L’Actualité vue autrement

                                           Par Farid Chekroun

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Mieux vaut tard…

Roquette, ridicule et tombeau

Assumer, la tête haute

Sectarisme ?

 

 03/03/10

 Mieux vaut tard…

Le RCD a déploré, lundi 1er mars, le silence des officiels algériens et français sur les affiches électorales anti-algériennes du Front National (FN). Ce parti d’extrême-droite française mène sa campagne pour les élections régionales de mars prochain avec des affiches  représentant la France recouverte du drapeau algérien transpercé de minarets en forme de missiles. Dans un communiqué, le RCD immigration estime que le FN a commis «deux amalgames nauséabonds : l’Algérie et l’Islamisme d’une part, l’Islam et l’Islamisme, d’autre part». Le parti de Saïd Sadi rappelle que la société civile algérienne «a toujours combattu, et ce, au prix fort, l’intégrisme islamiste, empêchant l’Algérie de sombrer dans la théocratie». «Ce combat des démocrates algériens a dressé un bouclier préservant les pays de la rive nord de la méditerranée. L’Islam ne doit pas être réduit à la burqa, apanage de l’intégrisme islamiste. L’Islam de France est en effet majoritairement modéré», ajoute le RCD immigration. Pour le RCD, le FN «surfant donc sur la vague anti-Islam, a eu tôt fait de dériver jusqu’à diaboliser l’Algérie en s’attaquant à son emblème national». L’occasion de réveiller au passage «la fibre nationaliste des nostalgiques de l’Algérie française», en pleine campagne électorale. 

Dans le rôle de défenseur de l’emblème national, le RCD est plus convainquant que dans le rôle du drapeau noir par lequel il a remplacé, sans doute dans un moment d’égarement, le drapeau algérien. Il a raison de dénoncer le silence qui a entouré ici ces affiches lepénistes amalgamant l’islamisme et l’emblème national. Oui, il fallait des réactions plus vigoureuses pour exprimer la colère qu’un tel amalgame suscite. Le problème est que nous sommes empêtrés avec la France dans des contentieux interminables et que la démarche du FLN en vue de criminaliser le colonialisme est en soi suffisamment éloquente. On ne peut, même si on déplore ce cas précis, soupçonner le FLN ou les officiels de laxisme sur le sujet. On retiendra néanmoins que, s’agissant du RCD, son patriotisme, un instant ébranlé par cette histoire du drapeau noir, n’est plus à mettre en doute. Et on ne peut que l’en féliciter.

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 Roquette, ridicule et tombeau

La Brigade mobile de la police judiciaire (BMPJ) de Tigzirt, une localité située à 35 km au nord de la wilaya de Tizi Ouzou, a été attaquée, mardi  2 mars peu avant 8 heures du matin, au heb heb (roquettes artisanales), selon une source sécuritaire locale. Les tirs ont été lancés depuis la forêt voisine de Haga par un groupe armé islamiste de l’ex-GSPC devenu Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ajoute la même source.

On se demande si ce genre d’informations est vrai. Certes, il est courant en Europe que des groupes attaquent au bazooka des fourgons blindés, ou même des banques, pour s’emparer de l’argent qui s’y trouve. A défaut d’être honnête, le mobile est rationnel. Mais s’en prendre à une caserne de police ! A coups de heb heb… On n’est pas loin de la folie. Qu’espèrent-ils gagner ces individus ou ces groupes de tarés qui font ça ? Le paradis ? Tu attaques une caserne de police, tu vas au paradis ? Incroyable. A moins qu’il s’agisse d’une caverne d’Ali Baba regorgeant de trésors et maquillée en caserne, il faudrait qu’un jour quelqu’un nous explique exactement une raison, quelconque – même la plus farfelue – qui expliquerait un tant soit peu pareil comportement. L’islamisme radical qui mène au terrorisme, on le sait à présent, mais le terrorisme qui mène au ridicule, voilà ce qu’on découvre de plus en plus. Sauf qu’ici le ridicule tue.

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Assumer, la tête haute

L’Algérie a décidé d’inviter plusieurs rapporteurs spéciaux des Nations unies en charge de questions liées aux droits humains. L’annonce a été faite mardi matin sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale par Benchâa Dani, directeur général des affaires politiques et de la sécurité internationale au ministère des Affaires étrangères.

«Il s’agit de missions d’information. Ces rapporteurs vont constater sur place les avancées de l’Algérie. Les mandats sont choisis en fonction des priorités», a-t-il précisé. Le premier rapporteur invité est celui en charge de la violence contre les femmes. «Nous sommes sensibles à ces questions là», a-t-il indiqué. Le rapporteur onusien en charge des questions de santé sera le deuxième à visiter l’Algérie, suivi par ceux qui s’occupent du droit à l’éducation, du droit à l’alimentation, du droit au logement et du droit d’accès à l’eau et à l’assainissement.

«Peu de pays ont accepté d’inviter un nombre aussi important de rapporteurs spéciaux de l’ONU en une année. Nous suivrons les conseils qui nous seront donnés par ces experts une fois leurs rapports établis», a indiqué Benchâa Dani. Cela dit, il n’a pas précisé les raisons du refus d’Alger d’accepter la venue des rapporteurs spéciaux en charge des disparitions forcées, de la torture et de la détention secrète. «Nous dénonçons le comportement à caractère sélectif en matière des droits de l’homme de certains pays», a simplement déclaré le représentant du ministère des Affaires étrangères.

Les droits des peuples sont la caractéristique des bons gouvernants, ils ne sont pas seulement des droits légitimes et prioritaires, ils sont aussi la vraie force d’un pays. Ce n’est que lorsqu’ils contredisent ou ils font obstacle aux droits de l’Homme individuels qu’ils deviennent l’apanage des dictatures et de la tyrannie. Est-ce le cas en Algérie, comme le disent ces organisations spécialisées, toutes aussi suspectes les unes que les autres ? Sinon, pourquoi ne pas avoir également invité les rapporteurs en charge des disparitions forcées, de la torture et de la détention secrète ? Qu’avons-nous à nous reprocher ? Existerait-il en Algérie des prisons secrètes, des personnes qu’on force à disparaître ou qu’on torture ? En se taisant sur le sujet, Benchâa Dani a l’air de répondre par l’affirmative.  Et lorsqu’il dénonce le «comportement à caractère sélectif en matière de droits de l’Homme» il ne se rend pas compte qu’il adopte lui-même ce comportement qu’il dénonce. L’Algérie est toujours en guerre contre le terrorisme, une guerre réelle et non pas imaginaire, qui induit malheureusement des restrictions en matière de libertés individuelles. Les Américains eux-mêmes en savent quelque chose, eux qui ont inventé Guantanamo ou le Patriot Act.  Pour autant, ces restrictions doivent être expliquées et  assumées clairement, c’est la seule manière de faire. Il devient de plus en plus intolérable qu’on prête le flanc à ce genre d’accusations.

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Sectarisme ?

Plus aucun joueur émigré ne sera convoqué dans les différentes sélections nationales des jeunes catégories. La sélection A n’est, bien évidemment, pas concernée par cette mesure sachant que la majorité du groupe est composée d’éléments jouant dans les championnats étrangers. L’annonce en a été faite, aujourd’hui, par Mohamed Raouraoua, le président de la Fédération algérienne de football (FAF), au cours de la conférence de presse donnée à la salle des conférences du stade olympique du 5-Juillet.

Exclure les émigrés, sous prétexte qu’ils sont émigrés, des sélections nationales et évoquer leur pseudo absence de disponibilités, c’est développer une logique qui consiste à dire qu’un Algérien n’est plus vraiment algérien lorsqu’il ne vit pas en Algérie. Une logique d’autant plus mal venue que l’équipe nationale mondialiste est composée de beaucoup d’émigrés, disponibles malgré tout, et en tout cas objets de fierté de tout le peuple d’Algérie. Alors, oui pour la sélection A non pour les sélections des jeunes ? Autrement dit, on refusera le jeune tant qu’il n’est pas sélectionnable en catégorie supérieure et on lui expliquera que nous avons peur d’investir en lui sans être sûr du retour d’investissements. Et l’affaire sera entendue. Le jeune dira, d’accord, moi non plus je ne serai disponible que si mon investissement sera sûr. Le donnant-donnant remplacera définitivement l’amour du pays et chacun pour soi, Dieu pour tous !

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