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A la veille du
conclave des pays du Sahel
Rapprochement
entre Alger et Nouakchott
La ministre
mauritanienne des Affaires étrangères et de la Coopération, Mme Noha
Bint Hamdi Mouknes est arrivée hier à Alger. Elle est porteuse d’un
message du président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, au
président de la République, Abdelaziz Bouteflika.
A la veille du
conclave des pays du Sahel attendu pour mardi à Alger, l’Algérie et
la Mauritanie ont entamé depuis hier une série de consultations à
haut niveau. Alger et Nouakchott ont adopté la même position contre
le Mali qui a cédé aux pressions de Paris en libérant des membres du
GSPC, dont deux Algériens et un Mauritanien, en échange de la
libération d’un otage français détenu par Al Qaïda au Maghreb. Dans
ce cadre, la ministre mauritanienne des Affaires étrangères et de
la Coopération, Mme Noha Bint Hamdi Mouknes est arrivée hier à
Alger. Elle est porteuse d’un message du président mauritanien,
Mohamed Ould Abdelaziz, au président de la République, Abdelaziz
Bouteflika. Accueillie à son arrivée à l’aéroport international
Houari-Boumediene par le ministre des Affaires étrangères, Mourad
Medelci, Mme Noha Bint Hamdi Mouknes a souligné que le message du
président mauritanien au Président Bouteflika s’inscrit dans le
cadre «des excellentes relations entre les deux Etats et peuples
frères algérien et mauritanien». Par ailleurs, elle a formé le vœu
de voir «ces relations historiques se renforcer au mieux des
intérêts des deux peuples et des deux Etats». Toutefois, le timing
choisi pour une visite du chef de la diplomatie mauritanienne à 24
heures de l’ouverture des travaux du sommet qui regroupera les pays
de la région du Sahel à Alger appelle des interrogations. Ainsi, une
telle visite ne peut être interprétée que par le fait qu’Alger et
Nouakchott veulent défendre une position commune concernant la
gestion de la situation sécuritaire au Sahel. Il faut dire que
l’attitude du Mali, qui a bafoué l’accord bilatéral avec l’Algérie
concernant la coopération judiciaire et la lutte contre le
terrorisme, pose des questions sur l’importance d’aller vers la mise
en place de mécanismes garantissant la coopération sécuritaire
entre les pays de la région du Sahel en matière de lutte contre le
terrorisme. Une coopération qui doit être «en dehors des pressions
menées par l’Occident», puisqu’en réalité les vraies victimes du
terrorisme sont les populations de la région. Bien avant la
libération des terroristes, le Mali n’a pas répondu favorablement à
la demande de l’Algérie concernant l’extradition des deux Algériens
membres du GSPC. Dans ce contexte, la Mauritanie et l’Algérie ont
protesté contre l’attitude malienne avec le rappel de leurs
ambassadeurs. Cependant, cette démarche ne veut pas dire «couper les
relations avec Bamako». D’ailleurs, à ce propos, le Premier ministre
Ahmed Ouyahia a bien précisé vendredi dernier que l’Algérie n’est
pas entrée en guerre contre le Mali. Ainsi, les relations avec le
Mali sont maintenues vu les enjeux sécuritaires et de voisinage.
Dans ce sens, des observateurs «exigent que l’attitude du Mali ne
doit pas être vue comme une démarche passagère mais prise comme une
base pour aller vers une réflexion sur la mise en place de bases
solides en matière de coopération sécuritaire dans la région du
Sahel». En tout cas, la position de l’Algérie est claire en matière
de gestion de la situation au Sahel. Elle se base sur le refus de
l’ingérence extérieure et ce qui se passe dans la région est du
ressort des gouvernements des pays du Sahel, comme l’a si bien
déclaré le chef de la diplomatie algérienne, Mourad Medelci. Une
position réaffirmée par le ministre délégué chargé des Affaires
maghrébines, Abdelkader Messahel. Cette position est soutenue par le
parti du Premier ministre Ahmed Ouyahia et affirmée dans la
déclaration finale de la 3e session du conseil national du parti
tenu jeudi et vendredi derniers à Alger. Il faut savoir que pour
l’instant, les Etats-Unis ne cachent pas leur ingérence au Sahel au
nom de la lutte contre le terrorisme international adoptée après les
événements du 11 septembre, soutenue par le souhait de Washington
d’implanter une base militaire dans la région. La France, pour sa
part, colonisatrice de plusieurs pays dans la région, se dit avoir
le droit de protéger ses intérêts. Dans tout cela, les pays du Sahel
sont en course pour acquérir les moyens surtout technologiques en
matière de sécurité afin de faire face au terrorisme qui menace la
stabilité de la région.
Par Nacera
Chenafi
Haut
Anarchie totale dans les hôpitaux suite à la grève de la santé
Evitez de
tomber malade
Le service minimum
appliqué suite au mouvement de grève entamé par les praticiens et
spécialistes de la santé publique a rendu difficile l’accès aux
soins à des patients dont l’état de santé nécessite une prise en
charge urgente, alors que l’insuffisance d’effectifs dans les
hôpitaux et la traditionnelle mauvaise prise en charge règnent en
maîtres absolus dans les salles d’attente et de consultation.
Tomber malade en
ces jours froids et pluvieux, est une chose, dans la mesure du
possible, à éviter. Les malades qui prennent la destination
«hôpital» doivent s’armer de patience et s’attendre à ce que les
structures publiques leur ferment la porte au nez. Car le principe
de service minimum mis en œuvre dans les hôpitaux stipule que ce
sont seulement les cas les plus urgents qui sont admis aux soins,
tous les autres cas peuvent attendre la fin de la grève de la santé
pour se faire soigner. Une tournée dans les hôpitaux algérois durant
une journée pluvieuse et de grève donne une image plus
catastrophique que celle des traditionnelles souffrances des
patients en particulier et de l’hôpital en général. A l’hôpital
Mustapha-Pacha, l’afflux des malades a été très important dans les
services d’urgences, pour en diminuer le nombre, les services
d’accueil orientent les malades vers d’autres structures et éviter
les longues files. Des malades venant du Sud et d’autres wilayas
n’ont pas l’accès aux soins même s’ils s’agit de cas d’urgence. Les
capacités d’accueil, depuis toujours insuffisantes, sont devenues
très limitées avec l’application du service minimum. Le personnel en
grève n’accepte de soigner que les cas urgents, bien que les
connaissances personnelles des travailleurs ne sont pas concernées
par ce service minimum, ils ont toujours l’accès facile aux salles
de consultation. Au niveau de l’Etablissement public de santé de
proximité Bouchenafa de Sidi M’hamed, la salle d’attente était
presque vide, vu que «l’établissement est en grève, et ne sont
acceptés que les cas urgents» affirment deux dames, probablement
infirmières, s’occupant de filtrer les cas urgents à retenir et à
renvoyer les autres. Il faut savoir négocier et même supplier pour
convaincre ces dames qu’on nécessite vraiment une consultation
urgente. Dans cet établissement, deux éléments sont mobilisés dans
chaque service pour la matinée et deux autres pour l’après-midi à
partir de 13h00. Il est utile de signaler que ce ne sont pas
seulement les patients qui souffrent de la mauvaise prise en charge
et la négligence du département de Barkat, mais les médecins, eux
aussi, n’ont pas la tâche facile parce que la majorité des malades
ne veulent pas comprendre que le secteur de la santé est en grève.
C’est le cas d’un homme âgé d’une trentaine d’années, qui subitement
entre sans frapper dans la salle de consultation alors que les deux
femmes médecins étaient en train d’examiner un patient. Sur un ton
menaçant, le jeune homme s’adresse aux deux médecins : «C’est moi
qui vais vous apprendre à respecter la loi….». L’intervention des
agents de sécurité a été évidente pour maîtriser la situation, mais
l’individu n’a pas quitté la salle d’attente et a attendu la
brigade de l’après-midi pour se faire soigner. Pendant ce temps, une
autre dispute s’est déclenchée dans la réception, après le refus des
soins à un malade sous prétexte qu’il ne s’agissait pas d’un cas
d’urgence. Ce dernier ne quittera pas les lieux avant d’exprimer sa
colère à l’infermière : «Vous pensez vraiment que si ce n’était pas
un cas d’urgence, il ne serait pas venu dans votre hôpital de…? Et
puis qu’est-ce que vous appelez un état d’urgence, vous avez
peut-être un scanner dans vos yeux qui distingue les cas urgents …».
Une personne âgée qui attendait son tour nous expliquait que
«normalement» et selon ce qu’il a vu dans les autres pays, «c’est
aux directeurs des établissements de transmettre les doléances des
travailleurs et de défendre leurs droits, puisqu’un simple handicap
du secteur de la santé pourra coûter une vie humaine». En effet, la
situation des hôpitaux ne fait que se dégrader, ce sont les patients
qui payent les lourdes factures, comme l’accès aux soins est devenu
un luxe, ce n’est pas permis à tout le monde de se faire soigner,
d’autant que le privé n’est pas à la portée des petites et moyennes
bourses qui préfèrent souffrir de la maladie que de s’endetter pour
se faire soigner. Pour rappel, le mouvement de grève est maintenu
selon les syndicalistes de la santé (SNPSP et SNPSSP) tandis que les
marches et les sit-in sont gelés jusqu’à ce que leus revendications
soient satisfaites. Les malades ne peuvent que patienter sinon
laisser leur anti-corps faire leur travail en attendant que le
département de Barkat fasse le sien.
Par Yasmine
Ayadi
Haut
Projet de loi criminalisant le colonialisme
Nouveau
désaccord dans l’Alliance présidentielle
Les dissensions
sont de retour à l’Alliance présidentielle. La pomme de discorde
entre les trois partenaires politiques est, cette fois-ci, le projet
de loi portant sur la criminalisation du colonialisme français.
Alors que le Front de libération nationale (FLN), initiateur du
projet défend, bec et ongles, sa proposition et que le Mouvement de
la société pour la paix (MSP) en fait «une priorité», le RND, lui,
le qualifie de «registre personnel et registre du commerce».
Autrement dit, le parti d’Ahmed Ouyahia n’affiche pas beaucoup
d’enthousiasme à cette proposition, tout en livrant son approche du
nationalisme qu’il conçoit en dehors de tout égoïsme partisan. Par
sa déclaration, faite à l’occasion du conseil national du parti, les
paroles d’Ouyahia ont fait l’effet d’une douche sur Abdelaziz
Belkhadem. Ce dernier ne devrait pas compter sur la pleine
contribution du Premier ministre et la tâche de défendre le projet
de loi auprès du gouvernement ne sera pas une sinécure. Cette
proposition de loi dont le sort ne devrait pas être connu de sitôt,
puisqu’elle n’est pas programmée pour la session parlementaire
d’automne, continuera à faire couler beaucoup d’encre, et,
peut-être, à approfondir les divergences entre les partis de
l’Alliance. A considérer les déclarations de Boudjerra Soltani qui a
affirmé, avant-hier à Blida, que les crimes «coloniaux ne sont ni
anciens ni oubliables» et appelant ses partisans à faire de ce sujet
«une priorité dans leurs discours politiques», le président du MSP,
n’a fait que répondre à M. Ouyahia et soutenir, implicitement, la
proposition du FLN. Ce dernier, dont seuls quelques jours nous
séparent de son congrès, fera certainement de cette proposition de
loi son cheval de bataille, histoire de rassembler les rangs autour
d’une idée et d’un objectif commun. Ainsi, force est de relever,
qu’à nouveau, ce sont plutôt les considérations partisanes qui
divisent l’Alliance, qui, si ce n’est le programme du président de
la République qu’elle soutient, elle – l’Alliance – aurait volé en
éclats. D’ailleurs, lors du dernier sommet de l’Alliance, les trois
leaders ont laissé paraître leurs différends. Belkhadem a carrément
refusé de faire de discours, Boudjerra Soltani a exprimé des
réserves quant à certains couacs et a tenu à appeler ses partenaires
à faire le bilan de cette union et mettre ainsi les points sur les
i. De son côté, le secrétaire général du RND s’est montré plus
serein et a bien assumé son accord politique avec le Parti des
travailleurs, un accord qui a été mal perçu notamment par les
islamistes du MSP. D’ailleurs, Boudjerra Soltani était le premier à
demander l’ouverture de discussions sur l’adhésion ou non d’autres
partis politiques, ce qui ne peut se faire sans la révision du
document d’alliance signé par les trois partis. Aussi, il a évoqué
la promotion de cette union en partenariat politique, un point
auquel les deux autres formations ne semblent pas accorder beaucoup
d’intérêt, étant les deux premières forces politiques du pays,
contrairement au MSP qui ne cesse de dégringoler.
Aomar F.
Haut
Journée nationale
On se souvient
des personnes handicapées
Un lot de matériel
pour les handicapés moteurs a été distribué hier à l’occasion de la
Journée nationale des handicapés au siège de l’Assemblée populaire
de la wilaya de Tizi Ouzou. En effet, cinquante personnes aux
besoins spécifiques ont été destinataires d’appareillages qui
pourraient soulager un tant soit peu leurs souffrances, à l’image de
cette jeune étudiante qui a reçu un fauteuil roulant avec plusieurs
options, des mains du wali de Tizi Ouzou, pour lui permettre de
suivre ses études dans des conditions moins difficiles. Cette
louable initiative a été rendue possible grâce à l’association
«Espoir» de Mekla qui a reçu ce lot de matériel d’une association
française dénommée «Elan du cœur» basée à Paris et avec le concours
de l’APW de Tizi Ouzou qui a accompagné cette association tout au
long de la procédure d’acquisition de ce matériel d’une valeur de
plus de 500 millions de centimes. L’association «Espoir» n’est pas
à sa première action puisqu’un premier lot a été distribué en faveur
des handicapés de la région. Par ailleurs, la direction locale de
l’action sociale a de son côté tracé un programme de célébration de
cette journée au niveau de l’école des jeunes aveugles et
sourds-muets de Boukhalfa. Il a également été distribué un lot
d’appareillage orthopédique en marge d’une animation riche en
activités en l’honneur des personnes handicapées.
Hamid M.
Haut
La lutte contre le fléau s’intensifie en Algérie
Des barons
arrêtés et des tonnes de drogue récupérées
Des centaines de
kilos de résines de cannabis ont été découverts dans différents
appartements. Du jamais vu, déplorent les policiers.
En plus des
certaines wilayas du pays, la résine de cannabis est en train de se
faufiler en grande quantité dans la capitale ces dernières années,
surtout durant les douze mois passés, où la Sûreté d’Alger avait
enregistré une terrible cadence des activités des trafiquants. Rien
qu’en 2009, la Sûreté de la wilaya d’Alger avait réussi à saisir
plus de 1000 kg de cannabis, soit une tonne de drogue, alors qu’il y
a des années, la quantité de stupéfiants récupérée ne dépassait pas
les 300 kg/an. Au niveau national, la drogue saisie avait dépassé
les 70 tonnes en 2009, pour l’année en cours, la barre des 10 tonnes
est déjà dépassée. Une hausse sensible qui laisse prédire qu’à
l’avenir il y aura beaucoup plus de drogue en circulation à travers
le pays et surtout à Alger, devenue une ville de choix pour les
trafiquants. En plus de cette hausse très inquiétante des quantités
de stupéfiants, la Sûreté d’Alger a enregistré également une
recrudescence sans précédent des activités des réseaux de trafic
dans certains quartiers de la capitale. En effet, l’année dernière,
des centaines de kilos de résines de cannabis ont été découverts
dans différents appartements. Du jamais vu, déplorent les policiers.
Il s’agit souvent des logements loués par les trafiquants, qui
utilisent de faux noms pour tromper la vigilance des voisins, mais
aussi des policiers. Ces lieux sont bien protégés par les
trafiquants, en plus de cela, ces derniers cherchent souvent des
appartements dans des quartiers qui ne sont pas visités souvent par
les policiers. Une tactique qui marchait très bien pour ces réseaux
de trafic de drogue en 2009, mais qui a fini par être repérée par la
police grâce au travail d’investigation menée par des enquêteurs
aguerris. D’autre part, la drogue saisie par la police appartenait à
des trafiquants de plus en plus actifs. Vu la quantité qu’ils
possèdent, ces derniers devaient à tout prix liquider leur
marchandise dans un temps très limité, et c’est ce qui leur a coûté
aussi très cher. La lutte contre ces réseaux de malheur a permis
également la mise hors d’état de nuire de deux grands barons de la
drogue, toujours à Alger. Le premier avait été arrêté il y a presque
cinq mois, à Alger-Centre par la police judiciaire de la division
Centre, après une enquête minitieusement menée. L’autre baron avait
été à son tour arrêté cette fois-ci à Birtouta en compagnie de cinq
autres de ses acolytes, lors d’une souricière soigneusement préparée
par la police judiciaire de la division Ouest. Ces deux importants
coups de filet réalisés dans le cadre de la lutte contre les
trafiquants de drogue ont permis à la police algéroise d’identifier
un troisième baron, actuellement est en fuite. La Sûreté d’Alger a
rassuré cependant que l’arrestation de cet homme ne sera qu’une
question de temps, car le plus important c’est que ce jeune baron
soit aujourd’hui identifié. D’intenses recherches sont en cours pour
arrêter cette personne et ce, grâce à la PDA (une sorte de fichier
mobile équipé dans chaque point de barrage policier). Pour rappel,
il y a trois mois, la police anti-drogue de la division ouest
d’Alger avait réussi un important coup de filet en capturant un
grand trafiquant de drogue résidant à Alger, C.M, âgé de 54 ans,
repris de justice et recherché dans le cadre de plusieurs affaires
de drogue à Alger. L’arrestation de cet important trafiquant de
drogue, spécialisé dans le trafic de grandes quantités de drogue,
réalisée à Birtouta, une commune relevant de la wilaya d’Alger,
remonte au 23 décembre dernier, après une investigation approfondie
faite par la police judiciaire de la division Ouest de la police
d’Alger avec la collaboration de celle de Tlemcen. C.M. est un
repris de justice, il a été arrêté à bord d’un véhicule de type
Chevrolet de couleur noire, (récemment acquis par ces trafiquants),
dans lequel se trouvait d’autres acolytes. Il s’agit de C.K., 44
ans, R.K., 25 ans et de C.O., 23 ans, dont un seul est un repris de
justice. Le coup de filet réalisé par la police avait été réalisé
quelques jours après l’arrestation de deux autres personnes qui font
partie du même réseau. Il s’agit de B.Y., âgé de 36 ans et de son
acolyte C.L., 37 ans, tous deux des repris de justice également.
C’est à partir de leur arrestation que l’affaire avait pu être
lancée par la cellule d’investigation qui fait partie de la police
judiciaire de la division Ouest d’Alger. La Sûreté de la wilaya
d’Alger a déjà réalisé d’autres coups spectaculaires ces dernières
années dans le cadre de la lutte contre la drogue et le terrorisme.
Mais malgré cela, les activités de certains réseaux de drogue se
sont malheureusement intensifiés ces dernières années. Récemment, la
Sûreté d’Alger avait tiré la sonnette d’alarme, lorsque l’une de ses
divisions a découvert une quantité considérable de morphine, entrée
depuis la France par un émigré.
Par Sofiane Abi
Haut
Des routes fermées à cause des intempéries
19 morts, 26
blessés et des dégâts importants
Les intempéries
observées le week-end dernier sur la majeure partie du pays ont
occasionné des pertes en vies humaines et d’importants dégâts
matériels, a rapporté l’APS hier. Plusieurs routes demeurent coupées
à la circulation suite aux chutes de pluie et de neige ayant
provoqué des inondations et l’effondrement d’un pont dans cinq
wilayas du pays, indique la Gendarmerie nationale dans un point de
situation du réseau routier. La route nationale n°15 reliant
Tizi-Ouzou à Bouira au col de Tirourda (commune d’Iferhounene) et la
RN reliant Tizi-Ouzou à Bouira au lieu-dit Tizi-N’kouilel (commune
d’Iboudraren), ont été coupées à la circulation en raison de
l’amoncellement de neige. Les chutes de neige ont également perturbé
le réseau routier à la hauteur du chemin de wilaya n° 253, reliant
la RN n° 15 à la ville de Béjaïa, au col de Chellata (commune d’Illoula
Oumalou), de même que la RN n°33 reliant Bouira à Tizi Ouzou au
lieudit Assoul (commune d’El-Asnam). Dans la wilaya de Boumerdès,
c’est l’effondrement d’un pont au niveau de la RN reliant la ville
de Baghlia à celle de Tadmaït (Tizi Ouzou), à hauteur du village
Sibaou, (commune de Baghlia), qui a engendré une perturbation du
trafic routier. A Blida la RN n° 37 reliant Chréa à Blida du Point
Kilométrique (PK) 8 au PK 20 (commune de Chréa) ainsi que le chemin
de wilaya n°49 entre Chréa et Douar Tabianet au lieudit Mirador
(commune de Chréa) qui enregistrent des amoncellements de neige.
Dans la wilaya de Tlemcen, la chaussée est inondée au niveau du
chemin de wilaya n°104 reliant la ville de Honaine à celle de
Beni-Khaled. Ainsi, les intempéries qui se sont abattues sur
plusieurs régions d’Algérie, ont causé beaucoup d’accidents de la
circulation faisant plusieurs victimes, selon la Protection civile.
19 personnes sont décédées et 26 autres blessées durant ce week-end
suite aux intempéries qui ont affecté plusieurs wilayas du pays.
C’est le bilan annoncé hier par le responsable de communication de
la Protection civile, le capitaine Farouk Achour, qui a précisé que
ces décès sont survenus lors d’accidents de la circulation. Ce
responsable signale que 5 personnes sont décédées et 6 autres
blessées dans la wilaya de Constantine suite au dérapage de leur
véhicule. Le mauvais temps a été aussi la cause d’un grave accident
de la route dans la wilaya de Boumerdès. Les services de la
Protection civile ont enregistrés 12 accidents de la circulation de
la période allant du 11 au 14 mars. Ces pluies et cette vague de
froid ont été fatales à une personne dans la wilaya de Blida suite à
l’inhalation de gaz carbonique. Cinq autres personnes ont pu êtres
sauvées dans la wilaya de Tlemcen, annonce le capitaine Achour. Ce
dernier a annoncé également que quatre personnes ont été brûlées
suite à un incendie urbain qui est survenu dans la wilaya d’El
Bayadh. Dans la wilaya, la chute d’un immeuble, en cours de
construction, a causé la mort d’une personne, selon la même source.
Les unités de la Protection civile ont enregistré également 10 036
interventions dont 420 accidents de la circulation ayant causé le
décès de 22 personnes et 488 autres blessées, traitées et évacuées
vers les structures hospitalières durant la période du 28 février au
6 mars 2010.
Hocine L.
Haut
Développement de l'industrie
Temmar appelle
à investir les revenus des hydrocarbures dans le pays
«Les réserves de
change que possède l’Algérie doivent rester en Algérie, car nous en
avons besoin pour les investir dans des projets de développement
dans divers secteurs tels que l’industrie».
Les recettes
engrangées par l’Algérie, notamment suite aux exportations des
hydrocarbures (8 milliards de dollars, rien que pour janvier et
février, selon Chakib Khelil), devraient être utilisées dans des
investissements à l’intérieur du pays plutôt que d’être placées dans
des banques étrangères. C’est en tout cas l’appel lancé par le
ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements,
Hamid Temmar, à l’occasion de l’inauguration du 4e Salon
international de l’électrotechnique, de l’automation industrielle et
de l’énergie, organisé hier et ce, jusqu’au 17 mars à la Safex
d’Alger. «Les réserves de change que possède l’Algérie doivent
rester en Algérie, car nous en avons besoin pour les investir dans
des projets de développement dans divers secteurs tels que
l’industrie», s’est-il exprimé, en expliquant qu’une dynamique
économique a été enclenchée depuis un certain nombre d’années et le
pays doit profiter de toutes ses richesses, notamment financières
pour accompagner cet élan.
Pour ce faire, le
ministre a pour la énième fois réitéré l’invitation de l’Algérie en
direction des opérateurs étrangers pour qu’ils viennent investir
dans le pays, tout en les exhortant à faciliter l’accès aux
nationaux vers les bienfaits des avancées techniques et ce, par le
biais du transfert des technologies. Dans ce sens, Temmar a estimé
que la mesure du 51-49% décidée au profit des investisseurs
nationaux dans le cadre de la LFC 2009 n’ont pas empêché les
étrangers à afficher leur volonté de mettre leur argent dans les
projets lancés par l’Algérie. Cependant, le ministre a déploré que
ces investisseurs préfèrent certains secteurs particuliers, lesquels
n’arrangent pas forcément nos intérêts économiques et promet, pour
la circonstance, de faire en sorte de convaincre des entreprises qui
activent dans des domaines tels que la mécanique, l’électronique, la
pétrochimie, la métallurgie, l’aluminium, etc. de s’intéresser à ce
genre d’industries qui rentrent dans la stratégie de son
département.
Evoquant le
partenariat, le ministre a jugé qu’il faut le diversifier et ne pas
se concentrer sur un seul pays, quoique le modèle turc semble
impressionner le membre du gouvernement qui a trouvé en lui «un
modèle idéal à suivre par l’Algérie». Car c’est un pays qui a
commencé, illustre-t-il, par adopter le savoir-faire étranger pour
le développer ensuite et devenir à son tour exportateur de produits
de grande qualité.
Tout en
reconnaissant que l’Algérie n’est pas encore arrivée à ce stade,
Temmar met toutefois en exergue les avancées réalisées, selon lui,
dans le domaine des infrastructures de base. «Nous avons gagné la
bataille des infrastructures physiques et la promotion des
ressources humaines en construisant les autoroutes et les
universités, reste maintenant celle de la maîtrise de la technologie
que nous devons acquérir dans les années à venir», a-t-il estimé.
Interrogé sur le
véhicule algérien dont tout le monde attend de voir sortir un jour
des usines de la SNVI de Rouiba, le ministre en charge de
l’Industrie a révélé que «des négociations sont effectivement en
cours avec des opérateurs étrangers et non pas seulement avec le
constructeur français Renault». Au sujet de la SNVI et de cinq
autres entreprises publiques, Temmar a déclaré que leur mise à
niveau se fait dans de bonnes conditions, en attendant de faire de
même avec les autres entreprises qui relèvent du secteur privé.
Par Hafid
Mesbah
Haut
Miloud Brahimi à propos de la non-adhésion de l’Algérie à la CPI
«Nous
développons une position juridiquement schizophrène…»
Comment se fait-il
que nous critiquons la position de certains pays qui n’ont pas
adhéré à la Cour pénale internationale alors que nous ne sommes pas,
nous-mêmes, membres de cette institution judiciaire.
L’éminent avocat
au Barreau d’Alger, en l’occurrence Me Miloud Brahimi, a estimé que
la position judiciaire de l’Algérie vis-à-vis de la Cour pénale
internationale est une position schizophrène. Il a indiqué qu’il
trouve anormal et illogique la politique des autorités algériennes
en la matière. Il a rappelé dans ce sens que bien que l’Algérie ait
signé la Convention de Rome en 2000, elle n’est pour autant pas
encore membre de la CPI. «Je n’arrive pas à comprendre comment il se
fait que nous critiquons la position de certains pays qui n’ont pas
adhéré à la Cour pénale internationale alors que nous ne sommes pas,
nous-mêmes, membres de cette institution judiciaire internationale»,
a-t-il estimé. Il a indiqué qu’en ce qui concerne les Etats-Unis
d’Amérique que ce pays a une bonne raison de ne pas adhérer à la CPI
vu son implication politique et militaire dans plusieurs conflits
armés dans le monde. «Pour ce qui est de l’Algérie, je ne vois pas
où est exactement la raison qui fait que nous refusons de faire
partie de cette entité judicaire. Je n’arrive pas à comprendre ce
qui nous empêche de ratifier le statut de Rome et si nous n’adhérons
pas, je ne vois pas pourquoi nous nous en mêlons» a-t-il déclaré
hier, lors de son intervention au débat qui a été organisé au Forum
d’El Moudjahid sur la justice internationale et les droits de
l’homme. Pour ce qui est du volume des droits de l’homme, cet avocat
a indiqué qu’on peut bien légiférer des lois incriminant la
colonisation mais il faut surtout introduire la notion de génocide
dans le code pénal algérien. Or, selon cet avocat, il n’y a aucun
texte dans le code pénal algérien qui parle de ce genre de crimes.
«J’ai moi-même appelé les autorités judicaires compétentes et attiré
leur attention sur ce problème» a-t-il ajouté. Ce juriste a soulevé
d’autre part, un autre problème d’autant plus important qu’il est
inhérent aux accords d’Evian ayant concrétisé l’indépendance de
l’Algérie. Il est convenu dans ces accords qu’après l’indépendance
de l’Algérie «certains dépassements», tel qu’il a été précisé dans
ce texte, seront amnistiés.
Miloud Brahimi a
clôturé son intervention en émettant le souhait d’ouvrir le débat
sur cette question précise : est-ce que les génocides peuvent être
amnistiés sachant que la CPI a créé des tribunaux spéciaux pour les
crimes de guerre commis au Rwanda et en Yougoslavie ?
S.H.
Haut
Colère des habitants d’El-Madania contre Sonelgaz
Coupures
d’électricité et endommagement des appareils
Les résidents de
la commune d’El-Madania, plus précisément ceux du 72 rue Mustapha
Serrir, ont manifesté avant-hier leur colère et ce, au niveau de
l’Agence Sonelgaz du Ruisseau. C’est à partir des coupures
d’électricité provoquées par un court-circuit que beaucoup de
résidents de ce quartier ont vu leurs appareils électroménagers
endommagés.
Certains ont perdu
leurs téléviseurs, d’autres leurs frigos et les plus chanceux ont vu
leurs démodulateurs endommagés. La colère des résidents était
légitime dans la mesure où les responsables de l’Agence Sonelgaz du
Ruisseau avaient été interpellés la veille de cet incident.
«Nous nous sommes
dirigés vers l’Agence du Ruisseau et avons interpellé les
responsables de cette agence sur le court-circuit qui nous a
finalement coûté très cher devant leur laisser-aller», nous a
expliqué un jeune résident de ce quartier.
Son voisin ajoute
: «C’est malheureux de constater à chaque fois la même attitude de
certains responsables. Aujourd’hui, c’est la Sonelgaz, avant cette
Epic c’était la Seaal. Sincèrement, nous ne pouvons plus accorder de
confiance à ces intervenants publics, surtout lorsqu’on voit le
laisser-aller qui nous rappelle une certaine période».
La légèreté avec
laquelle l’Agence Sonelgaz du Ruisseau s’est démarquée par rapport
aux appels des résidents de Mustapha Serrir est un mauvais exemple
pour la maison-mère. La politique urbaine adoptée par la direction
générale de la clientèle risque d’être affectée par ce genre de
comportement irresponsable de certains responsables de l’Agence du
Ruisseau. Un exemple à ne pas suivre surtout.
S.A.
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Au large des côtes algériennes
Les étrangers
exclus de la pêche au thon rouge
Cette décision
fait suite à celle de la Commission internationale pour la
conservation des tonidés de l’Atlantique (ICCAT), de ne pas
attribuer la pêche de cette espèce aux pays tiers et que chaque pays
doit baisser son quota en utilisant ses propres moyens, indique la
même source.
Les exploitants
étrangers ne participeront plus, à partir de cette année, à la
campagne de pêche au thon rouge dans les eaux sous juridiction
algérienne, qui sera dé-sormais réservée aux opérateurs nationaux, a
appris dimanche l’APS auprès du ministère de la Pêche et des
Ressources halieutiques. «A partir de cette année 2010, les
exploitants étrangers n’ont pas le droit de participer à la campagne
de pêche commerciale du thon rouge dans les eaux sous juridiction
algérienne», indique-t-on au ministère, en précisant que «cette
exploitation sera réservée uniquement aux thoniers nationaux».
Cette décision fait suite à celle de la Commission internationale
pour la conservation des tonidés de l’Atlantique (ICCAT), de ne pas
attribuer la pêche de cette espèce aux pays tiers et que chaque pays
doit baisser son quota en utilisant ses propres moyens, indique la
même source. L’ICCAT, qui rassemble les Etats pêcheurs, a décidé en
2009 de ramener le quota de pêche autorisé à 13 500 tonnes en 2010
contre 19 500 tonnes l’année d’avant. Chaque année, l’Algérie
accorde des licences de pêche des grands migrateurs halieutiques à
durée déterminée du 1er au 31 mai, rappelle-t-on. Un quota
d’affrètement de 223,4 tonnes a été proposé aux exploitants
étrangers durant la campagne de 2009. Le ministère souligne que
l’Algérie dispose de thoniers équipés pour la pêche de ce poisson,
précisant, par ailleurs, que l’interdiction par l’Algérie d’exporter
cette espèce, dépendrait de la décision de la Convention sur le
Commerce international des espèces sauvages menacées (CITES), qui se
réunit du 13 au 25 mars à Doha au Qatar. Le thon rouge figure parmi
les espèces les plus menacées proposées à l’inscription dans
l’annexe I de la CITES, synonyme d’interdiction de son commerce
international. Les espèces inscrites à l’annexe I sont les plus
menacées de toutes les espèces animales et végétales couvertes par
la Convention, affiliée à l’ONU. L’annexe II de la convention impose
quant à elle de fortes régulations du commerce des espèces animales
et végétales menacées, assorties de permis d’exportation, alors que
l’annexe III, c’est le pays qui met des conditions d’exploitation et
de commercialisation de l’espèce proposée à ce niveau. L’inscription
du thon rouge dans l’annexe I de la convention a été proposée par la
principauté de Monaco en 2007 suite à un constat faisant état de
disparition des deux tiers des stocks de cette espèce en
Méditerranée, et ce, entre 1957 et 2007 et de 82% en Atlantique
Ouest entre 1970 et 2007. Grand migrateur, ce poisson se reproduit
uniquement dans le Golfe du Mexique et en Méditerranée où se font
80% des captures. Depuis son entrée en vigueur en 1975, la CITES
régule ou interdit déjà le commerce de 34 000 espèces de faune et de
flore sauvages.
R. T.
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Fonction publique et réforme de la gestion budgétaire
Budget de
l’Etat et état de sa gestion
La nouvelle
tendance à l’échelle mondiale va vers un budget exprimé en termes de
projets. Le débat a même été initié en Algérie en 2009. En matière
de réformes financières, notre pays a déjà fait un pas important
dans la mise en place, depuis le 1er janvier dernier, du nouveau
système comptable dressé aux normes internationales.
Outre l’impérative
nécessité de la diversification des recettes fiscales hors de la
sphère des hydrocarbures, le budget public algérien est tenu de se
mettre au diapason de l’évolution de la gestion moderne aussi bien
dans sa formulation que dans sa mise en œuvre par les différents
secteurs utilisateurs. Tel qu’il est véhiculé par la loi de finances
annuelle, le système en vigueur jusqu’à présent décline le budget de
l’Etat en budget de fonctionnement et en budget d’équipement. Ces
deux catégories de budget correspondent respectivement aux dépenses
courantes (masse salariale, fournitures, carburant…) et aux
programmes de développement mis en œuvre par les différents
secteurs. La nouvelle tendance à l’échelle mondiale va vers un
budget exprimé en termes de projets. Le débat a même été initié en
Algérie en 2009. En matière de réformes financières, notre pays a
déjà fait un pas important dans la mise en place, depuis le 1er
janvier dernier, du nouveau système comptable dressé aux normes
internationales et connu sous le nom d’IFRS (International Financial
Reporting Standards).
Il demeure que la
réforme budgétaire fait imparablement partie du grand projet des
réformes de l’administration, des structures de l’Etat (territoire,
institutions et missions). La nouvelle loi portant sur la Fonction
publique adoptée en 2008 est censée être confortée et prolongée par
le projet du nouveau découpage du territoire, une décentralisation
plus hardie et rationnellement configurée de l’administration et la
promulgation des nouveaux codes de la commune et de la wilaya mis
sous le coude depuis des années. Dans le cas où ces segments
importants de la vie publique sont pris isolément ou en tant que
simples éléments li-bres et épars qui ne répondraient à aucune
vision globale et homogène ou qui ne seraient pas soumis à la
logique d’ensemble autour de laquelle ces éléments s’articulent, ces
réformes paraîtraient bien en-deçà des attentes et aspirations des
citoyens qui espéraient une véritable modernisation de l’Etat dans
sa globalité. Et la nécessité d’un saut qualitatif se trouve
autrement plus justifiée par la globalisation des économies et la
multiplication vertigineuse des partenaires de l’Algérie en plus des
organisations régionales (Union européenne, par exemple) et
mondiales (Organisation mondiale du commerce) avec lesquelles notre
pays a signé des accords commerciaux ou avec lesquelles il
entretient des engagements.
De la confusion
des genres aux nouveaux paris
La gestion
budgétaire est un volet important de l’administration et de
l’économie du pays. Elle a eu une histoire peu lisible avant les
réformes post-octobre 1988, puisqu’une confusion totale et durable
était entretenue entre les structures administratives de l’Etat,
symbole de sa souveraineté et instruments de la puissance publique,
et le reste de la sphère économique et idéologique. Avant
l’instauration de l’autonomie des entreprises publiques et le
divorce structurel de l’Etat d’avec le parti unique du FLN, les
permanents du parti émargeaient au budget de la Fonction publique et
les entreprises publiques recevaient des subventions du Trésor
public. Ce parcours imposé par la grâce de l’économie administrée
n’a subi l’évolution dictée par les nécessités du monde actuel qu’au
prix de déchirements qui ont déteint sur la marche des entreprises
et de l’administration elle-même.
Après ce
découplage qui préfigurait d’autres formes d’évolutions tendant à
assurer à l’administration son autonomie et à lui conférer les
attributs de puissance publique, la Fonction publique se heurtera à
moult écueils charriés par la libéralisation de l’économie, la
nécessité de stabiliser les indicateurs macroéconomiques et
l’impérative adaptation aux différents changements qui ont affecté
le paysage économique et social du pays. Avec plus d’un million et
demi de fonctionnaires civils, paramilitaires et militaires, payés
sur le budget de fonctionnement de l’Etat, plusieurs thèses se sont
entrechoquées pour appeler à des dégraissages massifs dans ce corps
ou bien encore au maintien de l’emploi, mais sans une analyse
approfondie des véritables missions dévolues aux structures de
l’Etat dans l’étape historique qu’il traverse. Une chose est sûre :
avec un tel nombre d’employés, l’Etat demeure le premier employeur
du pays. Cependant, une vision purement statistique ne risque pas de
toucher aux véritables problèmes qui couvent dans la Fonction
publique. Pire, elle risque même de les voiler face aux enjeux de
l’ouverture économique et des défis de la mondialisation auxquels
fait face notre pays. Ce qu’a pu consigner la commission des
réformes de l’Etat et de ses missions au début des années 2 000 dans
son rapport transmis au président de la République appelle une
vision novatrice et hardie qui doit soutenir le mouvement de
changement dans différentes structures de la Fonction publique et
dans la gestion du budget de l’Etat. La commission a fait état de la
médiocrité de l’encadrement, de l’inefficacité des méthodes de
travail, du manque d’adéquation entre la formation scolaire et
universitaire avec les véritables missions de service public et de
puissance publique et, enfin, des incohérences et travers générés
par l’hypercentralisation des pouvoirs de décision aggravés par une
division déséquilibrée du territoire. Autant dire que tout un
programme dans ce sens attend les autorités politiques du pays et
les différents gestionnaires postés à divers niveaux. Une chose est
certaine : aucune réforme économique n’est susceptible de s’imposer
ni, a fortiori, d’avoir le souffle long sans une administration
compétente, efficace, décentralisée et ouverte sur les méthodes
modernes de gestion.
Ressources
humaines : le défaut de la cuirasse
En 2008 le
ministre des Finances, Karim Djoudi, a fait part de l’élaboration et
la promulgation d’une loi qui présentera les conditions
d’évaluation, d’élaboration et d’exécution des dépenses publiques.
Dans le sillage des réformes budgétaires, une profonde réflexion
pour un nouveau système de conception et d’exploitation du budget de
l’Etat est engagée depuis 2007. Le mode d’articulation et de
fonctionnement du budget ne s’appuierait plus sur les notions de
budget de fonctionnement et de budget d’équipement, mais plutôt sur
la notion de projets à financer. Demeure l’épineux problème de la
ressource humaine identifié au sein de l’administration publique
comme étant une des sources de la contre-performance dans
l’exécution des projets sur le terrain. Déjà bien mal en point et
traînant la mauvaise réputation d’être une lourde machine
bureaucratique, l’administration algérienne a très peu de
prédispositions à manager des projets de grande envergure. Ses
démembrements au niveau des wilayas et des communes sont exposés à
tous les aléas – du fait de la régression sociale et du recul des
compétences – qui font du fonctionnaire un candidat tout désigné à
toutes formes de dérives, à commencer par celle qui a gangrené toute
la société, la corruption.
Une administration
valétudinaire et saignée par le départ des compétences et à laquelle
sont confiés des projets grandioses financés par la recette
pétrolière ne peut décidément pas faire de miracles. Les projets
pour lesquels ne sont pas préparées les ressources humaines et qui
souffrent de simples impondérables liés à l’intendance et à la
logistique qu’exige le suivi sur le terrain voient nécessairement
peser sur eux la plus grande des incertitudes. Entre les dépenses
d’équipement – qui supposent des investissements publics – et le
budget de fonctionnement, existe une relation dialectique dont sont
tributaires l’efficacité de l’intervention de l’Etat et la
durabilité des projets managés.
Depuis le
lancement du Plan de soutien à la relance économique à partir de
l’année 2000, les investissements publics destinés à renforcer
l’ossature infrastructurelle du pays et à mieux doter les wilayas et
les communes en équipements sociaux, sanitaires et culturels, les
projets de développement n’ont fait que suivre à un rythme que
l’encadrement administratif et technique chargé de leur exécution ne
peut plus soutenir. Le dernier plan, le Plan de soutien à la
croissance économique (PSCE), doté d’une enveloppe de 150 milliards
de dollars, a davantage mis à nu les carences de l’administration en
ressources humaines.
En tout cas, la
mobilisation du budget pour le fonctionnement de l’administration et
pour les opérations des équipements publics ne peut faire l’économie
d’un débat sur les capacités des ressources humaines en place à
mettre en œuvre la politique de l’Etat. Ces capacités se déclinent
bien entendu en termes d’effectifs, de compétence et d’organisation
(pyramide de commandement, organigrammes, management…). Le
diagnostic en la matière n’est pas des plus reluisants.
L’administration algérienne a perdu, au cours des quinze dernières
année – suite au système de retraite anticipée précipitamment mis en
place aussi bien dans l’administration que dans le secteur public
économique – la fine fleur du personnel technique et administratif,
formé pendant les années soixante-dix et ayant accumulé un précieux
capital expérience et un réel background. La vacance ainsi créée a
été partiellement comblée par le recrutement des jeunes cadres issus
de l’Ecole fondamentale et ne disposant d’aucune expérience
professionnelle. Le nouveau statut de la Fonction publique ne
confère pas les moyens de sa politique au personnel de
l’administration pour affronter les nouveaux défis économiques,
législatifs et réglementaires qui se posent à l’Algérie. La
maîtrise des éléments de loi de finances et des autres agrégats
économiques paraît d’autant plus importante qu’une grande partie des
financements qui vont être mobilisés dans le cadre de la loi de
finances 2010 et des quatre lois de finances suivantes concerneront
le plan d’investissements publics conçu pour le quinquennat
2010-2014, qui plus est dans un contexte de crise mondiale dont la
fin n’a pas encore tracé d’esquisses. Des experts et des
observateurs de la
scène économique algérienne rappellent que la prudence doit être de
mise pour un budget basé sur un prix de référence du pétrole de 37
dollars le baril, sachant que cette matière première vit ses moments
les plus difficiles entre les mains des courtiers du fait d’une
récession avérée de l’économie mondiale.
Par Saâd
Taferka
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