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Marché informel

Le trabendo, un mal nécessaire ?

Echec du dialogue Ould Abbès et paramédicaux 

Des milliers de malades dans le désarroi

Lounès Ghachi, SG du Syndicat des paramédicaux (SAP)

«Nous voulons un vrai dialogue avec le ministre»

La tension monte entre Rome et Tunis

Exode massif de jeunes Tunisiens

Coopération algéro-italienne dans le domaine de la PME

Rome propose son savoir-faire à Alger

Pour constituer le premier groupe minier algérien

Cinq entreprises publiques vont se regrouper

Les squatteurs d'Akbou délogés 

L’agence de l’emploi et l’inspection du travail saccagées

 

 16/02/11

Marché informel

Le trabendo, un mal nécessaire ?

Le concept d'informel, découvert dans les années 1970, existe dans toutes les économies. «C'est une réalité universelle mais à des proportions qui varient selon les capacités d'emploi offertes dans le marché formel».

N’ayant pas pu accéder à un emploi, les jeunes Algériens, souvent sans niveau scolaire requis, versent dans le marché informel. Un marché qui, malgré sa répression, est en augmentation constante en Algérie. Actuellement, pour ces jeunes ce n’est plus de l’argent de poche dont il est question mais d’un revenu qui leur permet de prendre en charge leurs familles.

Pour débattre de cette question qui touche des milliers de jeunes Algériens et Algériennes, l’émission «Question d’Actu» de Canal Algérie, a tenté avant-hier de comprendre ce phénomène grâce aux explications de spécialistes.Ainsi, pour comprendre comment ces jeunes sont  arrivés sur le marché de l’informel, Mohamed Saïb Musette, sociologue et chercheur au Cread, indiquera que «quand on est défavorisé et qu’on n’a pas accès à l’emploi à ce niveau, on ne cherche même pas la réglementation. On va s’adonner à un travail honnête, en achetant et revendant un produit donné», soulignant que «le concept d’informel, découvert dans les années 1970, existe dans toutes les économies. C’est une réalité universelle mais à des proportions qui varient selon les capacités d’emploi offertes dans le marché formel». Plaidant en faveur de ces jeunes «très malléables» avec lesquels «on peut faire beaucoup de choses» et auxquels «il faut faire confiance, et parler avec eux leur langage», Mohamed Saib Musette dira que ces «jeunes c’est un monde à part. Entrer dans ce monde et vous verrez qu’il y a beaucoup de créativité».

 «Il y a un cri de la jeunesse pour un emploi digne»

Aussi, déplorera-t-il qu’«on en ait fait des inutiles» et que «chaque année on exclut de l’école 500 000 jeunes qu’on met à la rue et que les parents n’arrivent plus à tenir». Et là, ces jeunes, étayera le sociologue, «essaient de gagner leur vie par tous les moyens, en vendant dans la rue. Ils essaient de vivre, de survivre». C’est ainsi que le sociologue mettra sur la table «les différentes tentatives de ces jeunes à quitter le pays». Il s’agit là, expliquera Mohamed Saib Musette, d’un «cri de la jeunesse pour un emploi digne, un salaire décent qui correspondent à ses capacités». Dans ce contexte, il s’interrogera sur l’utilité réelle des différents dispositifs d’emploi qu’il qualifiera de «précaires». A l’instar de ces médecins pris dans ces dispositifs à qui on donne 7 000 DA alors qu’on les fait travailler encore plus que ceux titulaires. L’informel, soulignera-t-il, touche toutes les catégories sociales et toutes les tranches d’âge à même de travailler. Par ailleurs, le sociologue abordera les grandes activités de l’informel, qui, dira-t-il, sont l’œuvre de couches sociales aisées. Ainsi, parlant de l’importation des pétards à la veille du Mouloud, les jeunes qui revendent ces produits affirment tous, selon lui, qu’«avant de s’en prendre à eux, vendeurs, il faudrait s’interroger sur qui a ramené et  fait passé ce produit ? Pour nettoyer un escalier, c’est d’en haut qu’il faut commencer à balayer non pas par le bas».

2/3 des ménages en Algérie s’approvisionnent du marché informel       

Quant à Bouchama Chouam, professeur en économie à l’université d’Oran, il fera le constat selon lequel pour une question de coût, «les 2/3 des ménages en Algérie s’approvisionnent du marché informel». Il relèvera qu’au stade actuel «il est question d’analyser la nature de ce marché informel». Il expliquera alors que souvent il est question de lutter contre le marché informel alors qu’«il ne s’agit pas de lutte car il n’ y a pas d’ennemi en face, il n’existe pas. L’ennemi, c’est un agent économique qui n’est pas déclaré et non domicilié». Il arguera que «dans les pays développés, prenant l’exemple de l’Italie, il n’a jamais été question de chasser le marché informel, mais plutôt de l’organiser, de le ramener vers le formel». Par ailleurs, le professeur relèvera que certes «l’informel est lié dans une large mesure au problème du chômage, mais ce dernier n’est pas la seule explication de la propagation de l’informel. Il y a certains qui de par le formel gagnent beaucoup plus en travaillant dans l’informel».

 «Il faut éviter  de provoquer ces jeunes»        

De ce fait, Bouchama Chouam dira qu’«il faut éviter  de provoquer ces jeunes qui sont dans l’informel. Il faut réfléchir plus à trouver des solutions qu’à les réprimer, il faut communiquer avec ces jeunes. Souvent lorsqu’on leur demande pourquoi ne pas créer une petite entreprise, ils ignorent comment ouvrir une activité commerciale, en raison d’un manque de communication. Les pouvoirs publics dépensent certes beaucoup d’argent, mais ils communiquent très mal».

70% de personnes à moyen revenu  dans l’informel       

En outre, Mme Amel Lakehal, directrice de la population et de l’emploi à l’Office national des statistiques (Ons), soulignera  qu’il y a une conjugaison de plusieurs facteurs économiques et sociaux qui font qu’un taux de 44% de la population active a été enregistrée en 2009 dans l’informel, hormis le secteur agricole, contre 34% en 2001.

Ainsi, parmi les facteurs ayant contribué à la prolifération de l’informel, la responsable à l’Ons citera le passage d’une économie administrée à une économie de marché, une croissance démographique qui a suscité une tension sur le marché de l’emploi, en ce sens où dix millions huit cent mille personnes sont âgées entre 15 et 20 ans en 2009, soit 31% de la population algérienne. Sur cette question de statistiques, Bouchama Chouam reprenant la parole affirmera qu’«il est très difficile d’apprécier réellement la population exacte qui exerce dans le marché informel». Et d’ajouter que «70% des personnes dont le revenu se situe en moyenne autour de

20 000 DA et moins vont acheter les produits de première nécessité dans ces marchés informels». Ce qui démontre l’ampleur de ce phénomène en Algérie. C’est la raison pour laquelle, poursuivra-t-il, «il faut raisonner à une stratégie à long terme» sur ce phénomène.

21,52%  de femmes exercent dans ce secteur

Pour Yamina Rahou, sociologue au Centre national de recherches en anthropologie sociale et culturelle d’Oran (Crasc), dont les travaux de recherches sont essentiellement axés sur les femmes, affirmera qu’une étude menée en 2006 sur les femmes et leur intégration économique, dont une partie a concerné le travail informel et qui ont touché 14 wilayas, les chiffres ont révélé que 21,52% des femmes exercent dans l’informel. Ces femmes sont en majorité des jeunes femmes célibataires âgées entre 16 et 25 ans dont le niveau d’instruction est situé entre le moyen et le secondaire. Elles représentent donc les exclues du système scolaire. Elle sont pour la plupart d’entre elles issues de familles nécessiteuses. 45% d’entre elles travaillent dans l’informel pour disposer d’un revenu personnel, pour les autres c’est pour aider leur famille. Il est incontestable que l’informel a permis à ces jeunes filles d’accéder à une certaine indépendance financière et de participer à la prise en charge de leurs familles.

L’activité informelle permet aussi à d’autres d’accéder à l’activité privée. Parallèlement à cela, il y a des contingents de femmes diplômées qui arrivent sur le marché du travail. Donc nous sommes face à deux défis. D’une part, comment insérer dans des activités légales celles qui travaillent déjà dans le cadre de l’informel, d’autre part, répondre à cette forte demande de l’emploi formulée par les femmes diplômées.          

Par Lynda N. Bourebrab

 

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Echec du dialogue Ould Abbès et paramédicaux 

Des milliers de malades dans le désarroi

Certes, le service minimum a été assuré, mais sans que cela ne puisse garantir la prise en charge de tous les malades qui affluaient vers les hôpitaux.

«Je suis ici depuis le matin, je ne sais pas si le service est assuré ou non, j’attends en vain depuis plus de deux heures» a raconté, indigné, un patient, la jambe dans le plâtre, rencontré hier, au service traumatologie de l’hôpital Mustapha-Pacha. Plusieurs citoyens, ayant des consultations ou des bilans à faire, ont été sérieusement pénalisés. Certes, le service minimum a été assuré, mais sans que cela ne puisse garantir la prise en charge de tous les malades, qui affluaient vers les hôpitaux. A la grève des paramédicaux s’est ajoutée la fête du «Mawlid», deux événements qui ont coïncidé, au grand dam des malades et de leurs familles. Au Centre Pierre-et-Marie-Curie (CPMC), le personnel de la santé a affirmé que «le service minimum a été amplement assuré et les cas urgents ont été automatiquement pris en charge». N’empêche que des malades cancéreux ont exprimé leurs craintes quant au bon fonctionnement du service et les répercussions de la grève sur leur prise en charge médicale. Dans ce même centre, un infirmier a affirmé que «le programme des séances de chimio et radiothérapie a été maintenu» et «tous les cas urgents sont admis». Ce qui demeure néanmoins insuffisant. A l’hôpital Belloua, dans la wilaya de Tizi Ouzou, la grève des paramédicaux a privé les cancéreux des résultats de leurs bilans médicaux. Des patients nous ont d’ailleurs, exprimé leur frustration de ne pas connaître l’évolution de leur état de santé.

«Je me suis présenté pour avoir mon bilan, ils ont promis de m’appeler sur mon téléphone prochainement, pourtant j’avais rendez-vous le jour même» a-t-on appris auprès d’un malade. A la clinique des brûlés de la rue Pasteur à Alger, le mot d’ordre de grève a été largement suivi. «Le personnel est mobilisé pour les cas graves et urgents, mais les soins qui peuvent attendre ont été ajournés» dira un infirmier. Affirmant que «le personnel paramédical a toujours fait preuve d’abnégation au service des malades», notre interlocuteur s’est dit «scandalisé par la conduite du ministre de la Santé qui a appelé au dialogue, mais sans daigner recevoir les syndicalistes». «Nous sommes sérieusement choqués, mais aussi déterminés à aller jusqu’au bout de notre action de protestation» dira notre interlocuteur. Les paramédicaux mettent l’entière responsabilité du développement de la situation sur le dos de la tutelle, qui ne fait rien pour éviter aux milliers de malades des désagréments inutiles. «A l’image des patients, nous sommes aussi victimes, des promesses du ministère de la Santé» relève un infirmier. En fait, force est de relever, que la situation s’achemine droit vers le pourrissement. La grève n’est qu’à ses premiers jours et l’on assiste à beaucoup de perturbations et d’appréhension de la part des malades. Une situation qui risque de s’aggraver dans les prochains jours, d’autant que le dialogue entre la tutelle et le Syndicat national des paramédicaux est, d’ores et déjà, en cul de sac. On apprend qu’actuellement, des médecins assurent le service, même en l’absence d’infirmiers, mais cela ne devrait pas durer très long temps. Plusieurs malades interrogés, hier, à l’hôpital Mustapha Pacha ont émis le souhait de voir le ministère intervenir et prendre en charge les revendications socioprofessionnelles des infirmiers. «Je crains que le ministère fasse tête et laisse la grève perdurer durant deux ou trois mois, comme c’était le cas avec les praticiens» fait remarquer un père de famille, ajoutant qu’ «à la fin, Ould Abbès avait reconnu la justesse des revendications des médecins, mais personne ne s’est rappelé de la souffrance de milliers de malades dont les interventions chirurgicales et consultations médicales ont été reportées sine die». 

Par Aomar F.

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Lounès Ghachi, SG du Syndicat des paramédicaux (SAP)

«Nous voulons un vrai dialogue avec le ministre»

Que s’est-il passé avant-hier avec le ministère de la Santé ? Est-ce un problème d’horaire de rendez-vous ou absence de volonté ?

La réunion avec le ministère de la Santé prévue dimanche dernier n’a pas été tenue en raison de l’absence de volonté de la tutelle. Notre Syndicat (SAP) a décliné l’invitation du ministère pour ne pas avoir reçu une invitation officielle. Le directeur des ressources humaines nous a contactés par téléphone, pour nous demander de nous déplacer au ministère pour voir s’il y a du nouveau. Nous refusons de nous présenter si la tutelle n’a pas l’intention de nous proposer quelque chose de concret. Une réunion officielle doit se faire par une invitation officielle. En plus, nous devons passer par l’arbitrage et les réunions de conciliation. Ces réunions ne peuvent pas se tenir sans la présence de l’inspection du travail et les représentants de la Fonction publique. Or, la tutelle veut nous réunir sans la présence de ces derniers et sans signer aucun PV de réunion. Le ministre de la Santé n’a rien fait pour le moment pour désamorcer la situation. Il n’a même pas la volonté de discuter. La manière dont il traite notre syndicat prouve une fois de plus le manque de sérieux et le mépris à l’encontre des paramédicaux.

Comment expliquez-vous le désistement du ministre après vous avoir invité au dialogue ?

Je pense que ça été préparé comme ça. Le ministre nous a préparé le coup. Si la tutelle veut vraiment régler notre problème, elle commence d’abord par réintégrer nos collègues suspendus déjà parce qu’ils ont observé grève. Je vous assure que le ministre ne fait aucun effort pour régler notre problème. Nous avons fais grève. On s’attendait à des réactions positives de son côté. Mais malheureusement, c’est le contraire. La tutelle s’est contentée de nous dire que votre problème sera réglé dans les prochains jours. Nous n’avons pas besoin de parole, nous voulons du concret. Le temps des promesses est révolu. Tous les ministres qui se sont succédé à la tête de notre département nous ont fait des promesses qu’ils n’ont jamais tenues. Nous sommes le corps le plus important dans le secteur, mais le plus méprisé. Sans nous, les hôpitaux marcheront au ralenti. La tutelle gère les conflits anarchiquement, sans tenir compte de la gravité de la situation.  

Que proposez-vous pour débloquer la situation ?

La balle est dans le camp du ministère. C’est à lui de trouver une solution à ce conflit. Nous de notre côté, on est prêts à un dialogue sérieux. Cette situation n’arrange pas les paramédicaux aussi. Pour nous, toute solution doit passer inévitablement par la prise en charge de nos revendications socioprofessionnelles. Il faut du concret. La tutelle nous appelle pour discuter, mais elle ne nous propose rien si ce n’est des promesses sans lendemain. On est en grève illimitée et tout le personnel reste mobilisé jusqu’à la satisfaction de nos doléances. Nos revendications sont claires. Les paramédicaux veulent la promulgation d’un statut devant les intégrer au système LMD et à leur classification à l’échelle 11. Nous voulons un vrai dialogue avec la tutelle et pas un dialogue de sourds. 

Les malades sont dans le désarroi, à qui incombe la responsabilité ?

Le ministre de la Santé est le seul responsable de leur désarroi. Les paramédicaux sont aussi malades par leur statut. Le ministre n’a jamais pensé aux malades, ce sont les paramédicaux qui sont dans les hôpitaux et qui travaillent dans des conditions catastrophiques. Et pourtant nous n’avons droit qu’à son mépris à notre égard. Nous ne sommes pas encouragés. Nous n’avons rien contre les malades, bien au contraire nous voulons l’amélioration de nos conditions de travail pour mieux les servir. Il faut nous soigner nous aussi, car on est malades. Figurez-vous  qu’un infirmier qui a accumulé 32 ans de services touche 29 000 DA. N’est-ce pas une humiliation ?

Propos recueillis par Hocine Larabi

 

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La tension monte entre Rome et Tunis

Exode massif de jeunes Tunisiens

 Evoquant un «système tunisien à la dérive», le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni, membre du parti anti-immigrés et populiste de la Ligue du Nord, avait souhaité un déploiement de ses policiers en Tunisie. Une position «inacceptable».

Le gouvernement tunisien a prévenu qu’il rejetait de manière catégorique «toute ingérence dans ses affaires intérieures» ou «atteinte à sa  souveraineté», selon un responsable du ministère des Affaires étrangères. Suite aux grandes vagues d’émigrants clandestins tunisiens arrivés sur les côtes italiennes à la suite du départ du président Ben Ali, la tension ne cesse de monter entre Rome et Tunis. Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini est arrivé lundi soir à Tunis pour évoquer, avec le Premier ministre Mohamed Ghannouchi, l’exode massif de clandestins tunisiens vers l’Italie qui a provoqué une crise entre Rome et Tunis, ont rapporté des agences de presse. M. Frattini est arrivé en début de soirée. Selon son entourage il n’aura qu’un entretien avec le Chef du gouvernement tunisien avant de repartir. Le chef de la diplomatie italienne effectue cette visite éclair, en marge d’un voyage prévu de longue date en Syrie et en Jordanie, pour tenter de trouver les moyens d’endiguer le flux de clandestins arrivés ces derniers jours sur la petite île de Lampedusa (138 km des côtes de Tunis). Evoquant un «système tunisien à la dérive», le ministre italien de l’Intérieur, Roberto Maroni, membre du parti anti-immigrés et populiste de la Ligue du Nord, avait souhaité un déploiement de ses policiers en Tunisie. Une position «inacceptable», a répondu le gouvernement tunisien même s’il s’est dit «prêt à coopérer» avec les autres pays pour enrayer cet exode. Avant son départ dans la région,

M. Frattini a estimé que les deux pays avaient un intérêt commun à freiner le trafic. Selon les observateurs, Rome compte opérer un déploiement militaire pour patrouiller au large de la Tunisie. Une idée qui a été jugée «inacceptable» par l’UE et «catégoriquement» rejeté par les autorités tunisiennes. La Tunisie rejette catégoriquement «toute ingérence dans ses affaires intérieures» mais est «prête à coopérer» avec les autres pays pour enrayer l’exode vers l’Europe de clandestins tunisiens, a indiqué lundi le ministère des Affaires étrangères.        

Par Salah Harirèche

 

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Coopération algéro-italienne dans le domaine de la PME

Rome propose son savoir-faire à Alger

Connue pour être leader mondial en matière de création de PME, avec un tissu de 4,5 millions d’entreprises, l’Italie propose à l’Algérie de la coopération et du savoir-faire.  C’est du moins ce qu’il ressort des déclarations faites, en ce début de semaine par le ministère italien du Développement économique, Paolo Romani, qui était en visite à Alger. «Nous avons 4,5 millions de PME pouvant être un modèle pour l’Algérie qui table sur la création de 200 000 nouvelles PME dans le cadre de son plan quinquennal actuel d’investissements publics», a-t-il suggéré.

Toujours dans le domaine de la coopération, le ministre italien a déclaré que les entreprises qui seront créées en Algérie, avec l’aide de son pays, vont rentrer dans le cadre des relations bilatérales en plus du fait qu’elles permettront à terme de diversifier les exportations de l’Algérie. «Ces PME, une fois créées, seront évidemment introduites dans notre relation bilatérale et pourraient permettre à l’Algérie d’élargir ses exportations par d’autres produits que les hydrocarbures.» Tout en rappelant l’existence de grandes entreprises italiennes en Algérie, Romani a réitéré son appel aux entreprises de son pays pour venir investir davantage en Algérie. «Beaucoup d’entreprises italiennes, parmi les plus importantes, sont déjà présentes en Algérie», a-t-il annoncé et d’ajouter qu’il est «disponible» pour encourager les entreprises italiennes à travailler en Algérie et à y renforcer leur présence, a-t-il encore indiqué dans un communiqué émanant du ministère de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, rapporté par l’APS.

Sans les énumérer, le ministre italien du Développement économique reconnaît l’existence de problèmes qui entravent l’avancement des projets communs, mais reste toutefois confiant de leur trouver des solutions. «Beaucoup de projets communs sont à l’ordre du jour et notre objectif  principal est de résoudre les problèmes là où ils se trouvent», a-t-il déclaré à la presse au terme d’une réunion avec le ministre algérien du Commerce, Mustapha Benbada et de continuer : «J’ai l‘impression que nous allons atteindre cet objectif.» Au cours de sa visite, le ministre italien a eu des discussions avec ses homologues de l’Energie et des Mines et avec celui de la Poste et des Télécommunications pour parler des projets futurs et en cours de réalisation. A ce sujet et afin de mieux identifier des projets de partenariat dans divers secteurs, le ministre italien a proposé la tenue avant l’été prochain d’une rencontre d’entrepreneurs des deux pays à Milan.

Selon Paolo Romani, les relations entre l’Italie et l’Algérie «sont très importantes» puisque ce pays s’est classé en 2010 deuxième client de l’Algérie (après les USA) avec 6,39 milliards de dollars d’importations, et troisième fournisseur (après la France et la Chine) avec des exportations de 3,89 milliards, selon les chiffres des Douanes algériennes.

Par Hafid Mesbah

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Pour constituer le premier groupe minier algérien

Cinq entreprises publiques vont se regrouper

Le nouveau groupe minier public Manadjim El Djazaïr, dont la création a été approuvée lors du dernier Conseil des ministres, sera constitué des sociétés Ferphos, ENG, Enof, Enasel et Enamarbre, selon le ministère de l’Energie et des Mines. Totalisant un capital social de près de 5 milliards de dinars, ces cinq sociétés, qui relevaient auparavant du portefeuille de la Société de gestion des participations de l’Etat des mines (SGP-Somines) opèrent particulièrement dans des activités liées, notamment, à l’extraction de produits miniers et les matériaux de construction, explique cette source.  Dotée d’un capital social détenu par l’Etat «imprescriptible et inaliénable», cette nouvelle entité devra contribuer à l’intensification de la prospection et l’exploitation des richesses minières de l’Algérie, permettant, du coup, la création de nombreux postes d’emploi et de promouvoir les exportations hors hydrocarbures, rappelle-t-on. La politique de regroupement des entreprises qui a débuté avec Sonatrach, Sonelgaz et Gica (ciment) a pour objectif de donner plus de force aux entreprises algériennes, et de créer une nouvelle synergie au sein de ces entités économiques, selon des observateurs. La plus grande de ces société, à savoir Ferphos (Société de phosphates, de minerais de fer, de pouzzolane, de fonte et de l’immobilier), est l’héritière de la Sonarem (Société nationale de recherches et d’exploitation minières) créée en juillet 1983 avant d’être transformée en société par actions avec son actuelle appellation en mai 1990. Basée à Annaba et dotée d’un capital social de 2, 241 milliards de dinars, Ferphos est spécialisée, à travers ses huit filiales, dans la recherche, le développement, l’exploitation et la commercialisation du phosphate, du minerai de fer et de la pouzzolane. S’agissant de l’ENG (Entreprise nationale des granulats), son activité est axée sur la gestion des opérations de production, de commercialisation et de développement des granulats, du carbonate de calcium et des pierres ornementales. Créée en novembre 1986, l’ENG ainsi que l’ensemble de ses 14 unités ont bénéficié en 1999 d’un nouveau plan de réhabilitation, de modernisation et de développement.  Cette réhabilitation lui a permis de répondre à la forte demande exprimée par les sociétés de BTPH, particulièrement en matière de sable pour bétons hydrauliques. L’ENG, dont le siège social est à Alger, est dotée d’un capital d’un milliard de dinars et emploie plus de 1 100 agents. Concernant l’Enof (Entreprise nationale des produits miniers non-ferreux et des substances utiles), elle a été créée en juillet 1986 et réorganisée en six filiales en janvier 2001. Son capital social est de 670 millions de dinars. Avec un patrimoine de 18 mines et carrières, l’Enof est spécialisée dans l’exploitation des mines souterraines et à ciel ouvert pour la production et la commercialisation de minerais non-ferreux et des substances non métalliques. Les principales substances exploitées par cette société, basée à Alger, sont la baryte, la dolomie et le carbonate de calcium.              

Farid H.

 

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Les squatteurs d'Akbou délogés 

L’agence de l’emploi et l’inspection du travail saccagées

Hier le calme est revenu dans la matinée, mais l’on s’attend à d’autres échauffourées après la décision des autorités locales (daïra entre autres) de déloger les autres squatteurs de la cité GMS.

Les forces de l’ordre ont délogé avant-hier les squatteurs des logements de la cité la caserne d’Akbou. Ces logements ont été squattés à la faveur des derniers évènements qu’a connus le pays en général, et la région en particulier. L’opération s’est déroulée non sans heurts. Par ailleurs, des affrontements se sont poursuivis durant trois jours. Hier le calme est revenu dans la matinée, mais l’on s’attend à d’autres échauffourées après la décision des autorités locales (daïra entre autres) de déloger les autres squatteurs de la cité GMS (Tikhamines) et la cité du Stade. Pas moins de 495 logements au total ont été squattés dans la ville d’Akbou il y a  quelques semaines. Des heurtes ont été enregistrés aussi à proximité de la daïra et du commissariat mitoyen à l’hôpital Aklou Ali. Les habitants de la cité des 90 logements ont exprimé leur inquiétude au sujet des violences qui leur empoisonnent la vie à chaque émeute. Ils ont appelé tout le monde à éloigner les jeunes de leur quartier devenu un lieu de batailles rangées entre ces derniers et les forces de l’ordre. Parfois l’air devient irrespirable à cause des gaz lacrymogènes. Une réunion a été tenue par les protagonistes à ce sujet. Deux jours avant, une réunion a été convoquée par les autorités locales et la société civile pour tenter de sensibiliser les jeunes à la non-violence, sans succès. La commission de distribution de logements travaille d’arrache-pied pour l’étude des 8 000 demandes de logement se trouvant à son niveau afin de distribuer les appartements très prochainement et mettre fin à l’anarchie. Une anarchie qui a coûté cher puisque les sièges de l’inspection du travail et de l’emploi ont été complètement saccagés, sans compter les dizaines de blessés enregistrés. A l’heure où nous mettons sous presse, le calme est revu mais le risque d’un nouveau foyer de tension n’est pas exclu vu que les autorités ont décidé de déloger encore les squatteurs des  cités du Stade et GMS.  A noter que les émeutes ont été menées par un groupe de jeunes au départ dont les revendications étaient portées sur le changement avant que d’autres jeunes ne les rejoignent  et la décision de déloger les indus occupants des logements sociaux en ce moment précis n’a pas été sans rajouter à l’atmosphère qui règne dans la ville.             

Par Tarek B.S.    

 

 

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