Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Pression

Les Etats-Unis ont toujours été un important allié de la Turquie qui n’a jamais manqué du soutien de Washington, notamment dans le dossier concernant son intégration au sein de l’UE en tant que membre à part entière. En effet, les Américains ont ces dernières années ardemment défendu les intérêts des Turcs auprès des Européens alors que ceux-ci montraient une crainte de plus en plus grande envers le pays d’Ataturk. L’insistance de George W. Bush à l’époque d’imposer la Turquie au sein de l’Europe relevait du désir de ce dernier d’avoir un allié qui lui était dévoué parmi ces alliés plus récalcitrants. Cela avait lieu l’on s’en souvient quelques mois après le déclenchement de la guerre en Irak et le refus de la France et d’au-tres pays d’Europe de s’engager auprès des Américains. Plus de sept ans plus tard les choses ont pourtant bien changé et la Turquie ne semble plus être l’allié inaliénable et dévoué que connaissait Washington. Le pays a ces dernières années pris son indépendance vis-à-vis de la Première puissance et semble apprécié de prendre elle-même ses propres décisions comme en ce qui concerne ses relations avec l’Etat d’Israël. Washington met effectivement depuis quelques semaines une forte pression sur Ankara et cherche à convaincre le gouvernement turc de l’importance des sanctions à imposer au régime iranien, toujours aussi déterminé à développer son programme nucléaire. Pour obtenir satisfaction, l’administration américaine a envoyé en Turquie l’un de ses émissaires, Stuart Levey, sous-secrétaire adjoint au Trésor chargé du renseignement financier et de la lutte contre le terrorisme. Interviewé sur place, Levey a déclaré notamment qu’il avait pour objectif de persuader ses interlocuteurs de la nécessité impérieuse d’appliquer des mesures contre Téhéran. Il a souligné que la question concernait tout particulièrement la Turquie, étant donné qu’elle partageait une partie de ses frontières avec la République islamique. Mais Ankara est loin de partager les priorité des Américains et le gouvernement n’a pas tardé à annoncer à travers la voix de ses ministres de l’Economie et des Affaires étrangères : «La Turquie n’est pas concernée par les sanctions unilatérales que les Etats-Unis et l’Union européenne ont pris contre l’Iran.»  Une prise de position qui risque de ne pas réjouir Washington où le président est déjà en assez mauvaise posture pour ne pas en plus avoir à expliquer comment il se fait que l’influence internationale des Etats-Unis semble se résorber depuis son arrivée au pouvoir. Un fait dont ne manqueront pas de profiter ses détracteurs. De leur côté, les Turcs semblent prendre de plus en plus d’assurance et choisissent désormais eux-mêmes la direction qu’ils veulent donner à leur politique étrangère, n’en déplaise aux Occidentaux déstabilisés ces derniers mois par la prise évidente d’indépendance des Turcs.

F. M.

 

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Haïti

Le choléra aurait déjà tué 135 personnes


 

 23/10/10

 

Haïti

Le choléra aurait déjà tué 135 personnes

Une épidémie de choléra a fait 135 morts ces derniers jours dans le nord d’Haïti, tandis que près de 1 500 personnes sont touchées par cette maladie, vraisemblablement due à la mauvaise qualité de l’eau potable, a indiqué jeudi l’Association médicale du pays.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a de son côté indiqué hier attendre les résultats de ses propres tests pour confirmer la présence du choléra dans le nord d’Haïti où elle a dépêché sur place des experts venus de Washington pour surveiller l’évolution de la situation sanitaire. «Nous ne confirmons pas qu’il s’agit de choléra», a indiqué aux journalistes une porte-parole de l’OMS, Fadela Chaïb. «On a recensé 135 décès (dus au choléra) et 1 498 cas de malades atteints de diarrhée (...). Selon les analyses effectuées en laboratoire, il s’agit bien du choléra», a quant à lui indiqué Claude Suréna, président de l’Association médicale haïtienne. Le nord du pays a connu un afflux de réfugiés, vivant dans des conditions d’hygiène précaires, après le séisme dévastateur du 12 janvier. Une autre source a expliqué sous couvert de l’anonymat que «les premiers résultats obtenus suite à des analyses en laboratoire montrent qu’il y a une poussée de choléra, mais nous ne connaissons pas encore le type». Le directeur général du ministère de la Santé, contacté par téléphone, a annoncé une réunion d’urgence du gouvernement, mais a refusé de confirmer l’information. Plus tôt jeudi, les autorités haïtiennes avaient indiqué que plus de cinquante personnes étaient mortes ces derniers jours dans plusieurs villes d’Haïti et que des centaines avaient été hospitalisées suite à ce qui avait été identifié jusque-là comme une épidémie de diarrhée liée à la mauvaise qualité de l’eau potable. Plusieurs médecins interrogés individuellement par l’AFP avaient alors fait état de plusieurs dizaines de morts. Le docteur Ariel Henry, directeur de cabinet du ministre haïtien de la Santé, avait parlé de «51 ou 52 décès le long du fleuve de l’Artibonite» et le Dr Jean-Robert Pierre-Louis, qui travaille au centre de santé de Drouin, avait décompté 27 morts et 300 hospitalisations dans cette localité du nord d’Haïti. Le choléra est une maladie hautement contagieuse, qui peut tuer en quelques heures, dont la propagation est favorisée par les défaillances des réseaux sanitaires et l’absence d’hygiène et de soins. Après une incubation de quelques jours, la maladie débute par de violentes diarrhées vidant littéralement l’organisme de son eau. En l’absence de réhydratation immédiate, cette déperdition de liquides est souvent mortelle. Présentes en nombre dans le pays depuis le séisme du 12 janvier qui a fait plus de 250 000 morts et 1,5 million de déplacés, les ONG se mobilisent. «Nous sommes en train d’évaluer la situation sur le terrain avec les partenaires internationaux et les autorités sanitaires haïtiennes», a indiqué Fanny Devoucoux, de l’ONG française Acted avant que «la poussée de choléra» ne soit identifiée. Depuis le séisme, les ONG ont fait part de leurs craintes de voir apparaître des épidémies en raison des mauvaises conditions sanitaires dans lesquelles vit la population et l’accès difficile à l’eau potable.

 

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