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Bataille rangée entre familles
Cinq ans de prison pour homicide
L’affaire est aussi simple que banale. Dans la matinée
du 28 décembre 2009, une bagarre entre deux adolescents
du même quartier est déclenchée. Leurs frères accourent
non pas pour les séparer mais pour se confronter.
Une
dispute entre deux adolescents qui a dégénéré en bagarre
a provoqué une confrontation à main armée entre deux
familles dans la localité de Bordj El Bahri. Bilan : un
mort, A. Saïd, né en 1989. La victime, venue rendre une
visite familiale, s’est jointe à la bagarre et a été
blessée mortellement par «rouget», de son vrai nom T.
Ahmed. En effet, l’affaire est aussi simple que banale.
Dans la matinée du 28 décembre 2009, une bagarre entre
deux adolescents du même quartier est déclenchée. Leurs
frères accourent non pas pour les séparer mais pour se
confronter. Après une accalmie, les sages du quartier,
des personnes âgées, ont appelé les deux chefs de
famille à se réconcilier et éviter le pire. Chose que
les deux parties acceptèrent sans aucune condition dans
la mesure où il n’a été signalé aucune blessure grave
hormis quelques égratignures. Dans l’après-midi, les
membres d’une des familles ayant appris la nouvelle et
voulant se venger et rendre la pareille, s’arment de
couteaux, bâtons, épées et se rendent auprès de l’autre
famille, habitant un autre quartier. La bataille rangée
entre les deux familles s’est soldée par un meurtre. Ce
n’est qu’après avoir constaté qu’un meurtre avait été
commis que la bataille a pris fin et les acteurs ont
pris la fuite dans tous les sens, histoire de
s’innocenter. Devant le tribunal, quatre personnes d’une
même famille, T. Ahmed dit «rouget», T. Arezki, T.
Yacine et T. Tahar (le père) et trois autres de l’autre
famille A. Kouider, A. Bilal et A.Yakoub sont au box des
accusés pour répondre du chef d’accusation d’homicide
volontaire avec préméditation retenu contre T. Ahmed
dit «rouget» et association de meurtre pour les autres
accusés. A la barre, aucun accusé n’a reconnu les faits,
réfutant tous les faits dont ils sont incriminés.
Néanmoins, l’arrêt de renvoi indique que le principal
accusé T. Ahmed dit «rouget» aurait regagné son
appartement situé à Dergana, dissimulant l’épée qu’il
possédait lors de la confrontation. A ce moment, son
père Tahar et son frère Arezki se sont rendus à la
sûreté de la localité d’où ils ont appelé T. Ahmed
auquel ils ont demandé de se joindre à eux au
commissariat. Il aurait reconnu son forfait sans
l’intention de donner la mort. Reconnu coupable
d’homicide volontaire sans préméditation, le tribunal
criminel près la cour de Boumerdès condamne l’accusé T.
Ahmed dit «rouget» à une peine de cinq ans de réclusion
criminelle. Tous les autres accusés ont été
acquittés.
A.
K.
Attentat à la pudeur
Un
imam condamné à deux ans de prison ferme
Le
tribunal correctionnel de Tizi Ouzou a rendu hier son
verdict dans le procès de l’affaire de l’imam de la
mosquée El Atik de la ville de Tizi Ouzou. En effet,
l’imam prêcheur poursuivi pour attentat à la pudeur dans
un lieu sacré a écopé d’une peine de 2 ans et d’une
amende 20 000 DA. Son acolyte a été condamné à la même
peine. Pour rappel, les deux mis cause ont été placés
sous mandat de dépôt le 1er mars dernier, au lendemain
de leur interpellation en flagrant délit d’attentat à la
pudeur dans une salle se trouvant à l’intérieur de
ladite mosquée.
H.
M.
Situation sécuritaire
Un
réseau terroriste démantelé
Un
réseau de soutien au terrorisme a été démantelé à Tizi
Ouzou par les éléments de la Gendarmerie nationale en
fin de semaine écoulée. Selon les indications fournies
par nos sources, deux personnes, un responsable au sein
de l’ITMA de Boukhalfa et son fils, ont été placés sous
mandat de dépôt par le procureur de la République près
le tribunal de Tizi Ouzou pour soutien au terrorisme.
Les éléments de la Gendarmerie nationale ont mis la main
sur une importante somme d’argent qui proviendrait des
maquis terroristes et dont l’usage est destiné à
approvisionner les groupes armés. D’autres sources ont
évoqué d’autres interpellations parmi les membres
soupçonnés d’appartenir au même réseau.
Hamid M.
Esquisses
Le
dernier des rêveurs
Repus
de repos dans son Ardèche adoptive, désormais Jean
Ferrat ne se repose plus : il repose. Les biographies et
les éloges funèbres pleuvent, pour une fois méritées,
mais il reste de cet artiste qui appartient au gotha des
grands parmi les grands, dans la lignée des Brassens
Brel et Ferré, un legs de profonde amertume qu’il ait
quitté ceux qui l’aiment sans leur dire adieu. Il est
quand même étonnant, intrigant même, que l’on se
retrouve attristé et profondément affligé, loin de tout
stéréotype de condoléances, par la mort de quelqu’un que
l’on n’a jamais approché, ni rencontré et qui, de son
côté, ignore jusqu’à notre existence. C’est là la magie
de l’artiste, le vrai, qui comme Jean Ferrat communique
la joie et le bonheur et parvient à marquer à jamais
toute une génération par l’empreinte de ses paroles et
de ses mélodies. Jean Ferrat était un doux rêveur, ce
qui ne l’empêchait pas d’être un esprit combatif et
accrocheur, qui distillait à tout va, grâce à une voix à
nulle autre pareille et un talent incomparable, par des
salves de métaphores, l’amour de l’amour et une profonde
affection pour ceux qui luttent. C’est qu’il était,
ainsi qu’il aimait à se définir, un «compagnon de route»
du communisme, donc sans jamais être encarté, et de ce
compagnonnage, il a gardé les plus nobles valeurs
humaines, qui irradiaient d’ailleurs son visage, sur
scène et dans la vie de tous les jours. Il y a quelques
semaines, dans une émission télé où elle devait recevoir
un disque de platine pour Jean Ferrat, sa compagne
Isabelle Aubret avait annoncé qu’il était souffrant, et
rappelé, au passage, qu’il s’est retiré de la chanson
en… 1979. ça ne nous rajeunît pas, s’est-on dit, parce
qu’on a l’impression qu’hier encore, on attendait son
prochain trente-trois tours (à l’intention des plus
jeunes, précisons que c’est l’ancêtre du CD). A moins
d’être insensible à la beauté et à la poésie, on ne
pouvait qu’être habité par les vers d’Aragon lorsque les
enfourchait Ferrat, et les images du verbe aimer, quand
s’y soumettre est perdre la raison, se faisaient
florilèges de senteurs et palettes de couleurs pour
égayer la vie, par la seule magie de l’écoute. Génial,
il l’était jusqu’au bout du rythme quand il entonnait
«Potemkine» et pacifiste, il l’était jusqu’aux confins
de la révolte en interprétant «Maria». Et la montagne,
que l’on connaît rude et même infranchissable se fait
avenante et belle sous la voix envoûtante de Ferrat,
autant que se fait attachante «la môme», simple ouvrière
d’une usine de Créteil. La magie (excusez la répétition,
c’est le sujet qui l’impose) de la chanson lorsqu’elle
passe par le talent de Ferrat, c’est qu’en injectant ces
flots d’humanisme, il nous donne l’impression de lui
ressembler, ce qui confère en nous l’illusion d’être
plus humains. Il reste un rectificatif. A sa mort, une
formule a fait florès : «C’était le dernier chanteur
engagé». Il l’était effectivement, mais sous le prisme
d’un engagement pour un idéal, pour ne pas dire une
idéologie, et sous cette grille, il était bien le
dernier. Aujourd’hui, il y a un autre type d’engagement,
pour l’enfance (à l’image de Yves Duteil) ou pour des
causes humanitaires par exemple, auquel ne se dérobe
aucun chanteur. Bref, on ne remerciera jamais assez Jean
Ferrat de nous avoir prodigué autant de plaisirs et pour
n’avoir fait que… chanter.
Par
Nadjib Stambouli
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