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Clôture du 3e
Festival de diwan
Sur
d’irrésistibles notes de blues de Tinariwen
Trente ans après
la naissance de Tinariwen, les maîtres du blues touareg, Alger se
rend compte de son exiguïté pour contenir le talent d’Abraybone,
leader du groupe.
Pour la soirée de
clôture du 3e Festival de diwan, les organisateurs auraient pu faire
mieux. Le théâtre était trop exigu pour contenir tout le public venu
s’évader au rythme du blues touareg. Le public qui attendait en
dehors du théâtre de verdure du bois des Arcades était bien plus
nombreux que celui qui se trouvait à l’intérieur. Vers 20h30, les
agents de sécurité n’ont pas eu la tâche facile à l’entrée, vu la
foule qui se bousculait de peur de rater le rendez-vous tant
attendu avec Tinariwen. Trente ans après la naissance du groupe
Tinariwen, il a fini par enflammer son public algérois. Malgré la
déception de ne pas avoir eu la chance de suivre le spectacle, les
gens sont tous restés quand même, écoutant de l’extérieur et dansant
derrière les murs du théâtre. D’autres jeunes ont grimpé sur les
arbres pour voir les visages de ceux qui leur apportent cette magie
saharienne emportée par les notes musicales les plus célèbres de la
musique touaregue. Certains ont pris le risque de sauter le long
mur qui les séparait de ce parfum du désert, alors que la police et
les agents de sécurité se concentraient à assurer l’ordre de
l’unique entrée du théâtre. De toutes façons, à l’intérieur comme à
l’extérieur, le public s’est mis debout pour saluer les rebelles de
la musique touareg. La scène ne tarda pas à vibrer sous le rythme
et la voix du leader de groupe, Ibrahim Ag Alhabib dit Abraybone. Ce
dernier a subjugué le public, tantôt avec un rythme lent, tantôt
plus rythmé, mélangeant des notes de musique touaregue au blues.
Comme ce style doit sa célébrité à ses textes, Abraybone a fait
l’aller-retour sur ses trente ans de carrière. «C’est partout chez
moi. Je pars là où je veux, je fais ce que je veux, je dors où je
veux et quand je veux…», déclare-t-il dans l’une de ces œuvres
musicale. Ses chansons ont pour thèmes la paix, le désert, le feu,
la jeunesse, la nostalgie, l’amour, la haine, la femme, la
révolution... Après plus de deux heures de bonheur, la soirée s’est
terminée, laissant le public algérois sur sa faim. Les géniaux de la
scène se retire en saluant, alors que le public en redemande. «C’est
très difficile», leur a répondu l’animateur de la soirée, sachant
que cet artiste a l’habitude de se produire à guichets fermés à
travers le monde. Mais enfin ce n’était pas difficile pour Abraybone
de remonter sur sa scène même après avoir ôté sa tenue
traditionnelle. Il a eu répondu à l’appel de son public, lui offrant
trois autres morceaux, avec un grand «merci» avant le tomber de
rideau sur la 3e édition du Festival diwan. Les Tinariwen ont
emporté leur public pendant une randonnée musicale au cœur de la
magie, des mystères du désert et ceux des touareg. Le désert c’est
tellement vaste, tellement beau et séduisant tout comme les
Tinariwen. Rappelons que se sont eux qui ont représenté l’Algérie
au concert d’ouverture de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud.
Leur célébrité ne s’étend pas qu’au Sud algérien et à travers le
monde, les Tinariwen ont un public important au Nord, alors que
c’est pour la première fois qu’ils se produisent à Alger.
Par Yasmine
Ayadi
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