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Marché informel
Le trabendo, un
mal nécessaire ?
Le concept
d'informel, découvert dans les années 1970, existe dans toutes les
économies. «C'est une réalité universelle mais à des proportions qui
varient selon les capacités d'emploi offertes dans le marché
formel».
N’ayant pas pu
accéder à un emploi, les jeunes Algériens, souvent sans niveau
scolaire requis, versent dans le marché informel. Un marché qui,
malgré sa répression, est en augmentation constante en Algérie.
Actuellement, pour ces jeunes ce n’est plus de l’argent de poche
dont il est question mais d’un revenu qui leur permet de prendre en
charge leurs familles.
Pour débattre de
cette question qui touche des milliers de jeunes Algériens et
Algériennes, l’émission «Question d’Actu» de Canal Algérie, a tenté
avant-hier de comprendre ce phénomène grâce aux explications de
spécialistes.Ainsi, pour comprendre comment ces jeunes sont arrivés
sur le marché de l’informel, Mohamed Saïb Musette, sociologue et
chercheur au Cread, indiquera que «quand on est défavorisé et qu’on
n’a pas accès à l’emploi à ce niveau, on ne cherche même pas la
réglementation. On va s’adonner à un travail honnête, en achetant et
revendant un produit donné», soulignant que «le concept d’informel,
découvert dans les années 1970, existe dans toutes les économies.
C’est une réalité universelle mais à des proportions qui varient
selon les capacités d’emploi offertes dans le marché formel».
Plaidant en faveur de ces jeunes «très malléables» avec lesquels «on
peut faire beaucoup de choses» et auxquels «il faut faire confiance,
et parler avec eux leur langage», Mohamed Saib Musette dira que ces
«jeunes c’est un monde à part. Entrer dans ce monde et vous verrez
qu’il y a beaucoup de créativité».
«Il y a un cri
de la jeunesse pour un emploi digne»
Aussi,
déplorera-t-il qu’«on en ait fait des inutiles» et que «chaque année
on exclut de l’école 500 000 jeunes qu’on met à la rue et que les
parents n’arrivent plus à tenir». Et là, ces jeunes, étayera le
sociologue, «essaient de gagner leur vie par tous les moyens, en
vendant dans la rue. Ils essaient de vivre, de survivre». C’est
ainsi que le sociologue mettra sur la table «les différentes
tentatives de ces jeunes à quitter le pays». Il s’agit là,
expliquera Mohamed Saib Musette, d’un «cri de la jeunesse pour un
emploi digne, un salaire décent qui correspondent à ses capacités».
Dans ce contexte, il s’interrogera sur l’utilité réelle des
différents dispositifs d’emploi qu’il qualifiera de «précaires». A
l’instar de ces médecins pris dans ces dispositifs à qui on donne 7
000 DA alors qu’on les fait travailler encore plus que ceux
titulaires. L’informel, soulignera-t-il, touche toutes les
catégories sociales et toutes les tranches d’âge à même de
travailler. Par ailleurs, le sociologue abordera les grandes
activités de l’informel, qui, dira-t-il, sont l’œuvre de couches
sociales aisées. Ainsi, parlant de l’importation des pétards à la
veille du Mouloud, les jeunes qui revendent ces produits affirment
tous, selon lui, qu’«avant de s’en prendre à eux, vendeurs, il
faudrait s’interroger sur qui a ramené et fait passé ce produit ?
Pour nettoyer un escalier, c’est d’en haut qu’il faut commencer à
balayer non pas par le bas».
2/3 des ménages
en Algérie s’approvisionnent du marché informel
Quant à Bouchama
Chouam, professeur en économie à l’université d’Oran, il fera le
constat selon lequel pour une question de coût, «les 2/3 des ménages
en Algérie s’approvisionnent du marché informel». Il relèvera qu’au
stade actuel «il est question d’analyser la nature de ce marché
informel». Il expliquera alors que souvent il est question de lutter
contre le marché informel alors qu’«il ne s’agit pas de lutte car il
n’ y a pas d’ennemi en face, il n’existe pas. L’ennemi, c’est un
agent économique qui n’est pas déclaré et non domicilié». Il arguera
que «dans les pays développés, prenant l’exemple de l’Italie, il n’a
jamais été question de chasser le marché informel, mais plutôt de
l’organiser, de le ramener vers le formel». Par ailleurs, le
professeur relèvera que certes «l’informel est lié dans une large
mesure au problème du chômage, mais ce dernier n’est pas la seule
explication de la propagation de l’informel. Il y a certains qui de
par le formel gagnent beaucoup plus en travaillant dans l’informel».
«Il faut
éviter de provoquer ces jeunes»
De ce fait,
Bouchama Chouam dira qu’«il faut éviter de provoquer ces jeunes qui
sont dans l’informel. Il faut réfléchir plus à trouver des solutions
qu’à les réprimer, il faut communiquer avec ces jeunes. Souvent
lorsqu’on leur demande pourquoi ne pas créer une petite entreprise,
ils ignorent comment ouvrir une activité commerciale, en raison d’un
manque de communication. Les pouvoirs publics dépensent certes
beaucoup d’argent, mais ils communiquent très mal».
70% de
personnes à moyen revenu dans l’informel
En outre, Mme Amel
Lakehal, directrice de la population et de l’emploi à l’Office
national des statistiques (Ons), soulignera qu’il y a une
conjugaison de plusieurs facteurs économiques et sociaux qui font
qu’un taux de 44% de la population active a été enregistrée en 2009
dans l’informel, hormis le secteur agricole, contre 34% en 2001.
Ainsi, parmi les
facteurs ayant contribué à la prolifération de l’informel, la
responsable à l’Ons citera le passage d’une économie administrée à
une économie de marché, une croissance démographique qui a suscité
une tension sur le marché de l’emploi, en ce sens où dix millions
huit cent mille personnes sont âgées entre 15 et 20 ans en 2009,
soit 31% de la population algérienne. Sur cette question de
statistiques, Bouchama Chouam reprenant la parole affirmera qu’«il
est très difficile d’apprécier réellement la population exacte qui
exerce dans le marché informel». Et d’ajouter que «70% des personnes
dont le revenu se situe en moyenne autour de
20 000 DA et moins
vont acheter les produits de première nécessité dans ces marchés
informels». Ce qui démontre l’ampleur de ce phénomène en Algérie.
C’est la raison pour laquelle, poursuivra-t-il, «il faut raisonner à
une stratégie à long terme» sur ce phénomène.
21,52% de
femmes exercent dans ce secteur
Pour Yamina Rahou,
sociologue au Centre national de recherches en anthropologie sociale
et culturelle d’Oran (Crasc), dont les travaux de recherches sont
essentiellement axés sur les femmes, affirmera qu’une étude menée en
2006 sur les femmes et leur intégration économique, dont une partie
a concerné le travail informel et qui ont touché 14 wilayas, les
chiffres ont révélé que 21,52% des femmes exercent dans l’informel.
Ces femmes sont en majorité des jeunes femmes célibataires âgées
entre 16 et 25 ans dont le niveau d’instruction est situé entre le
moyen et le secondaire. Elles représentent donc les exclues du
système scolaire. Elle sont pour la plupart d’entre elles issues de
familles nécessiteuses. 45% d’entre elles travaillent dans
l’informel pour disposer d’un revenu personnel, pour les autres
c’est pour aider leur famille. Il est incontestable que l’informel a
permis à ces jeunes filles d’accéder à une certaine indépendance
financière et de participer à la prise en charge de leurs familles.
L’activité
informelle permet aussi à d’autres d’accéder à l’activité privée.
Parallèlement à cela, il y a des contingents de femmes diplômées qui
arrivent sur le marché du travail. Donc nous sommes face à deux
défis. D’une part, comment insérer dans des activités légales celles
qui travaillent déjà dans le cadre de l’informel, d’autre part,
répondre à cette forte demande de l’emploi formulée par les femmes
diplômées.
Par Lynda N.
Bourebrab
Haut
Echec du dialogue Ould Abbès et paramédicaux
Des milliers de
malades dans le désarroi
Certes, le service
minimum a été assuré, mais sans que cela ne puisse garantir la prise
en charge de tous les malades qui affluaient vers les hôpitaux.
«Je suis ici
depuis le matin, je ne sais pas si le service est assuré ou non,
j’attends en vain depuis plus de deux heures» a raconté, indigné, un
patient, la jambe dans le plâtre, rencontré hier, au service
traumatologie de l’hôpital Mustapha-Pacha. Plusieurs citoyens, ayant
des consultations ou des bilans à faire, ont été sérieusement
pénalisés. Certes, le service minimum a été assuré, mais sans que
cela ne puisse garantir la prise en charge de tous les malades, qui
affluaient vers les hôpitaux. A la grève des paramédicaux s’est
ajoutée la fête du «Mawlid», deux événements qui ont coïncidé, au
grand dam des malades et de leurs familles. Au Centre
Pierre-et-Marie-Curie (CPMC), le personnel de la santé a affirmé que
«le service minimum a été amplement assuré et les cas urgents ont
été automatiquement pris en charge». N’empêche que des malades
cancéreux ont exprimé leurs craintes quant au bon fonctionnement du
service et les répercussions de la grève sur leur prise en charge
médicale. Dans ce même centre, un infirmier a affirmé que «le
programme des séances de chimio et radiothérapie a été maintenu» et
«tous les cas urgents sont admis». Ce qui demeure néanmoins
insuffisant. A l’hôpital Belloua, dans la wilaya de Tizi Ouzou, la
grève des paramédicaux a privé les cancéreux des résultats de leurs
bilans médicaux. Des patients nous ont d’ailleurs, exprimé leur
frustration de ne pas connaître l’évolution de leur état de santé.
«Je me suis
présenté pour avoir mon bilan, ils ont promis de m’appeler sur mon
téléphone prochainement, pourtant j’avais rendez-vous le jour même»
a-t-on appris auprès d’un malade. A la clinique des brûlés de la rue
Pasteur à Alger, le mot d’ordre de grève a été largement suivi. «Le
personnel est mobilisé pour les cas graves et urgents, mais les
soins qui peuvent attendre ont été ajournés» dira un infirmier.
Affirmant que «le personnel paramédical a toujours fait preuve
d’abnégation au service des malades», notre interlocuteur s’est dit
«scandalisé par la conduite du ministre de la Santé qui a appelé au
dialogue, mais sans daigner recevoir les syndicalistes». «Nous
sommes sérieusement choqués, mais aussi déterminés à aller jusqu’au
bout de notre action de protestation» dira notre interlocuteur. Les
paramédicaux mettent l’entière responsabilité du développement de la
situation sur le dos de la tutelle, qui ne fait rien pour éviter aux
milliers de malades des désagréments inutiles. «A l’image des
patients, nous sommes aussi victimes, des promesses du ministère de
la Santé» relève un infirmier. En fait, force est de relever, que la
situation s’achemine droit vers le pourrissement. La grève n’est
qu’à ses premiers jours et l’on assiste à beaucoup de perturbations
et d’appréhension de la part des malades. Une situation qui risque
de s’aggraver dans les prochains jours, d’autant que le dialogue
entre la tutelle et le Syndicat national des paramédicaux est,
d’ores et déjà, en cul de sac. On apprend qu’actuellement, des
médecins assurent le service, même en l’absence d’infirmiers, mais
cela ne devrait pas durer très long temps. Plusieurs malades
interrogés, hier, à l’hôpital Mustapha Pacha ont émis le souhait de
voir le ministère intervenir et prendre en charge les revendications
socioprofessionnelles des infirmiers. «Je crains que le ministère
fasse tête et laisse la grève perdurer durant deux ou trois mois,
comme c’était le cas avec les praticiens» fait remarquer un père de
famille, ajoutant qu’ «à la fin, Ould Abbès avait reconnu la
justesse des revendications des médecins, mais personne ne s’est
rappelé de la souffrance de milliers de malades dont les
interventions chirurgicales et consultations médicales ont été
reportées sine die».
Par Aomar F.
Haut
Lounès Ghachi, SG du Syndicat des paramédicaux (SAP)
«Nous voulons
un vrai dialogue avec le ministre»
Que s’est-il passé
avant-hier avec le ministère de la Santé ? Est-ce un problème
d’horaire de rendez-vous ou absence de volonté ?
La réunion avec le
ministère de la Santé prévue dimanche dernier n’a pas été tenue en
raison de l’absence de volonté de la tutelle. Notre Syndicat (SAP) a
décliné l’invitation du ministère pour ne pas avoir reçu une
invitation officielle. Le directeur des ressources humaines nous a
contactés par téléphone, pour nous demander de nous déplacer au
ministère pour voir s’il y a du nouveau. Nous refusons de nous
présenter si la tutelle n’a pas l’intention de nous proposer quelque
chose de concret. Une réunion officielle doit se faire par une
invitation officielle. En plus, nous devons passer par l’arbitrage
et les réunions de conciliation. Ces réunions ne peuvent pas se
tenir sans la présence de l’inspection du travail et les
représentants de la Fonction publique. Or, la tutelle veut nous
réunir sans la présence de ces derniers et sans signer aucun PV de
réunion. Le ministre de la Santé n’a rien fait pour le moment pour
désamorcer la situation. Il n’a même pas la volonté de discuter. La
manière dont il traite notre syndicat prouve une fois de plus le
manque de sérieux et le mépris à l’encontre des paramédicaux.
Comment
expliquez-vous le désistement du ministre après vous avoir invité au
dialogue ?
Je pense que ça
été préparé comme ça. Le ministre nous a préparé le coup. Si la
tutelle veut vraiment régler notre problème, elle commence d’abord
par réintégrer nos collègues suspendus déjà parce qu’ils ont observé
grève. Je vous assure que le ministre ne fait aucun effort pour
régler notre problème. Nous avons fais grève. On s’attendait à des
réactions positives de son côté. Mais malheureusement, c’est le
contraire. La tutelle s’est contentée de nous dire que votre
problème sera réglé dans les prochains jours. Nous n’avons pas
besoin de parole, nous voulons du concret. Le temps des promesses
est révolu. Tous les ministres qui se sont succédé à la tête de
notre département nous ont fait des promesses qu’ils n’ont jamais
tenues. Nous sommes le corps le plus important dans le secteur, mais
le plus méprisé. Sans nous, les hôpitaux marcheront au ralenti. La
tutelle gère les conflits anarchiquement, sans tenir compte de la
gravité de la situation.
Que
proposez-vous pour débloquer la situation ?
La balle est dans
le camp du ministère. C’est à lui de trouver une solution à ce
conflit. Nous de notre côté, on est prêts à un dialogue sérieux.
Cette situation n’arrange pas les paramédicaux aussi. Pour nous,
toute solution doit passer inévitablement par la prise en charge de
nos revendications socioprofessionnelles. Il faut du concret. La
tutelle nous appelle pour discuter, mais elle ne nous propose rien
si ce n’est des promesses sans lendemain. On est en grève illimitée
et tout le personnel reste mobilisé jusqu’à la satisfaction de nos
doléances. Nos revendications sont claires. Les paramédicaux veulent
la promulgation d’un statut devant les intégrer au système LMD et à
leur classification à l’échelle 11. Nous voulons un vrai dialogue
avec la tutelle et pas un dialogue de sourds.
Les malades
sont dans le désarroi, à qui incombe la responsabilité ?
Le ministre de la
Santé est le seul responsable de leur désarroi. Les paramédicaux
sont aussi malades par leur statut. Le ministre n’a jamais pensé aux
malades, ce sont les paramédicaux qui sont dans les hôpitaux et qui
travaillent dans des conditions catastrophiques. Et pourtant nous
n’avons droit qu’à son mépris à notre égard. Nous ne sommes pas
encouragés. Nous n’avons rien contre les malades, bien au contraire
nous voulons l’amélioration de nos conditions de travail pour mieux
les servir. Il faut nous soigner nous aussi, car on est malades.
Figurez-vous qu’un infirmier qui a accumulé 32 ans de services
touche 29 000 DA. N’est-ce pas une humiliation ?
Propos
recueillis par Hocine Larabi
Haut
La tension monte entre Rome et Tunis
Exode massif de
jeunes Tunisiens
Evoquant un
«système tunisien à la dérive», le ministre italien de l'Intérieur,
Roberto Maroni, membre du parti anti-immigrés et populiste de la
Ligue du Nord, avait souhaité un déploiement de ses policiers en
Tunisie. Une position «inacceptable».
Le gouvernement
tunisien a prévenu qu’il rejetait de manière catégorique «toute
ingérence dans ses affaires intérieures» ou «atteinte à sa
souveraineté», selon un responsable du ministère des Affaires
étrangères. Suite aux grandes vagues d’émigrants clandestins
tunisiens arrivés sur les côtes italiennes à la suite du départ du
président Ben Ali, la tension ne cesse de monter entre Rome et
Tunis. Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini
est arrivé lundi soir à Tunis pour évoquer, avec le Premier ministre
Mohamed Ghannouchi, l’exode massif de clandestins tunisiens vers
l’Italie qui a provoqué une crise entre Rome et Tunis, ont rapporté
des agences de presse. M. Frattini est arrivé en début de soirée.
Selon son entourage il n’aura qu’un entretien avec le Chef du
gouvernement tunisien avant de repartir. Le chef de la diplomatie
italienne effectue cette visite éclair, en marge d’un voyage prévu
de longue date en Syrie et en Jordanie, pour tenter de trouver les
moyens d’endiguer le flux de clandestins arrivés ces derniers jours
sur la petite île de Lampedusa (138 km des côtes de Tunis). Evoquant
un «système tunisien à la dérive», le ministre italien de
l’Intérieur, Roberto Maroni, membre du parti anti-immigrés et
populiste de la Ligue du Nord, avait souhaité un déploiement de ses
policiers en Tunisie. Une position «inacceptable», a répondu le
gouvernement tunisien même s’il s’est dit «prêt à coopérer» avec les
autres pays pour enrayer cet exode. Avant son départ dans la région,
M. Frattini a
estimé que les deux pays avaient un intérêt commun à freiner le
trafic. Selon les observateurs, Rome compte opérer un déploiement
militaire pour patrouiller au large de la Tunisie. Une idée qui a
été jugée «inacceptable» par l’UE et «catégoriquement» rejeté par
les autorités tunisiennes. La Tunisie rejette catégoriquement «toute
ingérence dans ses affaires intérieures» mais est «prête à coopérer»
avec les autres pays pour enrayer l’exode vers l’Europe de
clandestins tunisiens, a indiqué lundi le ministère des Affaires
étrangères.
Par Salah
Harirèche
Haut
Coopération algéro-italienne dans le domaine de la PME
Rome propose
son savoir-faire à Alger
Connue pour être
leader mondial en matière de création de PME, avec un tissu de 4,5
millions d’entreprises, l’Italie propose à l’Algérie de la
coopération et du savoir-faire. C’est du moins ce qu’il ressort des
déclarations faites, en ce début de semaine par le ministère italien
du Développement économique, Paolo Romani, qui était en visite à
Alger. «Nous avons 4,5 millions de PME pouvant être un modèle pour
l’Algérie qui table sur la création de 200 000 nouvelles PME dans le
cadre de son plan quinquennal actuel d’investissements publics»,
a-t-il suggéré.
Toujours dans le
domaine de la coopération, le ministre italien a déclaré que les
entreprises qui seront créées en Algérie, avec l’aide de son pays,
vont rentrer dans le cadre des relations bilatérales en plus du fait
qu’elles permettront à terme de diversifier les exportations de
l’Algérie. «Ces PME, une fois créées, seront évidemment introduites
dans notre relation bilatérale et pourraient permettre à l’Algérie
d’élargir ses exportations par d’autres produits que les
hydrocarbures.» Tout en rappelant l’existence de grandes entreprises
italiennes en Algérie, Romani a réitéré son appel aux entreprises de
son pays pour venir investir davantage en Algérie. «Beaucoup
d’entreprises italiennes, parmi les plus importantes, sont déjà
présentes en Algérie», a-t-il annoncé et d’ajouter qu’il est
«disponible» pour encourager les entreprises italiennes à travailler
en Algérie et à y renforcer leur présence, a-t-il encore indiqué
dans un communiqué émanant du ministère de l’Industrie, de la PME et
de la Promotion de l’investissement, rapporté par l’APS.
Sans les énumérer,
le ministre italien du Développement économique reconnaît
l’existence de problèmes qui entravent l’avancement des projets
communs, mais reste toutefois confiant de leur trouver des
solutions. «Beaucoup de projets communs sont à l’ordre du jour et
notre objectif principal est de résoudre les problèmes là où ils se
trouvent», a-t-il déclaré à la presse au terme d’une réunion avec le
ministre algérien du Commerce, Mustapha Benbada et de continuer :
«J’ai l‘impression que nous allons atteindre cet objectif.» Au cours
de sa visite, le ministre italien a eu des discussions avec ses
homologues de l’Energie et des Mines et avec celui de la Poste et
des Télécommunications pour parler des projets futurs et en cours de
réalisation. A ce sujet et afin de mieux identifier des projets de
partenariat dans divers secteurs, le ministre italien a proposé la
tenue avant l’été prochain d’une rencontre d’entrepreneurs des deux
pays à Milan.
Selon Paolo
Romani, les relations entre l’Italie et l’Algérie «sont très
importantes» puisque ce pays s’est classé en 2010 deuxième client de
l’Algérie (après les USA) avec 6,39 milliards de dollars
d’importations, et troisième fournisseur (après la France et la
Chine) avec des exportations de 3,89 milliards, selon les chiffres
des Douanes algériennes.
Par Hafid
Mesbah
Haut
Pour constituer le premier groupe minier algérien
Cinq
entreprises publiques vont se regrouper
Le nouveau groupe
minier public Manadjim El Djazaïr, dont la création a été approuvée
lors du dernier Conseil des ministres, sera constitué des sociétés
Ferphos, ENG, Enof, Enasel et Enamarbre, selon le ministère de
l’Energie et des Mines. Totalisant un capital social de près de 5
milliards de dinars, ces cinq sociétés, qui relevaient auparavant du
portefeuille de la Société de gestion des participations de l’Etat
des mines (SGP-Somines) opèrent particulièrement dans des activités
liées, notamment, à l’extraction de produits miniers et les
matériaux de construction, explique cette source. Dotée d’un
capital social détenu par l’Etat «imprescriptible et inaliénable»,
cette nouvelle entité devra contribuer à l’intensification de la
prospection et l’exploitation des richesses minières de l’Algérie,
permettant, du coup, la création de nombreux postes d’emploi et de
promouvoir les exportations hors hydrocarbures, rappelle-t-on. La
politique de regroupement des entreprises qui a débuté avec
Sonatrach, Sonelgaz et Gica (ciment) a pour objectif de donner plus
de force aux entreprises algériennes, et de créer une nouvelle
synergie au sein de ces entités économiques, selon des observateurs.
La plus grande de ces société, à savoir Ferphos (Société de
phosphates, de minerais de fer, de pouzzolane, de fonte et de
l’immobilier), est l’héritière de la Sonarem (Société nationale de
recherches et d’exploitation minières) créée en juillet 1983 avant
d’être transformée en société par actions avec son actuelle
appellation en mai 1990. Basée à Annaba et dotée d’un capital social
de 2, 241 milliards de dinars, Ferphos est spécialisée, à travers
ses huit filiales, dans la recherche, le développement,
l’exploitation et la commercialisation du phosphate, du minerai de
fer et de la pouzzolane. S’agissant de l’ENG (Entreprise nationale
des granulats), son activité est axée sur la gestion des opérations
de production, de commercialisation et de développement des
granulats, du carbonate de calcium et des pierres ornementales.
Créée en novembre 1986, l’ENG ainsi que l’ensemble de ses 14 unités
ont bénéficié en 1999 d’un nouveau plan de réhabilitation, de
modernisation et de développement. Cette réhabilitation lui a
permis de répondre à la forte demande exprimée par les sociétés de
BTPH, particulièrement en matière de sable pour bétons hydrauliques.
L’ENG, dont le siège social est à Alger, est dotée d’un capital d’un
milliard de dinars et emploie plus de 1 100 agents. Concernant l’Enof
(Entreprise nationale des produits miniers non-ferreux et des
substances utiles), elle a été créée en juillet 1986 et réorganisée
en six filiales en janvier 2001. Son capital social est de 670
millions de dinars. Avec un patrimoine de 18 mines et carrières, l’Enof
est spécialisée dans l’exploitation des mines souterraines et à ciel
ouvert pour la production et la commercialisation de minerais
non-ferreux et des substances non métalliques. Les principales
substances exploitées par cette société, basée à Alger, sont la
baryte, la dolomie et le carbonate de calcium.
Farid H.
Haut
Les squatteurs d'Akbou délogés
L’agence de
l’emploi et l’inspection du travail saccagées
Hier le calme est
revenu dans la matinée, mais l’on s’attend à d’autres échauffourées
après la décision des autorités locales (daïra entre autres) de
déloger les autres squatteurs de la cité GMS.
Les forces de
l’ordre ont délogé avant-hier les squatteurs des logements de la
cité la caserne d’Akbou. Ces logements ont été squattés à la faveur
des derniers évènements qu’a connus le pays en général, et la région
en particulier. L’opération s’est déroulée non sans heurts. Par
ailleurs, des affrontements se sont poursuivis durant trois jours.
Hier le calme est revenu dans la matinée, mais l’on s’attend à
d’autres échauffourées après la décision des autorités locales
(daïra entre autres) de déloger les autres squatteurs de la cité GMS
(Tikhamines) et la cité du Stade. Pas moins de 495 logements au
total ont été squattés dans la ville d’Akbou il y a quelques
semaines. Des heurtes ont été enregistrés aussi à proximité de la
daïra et du commissariat mitoyen à l’hôpital Aklou Ali. Les
habitants de la cité des 90 logements ont exprimé leur inquiétude au
sujet des violences qui leur empoisonnent la vie à chaque émeute.
Ils ont appelé tout le monde à éloigner les jeunes de leur quartier
devenu un lieu de batailles rangées entre ces derniers et les forces
de l’ordre. Parfois l’air devient irrespirable à cause des gaz
lacrymogènes. Une réunion a été tenue par les protagonistes à ce
sujet. Deux jours avant, une réunion a été convoquée par les
autorités locales et la société civile pour tenter de sensibiliser
les jeunes à la non-violence, sans succès. La commission de
distribution de logements travaille d’arrache-pied pour l’étude des
8 000 demandes de logement se trouvant à son niveau afin de
distribuer les appartements très prochainement et mettre fin à
l’anarchie. Une anarchie qui a coûté cher puisque les sièges de
l’inspection du travail et de l’emploi ont été complètement
saccagés, sans compter les dizaines de blessés enregistrés. A
l’heure où nous mettons sous presse, le calme est revu mais le
risque d’un nouveau foyer de tension n’est pas exclu vu que les
autorités ont décidé de déloger encore les squatteurs des cités du
Stade et GMS. A noter que les émeutes ont été menées par un groupe
de jeunes au départ dont les revendications étaient portées sur le
changement avant que d’autres jeunes ne les rejoignent et la
décision de déloger les indus occupants des logements sociaux en ce
moment précis n’a pas été sans rajouter à l’atmosphère qui règne
dans la ville.
Par Tarek B.S.
Haut
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