Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

 

Scandale

Alors que l'échéance des élections régionales avance à grands pas, le dialogue politique en France devient de plus en plus difficile. Tous les coups semblent aujourd'hui permis pour faire parler de soi et surtout pour tenter de marquer des points auprès des électeurs et sur la scène médiatique. Là était l'intention de François Peillon, homme politique de gauche, ancien bras droit de Ségolène Royal avec laquelle il est aujourd'hui en guerre. Peillon, qui devait assister jeudi dernier à un débat sur France 2 sur l'identité nationale, a réussi à faire parler de lui dans toute la presse nationale en faisant faux bond à l'émission du service public et en se posant en victime d'un piège anti-démocratique. Le socialiste a par ailleurs et au passage réclamé que les dirigeants de France 2 présentent leur démission. Un comportement auquel les politiques, malgré toutes leurs dérives traditionnelles, ne nous avaient pas encore habitués et qui a choqué ou ébloui. Depuis vendredi, la presse s'est emparée du sujet et le traite sous tous les angles possibles comme pour étirer au maximum le sujet qui pour une raison ou une autre semble passionner ou du moins intriguer les Français. Peillon, pour sa part, a réussi à se mettre sous les feux des projecteurs et à se faire passer pour le porte-parole d'une partie des socialistes. Du côté de la direction du PS, on préfère prendre de la distance avec cette affaire et refuser de soutenir son acte que beaucoup qualifient de pied de nez au débat démocratique. En effet, on peut être en désaccord avec le débat initié par le gouvernement sur l'identité nationale, il n'en reste pas moins qu’il est mené, d'après la droite du moins, selon les règles du débat démocratique. Or, en refusant de se joindre au débat et en prenant les journalistes de France 2 en otage, Peillon aurait agi, selon ses détracteurs, en voyou et non plus en démocrate. Toutefois, il est fort à parier que cet incident sera rapidement oublié, car au-delà de l'amour-propre des uns et des autres qui a été heurté par l'attitude de François Peillon, sur le fond, aucun avancement n'a été remarqué dans ce débat qui décidément fait toujours et encore parler de lui.

F.M.

 

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Haïti

Les autorités redoutent jusqu’à 200 000 morts et l’aide peine à s’organiser

 

 17/01/10

 

Haïti

Les autorités redoutent jusqu’à 200 000 morts et l’aide peine à s’organiser

L'aide internationale a commencé vendredi à parvenir en Haïti mais elle peine à s'organiser alors que le désespoir se transforme en violence. Le bilan du séisme ne cesse de s'alourdir, le ministre de l'Intérieur ayant avancé le nombre de 200 000 morts.

Un décompte précis des victimes est pour l'instant impossible, mais tous les chiffres fournis pointent vers une catastrophe gigantesque. Les autorités haïtiennes ont annoncé avoir déjà enterré 40 000 cada-vres et pensent que 100 000 au-tres personnes ont perdu la vie dans le tremblement terre de magnitude 7 qui a frappé mardi à proximité de Port-au-Prince.

«Nous débarrassons les rues des cadavres et nous les mettons dans des fosses communes. Nous avons enterré 40 000 personnes. Nous pensons qu'il y en a 100 000 de plus», a déclaré à Reuters Aramick Louis, secrétaire d'Etat à la Sécurité publique. «Il y a encore beaucoup de gens sous les décombres.»

«Nous nous attendons à ce qu'il y ait au total entre 100 000 et 200 000 morts, même si nous ne connaîtrons jamais le nombre exact», a dit le ministre de l'Intérieur, Paul Antoine Bien-Aim. Le président René Préval a pour sa part comparé la situation de son pays à celle d'une guerre. «Les dégâts que j'ai pu constater ici sont comparables aux dégâts que l'on aurait pu voir dans un pays qui aurait été bombardé pendant 15 ans. C'est comme dans une guerre», a déclaré Préval qui s'est installé dans un commissariat de police qui lui sert de résidence et de bureau. Trois jours après le séisme, des bandes de pillards ont commencé à s'organiser et à s'en prendre à des survivants qui occupent des abris de fortune sur les trottoirs et dans les rues de la capitale. Le désespoir se transforme en violence et cette évolution commence à sérieusement inquiéter les autorités.

«Des incidents se sont produits. Des gens pillaient et se battaient pour de la nourriture. Ils sont désespérés, ils n'ont pas mangé depuis trois jours et sont sans assistance», a commenté le sous-secrétaire général de l'ONU Alain Le Roy. Pour le moment, l'ordre est globalement respecté, a estimé Le Roy, mais la faim risque de provoquer des émeutes si l'aide n'arrive pas très vite. La population a besoin de denrées alimentaires mais ce sont l'eau potable et les antibiotiques qui font le plus cruellement défaut dans l'immédiat, ont estimé des experts médicaux.

Totalement débordées par la situation, les autorités haïtiennes comptent sur l'assistance internationale. Le gouvernement a accepté de céder temporairement le contrôle du principal aéroport du pays aux Etats-Unis afin de faciliter l'acheminement des secours.

Environ un millier de soldats américains se trouvaient sur place vendredi et entre 9 000 et 10 000 sont attendus d'ici à lundi. L'ONU a lancé un appel d'urgence à tous ses membres pour lever 562 millions de dollars, dont près de la moitié serait utilisée pour l'achat de denrées alimentaires, a précisé John Holmes, chef des opérations humanitaires aux Nations unies.

Par ailleurs, le gouvernement haïtien a accepté vendredi de céder temporairement le contrôle du principal aéroport du pays aux Etats-Unis afin de faciliter l'acheminement des secours aux victimes du séisme de mardi, a annoncé le département d'Etat.

«Le Premier ministre (Jean-Max) Bellerive a signé un accord de principe accordant le contrôle de l'aéroport aux Etats-Unis», a déclaré lors d'un point de presse P.J. Crowley, porte-parole du département d'Etat.

«Evidemment, nous assumerons cette responsabilité aussi longtemps qu'il le faudra et jusqu'à ce que le gouvernement haïtien soit prêt à s'en charger à nouveau.» La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton est attendue, hier, dans la capitale haïtienne.

Un phénomène d'engorgement s'est rapidement manifesté sur le petit aéroport de Port-au-Prince dont la piste d'atterrissage de 9 000 pieds peut accueillir des avions gros-porteurs.

La piste a été relativement épargnée par le séisme de mardi, mais la tour de contrôle a été sérieusement endommagée et la capacité d'accueil limitée du trafic aérien retarde l'arrivée des secours. Certains appareils ont été obligés de patienter plusieurs heures en l'air avant de se poser tandis que d'autres ont dû être déroutés. L'armée de l'air américaine travaille depuis mercredi avec les autorités haïtiennes et avec une équipe de l'Administration de l'aviation civile (FAA) pour rétablir les systèmes de navigation et de communication. Ils travaillent également à la gestion des avions au sol et à l'organisation des atterrissages. Plusieurs vols qui devaient  rallier l'aéroport Toussaint Louverture ont été détournés vers la République dominicaine ou vers la Floride, a indiqué la FAA. Vendredi soir, l'interdiction qui concernait la plupart des vols pour lutter contre l'engorgement de l'espace aérien a été levée.

 

 

 

 

 

 

 

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