Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

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Si le gouvernement Obama a traîné les pieds pour condamner l’attaque sauvage de la «Flottille de la Liberté» par l’armée israélienne il y a maintenant une quinzaine de jours, du côté de certains médias américains la condamnation est, elle, sans appel. Mais cette condamnation est celle des humanitaires et non celle du gouvernement israélien ayant ordonné l’assaut meurtrier. En effet, la chaîne des néoconservateurs, très attachée à Israël et alliée de son gouvernement, Fox News, n’hésite pas à impliquer son antenne pour défendre les agissements israéliens pour diaboliser les humanitaires présents sur la Flottille. Glenn Beck, présentateur-star de la chaîne, n’a pas hésité à avancer une version de l’histoire qui aurait pu être écrite par le gouvernement israélien lui-même. D’ailleurs, peut-être bien que c’est le cas. Car lorsque l’on voit la prestation de l’animateur américain et son énergie à enjoliver la vérité en faveur de l’Etat d’Israël en faisant abstraction de toute objectivité et de tout recul, l’on se demande bien dans quel but cela est fait. La réponse est en partie assez simple. Flatter, assez grossièrement par ailleurs, les puissants lobbies juifs présents à Washington et dont le pouvoir politique est loin d’être négligeable. Un pouvoir qui pourrait grandement aider un candidat républicain à s’imposer à la Maison-Blanche lors des prochaines présidentielles par exemple. Car la droite américaine voit comme une chance la nouvelle direction que semble avoir pris depuis quelques mois la politique du gouvernement actuel en ce qui concerne le Proche-Orient. Les relations tendues qu’ont pu avoir ces derniers temps Israël et Washington sont du pain béni pour les républicains qui espèrent bien qu’Obama sera  lâché par l’électorat juif américain très important aux Etats-Unis. D’ailleurs, c’est certainement pour cette même raison que le président américain s’est fait si tiède pour dénoncer l’attaque de la «Flotille de la Liberté». Son vice-président a, quant à lui, été chargé de ranimer les relations entre la Maison-Blanche et le gouvernement hébreu en soutenant publiquement et officiellement le «droit absolu» d’Israël de se défendre. Par contre, Joe Biden n’a pas mentionné le droit d’Israël d’attaquer des humanitaires dans les eaux internationales, cette question restant encore floue même pour les Américains qui tentent avant tout de ménager leurs alliés. Une tâche difficile qui ne peut pas durer longtemps, la Maison-Blanche se retrouvera tôt ou tard dans l’obligation de prendre partie. Malheureusement pour les Palestiniens, il semblerait que l’électorat juif soit plus dans les priorités des politiques américains qu’une paix éventuelle au Proche-Orient.

F. M.

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Kirghizstan

L’armée mobilisée, des tirs sans sommation autorisés

 14/06/10

 

Kirghizstan

L’armée mobilisée, des tirs sans sommation autorisés

Le Kirghizstan mobilisait hier son armée et a autorisé ses forces à tirer sans sommation dans le sud de ce pays stratégique d'Asie centrale pour tenter d'y endiguer des violences ethniques

qui ont fait au moins 86 morts et 1 000 blessés depuis vendredi.

Le ministère de la Défense a annoncé qu'il mobilisait les réservistes de l'armée âgés de 18 à 50 ans. Les forces de l'ordre ont, elles, été autorisées à tirer sans sommation samedi soir. «Le ministère de la Défense appelle tous les réservistes âgés de moins de 50 ans à se présenter aujourd'hui, 13 juin, avant 15h00 (09h00 GMT) aux points de recensement», a annoncé le ministère dans un communiqué. «L'organisation de la mobilisation partielle de la population civile commence dans les bureaux de recrutement militaire des villes et des districts du pays», poursuit-il. Le gouvernement provisoire a décrété un couvre-feu 24 heures 24 à Och, deuxième ville du pays, et dans deux districts avoisinants, prolongeant cette mesure qui était jusqu'à présent en vigueur durant la nuit. L'état d'urgence était maintenu dans une partie de la région voisine de Djalal-Abad où les violences se sont propagées samedi, alors que les affrontements ethniques entre Ouzbeks et Kirghiz a été porté à 86 morts et 1 000 blessés selon un nouveau bilan du ministère de la Santé. Selon des témoins interrogés par l'AFP, la situation à Och était loin de se pacifier et ces derniers font état d'un bilan beaucoup plus lourd que celui annoncé par les autorités. «On ne nous laisse pas ramasser les corps dans les rues. Les autorités cachent l'ampleur de la tragédie et la vérité. Le centre-ville est sous le contrôle de bandits enragés», raconte un habitant de Och, sous le couvert de l'anonymat. A Djalal-Abad, la représentante du médiateur de la République pour les droits de l'homme, Alima Amanova, a indiqué qu'environ 2 000 personnes, dont certaines armées, s'étaient rassemblées à l'hippodrome de la ville. «A l'hippodrome il y a plus de 2 000 personnes. Parmi elles, il y a beaucoup de provocateurs. Je ne vois aucun représentant des autorités», a-t-elle dit. La communauté internationale et les ONG ont appelé au calme, alors que des milliers de réfugiés ont déjà fui les affrontements, se rassemblant à la frontière ouzbèke, non loin de l'épicentre des violences. «Les Etats-Unis surveillent de près la situation dans la République du Kirghizstan et appellent à un rétablissement rapide de la paix et de l'ordre public dans la ville d'Och et là où des violences ethniques sont en cours», a indiqué le département d'Etat dans un communiqué. La stabilité du Kirghizstan est primordiale pour Washington qui dispose près de Bichkek, d'une base importante pour ses troupes déployées en Afghanistan. L'ONG de défense des droits de l'homme, Amnesty international a appelé le gouvernement à protéger «tous les citoyens kirghiz, en particulier ceux d'origine ouzbèke qui ont été visés par la violences». L'organisation appelle l'Ouzbékistan à ouvrir ses frontières pour accueillir les réfugiés, qui seraient entre 2 000 et 6 000, alors que Tachkent s'est dit samedi «extrêmement alarmé». «Les choses empirent d'heure en heure», a estimé Séverine Chappaz, numéro deux du Comité international de la Croix rouge (CICR) au Kirghizstan. La Russie, qui a aussi une base militaire au Kirghizstan, a rejeté samedi la demande kirghize d'envoyer des troupes et annoncé l'envoi d'aide humanitaire. Ces affrontements sont les pires violences depuis la révolution du mois d'avril (87 morts) qui a chassé le président Kourmanbek Bakiev et porté au pouvoir l'actuel gouvernement provisoire. Des violences avaient déjà ensanglanté en mai la région de Djalal-Abad, bastion du président déchu. Historiquement, les relations entre la minorité ouzbèke (15 à 20% de la population du Kirghizstan) et les Kirghiz sont tendues, notamment en raison de disparités économiques qui frustrent en particulier les Ouzbeks. De puissants groupes mafieux sont également actifs dans cette région.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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