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Scandant :
«Annulez le décret de la honte»
Un millier
d’étudiants devant le ministère
A partir de 9h,
les étudiants de huit écoles nationales ont organisé un
rassemblement pacifique devant le département de leur tutelle. Ils
protestent contre le décret N° 10-315 du 13 décembre 2010, qui
dévalorise leur diplôme.
La grogne sociale
se propage et touche l’université. Hier, plus de 2 000 étudiants, en
grève illimitée, ont pris d’assaut le siège du ministère de
l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, sis à Ben
Aknoun. A partir de 9h, les étudiants de huit écoles nationales ont
organisé un rassemblement pacifique devant le département de leur
tutelle. Ils protestent contre le décret N° 10-315 du 13 décem-bre
2010, qui dévalorise leur diplôme. «Wizara hagara», «Arrêtez le
décret pour sauver l’université», «On a marre de la hogra», «Ecoles
supérieures, diplômes inférieurs», «Assa azeka, l’ingéniorat yela
yela (aujourd’hui ou demain l’ingéniorat existe toujours), ou encore
«Harraoubia dégage», scandaient les étudiants, très en colère.
«Arrêtez la mascarade», «Ingéniorat ou haraga», «Valorisez nos
diplômes», lit-on encore sur les pancartes et au-tres banderoles.
Les étudiants, venus de plusieurs wilayas du pays, réclament
l’annulation, pure et simple, de ce décret et le retour au système
classique. Ce décret qui fixe la grille indiciaire des traitements
et le régime de rémunération des fonctionnaires a fini par
rassembler tous les étudiants des écoles d’ingénieurs en une seule
coordination pour défendre leurs droits. Les étudiants demandent
tous les privilèges octroyés aux diplômés de master 2, à savoir
l’accès aux bourses à l’étranger. Les étudiants exigent également
l’instauration des écoles doctorales au niveau de toutes les écoles
supérieures et le changement des conditions d’accès aux écoles
doctorales en remplaçant l’accès sur dossier par un accès sur
concours écrit obligatoire. La coordination des étudiants des
grandes écoles n’a pas omis d’inclure les revendications des
techniciens supérieurs dans leur plateforme. Dans ce sens, les
étudiants réclament l’intégration de la dernière promotion des TS au
cycle long avec la dernière promotion de la deuxième année ingénieur
d’Etat. «Nous dénonçons ce décret de la honte. C’est de la pure
humiliation. Par ce décret, les pouvoirs publics favorisent les
diplômés du système LMD sur ceux du système classique. On demande
que le diplôme ingénieur soit à titre égal au master 2», dira
Mourad, étudiant en cinquième année de l’Ecole nationale supérieure
des statistiques et d’économie appliquée (ENSSEA). Et à son camarade
de classe, Saïd d’enchaîner :
«Avec ce décret,
le diplôme d’ingéniorat est classé à la catégorie 13 au lieu de 14.
Notre diplôme ingéniorat a été dévalué. C’est notre avenir qui est
mis en danger. Nous refusons cette discrimination. Nous sommes
déterminés à aller jusqu’au bout dans notre mouvement et jusqu’à
l’annulation de ce décret. Nous reviendrons demain (aujourd’hui) si
la tutelle continue à afficher la sourde oreille.» Un groupe
d’étudiants s’est constitué déjà pour occuper les lieux devant le
ministère. Au fur à mesure que la foule des étudiants grossit, une
dizaine de fourgons des policiers antiémeutes arrivent sur les lieux
pour parer à des éventuels troubles. Calmes et surtout bien
organisés, les protestataires exhibent leurs cartes d’étudiants
devant les policiers. «On n’est pas des voyous, on est des
étudiants», hurlent-ils. Aucun incident n’a été signalé, grâce à la
conscience et au civisme des étudiants.
«Nous ne
sommes pas manipulés»
«Des hommes
politiques guettent notre mouvement pour faire de nos revendications
un fonds de commerce. Des appels nous ont été lancés afin de
rejoindre leurs partis politiques ou organisations. Nous ne sommes
pas des gamins. Personne ne peut nous manipuler. On est conscients»,
explique un délégué des étudiants. «Certains sont allés jusqu’à
parler de notre adhésion à la Coordination nationale pour le
changement démocratique (CNCD). C’est faux ! Que les choses soient
claires. On est apolitiques. On veux juste l’annulation de ce décret
pour nous mettre à préparer nos examens», ajoute-t-il encore. Il est
à signaler que tous les examens des écoles concernées ont été
reportés à une date ultérieure. Les étudiants ne comptent pas
reculer jusqu’à la prise en charge de leur plateforme de
revendications. Une réunion est prévue pour aujourd’hui entre les
délégués des étudiants, les directeurs des Ecoles nationales
supérieures et les représentants du ministère afin de trouver un
terrain d’entente. Faute de quoi, les étudiants continueront leur
mouvement de protestation. A rappeler qu’une réunion a été tenue le
9 février entre les représentants des étudiants et la tutelle. Cette
dernière a tenu a démentir formellement «les rumeurs et les
allégations», autour de la suppression du diplôme d’ingénieur d’Etat
et affirme que ce diplôme est toujours en vigueur. Le ministère a
rappelé également que les titulaires de ce diplôme «ont la
possibilité de poursuivre des études en vue de la préparation d’un
doctorat». Des assurances qui n’ont rien changé dans le mouvement de
contestation entamé par les étudiants.
Par Hocine
Larabi
Haut
Suite à la dissolution de l'ex-EPLF
Des
travailleurs sans salaire depuis sept mois
Plus de 200
travailleurs de la société VRD Plus, filiale de l’ex-EPLF sont
toujours sans salaire depuis plus de sept mois. Un retard qui a
provoqué la colère de ces derniers pour déclencher une grève
illimitée. «Toutes les voies de recours ont été entreprises»,
affirment les représentants des travailleurs.
«A chaque
mouvement de protestation de débrayage ou autre, les responsables du
groupe Sogecor relevant de la SGP Indjab se distinguent pour nous
affirmer que la situation des arriérés sera régularisée». «Et même
les deux mois de congés annuels qui sont toujours bloqués au niveau
de la Cacobatph pour non-paiement des cotisations», ajoutent-ils.
Des promesses engagées qui n’ont jamais été honorées, dénoncent les
travailleurs en colère. Les syndicalistes s’interrogent aussi sur
les engagements du ministère de l’Habitat de prendre en charge le
passif et l’actif des quatre filiales de l’ex-EPLF.
Il est à rappeler
que c’est le troisième mouvement de protestations déclenché
en l’espace de
deux mois par les travailleurs de cette entreprise, pour réclamer
leur dû.
«Nous vivons dans
la misère. Aucun parmi nous n’a échappé aux achats à crédit auprès
de l’épicier du village», affirment les travailleurs.
Par ailleurs, il
est utile aussi de rappeler que quatre cents travailleurs de
l’entreprise MCCES filiale, affiliée à Sogecor sont sans salaires
depuis plus de cinq mois. Ils encourent les mêmes conditions
sociales que ceux de VRD Plus après la dissolution de l’Ex-EPLF.
Tous les
mouvements de grève, les sit-in observés devant le siège du groupe
de l’ex-EPLF à proximité de l’oued Taraeg à Boumerdès, ainsi que
l’intervention des responsables syndicaux de l’union de wilaya n’ont
abouti à aucun résultat.
Selon un
syndicaliste, un groupe important de travailleurs s’est présenté,
hier, devant le siège de l’APW. A l’issue de cette dernière
initiative, le président élu de ladite structure départementale
aurait rassuré les protestataires que leurs doléances seraient
transmises à un haut niveau. «Nous réclamons haut et fort notre dû
et non l’aumône.» «Nous vivons dans la misère.» «Aucun parmi nous
n’a échappé aux anciennes pratiques liées aux achats à crédit auprès
de l’épicier du coin» s’exclament les travailleurs.
A. K.
Haut
Education nationale
Le Cnapest
annonce une grève générale le 2 mars
Dans un communiqué
parvenu à notre rédaction, le Cnapest appelle l’ensemble des
établissements du secondaire à entamer une journée de contestation
générale décidée pour le 2 mars prochain. De ce fait, le choix du 2
mars précisément se veut particulièrement symbolique au syndicat
autonome, vu que l’année dernière à la même date, le gouvernement
avait décidé de radier les enseignants grévistes à ce moment-là.
Ainsi, c’est après une réunion de deux jours que le conseil national
du syndicat qui avait traité la situation et les perspectives du
secteur de l’Education, avait conclu à une journée de grève
générale. A ce propos, le porte-parole du syndicat Messaoud Boudiba
a également appelé les adhérents du Cnapest à tenir des conseils de
wilaya durant cette même journée de protestation. Des conseils de
wilaya qui, selon lui, déboucheront sur un conseil national qui se
tiendra le 4 et 5 mars prochain, et au cours duquel devra être
arrêté un plan d’action qui permettra d’achever les dossiers en
suspens. En outre, parmi les revendications du syndicat autonome,
l’on retiendra notamment la question de la gestion des œuvres
sociales, la médecine du travail, le régime indemnitaire et le code
du travail.
Lynda N. B.
Haut
MSP
Soltani face à
la tentation d’opposition
A plusieurs
reprises le MSP s'est distingué par des positions très critiques
envers le gouvernement et n'a cessé d'exprimer son mécontentement du
fonctionnement de l'Alliance présidentielle.
Le Mouvement de la
société pour la paix (MSP) est à nouveau à la croisée des chemins.
Le choix de son retrait ou non du gouvernement a été remis sur la
table, suite aux dernières émeutes qu’a connues le pays et la colère
exprimée par des milliers de jeunes. Le vice-président du MSP,
Abderrezak Mokri, avait ainsi fait la proposition de se retirer du
gouvernement. Une proposition qui ne semble pas avoir l’unanimité au
sein du parti. Mais arriver jusqu’à la soumettre à débat d’une
manière officielle, renseigne, on ne peut mieux, sur l’absence de
consensus à ce sujet au sein de cette formation. Son initiateur, M.
Mokri, dans une déclaration à la presse, a affirmé que le parti ne
connaît aucune dissension et toutes «les idées sont débattues dans
un climat fraternel». Aussi, il a apporté un démenti quant à
l’information faisant état de sa démission du parti et nié
l’existence de conflits entre lui et Boudjerra Soltani. Toutefois,
il a précisé que sa proposition sera tranchée prochainement, et
souligné que plusieurs militants partagent son idée. Ce qui laisse
entendre que la formation de feu Mahfoud Nahnah connaîtra des
développements dans les prochains jours. Cela d’autant qu’à
plusieurs reprises le MSP s’est distingué par des positions très
critiques envers le gouvernement et n’a cessé d’exprimer son
mécontentement du fonctionnement de l’Alliance présidentielle. C’est
dire que l’opposition a toujours tenté cette formation. Boudjerra
Soltani, dans le but d’entretenir un semblant d’équilibre, a fait
preuve de beaucoup de prudence dans la gestion des affaires internes
du parti, notamment après le mouvement de dissidence qui a affecté
et déstabilisé, il y a quelques mois, le MSP. Les dissidents
reprochaient à Soltani sa double casquette de président du parti et
membre de l’exécutif, et l’avaient obligé à quitter son poste de
ministre d’Etat sans portefeuille. Mais que la revendication
consiste carrément à basculer à 360°, il est à craindre des
fractures. Aussi, faut-il rappeler que Abderrezak Mokri est l’une
des personnalités les plus influentes du MSP et toute initiative
provenant de sa part ne peut passer inaperçue. Le vice-président du
MSP a d’ailleurs affiché son insatisfaction de la gestion des
affaires de l’Etat. Intervenant dernièrement sur les ondes de la
Radio nationale, il avait tiré à boulets rouges sur le gouvernement
et déclaré que l’Algérie a raté l’occasion de prendre son essor, ces
dernières années, malgré l’embellie financière. Ce constat d’échec
démontre que pour ce dirigeant rien ne peut justifier la présence du
parti au gouvernement. Une conviction qu’il a d’ailleurs tenu à
défendre, soutenant que les raisons justifiant la participation du
MSP au gouvernement, à savoir la protection de l’Etat, ne sont plus
d’actualité. Selon lui, le nouveau défi est la lutte contre la
corruption et le parti doit s’adapter à cette nouvelle donne. Il y a
quelques mois, Boudjerra Soltani avait déclaré détenir des preuves
sur des cas de corruption, mais s’est vite recroquevillé dans sa
carapace sans oser les rendre publics. Avec cette sortie de
Abderrezak Mokri, va-t-on voir le parti engagé dans cette bataille
et en faire son fer de lance en prévision des prochaines élections
?
Par Aomar
Fekrache
Haut
Des malfaiteurs versent dans les kidnappings
Ils
investissent le butin dans l’immobilier et l’agriculture
Sous la pression
populaire ils ont remis en liberté l'otage sans percevoir la rançon
au lendemain du décès de Hand Slimana.
La bande s'est
ensuite attaquée à plusieurs débits de boissons alcoolisées parfois
avec prise d'otages.
Le procureur
général près la cour de Tizi Ouzou, Mohamed Tayeb Lazizi, a animé
hier un point de presse au cours duquel il est revenu dans les
détails sur l’affaire de la bande de malfaiteurs de Fréha qui ont
versé dans les enlèvements de personnes aisées. En effet, à
l’occasion il a énuméré les principaux crimes attribués à ce réseau
comptant en moins 11 individus, dont trois sont toujours en cavale,
7 d’entre eux ont été placés sous mandat de dépôt par le parquet de
Azazga vendredi dernier et un autre en détention à la maison d’arrêt
d’Akbou (Béjaïa). Selon les explications fournies par le PG de Tizi
Ouzou, les présumés membres de cette bande devraient s’expliquer sur
pas moins d’une quinzaine de crimes commis sur le territoire des
wilayas de Tizi Ouzou, Béjaïa et Biskra, sans compter d’autres
agressions et atteintes aux personnes et à leurs biens. Tout a
démarré d’un renseignement fourni par un citoyen natif de Sidi
Mansour (Timizart) à la brigade de gendarmerie de Fréha suite à
l’abandon d’un véhicule de marque Golf par ses trois occupants à
cause d’un accident corporel de la route, appuyé par l’exploitation
d’une série de plaintes émanant des victimes d’agressions et
d’extorsion de fonds sous la menace d’armes à feu commises dans
l’est de la wilaya de Tizi Ouzou, en plus de l’arrestation de deux
individus, l’un à Chellata (Béjaïa) à bord d’une voiture volée de
marque Peugeot 406 mais propriétaire du véhicule accidenté de
Timizart, d’une arme à feu de type PA et d’une importante somme
d’argent, et l’autre à Fréha. L’exploitation des puces et des
communications téléphoniques passées par les deux mis en cause a
permis d’identifier leurs complices et d’arrêter certains d’entre
eux. L’une des deux puces a été utilisée par les ravisseurs d’un
otage enlevé en juillet 2010 dans la région de Fréha, lors de la
demande de rançon aux proches de la victime. Le premier acte de la
bande a été commis la nuit du 3 mars 2010 sur la RN 12, entre
Yakouren et Adekar, à hauteur du village Ighouladh. Un transporteur
de boissons alcoolisées a été braqué avec une arme factice et la
complicité de l’accompagnateur de la victime qui a été délestée de
400 millions de centimes, dont une partie du butin, 30 millions de
centimes, a servi à l’achat de deux armes à feu un kalachnikov et un
pistolet automatique acquis auprès d’un trafiquant originaire du Sud
du pays. La même victime sera braquée deux mois plus tard une
seconde fois, sur le même tronçon routier, et la somme de 289
millions de centimes lui sera extorquée.
Les malfaiteurs
ont également réservé une partie de l’argent volé pour acheter
d’autres armes. Le 4 juillet 2010, ils ont enlevé et séquestré
durant une semaine A. Lounes, avant de le libérer en contrepartie
d’une rançon de 700 millions de centimes. Par la suite, ils ont
kidnappé Slimana Amar après avoir mortellement blessé son cousin
Hand le 14 novembre dernier. Sous la pression populaire, ils ont
remis en liberté l’otage sans percevoir la rançon au lendemain du
décès de Hand Slimana. La bande s’est ensuite attaquée à plusieurs
débits de boissons alcoolisées, parfois avec prise d’otages et usage
de violence avec armes à feu, et à des automobilistes afin de les
délester de leurs véhicules qu’ils utilisent pour leurs
déplacements. Comme ils recouraient à la location de véhicules
auprès des agences en dehors du territoire de la wilaya de Tizi
Ouzou. Ils se présentaient comme activistes au nom de l’AQMI dans
leurs négociations avec les familles de leurs otages. Au total,
selon le décompte fourni par Mohamed Tayeb Lazizi, ils ont commis
trois elèvements, plus d’une dizaine d’agressions suivies
d’extorsion de fonds, dont l’une dans un marché hebdomadaire à
Biskra.
Les services de
sécurité ont saisi un lot d’armes à feu constitué de 2 Kalachnikovs,
un pistolet automatique de 9 mm, 4 chargeurs, un enregistrement
sonore de revendication de leurs enlèvements par l’AQMI, 2 vaches, 7
téléphones portables, deux véhicules Golf et Peugeot 406 ainsi que
la mise sous scellés d’une coopérative immobilière située à Fréha et
le gel des avoirs d’un mis en cause estimés à 700 millions de
centimes. Une somme d’argent a été saisie également sur les mis en
cause. Actuellement, l’affaire est en instruction judiciaire pour la
poursuite des investigations en vue de mettre la main sur les
vendeurs d’armes au profit de cette bande, alors que des mandats
d’arrêt ont été lancés contre les trois accusés en fuite.
Par Hamid M.
Haut
Le trafic prend de l'ampleur dans le pays
Cent voitures
volées en 45 jours
Les services de
sécurité ont enregistré, depuis le 1er janvier dernier, une hausse
inquiétante de trafic de voitures, et ce au niveau de plusieurs
wilayas du pays. En l’espace de 45 jours, près de 100 voitures ont
été volées dans plusieurs régions du pays. Un phénomène, qui, selon
les services de sécurité, prend cette année de l’ampleur. Selon une
source sûre, la plupart des véhicules ciblés par les trafiquants
sont d’origine asiatique et européenne, notamment les marques
françaises très visées par les réseaux de malfaiteurs. A Alger,
depuis le début de l’année, près de 30 voitures ont été subtilisées
à leurs propriétaires. Habituellement, les voleurs agissent dans des
quartiers peu fréquentés par les piétons, aujourd’hui ce n’est plus
le cas. Les «pilleurs» de véhicules agissent désormais dans des
endroits très fréquentés et n’hésitent pas à voler en présence de
témoins. Ils ne semblent pas craindre les représailles des services
de sécurité. A Médéa, sept véhicules ont été volés depuis le début
de l’année. Onze personnes ont été interpellées dans le cadre
d’enquêtes menées par la police judiciaire de cette wilaya, quatre
ont été placées sous mandat de dépôt. A M’sila, trois grosses
cylindrées ont été également volées. Les vols de véhicules
concernent même les wilayas du Sud du pays, à l’image de Ouargla qui
a été «visitée» par des voleurs. En effet, deux véhicules asiatiques
appartenant à une société étrangère ont été subtilisés dans cette
ville.
L’enquête des 7
grosses cylindrées volées eu Europe se poursuit
L’enquête relative
à la célèbre affaire du vol de sept grosses cylindrées volées en
Europe et envoyées en Algérie se poursuit. Selon un officier de la
brigade de recherche et d’intervention (BRI) relevant de la police
judiciaire de la Sûreté de wilaya (SWPJ) d’Alger, deux réseaux
transfrontaliers spécialisés dans le trafic de grosses cylindrées
agissant dans le cadre de cette affaire ont été démantelés.
Au bout de deux
mois d’une enquête menée par la BRI dans les wilayas de l’Est du
pays, un second groupe (après le premier démantelé) a pu être
localisé et destructuré par cette section de la police nationale. Il
s’agit d’un réseau transfrontalier faisant dans le trafic de grosses
cylindrées volées en Europe entre autres, et dotées de faux dossiers
de base après leur entrée en Algérie, ajoute l’officier de la BRI.
Selon cette source, «sept personnes accusées dans cette affaire ont
été présentées devant la justice et placées sous mandat de dépôt.
Nous avons par ailleurs sollicité Interpol, leur fournissant les
numéros de châssis de ces voitures pour des recherches en vue
d’identifier leurs propriétaires et les pays de provenance». La BRI
d’Alger a élucidé, durant le mois d’août dernier, une affaire
similaire ayant touché sept wilayas du pays et récemment démantelé
un autre réseau transfrontalier et récupéré 14 véhicules, rappelle
notre interlocuteur. Cet officier rappelle par ailleurs que la BRI
d’Alger a saisi il y a quelque temps 19 kilogrammes d’héroïne pure
et traité plusieurs affaires liées au trafic de pièces
archéologiques volées à Djanet, de corail et de stupéfiants. «La
BRI, créée en 2005 dans le but de lutter contre la grande
criminalité dans le cadre du droit commun, a enregistré des
résultats satisfaisants», note-t-il. «Parmi nos missions, assister
les services de police judiciaire de sûreté de daïra ou autres et
suivant nos prérogatives, et intervenir sur tout le territoire de la
wilaya d’Alger. Nous possédons également une section
d’intervention», conclut-il.
Quels sont les
véhicules les plus prisés ?
La législation
algérienne interdit désormais l’importation de véhicules de plus
d’un an (loi votée en 2005), c’est donc des voitures quasiment
neuves qui sont les plus recherchées pour alimenter les réseaux de
trafic très actifs à Alger. De la simple Clio au 4x4 de luxe, en
passant par la Mercedes ou même les tractopelles, les réseaux
internationaux de voitures volées s’intéressent à tout, et
n’hésitent pas à envoyer plusieurs marques de véhicules à des
clients très spéciaux à Alger. Cela sans oublier les deux roues,
notamment les scooters, très appréciés chez nous.
D’où viennent
ces véhicules et où vont-ils ?
La moitié des
véhicules saisis à Alger vient de l’étranger, notamment de pays
européens et 80% des passeurs sont marseillais, algériens, anglais
et africains. Ils proviennent soit de vols simples, soit de
car-jacking ou de home-jacking.
Des moyens plus
efficaces pour neutraliser sans dommage les systèmes de sécurité de
plus en plus performants utilisés en Europe pour dissuader ces
réseaux de trafic.
Les détournements
de location de voitures, surtout étrangères, constituent une part
non négligeable de ces trafics. Dans 80% des cas, ils sont destinés
à l’Algérie et dans 14% à la Tunisie.
Le reste étant
pour le Sénégal et, de façon résiduelle, pour les pays de l’Est.
Les enquêteurs
européens et algériens ont noté que les pics du trafic se situaient
notamment pendant les vacances scolaires et lors du ramadhan.
Comment
s’organisent les passages ?
Plus de 60% des
véhicules volés sont «simplement» maquillés, faussement plaqués et
accompagnés de faux papiers (carte grise par exemple). Certains
trafics sont plus élaborés, comme celui mis au jour en septembre
dernier par le groupe «auto» de la sûreté départementale : les
malfaiteurs achetaient des voitures à bas prix à des propriétaires
complices, lesquels s’empressaient de déclarer le vol pour percevoir
la prime d’assurance. A titre d’exemple, une Renault Mégane neuve
achetée 3 000 € était revendue 12 000 € en Algérie.
Enfin, de plus en
plus de voitures voyagent en «petits morceaux». Les pièces détachées
sont moins repérables. Moteurs, tableaux de bord et déclencheurs
d’airbags se négocient au prix fort.
Qui sont les
passeurs?
C’est les derniers
maillons d’une chaîne de malfaiteurs très bien structurée. En grande
précarité financière, ce sont souvent des chômeurs ou des personnes
en situation irrégulière recrutés par le bouche à oreille.
A la livraison, le
passeur peut empocher une enveloppe de 1 000 € pour une Clio et 5
000€ pour une berline de luxe. Une activité grassement payée, qui
reste moins dangereuse que le «vol» mais aussi risquée.
Certains passeurs,
appelés «chèvres» dans le jargon policier, peuvent être sacrifiés
afin de détourner l’attention policière et écouler plus facilement
le reste de la marchandise. Ces voitures seront par la suite
envoyées vers Alger, la destination finale. La plupart des passeurs
sont d’origine algérienne, souvent résidant en Europe dans des
quartiers dits «difficiles».
Sofiane Abi
Haut
Une mission US en Algérie entre le 27 février et le 4 mars
L’Amérique veut
s’impliquer en hors hydrocarbures
Ce voyage organisé
en partenariat avec l’US-Algeria Business Council (USABC) permettra
aux délégués américains de sillonner, en un peu moins d’une semaine,
les deux plus importantes villes du pays, à savoir Alger et Oran.
Jusqu’à une date
récente, les hommes d’affaires américains s’intéressaient peu ou pas
du tout à investir dans les pays du Maghreb et notamment en Algérie
et que les importations en hydrocarbures constituaient l’essentiel
des relations commerciales entre Alger et Washington.
Mais depuis un
certain nom-bre d’années, les Américains semblent découvrir les
vertus d’un pays qui annonce l’engagement d’une bagatelle de 286
milliards de dollars rien que dans les investissements publics et
ce, en l’espace de cinq ans seulement (plan quinquennal 2010-2014).
Pour prétendre à
une place sous le soleil, une mission commerciale et
d’investissement américaine fera le déplacement en Algérie entre le
27 février et le 4 mars afin de mettre l’accent sur le renforcement
des partenariats dans les domaines de la technologie, de
l’agro-alimentaire, des ressources en eau, de la construction et des
infrastructures, de l‘énergie (renouvelable et fossile), des
produits pharmaceutiques, du commerce et de la logistique, est-il
annoncé sur le site économique Invest in Med. Des secteurs qui jadis
n’intéressaient nullement les Américains qui se concentraient sur
les seuls gisements de gaz et de pétrole.
En effet, ce
voyage organisé en partenariat avec l’US-Algeria Business Council
(USABC) permettra aux délégués américains de sillonner en un peu
moins d’une semaine, les deux plus importantes villes du pays, à
savoir Alger et Oran, et ce, en vue de lier des partenariats dans
les domaines du commerce et de l’investissement dans au moins huit
domaines d’activité. En outre, des réunions d’affaires
B2B permettront aux délégués des Etats-Unis d’avoir accès aux
partenaires potentiels, investisseurs et décideurs du gouvernement
algérien et aux grandes entreprises algériennes.
Cette dynamique de
rapprochement entre les deux pays est surtout enclenchée depuis
l’arrivée de Barack Obama à la tête de l’Administration US
puisqu’elle s’inscrit dans une politique globale de proximité entre
l’Amérique et le monde musulman. Alors en collaborant dans les
domaines de politiques et sécuritaires (lutte antiterroriste),
judiciaire, l’économie ne peut évidemment pas être en reste. A ce
sujet, le message d’Alger envers les hommes d’affaires US à venir
investir en Algérie a été on ne peut plus clair lors de la visite
fin 2010 à Washington du ministre des Ressources en eau et proche du
président Bouteflika, Abdelmalek Sellal, qui avait déclaré :
«L’Algérie n’est pas la propriété de l’Europe». Un signal fort capté
5/5 par les Etats-Unis qui n’ont cessé d’ailleurs de dépêcher
délégation après délégation tout au long de l’année 2010 et laisse
penser qu‘elle fera autant sinon mieux au courant 2011.
Sur le plan du
commerce extérieur, les Etats-Unis sont le premier client de
l’Algérie avec 9,26 milliards de dollars d’exportations
algériennes (21,2 % de la structure globale des exportations) et le
sixième fournisseur à 1, 99 milliard de dollars d’exportations
américaines (5,11 %). Dans la structure du commerce extérieur
américain, l’Algérie est classée 16e pays à avoir une balance
commerciale excédentaire avec les Etats-Unis.
Par Hafid
Mesbah
Haut
Akbou
Le calme
revient après quatre jours d’émeutes
Le calme est
revenu hier dans la ville d’Akbou après plus de quatre jours de
violence provoquée en grande partie par le délogement des indus
occupants des logements sociaux et RHP et logements. Toutes les
personnes arrêtées ont été libérées notamment les cinq dernières
interpellations sauf un jeune qui a été mis sous mandat de dépôt et
va être présenté devant le juge aujourd’hui, a-t-on appris hier
auprès d’un responsable de l’APC d’Akbou. Pour rappel, les émeutes
ont été déclenchées samedi soir et l’opération de délogement des
squatteurs de logements n’a pas manqué de provoquer des heurts au
point de déplorer pas mois de 200 blessés parmi les jeunes
manifestants et les forces de l’ordre mobilisées pour faire sortir
les familles qui ont investi les logements non distribués lors des
évènements qu’a connus le pays et la région en particulier le mois
passé. Avant-hier, un jeune qui a été poursuivi par des CNS s’est
jeté d’un toit d’une maison, un geste qui a failli lui coûter la
vie, mais il a été grièvement blessé. A noter que 495 logements ont
été indûment occupés dans la ville d’Akbou, notamment dans les
quartiers La Caserne, GMS et Le Stade.
H.C.
Haut
Avocats de Béjaïa
Me Dris à la
tête du Conseil de l’ordre
Les avocats de la
wilaya de Béjaïa se sont regroupés dans un bâtonnat à la faveur
d’une assemblée générale tenue récemment. Un Conseil de l’ordre des
avocats de la wilaya a été mis en place et 500 avocats y ont pris
part. Au total, 19 membres ont été désignés pour un mandat de trois
ans. La présidence de ce Conseil est chapeautée par Me Dris
Abderahamne. La wilaya de Béjaïa compte une cour qui comprend cinq
tribunaux (Bejaïa, Amizour, Kherrata, Sidi Aïch et Akbou). Quatre
d’entre ces institutions ont été saccagés lors des derniers
évènements qu’a connus le pays. A noter que Me Dris est connu dans
la corporation. Il avait été en juin 2009 le principal animateur
d’une rencontre internationale organisée à Béjaïa dont les thèmes
sont toujours d’actualité : «Les crimes de la France coloniale»,
«Les massacres du 8-Mai 1945 et la législation internationale» ainsi
que
«Les crimes commis
par les Israéliens depuis leur occupation de la Palestine en 1948».
Me Dris est désormais membre du bureau de l’Union nationale des
barreaux algériens. Ce dernier annonce la célébration de la Journée
internationale des avocats à Béjaïa.
T.B.S.
Grande distribution
Le consommateur toujours attaché à l’épicier du coin
Espaces indispensables à la vie économique, les grandes surfaces et
supermarchés n'arrivent pas à s'imposer à Alger, en dépit d'un
marché potentiel prometteur fort de plus de 3,5 millions de
consommateurs.
Dans une économie pourtant ouverte sur la concurrence depuis deux
décennies et une consommation des ménages en constante croissance,
supérettes, supermarchés et hypermarchés, très florissants ailleurs
dans le monde, semblent être boudés par les Algérois, notamment en
raison des prix souvent plus élevés dans ces établissements par
rapport aux commerces de proximité. Faible intérêt des enseignes
internationales à vouloir s’installer en Algérie, concurrence
déloyale de l’informel qui a dissuadé nombre d’opérateurs nationaux
à investir dans la grande distribution : des facteurs qui font que
cette activité demeure très concurrencée par les petits commerces,
voire «quasiment absente», s’accordent à dire de nombreux habitants
de la capitale. Pour les investisseurs dans cette filière, et malgré
«l’énorme potentiel que représente le marché dans le Grand Alger,
avec ses plus de 3,5 millions d’habitants, il est toujours difficile
d’obtenir des terrains susceptibles d’accueillir de nouveaux
supermarchés, hypermarchés ou centres commerciaux», d’où le nombre
insuffisant de ce type de commerce «grand-public» autant à
Alger-Centre que dans sa périphérie, estime un cadre du ministère du
commerce. «L’activité de la grande distribution à Alger dispose d’un
important potentiel. Le Grand Alger peut accueillir des grandes
surfaces d’une capacité totale de plusieurs centaines de milliers de
m2», relève de son côté Alain Roland, président de la Société des
centres commerciaux d’Algérie (SCCA), gestionnaire du centre
commercial et de loisirs de Bab Ezzouar (Est d’Alger). Selon lui,
«toutes les conditions de nature à encourager les investisseurs dans
la grande distribution en Algérie sont réunies, dont les avantages
accordés par l’Agence nationale du développement de l’investissement
(ANDI)». Cela, a-t-il fait remarquer, n’est pas suffisant puisque
«d’une façon générale, en Algérie il y a une faible présence
d’enseignes internationales, principalement en raison du manque
d’espaces adéquats pour qu’elles puissent développer leurs
activités». «Il y a une demande importante dans le marché de la
grande distribution à Alger, mais l’offre n’est pas suffisante»,
souligne M. Roland. Mais les consommateurs algérois, dont la
majorité demeure adepte des marchés et commerces de proximité, ont
tendance à critiquer les prix des produits commercialisés par les
supermarchés existants pour la plupart dans la périphérie d’Alger.
En effet, des Algérois s’interrogent sur «l’utilité de faire ses
courses hebdomadaires dans un supermarché qui pratique les mêmes
prix que ceux affichés dans l’épicerie ou la supérette du coin».
Même avec un nombre total de grandes surfaces et supermarchés dont
le nombre avoisine la soixantaine, implantés surtout dans la
périphérie de la capitale, ces centres d’achat n’ont pas pu, pour
autant, fidéliser ou du moins attirer davantage de clients. Le
manque de commodités pour le stationnement, d’endroits pour la
restauration, de boutiques d’habillement et d‘activités ludiques,
sont les grandes raisons de la désaffection du public pour ces
centres commerciaux, selon des pères de famille qui regrettent
amèrement l’inexploitation des espaces des ex-Galeries algériennes
et Aswak El Fellah dans la grande distribution. En attendant, les
Algérois boudent les grandes surfaces et préfèrent plutôt les
petites supérettes de quartier, «plus conviviales», selon des
habitants du grand Alger.
Par Salem O.
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