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A la veille du conclave des pays du Sahel

Rapprochement entre Alger et Nouakchott

Anarchie totale dans les hôpitaux suite à la grève de la santé

Evitez de tomber malade

Projet de loi criminalisant le colonialisme

Nouveau désaccord dans l’Alliance présidentielle

Journée nationale

On se souvient des personnes handicapées

La lutte contre le fléau s’intensifie en Algérie

Des barons arrêtés et des tonnes de drogue récupérées

Des routes fermées à cause des intempéries

19 morts, 26 blessés et des dégâts importants

Développement de l'industrie

Temmar appelle à investir les revenus des hydrocarbures dans le pays

Miloud Brahimi à propos de la non-adhésion de l’Algérie à la CPI

«Nous développons une position juridiquement  schizophrène…»

Colère des habitants d’El-Madania contre Sonelgaz

Coupures d’électricité et endommagement des appareils

Au large des côtes algériennes

Les étrangers exclus de la pêche au thon rouge

Fonction publique et réforme de la gestion budgétaire

Budget de l’Etat et état de sa gestion

 

 15/03/10

A la veille du conclave des pays du Sahel

Rapprochement entre Alger et Nouakchott

La ministre mauritanienne des Affaires étrangères et de la Coopération, Mme Noha Bint Hamdi Mouknes est arrivée hier à Alger. Elle est porteuse d’un message du président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, au président de la République, Abdelaziz Bouteflika.

A la veille du conclave des pays du Sahel attendu pour mardi à Alger, l’Algérie et la Mauritanie ont entamé depuis hier une série de consultations à haut niveau. Alger et Nouakchott ont adopté la même position contre le Mali qui a cédé aux pressions de Paris en libérant des membres du GSPC, dont deux Algériens et un Mauritanien, en échange de la libération d’un otage français détenu par Al Qaïda au Maghreb. Dans ce cadre, la  ministre mauritanienne des Affaires étrangères et de la Coopération, Mme Noha Bint Hamdi Mouknes est arrivée hier à Alger. Elle est   porteuse d’un message du président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, au président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Accueillie à son arrivée à l’aéroport international Houari-Boumediene par le ministre des Affaires étrangères,  Mourad Medelci, Mme Noha Bint Hamdi Mouknes a souligné que le  message du président mauritanien au Président Bouteflika  s’inscrit dans le cadre «des excellentes relations entre les deux Etats et peuples frères algérien et mauritanien». Par ailleurs, elle a formé le vœu de voir «ces relations historiques se renforcer au mieux des intérêts des deux peuples et des deux Etats». Toutefois, le timing choisi pour une visite du  chef de la diplomatie mauritanienne à 24 heures de l’ouverture des travaux du sommet qui regroupera les pays de la région du Sahel à Alger appelle des interrogations. Ainsi, une telle visite ne peut être interprétée que par le fait qu’Alger et Nouakchott veulent défendre une position commune concernant la gestion de la situation sécuritaire au Sahel.  Il faut dire que l’attitude du Mali, qui a bafoué l’accord bilatéral avec l’Algérie concernant la coopération judiciaire et la lutte contre le terrorisme, pose des questions sur l’importance d’aller vers la mise en place de mécanismes garantissant la coopération sécuritaire  entre les pays de la région du Sahel en matière de lutte contre le terrorisme. Une coopération qui doit être «en dehors des pressions menées par l’Occident», puisqu’en réalité les vraies victimes du terrorisme sont les populations de la région. Bien avant la libération des terroristes, le Mali n’a pas répondu favorablement à la demande de l’Algérie concernant l’extradition des deux Algériens membres du GSPC. Dans ce contexte, la Mauritanie et l’Algérie ont protesté contre l’attitude malienne avec le rappel de leurs ambassadeurs. Cependant, cette démarche ne veut pas dire «couper les relations avec Bamako». D’ailleurs, à ce propos, le Premier ministre Ahmed Ouyahia a bien précisé vendredi dernier que l’Algérie n’est pas entrée en guerre contre le Mali. Ainsi, les relations avec le Mali sont maintenues vu les enjeux sécuritaires et de voisinage.  Dans ce sens, des observateurs «exigent que l’attitude du Mali ne doit pas être vue comme une démarche passagère mais prise comme une base pour aller vers une réflexion sur la mise en place de bases solides en matière de coopération sécuritaire dans la région du Sahel». En tout cas, la position de l’Algérie est claire en matière de gestion de la situation au Sahel. Elle se base sur le refus de l’ingérence extérieure et ce qui se passe dans la région est du ressort des gouvernements des pays du Sahel, comme l’a si bien déclaré le chef de la diplomatie algérienne, Mourad Medelci. Une position réaffirmée par le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines, Abdelkader Messahel. Cette position est soutenue par le parti du Premier ministre Ahmed Ouyahia et affirmée dans la déclaration finale de la 3e session du conseil national du parti tenu jeudi et vendredi derniers à Alger. Il faut savoir que pour l’instant, les Etats-Unis ne cachent pas leur ingérence au Sahel au nom de la lutte contre le terrorisme international adoptée après les événements du 11 septembre, soutenue par le souhait de Washington d’implanter une base militaire dans la région. La France, pour sa part, colonisatrice de plusieurs pays dans la région, se dit avoir le droit de protéger ses intérêts. Dans tout cela, les pays du Sahel sont en course pour acquérir les moyens surtout technologiques en matière de sécurité afin de faire face au terrorisme qui menace la stabilité de la région.           

Par Nacera Chenafi

 

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Anarchie totale dans les hôpitaux suite à la grève de la santé

Evitez de tomber malade

Le service minimum appliqué suite au mouvement de grève entamé par les praticiens et spécialistes de la santé publique a rendu difficile l’accès aux soins à des patients dont l’état de santé nécessite une prise en charge urgente, alors que l’insuffisance d’effectifs dans les hôpitaux et la traditionnelle mauvaise prise en charge règnent en maîtres absolus dans les salles d’attente et de consultation.

Tomber malade en ces jours froids et pluvieux, est une chose, dans la mesure du possible, à éviter. Les malades qui prennent la destination «hôpital» doivent s’armer de patience et s’attendre à ce que les structures publiques leur ferment la porte au nez. Car le principe de service minimum mis en œuvre dans les hôpitaux stipule que ce sont seulement les cas les plus urgents qui sont admis aux soins, tous les autres cas peuvent attendre la fin de la grève de la santé pour se faire soigner. Une tournée dans les hôpitaux algérois durant une journée pluvieuse et de grève donne une image plus catastrophique que celle des traditionnelles souffrances des patients en particulier et de l’hôpital en général. A l’hôpital Mustapha-Pacha, l’afflux des malades a été très important dans les services d’urgences, pour en diminuer le nombre, les services d’accueil orientent les malades vers d’autres structures et éviter les longues files. Des malades venant du Sud et d’autres wilayas n’ont pas l’accès aux soins même s’ils s’agit de cas d’urgence. Les capacités d’accueil, depuis toujours insuffisantes, sont devenues très limitées avec l’application du service minimum. Le personnel en grève n’accepte de soigner que les cas urgents, bien que les connaissances personnelles des travailleurs ne sont pas concernées par ce service minimum, ils ont toujours l’accès facile aux salles de consultation. Au niveau de l’Etablissement public de santé de proximité Bouchenafa de Sidi M’hamed, la salle d’attente était presque vide, vu que «l’établissement est en grève, et ne sont acceptés que les cas urgents» affirment deux dames, probablement infirmières, s’occupant de filtrer les cas urgents à retenir et à renvoyer les autres. Il faut savoir négocier et même supplier pour convaincre ces dames qu’on  nécessite vraiment une consultation urgente. Dans cet établissement, deux éléments sont mobilisés dans chaque service pour la matinée et deux autres pour l’après-midi à partir de 13h00. Il est utile de signaler que ce ne sont pas seulement les patients qui souffrent de la mauvaise prise en charge et la négligence du département de Barkat, mais les médecins, eux aussi, n’ont pas la tâche facile parce que la majorité des malades ne veulent pas comprendre que le secteur de la santé est en grève. C’est le cas d’un homme âgé d’une trentaine d’années, qui subitement entre sans frapper dans la salle de consultation alors que les deux femmes médecins étaient en train d’examiner un patient. Sur un ton menaçant, le jeune homme s’adresse aux deux médecins : «C’est moi qui vais vous apprendre à respecter la loi….». L’intervention des agents de sécurité a été évidente pour maîtriser la situation, mais l’individu  n’a pas quitté la salle d’attente et a attendu la brigade de l’après-midi pour se faire soigner. Pendant ce temps, une autre dispute s’est déclenchée dans la réception, après le refus des soins à un malade sous prétexte qu’il ne s’agissait pas d’un cas d’urgence. Ce dernier ne quittera pas les lieux avant d’exprimer sa colère à l’infermière : «Vous pensez vraiment que si ce n’était pas un cas d’urgence, il ne serait pas venu dans votre hôpital de…? Et puis qu’est-ce que vous appelez un état d’urgence, vous avez peut-être un scanner dans vos yeux qui distingue les cas urgents …». Une personne âgée qui attendait son tour nous expliquait que «normalement» et selon ce qu’il a vu dans les autres pays, «c’est aux directeurs des établissements de transmettre les doléances des travailleurs et de défendre leurs droits, puisqu’un simple handicap du secteur de la santé pourra coûter une vie humaine». En effet, la situation des hôpitaux ne fait que se dégrader, ce sont les patients qui payent les lourdes factures, comme l’accès aux soins  est devenu un luxe, ce n’est pas permis à tout le monde de se faire soigner, d’autant que le privé n’est pas à la portée des petites et moyennes bourses qui préfèrent souffrir de la maladie que de s’endetter pour se faire soigner. Pour rappel, le mouvement de grève est maintenu selon les syndicalistes de la santé (SNPSP et SNPSSP) tandis que les marches et les sit-in sont gelés jusqu’à ce que leus revendications soient  satisfaites. Les malades ne peuvent que patienter sinon laisser leur anti-corps faire leur travail en attendant que le département  de Barkat fasse le sien.    

Par Yasmine Ayadi

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Projet de loi criminalisant le colonialisme

Nouveau désaccord dans l’Alliance présidentielle

Les dissensions sont de retour à l’Alliance présidentielle. La pomme de discorde entre les trois partenaires politiques est, cette fois-ci, le projet de loi portant sur la criminalisation du colonialisme français. Alors que le Front de libération nationale (FLN), initiateur du projet défend, bec et ongles, sa proposition et que le Mouvement de la société pour la paix (MSP) en fait «une priorité», le RND, lui, le qualifie de «registre personnel et registre du commerce». Autrement dit, le parti d’Ahmed Ouyahia n’affiche pas beaucoup d’enthousiasme à cette proposition, tout en livrant son approche du nationalisme qu’il conçoit en dehors de tout égoïsme partisan. Par sa déclaration, faite à l’occasion du conseil national du parti, les paroles d’Ouyahia ont fait l’effet d’une douche sur Abdelaziz Belkhadem. Ce dernier ne devrait pas compter sur la pleine contribution du Premier ministre et la tâche de défendre le projet de loi auprès du gouvernement ne sera pas une sinécure. Cette proposition de loi dont le sort ne devrait pas être connu de sitôt, puisqu’elle n’est pas programmée pour la session parlementaire d’automne, continuera à faire couler beaucoup d’encre, et, peut-être, à approfondir les divergences entre les partis de l’Alliance. A considérer les déclarations de Boudjerra Soltani qui a affirmé, avant-hier à Blida, que les crimes «coloniaux ne sont ni anciens ni oubliables» et appelant ses partisans à faire de ce sujet «une priorité dans leurs discours politiques», le président du MSP, n’a fait que répondre à M. Ouyahia et soutenir, implicitement, la proposition du FLN. Ce dernier, dont seuls quelques jours nous séparent de son congrès, fera certainement de cette proposition de loi son cheval de bataille, histoire de rassembler les rangs autour d’une idée et d’un objectif commun. Ainsi, force est de relever, qu’à nouveau, ce sont plutôt les considérations partisanes qui divisent l’Alliance, qui, si ce n’est le programme du président de la République qu’elle soutient, elle – l’Alliance – aurait volé en éclats. D’ailleurs, lors du dernier sommet de l’Alliance, les trois leaders ont laissé paraître leurs différends. Belkhadem a carrément refusé de faire de discours, Boudjerra Soltani a exprimé des réserves quant à certains couacs et a tenu à appeler ses partenaires à faire le bilan de cette union et mettre ainsi les points sur les i. De son côté, le secrétaire général du RND s’est montré plus serein et a bien assumé son accord politique avec le Parti des travailleurs, un accord qui a été mal perçu notamment par les islamistes du MSP. D’ailleurs, Boudjerra Soltani était le premier à demander l’ouverture de discussions sur l’adhésion ou non d’autres partis politiques, ce qui ne peut se faire sans la révision du document d’alliance signé par les trois partis. Aussi, il a évoqué la promotion de cette union en partenariat politique, un point auquel les deux autres formations ne semblent pas accorder beaucoup d’intérêt, étant les deux premières forces politiques du pays, contrairement au MSP qui ne cesse de dégringoler.        

Aomar F.

 

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Journée nationale

On se souvient des personnes handicapées

Un lot de matériel pour les handicapés moteurs a été distribué hier à l’occasion de la Journée nationale des handicapés au siège de l’Assemblée populaire de la wilaya de Tizi Ouzou. En effet, cinquante personnes aux besoins spécifiques ont été destinataires d’appareillages qui pourraient soulager un tant soit peu leurs souffrances, à l’image de cette jeune étudiante qui a reçu un fauteuil roulant avec plusieurs options, des mains du wali de Tizi Ouzou, pour lui permettre de suivre ses études dans des conditions moins difficiles. Cette louable initiative a été rendue possible grâce à l’association «Espoir» de Mekla qui a reçu ce lot de matériel d’une association française  dénommée «Elan du cœur» basée à Paris et avec le concours de l’APW de Tizi Ouzou qui a accompagné cette association tout au long de la procédure d’acquisition de ce matériel d’une valeur de plus de 500  millions de centimes. L’association «Espoir» n’est pas à sa première action puisqu’un premier lot a été distribué en faveur des handicapés  de la région. Par ailleurs, la direction locale de l’action sociale a de son côté tracé un programme de célébration de cette journée au niveau de l’école des jeunes aveugles et sourds-muets de Boukhalfa. Il a également été distribué un lot d’appareillage orthopédique  en marge d’une animation riche en activités en l’honneur des personnes handicapées.          

Hamid M.

 

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La lutte contre le fléau s’intensifie en Algérie

Des barons arrêtés et des tonnes de drogue récupérées

Des centaines de kilos de résines de cannabis ont été découverts dans différents appartements. Du jamais vu, déplorent les policiers. 

En plus des certaines wilayas du pays, la résine de cannabis est en train de se faufiler en grande quantité dans la capitale ces dernières années, surtout durant les douze mois passés, où la Sûreté d’Alger avait enregistré une terrible cadence des activités des trafiquants. Rien qu’en 2009, la Sûreté de la wilaya d’Alger avait réussi à saisir plus de 1000 kg de cannabis, soit une tonne de drogue, alors qu’il y a des années, la quantité de stupéfiants récupérée ne dépassait pas les 300 kg/an. Au niveau national, la drogue saisie avait dépassé les 70 tonnes en 2009, pour l’année en cours, la barre des 10 tonnes est déjà dépassée. Une hausse sensible qui laisse prédire qu’à l’avenir il y aura beaucoup plus de drogue en circulation à travers le pays et surtout à Alger, devenue une ville de choix pour les trafiquants. En plus de cette hausse très inquiétante des quantités de stupéfiants, la Sûreté d’Alger a enregistré également une recrudescence sans précédent des activités des réseaux de trafic dans certains quartiers de la capitale. En effet, l’année dernière, des centaines de kilos de résines de cannabis ont été découverts dans différents appartements. Du jamais vu, déplorent les policiers. Il s’agit souvent des logements loués par les trafiquants, qui utilisent de faux noms pour tromper la vigilance des voisins, mais aussi des policiers. Ces lieux sont bien protégés par les trafiquants, en plus de cela, ces derniers cherchent souvent des appartements dans des quartiers qui ne sont pas visités souvent par les policiers. Une tactique qui marchait très bien pour ces réseaux de trafic de drogue en 2009, mais qui a fini par être repérée par la police grâce au travail d’investigation menée par des enquêteurs aguerris. D’autre part, la drogue saisie par la police appartenait à des trafiquants de plus en plus actifs. Vu la quantité qu’ils possèdent, ces derniers devaient à tout prix liquider leur marchandise dans un temps très limité, et c’est ce qui leur a coûté aussi très cher. La lutte contre ces réseaux de malheur a permis également la mise hors d’état de nuire de deux grands barons de la drogue, toujours à Alger. Le premier avait été arrêté il y a presque cinq mois, à Alger-Centre par la police judiciaire de la division Centre, après une enquête minitieusement menée. L’autre baron avait été à son tour arrêté cette fois-ci à Birtouta en compagnie de cinq autres de ses acolytes, lors d’une souricière soigneusement préparée par la police judiciaire de la division Ouest. Ces deux importants coups de filet réalisés dans le cadre de la lutte contre les trafiquants de drogue ont permis à la police algéroise d’identifier un troisième baron, actuellement est en fuite. La Sûreté d’Alger a rassuré cependant que l’arrestation de cet homme ne sera qu’une question de temps, car le plus important c’est que ce jeune baron soit aujourd’hui identifié. D’intenses recherches sont en cours pour arrêter cette personne et ce, grâce à la PDA (une sorte de fichier mobile équipé dans chaque point de barrage policier). Pour rappel, il y a trois mois, la police anti-drogue de la division ouest d’Alger avait réussi un important coup de filet en capturant un grand trafiquant de drogue résidant à Alger, C.M, âgé de 54 ans, repris de justice et recherché dans le cadre de plusieurs affaires de drogue à Alger. L’arrestation de cet important trafiquant de drogue, spécialisé dans le trafic de  grandes quantités de drogue, réalisée à Birtouta, une commune relevant de la wilaya d’Alger, remonte au 23 décembre dernier, après une investigation approfondie faite par la police judiciaire de la division Ouest de la police d’Alger avec la collaboration de celle de Tlemcen. C.M. est un repris de justice, il a été arrêté à bord d’un véhicule de type Chevrolet de couleur noire, (récemment acquis par ces trafiquants), dans lequel se trouvait d’autres acolytes. Il s’agit de C.K., 44 ans, R.K., 25 ans et de C.O.,  23 ans, dont un seul est un repris de justice. Le coup de filet réalisé par la police avait été réalisé quelques jours après l’arrestation de deux autres personnes qui font partie du même réseau. Il s’agit de B.Y., âgé de 36 ans et de son acolyte C.L., 37 ans, tous deux des repris de justice également. C’est à partir de leur arrestation que l’affaire avait pu être lancée par la cellule d’investigation qui fait partie de la police judiciaire de la division Ouest d’Alger. La Sûreté de la wilaya d’Alger a déjà réalisé d’autres coups spectaculaires ces dernières années dans le cadre de la lutte contre la drogue et le terrorisme. Mais malgré cela, les activités de certains réseaux de drogue se sont malheureusement intensifiés ces dernières années. Récemment, la Sûreté d’Alger avait tiré la sonnette d’alarme, lorsque l’une de ses divisions a découvert une quantité considérable de  morphine, entrée depuis la France par un émigré.      

Par Sofiane Abi

 

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Des routes fermées à cause des intempéries

19 morts, 26 blessés et des dégâts importants 

Les intempéries observées le week-end dernier sur la majeure partie du pays ont occasionné des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels, a rapporté l’APS hier. Plusieurs routes demeurent coupées à la circulation suite aux chutes de pluie et de neige ayant provoqué des inondations et l’effondrement d’un pont dans cinq wilayas du pays, indique la Gendarmerie nationale dans un point de situation du réseau routier. La route nationale n°15 reliant Tizi-Ouzou à Bouira au col de Tirourda (commune d’Iferhounene) et la RN reliant Tizi-Ouzou à Bouira au lieu-dit Tizi-N’kouilel (commune d’Iboudraren), ont été coupées à la circulation en raison de l’amoncellement de neige. Les chutes de neige ont également perturbé le réseau routier à la hauteur du chemin de wilaya n° 253, reliant la RN n° 15 à la ville de Béjaïa, au col de Chellata (commune d’Illoula Oumalou), de même que la RN n°33 reliant Bouira à Tizi Ouzou au lieudit Assoul (commune d’El-Asnam). Dans la wilaya de Boumerdès, c’est l’effondrement d’un pont au niveau de la RN reliant la ville de Baghlia à celle de Tadmaït (Tizi Ouzou), à hauteur du village Sibaou, (commune de Baghlia), qui a engendré une perturbation du trafic routier. A Blida la RN n° 37 reliant Chréa à Blida du Point Kilométrique (PK) 8 au PK 20 (commune de Chréa) ainsi que le chemin de wilaya n°49 entre Chréa et Douar Tabianet au lieudit Mirador (commune de Chréa) qui enregistrent des amoncellements de neige. Dans la wilaya de Tlemcen, la chaussée est inondée au niveau du chemin de wilaya n°104 reliant la ville de Honaine à celle de Beni-Khaled. Ainsi, les  intempéries qui se sont abattues sur plusieurs régions d’Algérie, ont causé beaucoup d’accidents de la circulation faisant plusieurs victimes, selon la Protection civile. 19 personnes sont décédées et 26 autres blessées durant ce week-end suite aux intempéries qui ont affecté plusieurs wilayas du pays. C’est le bilan annoncé hier par le responsable de communication de la Protection civile, le capitaine Farouk Achour, qui a précisé que ces décès sont survenus lors d’accidents de la circulation. Ce responsable signale que 5 personnes sont décédées et 6 autres blessées dans la wilaya de Constantine suite au dérapage de leur véhicule. Le mauvais temps a été aussi la cause d’un grave accident de la route dans la wilaya de Boumerdès. Les services de la Protection civile ont enregistrés 12 accidents de la circulation de la période allant du 11 au 14 mars. Ces pluies et cette vague de froid ont été fatales à une personne dans la wilaya de Blida suite à l’inhalation de gaz carbonique. Cinq autres personnes ont pu êtres sauvées dans la wilaya de Tlemcen, annonce le capitaine Achour. Ce dernier a annoncé également que quatre personnes ont été brûlées suite à un incendie urbain qui est survenu dans la wilaya d’El Bayadh. Dans la wilaya, la chute d’un immeuble, en cours de construction, a causé la mort d’une personne, selon la même source. Les unités de la Protection civile ont enregistré également 10 036 interventions dont 420 accidents de la circulation ayant causé le décès de 22 personnes et 488 autres blessées, traitées et évacuées vers les structures hospitalières durant la période du 28 février au 6 mars 2010.

Hocine L.

 

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Développement de l'industrie

Temmar appelle à investir les revenus des hydrocarbures dans le pays

«Les réserves de change que possède l’Algérie doivent rester en Algérie, car nous en avons besoin pour les investir dans des projets de développement dans divers secteurs tels que l’industrie».

Les recettes engrangées par l’Algérie, notamment suite aux exportations des hydrocarbures (8 milliards de dollars, rien que pour janvier et février, selon Chakib Khelil), devraient être utilisées dans des investissements à l’intérieur du pays plutôt que d’être placées dans des banques étrangères. C’est en tout cas l’appel lancé par le ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements, Hamid Temmar, à l’occasion de l’inauguration du 4e Salon international de l’électrotechnique, de l’automation industrielle et de l’énergie, organisé hier et ce, jusqu’au 17 mars à la Safex d’Alger. «Les réserves de change que possède l’Algérie doivent rester en Algérie, car nous en avons besoin pour les investir dans des projets de développement dans divers secteurs tels que l’industrie», s’est-il exprimé, en expliquant qu’une dynamique économique a été enclenchée depuis un certain nombre d’années et le pays doit profiter de toutes ses richesses, notamment financières pour accompagner cet élan.

Pour ce faire, le ministre a pour la énième fois réitéré l’invitation de l’Algérie en direction des opérateurs étrangers pour qu’ils viennent investir dans le pays, tout en les exhortant à faciliter l’accès aux nationaux vers les bienfaits des avancées techniques et ce, par le biais du transfert des technologies. Dans ce sens, Temmar a estimé que la mesure du 51-49% décidée au profit des investisseurs nationaux dans le cadre de la LFC 2009 n’ont pas empêché les étrangers à afficher leur volonté de mettre leur argent dans les projets lancés par l’Algérie. Cependant, le ministre a déploré que ces investisseurs préfèrent certains secteurs particuliers, lesquels n’arrangent pas forcément nos intérêts économiques et promet, pour la circonstance, de faire en sorte de convaincre des entreprises qui activent dans des domaines tels que la mécanique, l’électronique, la pétrochimie, la métallurgie, l’aluminium, etc. de s’intéresser à ce genre d’industries qui rentrent dans la stratégie de son département.

Evoquant le partenariat, le ministre a jugé qu’il faut le diversifier et ne pas se concentrer sur un seul pays, quoique le modèle turc semble impressionner le membre du gouvernement qui a trouvé en lui «un modèle idéal à suivre par l’Algérie». Car c’est un pays qui a commencé, illustre-t-il, par adopter le savoir-faire étranger pour le développer ensuite et devenir à son tour exportateur de produits de  grande qualité.  

Tout en reconnaissant que l’Algérie n’est pas encore arrivée à ce stade, Temmar met toutefois en exergue les avancées réalisées, selon lui, dans le domaine des infrastructures de base. «Nous avons gagné la bataille des infrastructures physiques et la promotion des ressources humaines en construisant les autoroutes et les universités, reste maintenant celle de la maîtrise de la technologie que nous devons acquérir dans les années à venir», a-t-il estimé.

Interrogé sur le véhicule algérien dont tout le monde attend de voir sortir un jour des usines de la SNVI de Rouiba, le ministre en charge de l’Industrie a révélé que «des négociations sont effectivement en cours avec des opérateurs étrangers et non pas seulement avec le constructeur français Renault». Au sujet de la SNVI et de cinq autres entreprises publiques, Temmar a déclaré que leur mise à niveau se fait dans de bonnes conditions, en attendant de faire de même avec les autres entreprises qui relèvent du secteur privé.         

Par Hafid Mesbah

 

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Miloud Brahimi à propos de la non-adhésion de l’Algérie à la CPI

«Nous développons une position juridiquement  schizophrène…»

Comment se fait-il que nous critiquons la position de certains pays qui n’ont pas adhéré à la Cour pénale internationale alors que nous ne sommes pas, nous-mêmes, membres de cette institution judiciaire.

L’éminent avocat au Barreau d’Alger, en l’occurrence Me Miloud Brahimi, a estimé que la position judiciaire de l’Algérie vis-à-vis de la Cour pénale internationale est une position schizophrène. Il a indiqué qu’il trouve anormal et illogique la politique des autorités algériennes en la matière. Il a rappelé dans ce sens que bien que l’Algérie ait signé la Convention de Rome en 2000, elle n’est pour autant pas encore membre de la CPI. «Je n’arrive pas à comprendre comment il se fait que nous critiquons la position de certains pays qui n’ont pas adhéré à la Cour pénale internationale alors que nous ne sommes pas, nous-mêmes, membres de cette institution judiciaire internationale», a-t-il estimé. Il a indiqué qu’en ce qui concerne les Etats-Unis d’Amérique que ce pays a une bonne raison de ne pas adhérer à la CPI vu son implication politique et militaire dans plusieurs conflits armés dans le monde. «Pour ce qui est de l’Algérie, je ne vois pas où est exactement la raison qui fait que nous refusons de faire partie de cette entité judicaire. Je n’arrive pas à comprendre ce qui nous empêche de ratifier le statut de Rome et si nous n’adhérons pas, je ne vois pas pourquoi nous nous en mêlons» a-t-il déclaré hier, lors de son intervention au débat qui a été organisé au Forum d’El Moudjahid sur la justice internationale et les droits de l’homme. Pour ce qui est du volume des droits de l’homme, cet avocat a indiqué qu’on  peut bien légiférer des lois incriminant la colonisation mais il faut surtout introduire la notion de génocide dans le code pénal algérien. Or, selon cet avocat, il n’y a aucun texte dans le code pénal algérien qui parle de ce genre de crimes. «J’ai moi-même appelé les autorités judicaires compétentes et attiré leur attention sur ce problème» a-t-il ajouté. Ce juriste a soulevé d’autre part, un autre problème d’autant plus important qu’il est inhérent aux accords d’Evian ayant concrétisé l’indépendance de l’Algérie. Il est convenu dans ces accords qu’après l’indépendance de l’Algérie «certains dépassements», tel qu’il a été précisé dans ce texte, seront amnistiés.

Miloud Brahimi a clôturé son intervention en émettant le souhait d’ouvrir le débat sur cette question précise : est-ce que les génocides peuvent être amnistiés sachant que la CPI a créé des tribunaux spéciaux pour les crimes de guerre commis au Rwanda et en Yougoslavie ?

S.H.

 

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Colère des habitants d’El-Madania contre Sonelgaz

Coupures d’électricité et endommagement des appareils

Les résidents de la commune d’El-Madania, plus précisément ceux du 72 rue Mustapha Serrir, ont manifesté avant-hier leur colère et ce, au niveau de l’Agence Sonelgaz du Ruisseau. C’est à partir des coupures d’électricité provoquées par un court-circuit que beaucoup de résidents de ce quartier ont vu leurs appareils électroménagers endommagés.

Certains ont perdu leurs téléviseurs, d’autres leurs frigos et les plus chanceux ont vu leurs démodulateurs endommagés. La colère des résidents était légitime dans la mesure où les responsables de l’Agence Sonelgaz du Ruisseau avaient été interpellés la veille de cet incident.

«Nous nous sommes dirigés vers l’Agence du Ruisseau et avons interpellé les responsables de cette agence sur le court-circuit qui nous a finalement coûté très cher devant leur laisser-aller», nous a expliqué un jeune résident de ce quartier.

Son voisin ajoute : «C’est malheureux de constater à chaque fois la même attitude de certains responsables. Aujourd’hui, c’est la Sonelgaz, avant cette Epic c’était la Seaal. Sincèrement, nous ne pouvons plus accorder de confiance à ces intervenants publics, surtout lorsqu’on voit le laisser-aller qui nous rappelle une certaine période».

La légèreté avec laquelle l’Agence Sonelgaz du Ruisseau s’est démarquée par rapport aux appels des résidents de Mustapha Serrir est un mauvais exemple pour la maison-mère. La politique urbaine adoptée par la direction générale de la clientèle risque d’être affectée par ce genre de comportement irresponsable de certains responsables de l’Agence du Ruisseau. Un exemple à ne pas suivre surtout.

S.A.

 

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Au large des côtes algériennes

Les étrangers exclus de la pêche au thon rouge

Cette décision fait suite à celle de la Commission internationale pour la conservation des tonidés de l’Atlantique (ICCAT), de ne pas attribuer la pêche de cette espèce aux pays tiers et que chaque pays doit baisser son quota en utilisant ses propres moyens, indique la même source.

Les exploitants étrangers ne participeront plus, à partir de cette année, à la campagne de pêche au thon rouge dans les eaux sous juridiction algérienne, qui sera dé-sormais réservée aux opérateurs nationaux, a appris dimanche l’APS auprès du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques. «A partir de cette année 2010, les exploitants étrangers n’ont pas le droit de participer à la campagne de pêche commerciale du thon rouge dans les eaux sous juridiction algérienne», indique-t-on au ministère, en précisant que «cette exploitation sera réservée uniquement aux thoniers nationaux».  Cette décision fait suite à celle de la Commission internationale pour la conservation des tonidés de l’Atlantique (ICCAT), de ne pas attribuer la pêche de cette espèce aux pays tiers et que chaque pays doit baisser son quota en utilisant ses propres moyens, indique la même source. L’ICCAT, qui rassemble les Etats pêcheurs, a décidé en 2009 de ramener le quota de pêche autorisé à 13 500 tonnes en 2010 contre 19 500 tonnes l’année d’avant. Chaque année, l’Algérie accorde des licences de pêche des grands migrateurs halieutiques à durée déterminée du 1er au 31 mai, rappelle-t-on.  Un quota d’affrètement de 223,4 tonnes a été proposé aux exploitants étrangers durant la campagne de 2009.  Le ministère souligne que l’Algérie dispose de thoniers équipés pour la pêche de ce poisson, précisant, par ailleurs, que l’interdiction par l’Algérie d’exporter cette espèce, dépendrait de la décision de la Convention sur le Commerce international des espèces sauvages menacées (CITES), qui se réunit du 13 au 25 mars à Doha au Qatar.  Le thon rouge figure parmi les espèces les plus menacées proposées à l’inscription dans l’annexe I de la CITES, synonyme d’interdiction de son commerce international.   Les espèces inscrites à l’annexe I sont les plus menacées de toutes les espèces animales et végétales couvertes par la Convention, affiliée à l’ONU. L’annexe II de la convention impose quant à elle de fortes régulations du commerce des espèces animales et végétales menacées, assorties de permis d’exportation, alors que l’annexe III, c’est le pays qui met des conditions d’exploitation et de commercialisation de l’espèce proposée à ce niveau. L’inscription du thon rouge dans l’annexe I de la convention a été proposée par la principauté de Monaco en 2007 suite à un constat faisant état de disparition des deux tiers des stocks de cette espèce en Méditerranée, et ce, entre 1957 et 2007 et de 82% en Atlantique Ouest entre 1970 et 2007. Grand migrateur, ce poisson se reproduit uniquement dans le Golfe du Mexique et en Méditerranée où se font 80% des captures.  Depuis son entrée en vigueur en 1975, la CITES régule ou interdit déjà le commerce de 34 000 espèces de faune et de flore sauvages.

R. T.

 

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Fonction publique et réforme de la gestion budgétaire

Budget de l’Etat et état de sa gestion

La nouvelle tendance à l’échelle mondiale va vers un budget exprimé en termes de projets. Le débat a même été initié en Algérie en 2009. En matière de réformes financières, notre pays a déjà fait un pas important dans la mise en place, depuis le 1er janvier dernier, du nouveau système comptable dressé aux normes internationales.

Outre l’impérative nécessité de la diversification des recettes fiscales hors de la sphère des hydrocarbures, le budget public algérien est tenu de se mettre au diapason de l’évolution de la gestion moderne aussi bien dans sa formulation que dans sa mise en œuvre par les différents secteurs utilisateurs. Tel qu’il est véhiculé par la loi de finances annuelle, le système en vigueur jusqu’à présent décline le budget de l’Etat en budget de fonctionnement et en budget d’équipement. Ces deux catégories de budget correspondent respectivement aux dépenses courantes (masse salariale, fournitures, carburant…) et aux programmes de développement mis en œuvre par les différents secteurs. La nouvelle tendance à l’échelle mondiale va vers un budget exprimé en termes de projets. Le débat a même été initié en Algérie en 2009. En matière de réformes financières, notre pays a déjà fait un pas important dans la mise en place, depuis le 1er janvier dernier, du nouveau système comptable dressé aux normes internationales et connu sous le nom d’IFRS (International Financial Reporting Standards).

Il demeure que la réforme budgétaire fait imparablement partie du grand projet des réformes de l’administration, des structures de l’Etat (territoire, institutions et missions). La nouvelle loi portant sur la Fonction publique adoptée en 2008 est censée être confortée et prolongée par le projet du nouveau découpage du territoire, une décentralisation plus hardie et rationnellement configurée de l’administration et la promulgation des nouveaux codes de la commune et de la wilaya mis sous le coude depuis des années. Dans le cas où ces segments importants de la vie publique sont pris isolément ou en tant que simples éléments li-bres et épars qui ne répondraient à aucune vision globale et homogène ou qui ne seraient pas soumis à la logique d’ensemble autour de laquelle ces éléments s’articulent, ces réformes paraîtraient bien en-deçà des attentes et aspirations des citoyens qui espéraient une véritable modernisation de l’Etat dans sa globalité. Et la nécessité d’un saut qualitatif se trouve autrement plus justifiée par la globalisation des économies et la multiplication vertigineuse des partenaires de l’Algérie en plus des organisations régionales (Union européenne, par exemple) et mondiales (Organisation mondiale du commerce) avec lesquelles notre pays a signé des accords commerciaux ou avec lesquelles il entretient des engagements.

De la confusion des genres aux nouveaux paris

La gestion budgétaire est un volet important de l’administration et de l’économie du pays. Elle a eu une histoire peu lisible avant les réformes post-octobre 1988, puisqu’une confusion totale et durable était entretenue entre les structures administratives de l’Etat, symbole de sa souveraineté et instruments de la puissance publique, et le reste de la sphère économique et idéologique. Avant l’instauration de l’autonomie des entreprises publiques et le divorce structurel de l’Etat d’avec le parti unique du FLN, les permanents du parti émargeaient au budget de la Fonction publique et les entreprises publiques recevaient des subventions du Trésor public. Ce parcours imposé par la grâce de l’économie administrée n’a subi l’évolution dictée par les nécessités du monde actuel qu’au prix de déchirements qui ont déteint sur la marche des entreprises et de l’administration elle-même.

Après ce découplage qui préfigurait d’autres formes d’évolutions tendant à assurer à l’administration son autonomie et à lui conférer les attributs de puissance publique, la Fonction publique se heurtera à moult écueils charriés par la libéralisation de l’économie, la nécessité de stabiliser les indicateurs macroéconomiques et l’impérative adaptation aux différents changements qui ont affecté le paysage économique et social du pays.  Avec plus d’un million et demi de fonctionnaires civils, paramilitaires et militaires, payés sur le budget de fonctionnement de l’Etat, plusieurs thèses se sont entrechoquées pour appeler à des dégraissages massifs dans ce corps ou bien encore au maintien de l’emploi, mais sans une analyse approfondie des véritables missions dévolues aux structures de l’Etat dans l’étape historique qu’il traverse. Une chose est sûre : avec un tel nombre d’employés, l’Etat demeure le premier employeur du pays. Cependant, une vision purement statistique ne risque pas de toucher aux véritables problèmes qui couvent dans la Fonction publique. Pire, elle risque même de les voiler face aux enjeux de l’ouverture économique et des défis de la mondialisation auxquels fait face notre pays.  Ce qu’a pu consigner la commission des réformes de l’Etat et de ses missions au début des années 2 000 dans son rapport transmis au président de la République appelle une vision novatrice et hardie qui doit soutenir le mouvement de changement dans différentes structures de la Fonction publique et dans la gestion du budget de l’Etat. La commission a fait état de la médiocrité de l’encadrement, de l’inefficacité des méthodes de travail, du manque d’adéquation entre la formation scolaire et universitaire avec les véritables missions de service public et de puissance publique et, enfin, des incohérences et travers générés par l’hypercentralisation des pouvoirs de décision aggravés par une division déséquilibrée du territoire. Autant dire que tout un programme dans ce sens attend les autorités politiques du pays et les différents gestionnaires postés à divers niveaux. Une chose est certaine : aucune réforme économique n’est susceptible de s’imposer ni, a fortiori, d’avoir le souffle long sans une administration compétente, efficace, décentralisée et ouverte sur les méthodes modernes de gestion.

Ressources humaines : le défaut de la cuirasse

En 2008 le ministre des Finances, Karim Djoudi, a fait part de l’élaboration et la promulgation d’une loi qui présentera les conditions d’évaluation, d’élaboration et d’exécution des dépenses publiques. Dans le sillage des réformes budgétaires, une profonde réflexion pour un nouveau système de conception et d’exploitation du budget de l’Etat est engagée depuis 2007. Le mode d’articulation et de fonctionnement du budget ne s’appuierait plus sur les notions de budget de fonctionnement et de budget d’équipement, mais plutôt sur la notion de projets à financer.  Demeure l’épineux problème de la ressource humaine identifié au sein de l’administration publique comme étant une des sources de la contre-performance dans l’exécution des projets sur le terrain. Déjà bien mal en point et traînant la mauvaise réputation d’être une lourde machine bureaucratique, l’administration algérienne a très peu de prédispositions à manager des projets de grande envergure. Ses démembrements au niveau des wilayas et des communes sont exposés à tous les  aléas – du fait de la régression sociale et du recul des compétences – qui font du fonctionnaire un candidat tout désigné à toutes formes de dérives, à commencer par celle qui a gangrené toute la société, la corruption.

Une administration valétudinaire et saignée par le départ des compétences et à laquelle sont confiés des projets grandioses financés par la recette pétrolière ne peut décidément pas faire de miracles. Les projets pour lesquels ne sont pas préparées les ressources humaines et qui souffrent de simples impondérables liés à l’intendance et à la logistique qu’exige le suivi sur le terrain voient nécessairement peser sur eux la plus grande des incertitudes.  Entre les dépenses d’équipement – qui supposent des investissements publics – et le budget de fonctionnement, existe une relation dialectique dont sont tributaires l’efficacité de l’intervention de l’Etat et la durabilité des projets managés.

Depuis le lancement du Plan de soutien à la relance économique à partir de l’année 2000, les investissements publics destinés à renforcer l’ossature infrastructurelle du pays et à mieux doter les wilayas et les communes en équipements sociaux, sanitaires et culturels, les projets de développement n’ont fait que suivre à un rythme que l’encadrement administratif et technique chargé de leur exécution ne peut plus soutenir. Le dernier plan, le Plan de soutien à la croissance économique (PSCE), doté d’une enveloppe de 150 milliards de dollars, a davantage mis à nu les carences de l’administration en ressources humaines.

En tout cas, la mobilisation du budget pour le fonctionnement de l’administration et pour les opérations des équipements publics ne peut faire l’économie d’un débat sur les capacités des ressources humaines en place à mettre en œuvre la politique de l’Etat. Ces capacités se déclinent bien entendu en termes d’effectifs, de compétence et d’organisation (pyramide de commandement, organigrammes, management…). Le diagnostic en la matière n’est pas des plus reluisants. L’administration algérienne a perdu, au cours des quinze dernières année – suite au système de retraite anticipée précipitamment mis en place aussi bien dans l’administration que dans le secteur public économique – la fine fleur du personnel technique et administratif, formé pendant les années soixante-dix et ayant accumulé un précieux capital expérience et un réel background. La vacance ainsi créée a été partiellement comblée par le recrutement des jeunes cadres issus de l’Ecole fondamentale et ne disposant d’aucune expérience professionnelle. Le nouveau statut de la Fonction publique ne confère pas les moyens de sa politique au personnel de l’administration pour affronter les nouveaux défis économiques, législatifs et réglementaires qui se posent à l’Algérie.  La maîtrise des éléments de loi de finances et des autres agrégats économiques paraît d’autant plus importante qu’une grande partie des financements qui vont être mobilisés dans le cadre de la loi de finances 2010 et des quatre lois de finances suivantes concerneront le plan d’investissements publics conçu pour le quinquennat 2010-2014, qui plus est dans un contexte de crise mondiale dont la fin n’a pas encore tracé d’esquisses. Des experts et des

observateurs de la scène économique algérienne rappellent que la prudence doit être de mise pour un budget basé sur un prix de référence du pétrole de 37 dollars le baril, sachant que cette matière première vit ses moments les plus difficiles entre les mains des courtiers du fait d’une récession avérée de l’économie mondiale.

Par Saâd Taferka

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