Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Soutien

Les arabes israéliens loin d’être au-devant de la scène et sont souvent les grands oubliés du conflit qui agite le Proche-Orient depuis plus de soixante ans. Évidemment leur condition est évoquée à l’occasion de chaque grande négociation mais reste très en marge des «véritables» problèmes qui sous-tendent les relations israélo-palestiniennes.  Toutefois, les arabes israéliens peuvent compter sur leurs représentants à la Knesset (parlement israélien) pour défendre au mieux leurs intérêts. C’est ainsi que cette semaine les députés arabes à la Knesset ont décidé de se livrer à une offensive législative concertée contre la série de lois de «protection nationale» votées par la majorité actuelle. Des propositions individuelles de loi ont été déposées pour remettre en question la «loi de la Nakba», la «loi des commissions d’acceptation dans les localités» et la «loi de citoyenneté». Muhamad Barake auteur d’un nouveau texte de loi sur la citoyenneté, estime par exemple que «la loi actuelle institue une discrimination envers les citoyens arabes par le fait qu’elle interdit à un Arabe israélien d’épouser une Arabe palestinienne de Cisjordanie et de l’emmener habiter avec lui à l’intérieur de la ‘ligne verte’». De leur côté, deux autres députés Jamal Zahalka et Hanin Zouabi ont déposé un texte demandant l’annulation de la «loi de la Nakba» qui punit toute association de droit public qui commémorerait ouvertement le jour de la déclaration de l'indépendance de l'État d'Israël comme un jour de deuil. Pour les deux députés indignés, «il ne s’agit ni plus ni moins qu’une atteinte à la liberté d’expression et au droit de rassemblement». Les deux députés veulent également faire annuler la «loi sur les commissions d’acceptation dans les localités», qui permet à ces commissions de refuser l’installation d’une famille si cela perturbe la sécurité ou le style de vie des habitants. La Knesset avait voté cette loi après que des Arabes israéliens avaient commencé à vouloir s’installer dans des localités juives de Galilée dans le but, selon les colons israéliens, de «déjudaïser» progressivement la région en faisant fuir les familles juives. Une organisation judéo-arabe qui s’est rangée aux côtés des députés arabes a d’ailleurs pour sa part considéré que «ces lois israéliennes établissent une hiérarchie entre juifs et arabes en Israël» et que «la période actuelle était une période sombre de l’Histoire, dans laquelle la sécurité des Arabes en Israël était menacée par le terrorisme juif et leurs droits bafoués par une législation raciste systématique». Pourtant, au niveau international les lois iniques qui visent les arabes israéliens ne sont pas ou très peu critiquées prouvant encore une fois que les dirigeants hébreux semblent être munis d’un  passe-droit qui leur permet de bafouer les lois et les institutions internationales ainsi que d’ostraciser toute une frange de leur population sans que cela ne fasse réagir l’Occident.      

F. M.

Monde

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Cisjordanie

Manifestations pour un détenu palestinien en grève de la faim

 

 16/02/12

 

Cisjordanie

Manifestations pour un détenu palestinien en grève de la faim

Des manifestations se déroulaient hier en Cisjordanie et à Ghaza en solidarité avec un membre du mouvement radical palestinien emprisonné en Israël, en danger de mort

après 60 jours de grève de la faim.

Khader Adnane, 34 ans, a été autorisé à recevoir hier la visite de sa famille dans un hôpital de Safed, dans le nord d'Israël, où il est en détention administrative, a-t-on appris auprès de son épouse et de l'administration pénitentiaire. Détenu sans inculpation, il a été arrêté en décembre par l'armée israélienne près de Jénine dans le nord de la Cisjordanie occupée, où il était porte-parole du Jihad islamique. Il est en grève de la faim depuis le 18 décembre. Des rassemblements de solidarité sont organisés devant la prison militaire israélienne d'Ofer en Cisjordanie et les sièges du Croissant-Rouge dans toutes les villes palestiniennes, ainsi que des grèves de la faim ponctuelles, selon le président de la commission pour la défense des prisonniers, Amine Chomane. Près d'un millier de personnes, essentiellement des jeunes, se sont rassemblées devant la prison d'Ofer, près de Ramallah. Des heurts ont éclaté, les manifestants lançant des pierres et les forces israéliennes tirant des gaz lacrymogènes et des balles caoutchoutées, selon un photographe de l'AFP et des témoins. A Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, des centaines de personnes observaient un sit-in en présence de responsables, dont le ministre palestinien des Prisonniers, Issa Qaraqaë. Les manifestants brandissaient des photos du détenu et des banderoles sur lesquelles on pouvait lire «Non à la «Khader Adnane est devenu un symbole national, arabe et international, de défense de la dignité des hommes libres dans le monde entier», a déclaré le ministre à l'AFP. «Le monde doit forcer Israël à rendre leurs droits aux prisonniers palestiniens et à les traiter comme des prisonniers de guerre et non pas comme des criminels», a-t-il ajouté. Des rassemblements similaires se tenaient dans l'ensemble des territoires palestiniens, notamment à Gaza, où un appel à une grève de la faim en solidarité avec le détenu de 08h00 à 18h00 locales a été lancé. L'avocat de Khader Adnane, Jawad Boulos, a annoncé à l'AFP son intention de saisir la Cour suprême israélienne en raison de la dégradation de l'état de santé du détenu, dont la demande de remise en liberté a été rejetée lundi par un tribunal militaire. L'avocat, qui lui a rendu visite mardi, a affirmé que le détenu avait les mains et les pieds menottés à son lit d'hôpital dans des «conditions inhumaines». L'association Médecins pour les droits de l'Homme-Israël (PHR-Israel) a souligné dans un communiqué que ces derniers jours, M. Adnane avait été examiné par un médecin indépendant, un bénévole de PHR-Israel, qui a affirmé: «L'heure tourne». «M. Adnane est toujours enchaîné à son lit d'hôpital, en violation de l'éthique médicale, des réglementations du ministère de la Santé et même de celles de l'administration pénitentiaire israélienne», selon le texte. Selon la loi israélienne, héritée du mandat britannique, un suspect peut être maintenu jusqu'à six mois sans inculpation en détention administrative, renouvelable indéfiniment.

Ahlem B.

 

 

 

 

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