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Haïti
Le choléra
aurait déjà tué 135 personnes
Une épidémie de
choléra a fait 135 morts ces derniers jours dans le nord d’Haïti,
tandis que près de 1 500 personnes sont touchées par cette maladie,
vraisemblablement due à la mauvaise qualité de l’eau potable, a
indiqué jeudi l’Association médicale du pays.
L’Organisation
mondiale de la santé (OMS) a de son côté indiqué hier attendre les
résultats de ses propres tests pour confirmer la présence du choléra
dans le nord d’Haïti où elle a dépêché sur place des experts venus
de Washington pour surveiller l’évolution de la situation sanitaire.
«Nous ne confirmons pas qu’il s’agit de choléra», a indiqué aux
journalistes une porte-parole de l’OMS, Fadela Chaïb. «On a recensé
135 décès (dus au choléra) et 1 498 cas de malades atteints de
diarrhée (...). Selon les analyses effectuées en laboratoire, il
s’agit bien du choléra», a quant à lui indiqué Claude Suréna,
président de l’Association médicale haïtienne. Le nord du pays a
connu un afflux de réfugiés, vivant dans des conditions d’hygiène
précaires, après le séisme dévastateur du 12 janvier. Une autre
source a expliqué sous couvert de l’anonymat que «les premiers
résultats obtenus suite à des analyses en laboratoire montrent qu’il
y a une poussée de choléra, mais nous ne connaissons pas encore le
type». Le directeur général du ministère de la Santé, contacté par
téléphone, a annoncé une réunion d’urgence du gouvernement, mais a
refusé de confirmer l’information. Plus tôt jeudi, les autorités
haïtiennes avaient indiqué que plus de cinquante personnes étaient
mortes ces derniers jours dans plusieurs villes d’Haïti et que des
centaines avaient été hospitalisées suite à ce qui avait été
identifié jusque-là comme une épidémie de diarrhée liée à la
mauvaise qualité de l’eau potable. Plusieurs médecins interrogés
individuellement par l’AFP avaient alors fait état de plusieurs
dizaines de morts. Le docteur Ariel Henry, directeur de cabinet du
ministre haïtien de la Santé, avait parlé de «51 ou 52 décès le long
du fleuve de l’Artibonite» et le Dr Jean-Robert Pierre-Louis, qui
travaille au centre de santé de Drouin, avait décompté 27 morts et
300 hospitalisations dans cette localité du nord d’Haïti. Le choléra
est une maladie hautement contagieuse, qui peut tuer en quelques
heures, dont la propagation est favorisée par les défaillances des
réseaux sanitaires et l’absence d’hygiène et de soins. Après une
incubation de quelques jours, la maladie débute par de violentes
diarrhées vidant littéralement l’organisme de son eau. En l’absence
de réhydratation immédiate, cette déperdition de liquides est
souvent mortelle. Présentes en nombre dans le pays depuis le séisme
du 12 janvier qui a fait plus de 250 000 morts et 1,5 million de
déplacés, les ONG se mobilisent. «Nous sommes en train d’évaluer la
situation sur le terrain avec les partenaires internationaux et les
autorités sanitaires haïtiennes», a indiqué Fanny Devoucoux, de
l’ONG française Acted avant que «la poussée de choléra» ne soit
identifiée. Depuis le séisme, les ONG ont fait part de leurs
craintes de voir apparaître des épidémies en raison des mauvaises
conditions sanitaires dans lesquelles vit la population et l’accès
difficile à l’eau potable.
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