan d’investissement public.
Car selon M.Ouyahia, les objectifs du précédent programme ont été
«très largement concrétisés». Alors que les retards constatés dans
la livraison de plusieurs projets témoignent qu’il y a un grand
problème dans le respect des délais de réalisation. En plus de
l’échec de la relance de l’Industrie ; d’ailleurs celle-ci n’a
participé juste qu’avec «5% de la valeur ajoutée en 2009». A ce
titre, le gouvernement projette de porter «en 2014 la part de
l’industrie nationale à 10 % dans la valeur ajoutée globale qui se
crée annuellement». Toutefois, il a dressé un bilan de 18 mois en
revenant sur les résultats de l’application de la charte pour la
paix et la réconciliation nationale, le dossier de l’économie et
l’investissement étranger, le logement, la liberté de culte, la
lutte contre le terrorisme et les perspectives du nouveau
quinquennal qui sera affronté à un déficit budgétaire «marqué» à la
fin 2010.
Le plan
d’investissement public maintenu malgré le déficit budgétaire
L’Algérie qui
s’apprête à mettre en œuvre un nouveau programme quinquennal
(2010-2014) d’une valeur de 21 000 milliards de dinars, soit 280
milliards de dollars, sera confronté à un déficit budgétaire à la
fin de l’année en cours. C’est en tout cas ce qui a été indiqué par
M.Ouyahia qui prévoit un déficit budgétaire «marqué» à la fin 2010.
A ce propos, il a
expliqué ce déficit par les exigences budgétaires du nouveau plan
d’investissement public et «des exigences conjuguées avec une hausse
aiguë des dépenses des personnels de l’Etat qui découle de leurs
nouveaux régimes indemnitaires».
Il a aussi évoqué
les recrutements dans la fonction publique et la hausse continue des
transferts sociaux qui ont dépassé les 1 200 milliards de dinars en
2009. Dans ce cadre, il dira : «Une année qui s’est achevée avec un
déficit budgétaire sensible, le premier de la décennie» ajoutant que
: «L’impact du marché mondial des hydrocarbures a fortement heurté
les revenus du Trésor à partir de 2009. La fiscalité pétrolière
globale a chuté de 42 % passant de plus de 4 000 milliards de dinars
en 2008 à 2 400 milliards de dinars en 2009. Cette perte ne pouvait
être comblée par la hausse de 20 % enregistrée par la fiscalité hors
hydrocarbures». Dans ce contexte, il a expliqué que le Fonds de
régulation des recettes des hydrocarbures (FRR) accompagnera le
financement du programme de l’Etat précisant que
«le FRR qui
disposait de 1 842 milliards de dinars à la fin 2005 a vu ses avoirs
atteindre 4 316 milliards de dinars en 2009, un montant
intégralement sauvegardé à l’issue du premier semestre 2010».
Pour le Premier
ministre, le remboursement partiel de la dette publique interne,
ramenée à 800 milliards de dinars fin 2009 offre un second levier au
trésor public pour poursuivre le financement du programme de
développement. Ainsi, «tout emprunt extérieur demeurera exclu».
Evoquant le
redressement fiscal, il a cité les mesures de contrôle, notamment
«l’obligation de production d’un certificat de conformité fiscale
requis pour les opérateurs étrangers avant toute opération de
transfert de dividendes a été à l’origine de la prévention
d’évasions de capitaux et de la récupération par le trésor de sommes
importantes qui lui étaient dues». Il a relevé que «le renforcement
du rôle des organes de contrôle des deniers publics, la
clarification de la législation pertinente et le développement des
capacités et méthodes d’investigation ont contribué à réduire
l’étendue des crimes économiques, lesquels ont augmenté de 20 % en
vingt ans». Selon lui, «la révision de la loi sur la monnaie et le
crédit a renforcé la sécurité des moyens de paiement dont le chèque,
consolidé aussi la sécurisation de l’économie nationale contre toute
malversation bancaire, et sécurisé davantage aussi les banques dans
leurs activités de crédits».
Si le Premier
ministre n’a pas donné d’explications concernant le retard de la
réalisation de quelques projets, il a indiqué que le métro d’Alger
sera mis en circulation en 2011. Ainsi, M.Ouyahia a l’air rassurant
alors que les travaux sur la première ligne du métro sont quasiment
à l’arrêt à cause des surcoûts.
L’investissement étranger n’était pas présent bien avant 2009
Le passage à l’APN
était une occasion pour le Premier ministre de défendre les mesures
relatives à l’investissement étranger et il dira : «Le gouvernement
souhaite saisir cette opportunité pour clarifier davantage cette
question». A ce titre, il a ajouté : «Quel drame y avait-il à
procéder à quelques ajustements de notre démarche d’économie de
marché, dès lors que ce redressement n’est pas synonyme de rupture
avec l’efficacité et la compétitivité économiques ?
Quel est ce dogme
qui, au nom de la liberté d’entreprendre, devrait nous empêcher
d’introduire des correctifs appropriés à la lumière des constats,
des expériences et des circonstances, au moment même où la crise
économique mondiale a réhabilité ailleurs le rôle économique de
l’Etat, et surtout remis en cause le primat de la libre spéculation
sur l’économie productive ? Est-ce à dire que parce que l’Algérie
qui forgeait son expérience libérale, et qui était confrontée aussi
à la nécessité de rompre voilà dix ans un embargo international non
déclaré, a concédé de larges libertés aux investisseurs étrangers,
qu’elle ne serait plus en droit aujourd’hui de reprendre par exemple
la majorité dans les investissements extérieurs chez elle, alors que
ce même principe prévaut dans d’attrayantes destinations de
l’investissement étranger, au Moyen-Orient ou en Asie par exemple ?»
Dans ce contexte, il a relevé quelques constats dont la croissance
économique hors hydrocarbures qui «demeure fragile», l’importante
dépense publique d’investissement mais consacrée aussi aux
importations de biens et de services qui avaient atteint près de 50
milliards de dollars en 2008. Retenons que toutes les recettes
fiscales de cette année y compris la fiscalité pétrolière, suffisent
à peine au financement du budget de fonctionnement.
Il a évoqué
l’investissement étranger «envers lequel l’Algérie ne cessera pas de
multiplier ses appels, et qu’elle a tant revendiqué en contrepartie
d’une très large ouverture de son marché et qui n’a pas encore été
au rendez-vous». A ce propos, il dira : «Certains prétendent que
nous allons empêcher les investissements étrangers de venir» arguant
par les chiffres provenant de la Banque d’Algérie, hors des
hydrocarbures, l’Algérie a reçu moins de 500 millions de dollars
d’investissements étrangers en 2005, et moins d’un milliard de
dollars en 2007. Ainsi selon lui, «les entreprises étrangères
considéraient légitime de conserver l’Algérie au rang de marché très
attractif, dès lors que ce dernier leur semblait acquis sans aucun
effort. Mieux, certains investisseurs étrangers, qui ont prospéré
sur le marché local, ont d’abord été guidés par le gain spéculatif
quitte à ignorer les autorités et la souveraineté de ce pays ou à
tenter d’en violer les lois impunément». En outre, il a annoncé que
le Conseil national de l’investissement (CNI) a, jusqu’à fin
septembre 2010, accordé des avantages à des projets
d’investissements directs étrangers, qui étaient en instance d’un
montant total de 5,5 milliards de dollars et à des projets
d’investissements en partenariat, pour un montant global de 5,6
milliards de dollars.
Evoquant la règle
de 51/49, il a déclaré que l’obligation pour l’investisseur étranger
de s’associer avec des capitaux algériens, «tout en gardant la
gestion de la réalisation», n’est pas une spécificité algérienne.
Enfin, il a appelé
les partenaires étrangers, et d’abord les pays frères et amis et les
entreprises qui activent sur notre marché «à concourir au
développement de l’Algérie et à la modernisation de son économie»
affirmant que «l’Algérie n’a pas prioritairement besoin actuellement
de capitaux étrangers, mais elle est cruellement en manque de
savoir-faire, de technologie, de management moderne et de
partenaires à même d’ouvrir demain d’autres marchés à des
productions en association».
35 dossiers de
disparus en voie de règlement
Il y a cinq ans,
les autorités ont entamés l’application des mesures de la charte
pour la paix et la réconciliation nationale mais des familles de
disparus réclament toujours leurs proches «disparus». Dans ce cadre,
le Premier ministre a minimisé le dossier en déclarant que seuls 35
sont encore en voie de règlement avec les familles concernées sur
les 6 478 dossiers de disparus recensés.
En outre, il a
indiqué que sur les
13 332 dossiers de
familles éprouvées par l’implication de l’un de leurs proches dans
le terrorisme, seuls 57 cas sont toujours en cours de traitement. Il
a ajouté que sur les 10 400 dossiers relatifs à des licenciements,
seuls 23 demeurent en phase d’épurement, parmi les requérants ayant
prouvé que la perte de leur emploi était liée aux évènements de la
tragédie nationale.
Selon M. Ouyahia
le terrorisme «a été défait» estimant que «les groupuscules de
criminels qui survivent encore n’ont aucun avenir», affirmant que
l’Etat assume son devoir pour la sécurité des citoyens.
Le détournement
des mosquées de leur vocation pénalisé
Parmi tous ces
chiffres, le Premier ministre a marqué un bref arrêt sur la liberté
de culte, notamment des Algériens convertis au christianisme. A ce
titre, il a rappelé que la Constitution garantit la liberté de culte
en déclarant : «L’histoire lointaine est là pour témoigner que le
peuple algérien musulman a toujours été accueillant et même
protecteur, lorsque cela fut nécessaire, pour les pratiquants des
autres religions du Livre».
Selon M.Ouyahia
«le gouvernement oppose la rigueur de la loi à toute tentative
d’introduire dans notre pays des pratiques et des discours religieux
étrangers à nos traditions ou de détourner la mosquée de sa
vocation». Il a annoncé que 120 milliards de dinars seront mobilisés
durant les cinq prochaines années pour notamment la réalisation de
45 mosquées «ainsi que la Grande mosquée d’Alger», dont le coût réel
et le début des travaux de construction restent inconnus.
Ces mises en garde
de Ouyahia interviennent en plein polémique sur la situation des
chrétiens protestants en Kabylie et sur l’affaire des non-jeûneurs
durant le ramadhan dernier.
Par Nacera
Chenafi
Haut
Débats autour de la déclaration de Ouyahia
Des députés
soignent leur image et le RCD vide son sac
Si la présentation
de la situation de développement économique de l’Algérie en 2009
faite mercredi dernier par le gouverneur de la banque d’Algérie,
Mohamed Laksaci n’a pas attiré l’attention des députés, certains on
fait un effort pour être présent au discours du Premier ministre
Ahmed Ouyahia qui a présenté une déclaration de politique générale.
Dans ce cadre, un nombre élevé d’interventions sont programmées en
plénières de 8h du soir jusqu’à minuit durant deux jours.
Ainsi, certains
députés cherchent à soigner leur image surtout que les débats sont
transmis en direct par la télévision algérienne (ENTV) et d’autre
part, la course aux législatives prévues en 2012 a déjà commencé.
Durant la première
journée des débats entamés jeudi dernier dans l’après-midi jusqu’à
la soirée, des députés ont préféré saluer le programme du président
de la république, Abdelaziz Bouteflika pour la période (2010-2014),
alors qu’il s’agit avant tout de discuter et d’évaluer le travail du
gouvernement puisque le Premier ministre a dressé un bilan de 18
mois. D’autres députés sont revenus sur les problèmes de leurs
régions, comme le cas d’un représentant de la wilaya d’Adrar qui a
dénoncé le fait que de 2005 à 2010 aucun arrêté de concession n’a
été signé en faveur de l’agriculture et le lancement d’autres
projets. Un autre député s’est interrogé sur le maintien de l’Etat
d’urgence, l’ouverture du champ audiovisuel et l’agrément des partis
politiques et les associations. En outre, la décision politique du
chef de l’Etat concernant l’effacement des dettes des fellahs a été
évoquée par un député qui a souligné que certains fellahs ont été
éliminés de cette mesure. D’autre part, il s’est interrogé sur le
fait que des ministres ne tiennent pas leurs engagements et ne se
fatiguent même pas à tenir des réunions avec des députés lors des
visites d’inspection dans des wilayas. Par ailleurs, il y a
l’opposition qui se régale en apportant ses critiques face au
Premier ministre. Dans ce cadre, Nouredine Aït Hamouda, député du
RCD, a vidé son sac. Ainsi, il s’est interrogé sur la responsabilité
politique dans les affaires de corruption (Sonatrach, l’autoroute
est-ouest…). Selon lui, «c’est toujours les petits qui sont
sacrifiés». M. Aït Hamouda a demandé des explications sur les
décisions de débaptiser l’université Ben Khedda d’Alger, le lycée
Malika Gaid d’El Harrach. «Enfin, comment avez-vous permis au P/APC
d’Alger-centre qui est de votre parti, de nommer des poubelles aux
noms des chouhadas. Poubelle Abane Ramdane ! Poubelle Ahmed Zabana !
Poubelle Hassiba Ben Bouali !», a-t-il ajouté. Revenant sur la
situation en Kabylie, il a parlé de l’absence de l’Etat, le
terrorisme, les kidnappings, l’interdiction aux députés de
l’opposition de passer à la télévision et à la radio. Il a cité
aussi «le blocage du financement du PNUD pour la wilaya de Tizi
Ouzou». Pour sa part, en marge de cette session tenue à l’APN, le
président du groupe parlementaire du Rassemblement pour la culture
et la démocratie (RCD), Othmane Maâzouz, «les questions
fondamentales qui touchent au quotidien du citoyen ont été évacuées
dans la déclaration présentée par le Premier ministre, comme celles
du chômage, de la corruption et de la dilapidation des deniers
publics» ajoutant que «cette déclaration de politique générale du
gouvernement n’a pas tracé de perspectives d’avenir. Nous sommes
devant un statu quo et tout cela ne sert pas l’intérêt du pays et
son développement». La secrétaire générale du Parti des travailleurs
(PT), Mme Louisa Hanoune, a indiqué que son parti estime que le
bilan du gouvernement des dernières années est «positif». Toute en
montrant sa satisfaction des décisions économiques. Cependant, elle
juge important de passer à une réforme politique et clarification
des prérogatives, notamment le rôle de l’APN tout en mettant en
cause la légitimité de l’actuelle législature. Pour le président du
groupe parlementaire du Front national algérien (FNA), Abdelkader
Drihem, le gouvernement devra faire face à plusieurs problèmes, dont
la recrudescence d’actes de criminalité sous toutes ses formes et
expliquer sa stratégie de lutte contre ce phénomène.
Par Nacera
Chenafi
Haut
Pacte économique et social
Louh dément
formellement la fin de validité
En marge de la
présentation de la déclaration de politique générale du gouvernement
exposée par le Premier ministre jeudi matin devant l’Assemblée
populaire nationale (APN), Tayeb Louh, ministre du Travail, de
l’Emploi et de la Sécurité apportera un démenti catégorique que «le
renouvellement du pacte économique et social convenu lors de la
dernière tripartite est indiscutable». A ce titre, M. Louh affirmera
que la reconduction du pacte économique et social est toujours en
vigueur. Et d’expliquer que «le principe du renouvellement» de ce
dernier est «une décision qui a été tranchée lors de la dernière
tripartite» de décembre dernier. Aussi, dira-t-il que «je tiens à
apporter un démenti formel à ce qui a été rapporté concernant la fin
de la validité du pacte». D’ailleurs, poursuivra-t-il, «dans sa
déclaration de politique générale du gouvernement, le Premier
ministre a invité les différentes parties de la tripartite, à savoir
les patrons et les travailleurs à enrichir ce pacte conformément aux
décisions de la dernière réunion tripartite». Par ailleurs, revenant
à la déclaration de politique générale du gouvernement déroulée par
Ahmed Ouyahia, Tayeb Louh soulignera que «le volet social a pris une
grande part d’intérêt» en développant «les différentes mutations
sociales» intervenues, notamment celles ayant trait à «la
préservation du pouvoir d’achat et l’amélioration du niveau de vie
des citoyens». Des mutations qui se caractérisent, selon M. Louh,
par «l’importance du taux atteint en matière de réalisation de
logements, et aussi en termes de raccordement des foyers à l’élécritcité
qui dépasse les 98%, à celui de l’eau potable estimé à 93%, et aussi
celui du raccordement aux réseaux d’assainissement qui s’élève à un
taux de 86% ainsi que le raccordement au gaz qui, lui, atteindra
cette année le seuil de 47%». Le ministre du Travail ne manquera pas
de rappeler les mesures prises par le gouvernement dans le cadre de
la LFC 2009 pour la promotion de l’emploi et l’encouragement des
investissements porteurs de richesse et d’emploi. Ainsi, le ministre
du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale assurera de la
continuité pour les années à venir de cette politique de
développement humain engagée par les pouvoirs publics.
Lynda N.B.
Haut
Medelci confirme le dégel entre Paris et Alger
«Les relations
algéro-françaises ont pris une nouvelle tournure»
L'optimisme qui
règne des deux côtés de la Méditerranée a été conforté jeudi dernier
par la déclaration du ministre des Affaires étrangères algérien,
Mourad Medelci, qui a affirmé lors de son passage à la radio Chaîne
III, que les relations avec la France «sont en train de prendre une
nouvelle tournure souhaitée par les deux parties».
Il semble que les
relations entre Paris et Alger ont dépassé la zone de turbulences.
Les deux pays optent ces derniers temps pour un discours apaisant au
lieu de celui de la confrontation. Les relations entre Alger et
Paris seraient-elles en voie de réchauffement ? L’optimisme qui
règne des deux côtés de la Méditerranée a été conforté jeudi dernier
par la déclaration du ministre des Affaires étrangères algérien,
Mourad Medelci, qui a affirmé lors de son passage à la radio Chaîne
III, que les relations avec la France «sont en train de prendre une
nouvelle tournure souhaitée par les deux parties». «La situation
tendue mais relativement précise que nous avons vécue ces derniers
mois a laissé la place à plus d’ouverture», a-t-il déclaré. Selon le
chef de la diplomatie algérienne, les deux pays «ne peuvent pas
faire autrement que de regarder vers l’avenir». Cette déclaration
vient ainsi consolider celle du président de la république,
Abdelaziz Bouteflika, lors de la visite de la ministre de la justice
française, Michèle Alliot-Marie. Le chef d’Etat avait déclaré que
«les relations entre la France et l’Algérie se portent bien». «Les
relations sont très étroites, un peu comme dans un couple, un couple
qui se connaît depuis longtemps», avait dit de son côté la
responsable française. Le courant passe effectivement sans pour
autant effacer les traces de 5 ans de relations politiques
détériorées. «Pour autant, aurons-nous résolu tous les problèmes? Je
ne crois pas (...) mais nous mettons en avant le sens de la
responsabilité vis-à-vis de nos concitoyens et de notre communauté
nationale à l’étranger», a ajouté Medelci, tout en précisant que
«regarder vers l’avenir ne signifie pas dire n’importe quoi sur le
passé». Le contentieux historique est l’un des grands dossiers qui
bloquent actuellement une réelle avancée des relations entre les
deux pays, en panne depuis plusieurs années. Ainsi, pour confirmer
l’intention des responsables des deux pays à passer à une nouvelle
étape, le ministre a rappelé les récentes visites de plusieurs
responsables français en Algérie, dont celle de M. Claude Guéant,
secrétaire général de l’Elysée, et de Mme Michèle Alliot-Marie,
ministre de la Justice, qu’il a qualifiée de «grande personnalité
politique» et «amie de l’Algérie». «Nous sommes prêts à recevoir,
prochainement, M. Jean-Pierre Raffarin qui va, avec le ministre de
l’Industrie, de la petite et moyenne entreprise et de la promotion
de l’investissement, Mohamed Benmeradi, examiner les questions
économiques», a-t-il ajouté. Abdelaziz Bouteflika n’a pas dit «non»
à un journaliste qu’il l’interrogeait sur une éventuelle visite en
France.
«L’Algérie ne
répond pas aux provocations du Maroc»
Interrogé sur les
récentes manifestations marocaines à la frontière avec l’Algérie,
Medelci a déclaré que «la diplomatie algérienne ne réagit pas en
dehors des institutions qui sont responsables de la gestion de ses
relations avec les voisins, le Maroc en particulier». «Nous avons en
Algérie une situation de très grande sérénité sur cette question-là
(conflit entre le Maroc et le Front Polisario), parce que nous
défendons les Sahraouis comme nous avions défendu, par principe, il
y a plusieurs années, Timor-Leste», a-t-il rappelé. Inflexible
devant les provocations du Maroc, le ministre a affirmé que «la
position sage de l’Algérie est appréciée à l’étranger». «Nous ne
répondons pas à la provocation. Ceci ne signifie pas que nous
n’avons pas la possibilité de faire passer le message. Nous pouvons
le faire sans avoir recours à des porteurs de banderoles», a-t-il
dit. Quetionné sur le Maroc qui accuse l’Algérie à chaque rond de
négociation entre le Maroc et le Front Polisario, le chef de la
diplomatie algérienne a affirmé que ce sont les résolutions du
Conseil de sécurité de l’Onu et de l’Assemblée générale qui
soulignent clairement que l’Algérie n’est pas partie au conflit.
Pour Mourad Medelci «il existe des leviers qui ne sont pas forcément
liés à des décisions politiques au niveau le plus élevé, mais qui
participent un peu à la confusion». «rien ne séparera le peuple
algérien du peuple marocain et rien n’empêchera l’Algérie de
défendre ses principes qui sont universels».
Par Hocine L.
Haut
Lutte antiterroriste au Sahel
Medelci dénonce
l’ingérence étrangère
Le ministre des
affaires étrangères a également réagit sur la situation qui prévaut
actuellement dans la région du Sahel. «Les pays extérieurs au Sahel
ne peuvent pas venir chez nous pour nous imposer leur solution.
C’est nous, les pays du Sahel qui devons l’apporter», a-t-il décalré.
Selon lui, la lutte antitérroriste au Sahel est parasitée par des
pays étrangers à la région. Le ministre a rappelé que l’Algérie a
été toujours en faveur de la coopération internationale dans ce
domaine. « Nous ne disons pas Messieurs qui n’êtes pas de la région,
vous n’avez rien à y faire et aucune contribution à y apporter»,
a-t-il soutenu. Le ministre a fortement critiqué l’attitude des pays
occidentaux qui ont récemment communiqué auprès de leurs opinions
publiques sur les risques majeurs d’actions terroristes sur leurs
territoires. Interrogé sur les «pressions» que subirait l’Algérie de
la part des pays voisins, comme le Mali et la Mauritanie, au sujet
de la situation dans la région du Sahel, Medelci dira que «nous
sommes dans une situation de coopération tout à fait positive avec
ces pays». «Il ne faut pas accorder trop d’importance à certaines
déclarations rapportées par un nombre de médias, mais plutôt essayer
de mettre le projecteur sur ce qui est entrepris directement au
niveau des responsables et des institutions», a déclaré le ministre
des Affaires étrangères en marge de la présentation de la
déclaration de politique générale du Premier ministre, devant les
députés de l’APN.
Par Hocine L.
Haut
Par le biais des relais médiatiques et associatifs
Agression
marocaine contre l’Algérie
Le Maroc se trompe
toujours d’adresse et maintient sa politique de fuite en avant. Au
lieu de voir la réalité en face et de régler son conflit avec le
Polisario, ainsi que ses problèmes internes, le Makhzen poursuit ses
attaques contre l’Algérie et l’accuse, à tort, d’être derrière tous
les maux du Maroc. L’exemple le plus récent est la campagne ayant
entouré l’interpellation puis la libération du sieur Selma.
L’agression marocaine contre l’Algérie par les autorités du Makhzen
se poursuit par le biais de leurs relais médiatiques et associatifs.
En effet, bien que le dissident sahraoui Mustapha Selma Ould Sidi
Mouloud ait été libéré, le 06.10.2010, par le Polisario, le Makhzen
à travers sa machine médiatique continue de faire croire que Selma
est encore en détention quelque part en Algérie. Pire, il implique
l’Algérie dans cette affaire bien qu’il sache pertinemment que notre
pays n’a aucun lien ni de près de loin avec ce conflit. De même que
dans l’arrestation et la libération du cité supra. Dans sa politique
d’aveuglement, le Makhzen a organisé toute une mise en scène même
après la libération de Mustapha Selma, le 06.10.2010. En effet, un
sit-in de protestation devant l’ambassade d’Algérie à Madrid a été
organisé, le 10.10.2010, par plusieurs associations de marocaines
en Espagne pour appeler les autorités algériennes à garantir la
sécurité de Mustapha Selma Ould Sidi Mouloud, et à lever le blocus
imposé aux populations séquestrées dans les camps de Tindouf ! Les
services marocains avaient dépêché à Alger un membre de
l’Association marocaine pour l’intégrité territoriale de Tan Tan,
répondant au nom de Badredine Mohamed El Bachir, qui avait tenu des
rencontres avec plusieurs partis politiques et organisations de
défense des droits de l’Homme, à savoir le FFS, le PT, le RCD et la
LADDH ainsi que la CNCPPDH. Les vecteurs médiatiques marocains ont
rapporté, le 12.10.2010, qu’il a été arrêté, le 09.10.2010, au
boulevard Abane Ramdane à Alger à 19h00, et a subi toutes les formes
de tortures psychologique et physique pendant plus de six heures
avant d’être relâché. Or, il est entré et sorti de l’Algérie sans
aucun dérangement. Une caravane de solidarité appelant à la
libération de Mustapha Selma, initiée par l’instance nationale de
protection des biens publics au Maroc, présidée par Mohamed Tarek
Sbai, sillonnera toutes les régions du Maroc. Lors de leur escale,
le 15.10.2010, à Smara, les participants ont réclamé la libération
effective de Mustapha Selma Ould Sidi Mouloud, et dénoncé
l’arrestation et la torture qu’a subies, en Algérie, Badreddine
Mohamed El-Bachir.
D.F.
Haut
Rachat de Djezzy
«Les
négociations sont en cours», selon Djoudi
Interpellé sur la
question du rachat par l’Etat algérien de Djezzy, Karim Djoudi a
affirmé que les négociations avec Orascom Télécom Holding sont
toujours en cours.
A ce propos,
s’exprimant en marge de la présentation de la déclaration de
politique générale du gouvernement par le Premier ministre devant
les députés, le premier argentier du pays affirmera alors «que rien
n’a changé» depuis l’annonce de rachat introduite par le groupe
russe Vimpelcom de la majorité des actions du groupe égyptien OTH.
Aussi, soulignera-t-il que l’Etat n’a en aucun cas renoncé à
l’acquisition du premier opérateur privé de téléphonie mobile en
Algérie. Expliquant à ce sujet que «nous avons lancé des appels
d’offres pour l’évaluation de Djezzy», et qu’actuellement «nous
poursuivons nos négociations avec la maison mère».
De ce fait, Djoudi
relèvera que la fusion de Weather investment, propriétaire principal
d’OTH, avec le groupe russe de téléphonie Vimpelcom, et la cession
des droits d’OTA, qui est une société de droit algérien
officiellement engagée entre les deux parties suite à la décision de
l’Etat algérien d’exercer son droit de préemption prévu par la
législation nationale sur les cessions d’actions de la société OTA
envisagée par la société mère (OTH), sont «deux opérations
distinctes». En outre, interrogé sur la volonté du groupe russe
Vimpelcom d’introduire une action en justice contre l’Algérie, le
ministre des Finances affirmera que jusqu’à présent, les autorités
algériennes n’ont pas été officiellement saisies, et que par
conséquent, elles n’accordent aucun crédit aux spéculations nées
autour de ce sujet. Aussi, tentera-t-il d’expliquer «comment se
passent les choses». Ainsi, il dira qu’«une opération est engagée au
niveau des holdings. Nous avons une relation avec OTH qui est le
détenteur de la licence GSM en Algérie et détenteur des actions
d’OTA. Nous avons lancé avec OTH une opération d’achat et ce dernier
a montré sa disponibilité à nous vendre». Et de préciser que «notre
partenaire est OTH. L’Etat ne s’en tient qu’à ce qui a été
officiellement écrit. Actuellement, nous sommes en phase
d’évaluation de la valeur de Djezzy».
Par ailleurs,
Djoudi rappellera que Djezzy a subi deux redressements fiscaux ces
dernières années. Le premier a concerné la période allant de 2004 à
2007 et qui a été à 53 milliards de dinars. Précisant que cette
somme a «été totalement versée par la société à l’Etat algérien».
Quant à la
deuxième vérification, ajoutera le ministre, elle s’est intéressée à
la période de 2008 et 2009, ce qui «a permis de dégager un premier
montant qui a été annoncé à Djezzy pour procéder aux vérifications»,
dira-t-il. Toutefois, Karim Djoudi se gardera de donner le montant
exact auquel se rapporte le chiffre de ce dernier redressement, et
qui s’élèverait à la somme de 230 millions de dollars, selon OTH.
Couvrir les
dépenses de fonctionnement par la fiscalité non pétrolière
Sur un autre
volet, le ministre des Finances, Karim Djoudi, indiquera que
l’Algérie est «aujourd’hui dans une phase de soutenabilité» de la
dépense. Il estimera que l’enjeu pour le pays est d’arriver à
«augmenter la fiscalité non pétrolière».
Selon le premier
argentier du pays, «actuellement, il y a une relative viabilité de
la dépense». Il s’agit «maintenant d’augmenter, de plus en plus,
notre fiscalité non pétrolière». Et de souligner que «depuis
quelques années, notre fiscalité non pétrolière génère,
annuellement, une croissance proche de 20%. Mais, le rythme des
dépenses de fonctionnement est plus rapide».
Ainsi, «l’enjeu»
pour le minis-tre des Finances, est de parvenir «dans les années à
venir, à avoir une couverture des dépenses de fonctionnement par la
fiscalité non pétrolière». Il précisera alors dans ce contexte que
des actions à même de «stabiliser les dépenses de fonctionnement»,
sont justement menées par l’Etat.
En outre, Djoudi
expliquera les raisons de l’accroissement des dépenses de
fonctionnement de l’Etat. Ainsi, selon lui, la première des raisons
est «qu’il y a de plus en plus de postes budgétaires». Arguant que
rien que pour l’année 2011, quelque
58 000 postes
budgétaires devraient être créés. La deuxième concerna le programme
d’équipement, qui nécessite l’augmentation du budget. Quant à la
troisième raison, Karim Djoudi dira que ce sont entre autres les
retombées des salaires notamment ceux résultant du dernier régime
indemnitaire des statuts particuliers qui ont induit cette
augmentation des dépenses de fonctionnement de l’Etat. Dans cette
perspective, le ministre des Finances indiquera que «la balance des
paiements générera un excédent budgétaire sur l’année 2010», à
partir du moment où, «il y a une réduction des importations et une
augmentation des exportations».
Néanmoins, Karim
Djoudi s’interrogera sur l’évolution des importations de services en
2011. Il y a lieu de souligner à ce sujet, qu’en termes
d’importations, celle des biens et des services a connu en 2008 une
hausse estimée à 47,8% en 2008. Rappelant qu’en 2006 l’importation
des services était de 4,7 milliards de dollars, pour grimper à 11
milliards de dollars en 2008.
Par Lynda
N.Bourebrab
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Diagnostic officiel du secteur de l'enseignement supérieur
Entre acquis
quantitatif et désaveu qualitatif
Le Premier
ministre a présenté un bilan très satisfaisant sur les exploits du
secteur de l’Enseignement supérieur sans se référer à des
problématiques de fond qui sont à l’ordre du jour et qui opposent
depuis des décennies un enseignement de qualité qui met en valeur
la recherche scientifique ainsi que l’avenir de l’étudiant dans le
marché du travail.
Un diagnostic
purement quantitatif a été présenté, jeudi dernier, par le Premier
ministre Ahmed Ouyahia sur le secteur de l’Enseignement supérieur
et de la Recherche scientifique. Les dimensions qualitatives sont
passées inaperçues sous la loupe d’Ouyahia. Ainsi, selon le Premier
ministre, l’université a réalisé des progrès considérables et
s’apprête à recevoir deux millions d’étudiants à l’horizon 2014.
Pour les accueillir, l’interlocuteur mettra en avant la couverture
du territoire national en universités et centres universitaires tout
en précisant que le secteur de l’Enseignement supérieur aborde
actuellement la phase des écoles supérieures et des classes
préparatoires. Le Premier ministre mettra, en outre, l’accent sur
le renforcement de l’effectif des enseignants universitaires qui a
quasiment doublé en l’espace de dix ans. Une progression qui, selon
la même source, élargira également l’intérêt du secteur à fortifier
le nombre des enseignants chercheurs pour atteindre les 30 000 en
2014. Ouyahia valorise, en outre, la réforme de l’enseignement qui
a été «profondément engagée» et sera suivie par un rééquilibrage
graduel de la carte des formations pour promouvoir davantage les
disciplines scientifiques sans pour autant négliger les sciences
sociales. De plus, ajoute l’interlocuteur, les mesures décidées par
le président de la République au profit de la recherche scientifique
et de la maîtrise des nouvelles technologies de l’information et de
la communication expriment bien la volonté de notre pays de
s’investir pour la maîtrise de l’économie de la connaissance et pour
la réduction de la facture numérique. Ce saut qualitatif
s’accompagnera d’une valorisation des premiers résultats de
recherche scientifique dans le développement national, y compris
avec un encouragement public approprié dans le domaine de
l’investissement. Ainsi, il sera compréhensible, selon la lecture
officielle, que le système national de l’enseignement supérieur
soit mis au service du développement économique. Toutefois, de
telles vérifications semblent trop positives et n’ouvrent aucune
fenêtre sur les maux de l’université algérienne ni ceux de sa
famille, enseignants et étudiants. La planification de la politique
nationale ne s’est pas exprimée sur des points qui demeurent de
véritables obstacles pour des facs qui instruisent et qui préparent
à l’emploi. En effet, il serait trop abusif, sinon top tôt,
d’admettre comme vrai que l’université a réussi à œuvrer dans le
bon sens pour atteindre des taux relativement honorables
d’insertion professionnelle des diplômés. Le bilan très satisfaisant
présenté par le Premier ministre ne fait malheureusement aucune
référence à des problématiques de fond qui sont à l’ordre du jour
encore et qui opposent depuis des décennies un enseignement
supérieur de qualité qui met en valeur la recherche scientifique
ainsi que l’avenir de l’étudiant dans le marché du travail. Il n’est
un secret pour personne que l’université algérienne ainsi que celle
de ces diplômés sont d’une réputation irrespectueuse. Que donne
cette institution publique, blindée d’enveloppes financières
colossales, pour le niveau scientifique de son potentiel
estudiantin ? Le gouvernement a-t-il réussi, dans sa politique, un
temps soit peu à créer une quelconque mutation qui rendra digne le
statut d’un enseignant universitaire ou celui de son étudiant ? En
effet, hormis l’introduction du système LMD, l’augmentation de 50
% qu’ont connue les bourses universitaires qui est passée de 2 700
DA à plus de 4 000 DA depuis l’année universitaire 2009-2010 ainsi
que le renforcement des infrastructures du nombre d’établissements
universitaires avec celui des étudiants et enseignants qui sont un
fait marquant des dernières années, l’université algérienne ne
réussit toujours pas à réduire la distance entre le diplômé et le
marché de travail. Les étudiants sont éloignés d’une vie
professionnelle qui rime avec leur formation non seulement parce
que c’est la création d’emplois qui fait défaut dans les différentes
sphères économiques, mais aussi parce que les recruteurs n’accordent
pas la confiance aux diplômés de l’université qui sont nombreux à
achever le parcours universitaire sans bagages utiles pour une
responsabilité professionnelle. L’aspect théorique du système
universitaire, ses programmes qui sont dépassés et qui se conjuguent
au passé (années 1980) si ce n’est pas à celles d’avant sont entre
autres les défaillances qui font d’un universitaire un chômeur
qualifié et perdu des années durant après la fin de ses études. De
plus, le nombre d’étudiants en continuelle hausse ne pourrait être
un exploit si ce dernier est accompagné par une élévation du niveau,
ce qui n’est pas le cas. Puisque ce sont les professeurs du secteur
eux-mêmes qui observent que le nombre d’étudiants augmente alors
que le niveau universitaire se dégrade d’année en année. Des échecs
qui attendent toujours de vraies solutions de base qui dépassent le
langage des statistiques qui se fait au détriment d’une nouvelle
politique de qualité pour l’enseignement supérieur.
Yasmine Ayadi
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Perspectives socioéconomiques et action du gouvernement
Comment sortir
de la logique asphyxiante de la rente ?
Parmi les
rendez-vous inscrits sur l’agenda politique d’ici à décembre
prochain, figurent trois événements à caractère social et économique
de grande importance.
Le premier étant
le passage du Premier minis-tre devant les députés pour faire la
déclaration de la politique générale du gouvernement. Les membres de
la Tripartite, quant à eux, affûtent leurs armes pour une échéance
qui n’est pas encore fixée; après un froid qui aura duré quelques
mois entre le Forum des chefs d’entreprise (FCE) et le gouvernement
– les entreprises publiques qui siégeaient dans ce forum l’ont
quitté –, cette représentation patronale, par la voix de son
président, Rédha Hamiani, vient de faire son «offre de service» pour
participer à la prochaine Tripartite. Le troisième chantier c’est
celui du Code du travail qui est appelé à être révisée en profondeur
avant la fin de l’année selon les déclarations de Tayeb Louh,
ministre du Travail et de la Sécurité sociale.
Jeudi passé, Ahmed
Ouyahia a profité de la tribune de l’Assemblée pour «asséner»
quelques vérités ou réponses par rapport aux supputations et aux
mille commentaires qui accompagnent la politique du gouvernement,
particulièrement celle mise en place depuis la loi de finances
complémentaire 2009. Les choix semblent se confirmer pour un
développement autocentré mais qui ne ferme pas les portes devant les
investissements étrangers. Au contraire, c’est en montrant le chemin
par l’initiative nationale, comme le soutenait le patron de Cevital,
Issaâd Rabrab, il y a trois ans de cela, que les investisseurs
étrangers sauront prendre le chemin de l’Algérie en étant soumis à
des règles de souveraineté de l’Etat algérien. Parallèlement à cette
«refondation» économique à partir des potentialités nationales, le
Premier ministre fait clairement allusion au travail qui reste à
accomplir en matière de «débureaucratisation» de l’acte d’investir
pour attirer les entreprises étrangères dans notre pays. La partie
socioéconomique du discours d’Ouyahia peut être résumée dans ce
terrible constat-verdict que tous les acteurs de la vie nationale
gagneront à méditer pour ce qu’il représente comme défi. Le Premier
ministre a été catégorique : «La prospérité actuelle est financée
par le Trésor public» ! Dans le cas de l’Algérie, nous savons que le
Trésor public tire ses subsides de la rente pétrolière quasi
exclusivement. Face à ce constat, tous les beaux chiffres de
l’économie nationale (croissance du PIB, réduction du taux de
chômage…) sont appelés à être relativisés et rapportés au fragile
contexte qui leur a donné naissance.
En tout cas, outre
cette intervention très attendue du Premier ministre, la mise à jour
des dossiers socioéconomiques demeure un impératif que l’Exécutif
tient, autant que cela est possible, d’honorer. L’on sait que, par
exemple, les dernières observations faites sur le monde du travail
et l’emploi (faible syndicalisation des travailleurs exerçant dans
des entreprises étrangères, non-respect des certains droits
sociaux…) dépendent étroitement de la réforme du code du travail.
Celle-ci a été prévue pour 2009. Pour des raisons que l’on ignore,
elle a été décalée pour 2010. «Avant la fin de l’année», selon le
ministre du Travail et de la Sécurité sociale. En 2009, le rapport
du Conseil national économique et social (Cnesz) fait le constat
relatif à la conjoncture économique et sociale algérienne sous la
forme de «oui, mais!». En effet, les efforts du gouvernement allant
dans le sens d’un développement autocentré, comptant d’abord sur les
capacités et les énergies nationales, ont été mises en relief tout
en insinuant que la dépendance à l’égard de l’exportation des
énergies fossiles risque de montrer ses limites, voire de mener à
des situations d’impasse.
Seul
l’investissement productif
C’est là le
constat imparable que vient de faire également le Premier ministre.
Le Cnes, en sa qualité d’organisme consultatif, avait tenu à avertir
que les augmentations de salaires, aussi bien les dernières
arbitrées par la Tripartite en 2009 que celles des années passées,
ne sont pas issues d’un effort supplémentaire de croissance et de
productivité. Si les réserves de changes et le fonds de régulation
des recettes peuvent corriger temporairement les déficits
budgétaires, rien ne garantit que cela demeure possible pour les
prochaines années en l’absence d’une politique offensive orientée
vers la promotion de l’entreprise et l’investissement productif.
En matière de
stratégie de développement économique, seule l’investissement
créateur d’emplois et de plus-value sociale pourra travailler pour
la stabilisation et la promotion de la jeunesse algérienne laquelle
constitue la majorité écrasante de la population.
Même si la
distribution démographique de notre pays a enregistré au cours de la
dernière décennie une sensible évolution – début d’un lent
processus de vieillissement de la population suite à un
ralentissement de la natalité, au recul de la mortalité et à
l’allongement de l’espérance de vie – la frange de la jeunesse
continue à représenter la proportion la plus importante de la
population, à savoir plus de 70%. Il n’est donc pas étonnant que les
plus gros budgets de la Nation lui soient réservés via, par exemple,
des secteurs comme celui de l’Education, de la Formation
professionnelle et de la Jeunesse et des Sports
La logique de
bonne gouvernance voudrait que, sur le plan de la stratégie
économique du pays, tous les efforts de la collectivité sont censés
tendre vers la garantie d’un avenir meilleur pour les jeunes
générations. Cela étant un principe non seulement moral mais aussi
de la logique de la continuité générationnelle qui fonde la
permanence d’une entité humaine, d’une société et d’un pays.
Par-delà les dispositifs sociaux destinés à amortir l’acuité du
phénomène du chômage et concomitamment avec les transferts sociaux
consentis pour assurer les actes de la solidarité nationale ou
d’incitation spécifique à certains créneaux de l’économie, la
politique de l’entreprise – que ces entités soient nationales ou
étrangères – se révèle être la seule alternative économique
susceptible d’agir puissamment sur la croissance du PIB, sur les
capacités de production, la lutte contre le chômage et
l’amélioration du pouvoir d’achat.
Assurer un
environnement sain à l’entreprise
Pour qu’elle
puisse jouer le rôle qui lui échoit en matière de création
d’emplois, de richesses, de fiscalité et, donc, de prospérité,
l’entreprise devra nécessairement évoluer dans un environnement qui
lui assure le développement de toutes ses capacités. Les économies
modernes, qu’elles soient celles des pays développés ou celles des
pays dits émergents, sont basées essentiellement sur la gestion de
l’entreprise. Les autres secteurs, consommateurs d’argent, font
partie de la politique générale de l’Etat consistant à organiser son
administration, son armée et son école, et consistant aussi à
orienter les flux des transferts sociaux (soutiens publics à des
secteurs fragiles, aide de certaines franges de la population…).
Cette politique de l’Etat matérialisée par la confection d’un budget
repose justement sur la fiscalité issue de l’activité des
entreprises. C’est cette plus-value sociale qui est redistribuée à
la nation sous forme de services et de différentes prestations.
Pour sortir de la
logique rentière mortelle dans laquelle elle évolue depuis quatre
décennies, l’Algérie est appelée à s’engager de plus en plus
hardiment dans une vraie politique d’entreprise, génératrice de
richesses, d’emplois et de revenus fiscaux.
Une fois que les
contraintes du climat d’investissement seront globalement dépassées,
se posera alors l’épineuse question de la gestion et du management
de l’entreprise.
En tout cas, la
gestion de l’entreprise publique telle qu’elle est connue jusqu’à ce
jour ne pourra guère servir de modèle. Loin s’en faut. Il faudra
certainement revenir d’abord à ce qui constitue le baba de
l’entreprise, à commencer par cette définition simple mais
lourdement engageante : une entreprise est une organisation
économique autonome, disposant de moyens humains et matériels,
qu’elle combine en vue de produire des biens et des services
destinés à la vente.
L’environnement
que réclame l’entreprise algérienne d’aujourd’hui pour faire valoir
l’ensemble de ses potentialités est fait aussi bien de la politique
de financement (accès au crédit) que de l’aspect administratif et
foncier qu’il y a lieu d’assainir. Dans la situation actuelle de
notre économie, même si le secteur privé contribue à la création de
richesses à hauteur de 80%, il n’a bénéficié que de 53% des montants
des crédits destinés à l’économie. Le reste, c’est-à-dire 47%, est
destiné au financement des entreprises publiques. Le patronat
algérien a déjà mis en garde contre la poursuite d’une politique
économique qui risque de faire de l’Algérie un pur marché de la
consommation. La hantise pour l’entreprise privée algérienne est de
faire les frais d’une politique trop ouverte sur l’extérieur alors
que dans l’étape actuelle, cette entreprise est considérée en voie
de formation, d’apprentissage et d’adaptation. Les premiers effets
de l’ouverture inconsidérée sur le marché ont déjà fait leurs
«victimes».
La mortalité des
entreprises est devenue une réalité. Les filières du textile, cuir
et bois en savent quelque chose. Une concurrence féroce, voire
déloyale, leur a été livrée sans coup férir par les produits
d’importation.
Ce sont des
produits algériens qui disparaissent et des milliers de postes de
travail qui sautent. L’exemple de la petite et moyenne entreprise
activant dans le domaine de l’artisanat est frappant. Sur ce plan,
les dernières mesures visant le soutien aux entreprises d’artisanat,
la nouvelle politique adoptée face à l’entreprise étrangère et les
nouvelles règles relatives au commerce extérieur (importations) sont
favorablement reçues par les acteurs locaux exerçant dans les unités
de production et les ateliers.
Par Saâd
Taferka
Haut
Regard
Culte et
respect de la loi
Il doit s'en
passer des choses dans la tête d'un inquisiteur. C'est pour cela
qu'il faudrait s'y intéresser pour éclairer, pas seulement les
curieux, mais tous les hommes. On devrait, pour cela, braquer de
puissants projecteurs sur les déterminants de l'inquisition et sur
les mécanismes qui leur permettent d'agir et de produire ces
Torquemada des temps modernes.
Une constatation
empirique révèle que l'inquisiteur se sent menacé dans ses
certitudes. Tant pis, si en s'installant dans son processus de
répression des différences qui détonnent avec sa conception du
monde, il entre en contradiction avec lui-même. Car il reconnaît
qu'il a peur que soit remis en cause son confort intellectuel, donc
ses certitudes. Du coup, il avoue qu'il n'est pas aussi certain
qu'il ne l'est en réalité. Il y a un peu plus de quatorze siècles,
d'autres inquisiteurs ont obligé les musulmans de fuir leur ville
pour pouvoir afficher, librement, leur crédo. Notre inquisiteur, qui
se réclame de la foi de ces persécutés, n'en a apparemment pas les
mêmes convictions. Ultra minoritaires, ils ont tenu et ont fini par
imposer au monde leur droit à la différence.
Droit dont notre
inquisiteur jouit de nos jours, pour persécuter à son tour, comme
les persécuteurs d'hier, ceux qui ne pensent pas comme lui. Pour se
justifier, il n'a pas d'autre référent que de se mettre dans la peau
du persécuté comme si, minoritaire, il affrontait l'immense danger
de voir disparaître les conditions de sa propre libération
religieuse. Pour ce faire, il occulte le fait qu'il représente la
majorité tout en s'en réclamant pour exercer son pouvoir. Il nage
en pleine contradiction. Ce n'est pas une aberration, loin de là.
Un inquisiteur n'a
pas beaucoup de moyens intellectuels pour affronter sereinement son
environnement, soit qu'il ne les a reçus de personne, soit qu'il est
incapable de les produire par lui-même, pour se protéger. Alors,
il n'a pas d'état d'âme quand il sévit, du moins, tant que sa
puissance ne peut faire l'objet d'aucune remise en cause. Même si,
en même temps, il exprime ouvertement la self-défense, partant, une
faiblesse ou une fragilité émotionnelle. Oui ! Un inquisiteur ne
fait pas recours à la raison.
Elle est trop
compliquée, faute des moyens dont on a parlés. Il utilise l'émotion.
Cette arme psychologique qui se justifie par elle-même et qui a
l'avantage d'annuler tout recul rationnel sur le jugement des
faits. Heureusement que l'inquisition n'est pas encore une
institution organisée, coordonnée et centralisée. Elle repose encore
sur une doxa dominante qui, de toute évidence, est inégalement
répartie à travers le pays, y compris au sein du pouvoir judiciaire.
Ce qui nous laisse observer que l'institution judiciaire peut
frapper lourdement à Oum El Bouaghi et relaxer pour le même motif à
Biskra ou à Aïn El Hammam. Le jeune Bouchouata Farès a été
malheureusement victime de cette disparité dans l'approche des mêmes
faits. Il en est de même pour tous ceux qui sont arrêtés pour avoir
contrevenu à des règles inscrites uniquement dans les tablettes de
l'arbitraire.
A ce sujet, ils
sont certainement beaucoup plus nombreux, que les quelques
malchanceux qui passent devant les tribunaux, ceux que la police de
leur localité n'a pas le réflexe morbide de faire la chasse à des
«délits» qui ne font pas partie de la liste du code pénal. Il faut
dire que le discours officiel, dont le rôle devrait nous éclairer
sur cette situation est tout aussi confus. De ce fait, il ne faut
pas s'étonner de la confusion systémique qui règne. Le discours en
question parle de «garantie dans le respect de la loi» en ciblant la
liberté de culte. Comprenne qui voudra entre la «garantie» et «le
respect de la loi». Ce que nous livre l'évidence est que lorsque la
liberté de culte est exercée, ce n'est pas sa «garantie» qui est
assurée mais cet obscur «respect de la loi» que cette liberté
n'aurait pas pris en compte.
A. H.
Haut
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