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Une production en constante hausse

Les vaches de Béjaïa ont donné 34 millions de litres de lait

 

 14/02/11

 

Une production en constante hausse

Les vaches de Béjaïa ont donné 34 millions de litres de lait

La formule mise à l’épreuve repose sur la mise à disposition, sans payement préalable, de génisses importées à des éleveurs qui, en contrepartie, mettront à la disposition de la laiterie leurs premières génisses et une partie de leur production laitière pendant 5 ans.

Plus de 34 millions de litres de lait cru ont été produits en 2010 dans la wilaya de Béjaïa, en hausse de plus de 14% comparativement à l’année 2009, selon le directeur de wilaya des services agricoles.

Ce résultat, proche des prévisions du contrat de performance de la wilaya, fixé à 35 millions de litres, est jugé encore plus probant au regard de la jauge collectée, celle-ci ayant atteint un niveau de près de 8 millions de litres, contre à peine 2,7 millions de litres en 2007, considérée comme une année de référence. 

«C’est un résultat satisfaisant mais non suffisant», a estimé le DSA, M. Bouaziz, soulignant que cette production représente une couverture de 40% des besoins locaux, estimés à quelque 73 millions de litres/an. 

C’est dire l’effort qui reste à faire, notera-t-il avec optimisme vis-à-vis de l’avenir, car à ses yeux «la filière lait suscite de plus en plus d’engouement et se caractérise par un dynamisme réel, puisqu’elle occupe désormais la deuxième place, d’un point de vue importance, après l’oléiculture».

Cet engouement, initialement induit par les mesures incitatives de l’Etat, notamment les aides offertes autant à la production (12 DA/litre) et à la collecte

(5 DA/litre), qu’à la transformation ou encore à l’acquisition de matériels et autres cheptels, s’est renforcé du fait d’une meilleure organisation des exploitations et des circuits de collecte et, au bout de la chaîne, une meilleure organisation des professionnels de la filière.

«La conjonction de tous ces facteurs a manifestement instauré un nouvel esprit plus professionnel, plus entrepreneurial, et plus solidaire», a -t-il relevé, évoquant à ce titre que la réussite de certaines expériences pilotes tentées dans la wilaya font dé-sormais tache d’huile à travers l’ensemble du territoire national.

Dans cet ordre d’idée, M. Bouaziz mettra en relief celle entreprise, à titre individuel, par la laiterie «Soummam» qui, pour réduire sa dépendance à l’égard des importations en poudre de lait, a pris sur elle de verser complètement dans l’élevage bovin laitier.

La formule mise à l’épreuve repose sur la mise à disposition, sans payement préalable, de génisses importées à des éleveurs qui, en contrepartie, mettront à la disposition de la laiterie leurs premières génisses et une partie de leur production laitière pendant 5 ans.

Son succès est fulgurant, comme en témoigne le nombre d’éleveurs qui font le pied de grue pour pouvoir y adhérer.

En moins d’une année, 800 vaches ont déjà été distribuées et une autre opération de quelque 1 000 autres est en route pour satisfaire la demande, a-t-il indiqué.

A ce rythme, l’objectif de produire, conformément au contrat de performance fixé à la wilaya pour l’horizon 2014, quelque 45 millions de litres/an sera largement dépassé, y voit-il, misant à ce sujet sur la remise sur rail d’une exploitation publique à Souk-El Tenine, à 25 km à l’Est de Béjaïa, dont les résultats augurent d’ores et déjà d’un bouleversement total de la filière.

Dénommée «complexe agro-zootechnique et d’élevage» (CAZEL), cette exploitation, confrontée à sa création en 1998 à une multitude de contraintes, est en train de réaliser des prouesses dans l’élevage, la production de génisses et de lait, ainsi que les fourrages.  Pourvue de près de 300 vaches laitières, elle a collecté 723 000 litres en 2010, et compte en livrer pour l’année en cours, plus du double, soit 1,5 million de litres.

Son plan de charge est tel qu’il la destine à devenir un pôle régional, non seulement en tant que bassin laitier mais également comme pépinière de production de génisses et de plants fourragers (sorgho, vesce, avoine, luzerne, orge, maïs, entre autres). En fait, «la dynamique de développement de la filière est réellement enclenchée», se réjouit M. Bouaziz, qui relève par ailleurs le relèvement du potentiel fourrager local, auteur d’une production en 2010 de 412 600 quintaux, contre 372 000 quintaux en 2009.

La wilaya de Béjaïa dispose d’un cheptel de 31 600 têtes de bovins, dont 11 900 vaches laitières, réparties à travers 3 200 exploitations caractérisées par un élevage extensif, avec des troupeaux de moins de six vaches.

Elle regroupe également huit laiteries d’une capacité totale de 640 000 litres/jour.

Par Kaci H.

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