Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Complaisance

Comment les États-Unis peuvent-ils continuer à affirmer vouloir une résolution juste et équitable du conflit israélien lorsque chaque jour de nouvelles déclarations venant de hauts fonctionnaires américains réaffirment l’attachement de leur pays à Israël ? Il y a quelques jours encore Mark A. Schapiro, un consul américain basé en France, faisait de nouvelles déclarations sans équivoque. D’après lui, «les relations entre les États-Unis et Israël sont comme les relations entre les États-Unis et la France, elles sont beaucoup plus fortes que les individus. Les chefs d’État sont avant tout des hommes et des femmes pragmatiques. Je ne m’inquiète ni personnellement ni professionnellement pour nos relations avec l’État hébreu. Israël est un allié extrêmement important des États-Unis, c’est un ami, un pays fraternel, cela a toujours été le cas, et cela va continuer», et d’ajouter qu’«en ce qui concerne le fait d’être plus ou moins pro-israélien, vous savez, aux États-Unis, nous sommes tous pro-israéliens, après c’est simplement une question d’approche». Une question d’approche qui biaise néanmoins lourdement toute tentative américaine de relancer le processus de paix. Les Palestiniens eux sont visiblement plus considérés comme un problème dont les Américains on du mal à se débarrasser que comme des partenaires à part entière à l’instar des «alliés» israéliens. Pourtant, au début du mandat de Barack Obama, ce dernier avait explicitement déclaré vouloir adopter la solution des «deux peuples, deux Etats», une solution qui a, semble-t-il aujourd’hui été non seulement oubliée mais visiblement écartée. Mais les Palestiniens, eux, continuent de croire que l’Occident ne violera pas ses engagements aussi nonchalamment et que de nouveaux efforts de paix seront prochainement entrepris. Toutefois, il est malheureusement évident que quels que soient les efforts déployés par les Américains, ils pencheront toujours du côté des Israéliens empêchant les Palestiniens d’être traités avec l’équité qu’ils sont en droit d’attendre.        

F. M.

  

Monde

Retour

Pakistan

La justice destitue le Premier ministre

 20/06/12

 

Pakistan

La justice destitue le Premier ministre

La Cour suprême du Pakistan a destitué hier le Premier ministre Yousuf Raza Gilani, deux mois après l'avoir condamné pour son refus de rouvrir des poursuites pour corruption contre le président du pays, et ordonné au président de le remplacer.

Reste à savoir si ce verdict va entraîner la démission immédiate de M. Gilani. Celui-ci a déclaré à plusieurs reprises que seul le Parlement, et non la justice, pouvait ordonner sa destitution. Mais d'autres responsables du Parti du peuple pakistanais (PPP) au pouvoir ont évoqué la possibilité qu'il soit remplacé rapidement par un autre cadre du PPP pour éviter une crise aiguë avec l'institution judiciaire et une paralysie du pouvoir. Le verdict renforce en tout cas l'incertitude politique et la fragilité d'un gouvernement déjà aux prises avec une violente rébellion islamiste, menée par les talibans alliés à Al-Qaïda, et une grave crise économique et sociale. Il pourrait également entraîner des élections législatives anticipées avant le début 2013, date prévue du prochain scrutin. Le PPP a convoqué une réunion d'urgence juste après l'annonce du verdict, a annoncé la télévision publique. Le président Zardari préside cette réunion destinée à examiner la situation et à laquelle participe le Premier ministre Gilani, a déclaré à l'AFP un responsable gouvernemental sous couvert de l'anonymat. Yousuf Raza Gilani est destitué de son rang de parlementaire à partir du 26 avril, date de sa condamnation, avait auparavant déclaré le président de la Cour suprême, le juge Iftikhar Muhammad Chaudhry, en lisant l'arrêt de la cour. Il cesse également après la même date d'être Premier ministre du Pakistan, et ce poste doit être considéré comme vacant, a-t-il ajouté. La Commission électorale devra notifier officiellement cette destitution et le président devra pren-dre les mesures nécessaires pour assurer la continuité du processus démocratique, notamment l'élection d'un nouveau Premier ministre, a-t-il ajouté. M. Gilani est le Premier ministre en exercice à avoir été ainsi condamné dans l'histoire du Pakistan, indépendant depuis 1947. Aux termes de la Constitution pakistanaise, une personne reconnue coupable d'avoir porté atteinte à l'honneur de la justice ou de l'avoir ridiculisée peut être empêchée de siéger au Parlement, condition sine qua non pour être Premier ministre. La Cour suprême réclame la réouverture de poursuites contre le président Zardari pour des détournements présumés de fonds publics de l'ordre de 12 millions de dollars en compagnie de son épouse Benazir Bhutto alors qu'elle était Premier ministre (1988-90 et 1993-96) et lui un de ses ministres. Les soubresauts politiques du Pakistan sont suivis de près par les puissances occidentales, à commencer par les États-Unis, parce qu'il est la seule puissance militaire nucléaire du monde musulman, et l'un des sanctuaires de puissants réseaux islamistes, dont Al-Qaïda.    

Par Hasna F.

 

 

 

   Haut

Copyright 2003-2011 Le Jour d'Algérie.