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Cisjordanie
Manifestations
pour un détenu palestinien en grève de la faim
Des manifestations
se déroulaient hier en Cisjordanie et à Ghaza en solidarité avec un
membre du mouvement radical palestinien emprisonné en Israël, en
danger de mort
après 60 jours de
grève de la faim.
Khader Adnane, 34
ans, a été autorisé à recevoir hier la visite de sa famille dans un
hôpital de Safed, dans le nord d'Israël, où il est en détention
administrative, a-t-on appris auprès de son épouse et de
l'administration pénitentiaire. Détenu sans inculpation, il a été
arrêté en décembre par l'armée israélienne près de Jénine dans le
nord de la Cisjordanie occupée, où il était porte-parole du Jihad
islamique. Il est en grève de la faim depuis le 18 décembre. Des
rassemblements de solidarité sont organisés devant la prison
militaire israélienne d'Ofer en Cisjordanie et les sièges du
Croissant-Rouge dans toutes les villes palestiniennes, ainsi que des
grèves de la faim ponctuelles, selon le président de la commission
pour la défense des prisonniers, Amine Chomane. Près d'un millier de
personnes, essentiellement des jeunes, se sont rassemblées devant la
prison d'Ofer, près de Ramallah. Des heurts ont éclaté, les
manifestants lançant des pierres et les forces israéliennes tirant
des gaz lacrymogènes et des balles caoutchoutées, selon un
photographe de l'AFP et des témoins. A Hébron, dans le sud de la
Cisjordanie, des centaines de personnes observaient un sit-in en
présence de responsables, dont le ministre palestinien des
Prisonniers, Issa Qaraqaë. Les manifestants brandissaient des photos
du détenu et des banderoles sur lesquelles on pouvait lire «Non à la
«Khader Adnane est devenu un symbole national, arabe et
international, de défense de la dignité des hommes libres dans le
monde entier», a déclaré le ministre à l'AFP. «Le monde doit forcer
Israël à rendre leurs droits aux prisonniers palestiniens et à les
traiter comme des prisonniers de guerre et non pas comme des
criminels», a-t-il ajouté. Des rassemblements similaires se tenaient
dans l'ensemble des territoires palestiniens, notamment à Gaza, où
un appel à une grève de la faim en solidarité avec le détenu de
08h00 à 18h00 locales a été lancé. L'avocat de Khader Adnane, Jawad
Boulos, a annoncé à l'AFP son intention de saisir la Cour suprême
israélienne en raison de la dégradation de l'état de santé du
détenu, dont la demande de remise en liberté a été rejetée lundi par
un tribunal militaire. L'avocat, qui lui a rendu visite mardi, a
affirmé que le détenu avait les mains et les pieds menottés à son
lit d'hôpital dans des «conditions inhumaines». L'association
Médecins pour les droits de l'Homme-Israël (PHR-Israel) a souligné
dans un communiqué que ces derniers jours, M. Adnane avait été
examiné par un médecin indépendant, un bénévole de PHR-Israel, qui a
affirmé: «L'heure tourne». «M. Adnane est toujours enchaîné à son
lit d'hôpital, en violation de l'éthique médicale, des
réglementations du ministère de la Santé et même de celles de
l'administration pénitentiaire israélienne», selon le texte. Selon
la loi israélienne, héritée du mandat britannique, un suspect peut
être maintenu jusqu'à six mois sans inculpation en détention
administrative, renouvelable indéfiniment.
Ahlem B.
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