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Ait Menguelet anime une soirée du festival
Arabo-africain
Lounis subjugue toujours
Devant
un stade plein le poète a, pendant deux heures de temps,
interprété l’essentiel de son riche répertoire au
bonheur des familles nombreuses venues prendre place
dans les tribunes de ce stade.
La
vedette de la chanson kabyle, Lounis Aït Menguelet, a
donné un spectacle avant-hier au stade Oukil-Ramdane de
la ville de Tizi Ouzou, dans le cadre des activités de
la quatrième édition du Festival arabo-africain mais
aussi du Panaf. En effet, devant un stade plein, le
poète a, pendant deux heures de temps, interprété
l’essentiel de son riche répertoire, au bonheur des
familles nombreuses venues prendre place dans les
tribunes de ce stade. Les organisateurs ont enregistré
cette soirée du mercredi un record en nombre de
spectateurs de cette manifestation, témoin de la
popularité intacte que garde Lounis. Avant qu’il ne
commence son spectacle, il a été honoré une nouvelle
fois par le commissaire du Festival et non moins
directeur de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou, Ould
Ali El Hadi, en lui offrant un bouquet de fleurs et un
tableau. Le public, qui attendait la montée sur scène de
leur idole depuis au moins deux heures, l’a
chaleureusement applaudi avant de prêter l’oreille à
l’artiste qui n’a pas dérogé à la règle en interprétant
majestueusement ses œuvres. Et la soirée s’est prolongée
au-delà de minuit d’autant que c’est une première dans
un stade durant ces dernières années, offrant ainsi
l’opportunité à tous les fans qui ont pu être là ce soir
de mercredi dont certains ont bravé le danger de se
déplacer la nuit pour venir à ce spectacle.
Par
Hamid M.
Un intrus sème la terreur dans le stade
Alors
que Lounis venait tout juste d’entamer son spectacle,
un jeune torse nu, débarque sur la toiture du stade
sabre à la main pour adresser des menaces à l’adresse
des organisateurs et des services de sécurité en
exhibant son arme. Il somma même les familles
nombreuses ayant pris place dans l’une des tribunes du
stade Oukil-Ramdane à quitter les lieux après avoir
semé la peur parmi les enfants qui accompagnaient leurs
parents à un spectacle qui s’annonçait pourtant calme
quand on connaît le public de Aït Menguelet. L’intrus
jeta par terre tout ce qu’il trouva devant lui. Il a
fallu au milieu d’un important dispositif de policiers
que des jeunes volontaires montent sur le toit pour
tenter de convaincre ce jeune, qui n’hésita pas à
porter plusieurs taillades avec le sabre à son ventre,
avant de quitter les lieux sous le regard impuissant des
services de sécurité. La scène dura plus d’un quart
d’heure avant que la situation ne se calme. L’intrus a
été évacué vers le CHU suite à ses blessures. Fort
heureusement pendant ce quart d’heure Lounis n’a pas
cessé de jouer avec sa guitare faisant oublier le
cauchemar vécu par ses fans qui ont plutôt pour habitude
un climat serein quand il s’agit de ses spectacles.
L’incident a révélé les manquements dans la sécurisation
du site, heureusement, au début, car dans la soirée de
jeudi, on a remarqué un impressionnant déploiement des
forces de sécurité autour du stade Oukil-Ramdane et
les portes d’accès n’ont pas été fermées mais plutôt
mieux surveillées mais les tribunes étaient clairsemées.
Car rares sont les familles ayant vécu l’incident de
mercredi sont revenues en attendant les prochains
spectacles mais surtout les améliorations qu’apportera
le service d’ordre pour assurer la quiétude du public.
H.M.
L’humeur de Chaâbane
Terrible Sarkozy
Suivre
les déclarations de Sarkozy, quelle histoire ! Il parle,
il parle aussi lorsqu’il faut se taire. Il dit aux
journalistes : «Pourquoi voulez-vous que mes rapports
avec Bouteflika soient bouleversés par cette affaire
(des moines de Tibhirine) ?» L’air de dire qu’il n’y a
pas d’Etat en Algérie, pas de chef d’Etat, que lui
lorsqu’il attaque l’Etat algérien, il n’y a pas lieu de
s’attendre à une quelconque réaction de son chef,
puisqu’il n’y a pas de chef. Quelle histoire ! Il
ajoute, Sarkozy : «D’ailleurs, je n’attaque pas l’Etat
algérien, moi je m’en tiens au communiqué 44 du GIA
(voyez comme c’est précis) qui revendique l’assassinat
des moines». Il s’en tient, Sarkozy, au communiqué du
GIA. Il veut dire qu’il n’est pas au courant du contenu
des documents secrets dont il vient d’ordonner la
déclassification. Pour lui, c’est le GIA qui est
responsable… du moins jusqu’à preuve du contraire !
C’est-à-dire, jusqu’à ce qu’il prenne connaissance, par
les médias, ou par la justice française, ou par les
deux, du contenu des documents secrets qui sont donc
également secrets pour lui. Terrible, Sarkozy ! Soyons
sérieux dans cette chronique qui n’a pas forcément
vocation de l’être. D’abord Sarkozy connaît
naturellement le contenu de tous les documents secrets
de l’Etat français. Il accepte d’en divulguer tel ou tel
selon un calcul politique qui est le sien. Ces documents
secrets français ne sont pas forcément la science
infuse. Ce sont des rapports de police, voilà tout.
Ensuite, Sarkozy justifie sa décision de
déclassification par un devoir de vérité (entre les
peuples et blablabla). Cette justification est une
maladresse politique puisqu’elle livre à l’opinion,
aussi bien française qu’autre, le contenu de ces
documents avant même qu’ils ne soient déclassifiés. En
parlant de mensonge et de vérité, Sarkozy ne révèle-t-il
pas que les documents en question cautionnent la version
de son ex-général à la retraite ? Et en décidant de les
divulguer, ne cautionne-t-il pas lui-même ladite
version ? Plus habile, il aurait pu s’abstenir de tout
commentaire. Non, il en rajoute : devoir de vérité,
clame-t-il. Quelqu’un ment, suivez son regard : l’Etat
barbaresque, bien sûr! Puis, il joue à l’innocent :
«Moi, mais je n’ai rien dit. Personnellement, je suis
satisfait du communiqué 44/ref.GIA/96 et de tous ses
alinéas ainsi que des bas de notes». Incroyable,
Sarkozy ! Mais que veut-il ? Régler ses comptes avec ses
prédécesseurs, selon cette philosophie françafricaine
qui consiste à tenir pour quantité négligeable les pays
que cela peut concerner. Paris, capitale éternelle du
monde, les deux rives confondues, et qu’importe ce qui
se passe au-delà des limes. A l’image de Bruguière, cet
ancien juge de Mme Claude, reconverti à
l’antiterrorisme, candidat UMP et ami de Sarko, qui
voulait arrêter le président du Rwanda, avec de fausses
preuves qui plus est. C’est possible, et c’est ce que je
crois. Car autrement, le président français chercherait
à nuire délibérément à l’Etat algérien. Pour des motifs
économiques (les fameux contrats, les mesures prises par
Ouyahia etc.) ou politique (la tentation de se mêler de
la cuisine interne). Ce serait trop grave et absolument
contre l’intérêt des deux pays. Nous verrons bientôt de
quoi il s’agit en fait. Pour l’instant, les preuves sont
minces. L’ex-général Buchwalter peut dire et écrire ce
qu’il veut. Les médias peuvent en faire leurs choux
gras. Et si Sarkozy s’agite, avance et recule dans le
même élan, il est coutumier du fait, tout le monde le
sait bien là-bas. En tout état de cause, s’agissant
d’une affaire qui s’est déroulée ici, c’est à la justice
algérienne qu’il appartient de reconstituer la scène du
crime, d’établir les faits et de rendre publiques ses
conclusions. Si la thèse de la bavure, malgré son
invraisemblance, est retenue, il va falloir à la France
s’expliquer sur son silence pendant ces quinze dernières
années. Il va lui falloir s’expliquer sur cette méthode
trop souvent utilisée par elle contre les pays plus
faibles. A l’époque des faits, l’Algérie était
particulièrement vulnérable du fait de l’ampleur du
terrorisme qui la frappait. Qu’un pays étranger tente
d’en profiter en l’impliquant dans une complicité, à
laquelle elle n’avait aucun intérêt (encore une fois,
dans l’optique de la thèse de la bavure), cela s’appelle
de la manipulation. Et cela rappelle l’affaire Hasseni,
ainsi que le meurtre de Mecili lui-même. Passe encore
que de telles méthodes soient parfois utilisées, mais
qu’un gouvernement qui se dit «ami» n’hésite pas à les
faire fructifier, à les exploiter, pour on ne sait quel
intérêt, voilà qui s’appelle de l’hostilité.
Par
Abane Châabane
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