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Clôture du  3e  Festival de diwan

Sur d’irrésistibles notes de blues de Tinariwen

 22/07/10

 

Clôture du  3e  Festival de diwan

Sur d’irrésistibles notes de blues de Tinariwen

Trente ans après la naissance de Tinariwen, les  maîtres du blues touareg, Alger se rend compte de son exiguïté  pour contenir le talent d’Abraybone, leader du groupe.

Pour la soirée de clôture du 3e Festival de diwan, les organisateurs auraient pu faire mieux. Le théâtre était trop exigu pour contenir tout le public venu s’évader au rythme du blues touareg. Le  public qui attendait en dehors du théâtre de verdure du bois des Arcades était bien plus nombreux que celui qui se trouvait à l’intérieur. Vers 20h30, les agents de sécurité n’ont pas eu la tâche facile à l’entrée, vu la foule qui se bousculait  de peur de rater le rendez-vous tant attendu avec Tinariwen. Trente ans après la naissance du groupe Tinariwen, il a fini par enflammer son public algérois. Malgré la déception de ne pas avoir eu la chance de suivre le spectacle, les gens sont tous restés quand même, écoutant de l’extérieur et dansant derrière  les murs du théâtre. D’autres jeunes ont grimpé sur les arbres pour voir les visages de ceux qui leur apportent cette magie saharienne emportée par les notes musicales les plus célèbres de la musique touaregue. Certains ont pris le risque  de sauter le long mur qui les séparait de ce parfum du désert, alors que la police et les agents de sécurité se concentraient à assurer l’ordre de l’unique entrée du théâtre. De toutes façons, à l’intérieur comme à l’extérieur, le public s’est mis debout  pour saluer les rebelles de la musique touareg. La scène ne tarda pas à  vibrer sous le rythme et la voix du leader de groupe, Ibrahim Ag Alhabib dit Abraybone. Ce dernier a subjugué le public,  tantôt avec un rythme lent, tantôt  plus rythmé, mélangeant des notes de musique touaregue au blues. Comme ce style  doit sa célébrité à ses textes, Abraybone a fait l’aller-retour sur ses trente ans de carrière. «C’est partout chez moi. Je pars là où je veux, je fais ce que je veux, je dors où je veux  et quand je veux…», déclare-t-il dans l’une de ces œuvres musicale. Ses chansons ont pour thèmes la paix, le désert, le feu, la jeunesse, la nostalgie, l’amour, la haine, la femme, la révolution... Après plus de deux heures de bonheur, la soirée s’est terminée, laissant le public algérois sur sa faim. Les géniaux de la scène se retire en saluant, alors que le public en redemande. «C’est très difficile», leur a répondu l’animateur de la soirée, sachant que cet artiste a l’habitude de se produire à guichets fermés à travers le monde. Mais enfin ce n’était pas difficile pour Abraybone de remonter sur sa scène même après avoir ôté sa tenue traditionnelle. Il a eu répondu à l’appel de son public, lui offrant trois autres morceaux,  avec un grand «merci» avant le tomber de rideau sur la 3e édition du Festival diwan. Les Tinariwen ont emporté leur public pendant une randonnée musicale au cœur de la magie, des mystères  du désert et ceux des touareg. Le désert c’est tellement vaste, tellement beau et séduisant tout comme les Tinariwen. Rappelons que se sont eux  qui ont représenté l’Algérie au concert d’ouverture de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Leur célébrité ne s’étend pas qu’au Sud algérien et à travers le monde, les Tinariwen ont un public important au Nord, alors que c’est pour la première fois qu’ils se produisent à Alger. 

Par Yasmine Ayadi

 

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