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Se faisant passer pour une entrepreneuse
Une
femme escroc subtilise 60 millions à un citoyen
Celle-ci se faisait passer pour une entrepreneuse qui
construit des logements de type F4 à Bouzaréah.
La
crise du logement est un problème épineux qui touche de
plein fouet le citoyen algérien en général et la
jeunesse en particulier. Des milliers de jeunes sont
restés sans toit se morfondant dans des condition
lamentables. Ils sont aussi des milliers à souscrire à
différentes formes de projet d’acquisition de logement
dont l’AADL, le LSP ainsi que le logement social.
Cependant, dans la majorité des cas ces demandes sont
restées lettre morte. Et comme dit l’adage, le malheur
des uns fait le bonheur des autres, certains escrocs et
pseudo-promoteurs profitent de ce besoin pressant pour
engranger de l’argent sur le dos de malheureux citoyens
en quête du minimum de leur droit, un toit. L’affaire
qui a été traitée par la quatrième chambre du tribunal
pénal près la cour d’Alger est un bon exemple de cet
état de fait. Sauf que cette e fois-ci, il s’agit d’une
femme escroc. Celle-ci se fait passer pour une
entrepreneuse qui construit des logements de type F4 à
Bouzaréah sur les hauteurs d’Alger. La victime n’est
autre qu’une connaissance de l’une de ses amies. Il
s’agit d’une personne qui avait besoin d’un logement et
qui cherche la meilleure formule pour l’acquérir. La
mise en cause dans cette affaire lui propose donc de lui
céder un F4 à 500 millions de centimes. Il lui donne
donc une avance de 60 millions de centimes. Le mis en
cause a payé la deuxième tranche du montant qu’il devait
remettre à l’accusée dans cette affaire. Cette somme a
été payée par chèque bancaire. C’est après avoir
découvert qu’il s’agit d’une supercherie et d’une
escroquerie que la victime est allée déposer plainte
auprès des forces de sécurité territorialement
compétentes. Une enquête a été aussitôt ouverte par les
forces de sécurité avant que la mise en cause ne soit
arrêtée pour être traduite en justice. L’avocat de la
défense a demandé une réparation civique d’une valeur de
200 millions de centimes.
Par
Salah H.
Protestation
Sit-in à Alger d’un groupe d’aveugles
Un
groupe de non-voyants a organisé mardi un sit-in à la
Grande Poste (Alger) pour revendiquer l’amélioration de
leur situation sociale. Les non-voyants ont demandé,
dans une lettre ouverte au président de la République,
la promulgation des textes d’application relatifs à la
loi 02-09 de 2002 portant protection et promotion des
personnes handicapées. Ce groupe indépendant créé
récemment, a indiqué que l’administration algérienne
n’accorde pas tout l’intérêt à ce «handicap lourd», et
considère les non-voyants comme des personnes normales
au regard de leurs capacités en matière d’acquisition
des connaissances et du savoir et leur autonomie. Les
non-voyants ont déploré «la perte des acquis sociaux
d’indemnisation» dont ils bénéficiaient «malgré les
conditions financières difficiles qu’à connues le pays».
Il s’agit de la gratuité du transport, de la réduction
des frais du loyer d’un logement social et des
exemptions fiscales. Revenant sur les conditions
sociales difficiles que vit cette catégorie de la
société y compris les diplômés universitaires, les
non-voyants ont contesté le fait que l’aide sociale
accordée aux non-voyants est inférieure à celle
attribuée aux handicapés moteurs. La lettre adressée au
président de la République intervient après le
non-aboutissement des revendications exprimées par le
mouvement associatif. La réhabilitation de la gratuité
du transport, la revalorisation des aides sociales,
l’institution d’une allocation indemnitaire pour les
personnes présentant des handicaps lourds ainsi que
d’autres allocations, figurent parmi les revendications
des protestataires.
G.
H.
Terrorisme
L’«émir» Bouhri, alias abou TOurab ne sévira plus
Bouhri
Mourad, alias abou Tourab, l’émir de la sériâtes de
Bordj-Menaiel ne sévira plus. Il a été abattu avant-hier
aux environs de 2 heures du matin, par les forces de
l’armée nationale populaire à proximité du village de
Talaoubrid à quelques kilomètres au sud du chef lieu
communal Bordj-Menaiel, a-t-on appris de source
concordante. Un fusil d’assaut de marque kalachnikov
trouvé sur le corps a été récupéré, ajoute notre source.
Cette opération a été déclenchée suite à des
renseignements fournis par des citoyens quant à la
présence d’un groupe d’individus armés dans la région.
Les militaires sur les lieux ont tendu une embuscade
pour abattre ce dangereux terroriste qui a pris les
maquis en 1999. L’émir Bouhri Mourad, alias abou Tourab,
est né en 1980 à Bordj-Menaiel. Il a pris les commandes
de la seriate de Bordj-Menaiel après l’élimination de
l’émir Djemaa Boualem et la capture de son frère Djemaa
Ali. Il serait à l’origine de nombreux attentats
terroristes contre les forces de l’ordre et les
patrouilles de la gendarmerie nationale.
A.
Ammar
La question du jour
Pseudo-explication psychologique
Les
émeutes en Algérie de début janvier n’étaient pas encore
retombées que le ministre de l’Intérieur en livrait le
secret lors d’un passage à la télévision : elles
seraient le fait d’une jeunesse qui a grandi dans le
cadre d’une violence extrême, et qui pour cela aurait
une tendance marquée, voire irrésistible, à y recourir
chaque fois que l’occasion s’en présente. N’ayant connu
que la violence, ces jeunes, des adolescents encore pour
la plupart, sont pour ainsi dire ses enfants, sa chose.
Elle constituerait leur pente naturelle. Facteur
d’autant plus aggravant que ces vecteurs sont
particulièrement frustres, à l’évidence dépourvus de
tout centre d’intérêt un tant soit peu élevé qui aurait
pu la leur faire sublimer. Ils n’aiment ni la musique,
ni les livres, ni le cinéma, rien en fait de ce qui
permet à des jeunes normaux de ménager des exutoires
socialement acceptables à leurs pulsions élémentaires.
Cela
seul expliquerait pourquoi il a suffi de l’augmentation
de deux produits de large consommation, en l’occurrence
le sucre et l’huile, mais aussi d’une ou de deux rumeurs
opportunément instillées dans les milieux du petit
commerce informel, pour que des groupes de jeunes voient
rouge et se mettent à tout saccager et piller. On dirait
des enragés qui n’ont peur de rien. Le déploiement des
forces anti-émeute, dépêchées à leur encontre, pour les
dissuader, a semblé au contraire attiser leur soif de
déprédations, en tout cas les rendre plus mauvais
encore. Comme ils aiment la violence, celle qu’on leur
oppose n’est pas pour leur déplaire. Ils en
redemanderaient plutôt puisqu’elle a pour effet
d’exciter la leur.
Le
ministre de l’Intérieur n’a pas été le seul à poser ce
diagnostic psychologique. Il n’est même pas sûr qu’il
puisse en revendiquer la paternité. Il n’a fait
probablement que l’appliquer en premier aux dernières
émeutes, ayant eu droit à la parole avant les autres.
Après lui, des psychologues ainsi que des sociologues
sont intervenus dans les médias, notamment dans la
presse écrite, pour dire la même chose que lui, à savoir
que la jeunesse d’aujourd’hui est marquée par la
violence, et que cela n’augure rien de bon pour la suite
des événements. Pour nous avertir donc que les émeutes
de janvier ne seront pas les dernières. D’autres
explosions de même nature sont à venir. De plus, il en
sera ainsi aussi longtemps que les traumatismes des
années de terreur n’auront pas été surmontés.
Cette
explication d’ordre psychologique a tellement été
répétée qu’elle a fini par revêtir l’apparence d’une
évidence. Elle semblait par conséquent promise à un bel
avenir. D’autres épisodes de violence juvénile
viendraient la confirmer. Il suffirait de les attendre.
Encore ne s’agit-il de patienter que pour les émeutes
d’envergure, les autres, celles qui sont d’intérêt local
étant monnaie courante ces dernières années.
Mais
voilà que les rues tunisienne et égyptienne se
soulèvent, et à leur suite la Libye, sans que la rue
algérienne, supposée pourtant être la plus frondeuse, la
plus inflammable de toutes, et d’abord pour le motif
psychologique qu’on vient d’invoquer, ne veuille bouger,
en dépit de toutes les tentatives faites pour la mettre
en mouvement. Le RCD et la CNCD s’y essayent en pure
perte depuis maintenant près d’un mois. Le premier y a
perdu ses dernières plumes d’apparat, si la seconde a su
plus ou moins limiter les dégâts.
Face
à cette attitude pour le moins inattendue de la rue
algérienne (n’oublions pas la venue massive des médias
étrangers pour couvrir la marche du 12 février, dont
tout le monde attendait monts et merveilles), des voix
auraient dû s’élever pour contester le bien-fondé de
l’explication psychologique. Il n’en a rien été. Au
contraire, on a entendu dire de plusieurs côtés qu’il
n’y a pas lieu de s’étonner outre mesure de ce que les
jeunes Algériens se montrent très réticents à passer à
l’action. Que le traumatisme subi par le passé les rend
beaucoup moins disposés à tenter ce genre d’aventures.
Quel
crédit peut avoir une explication qui en très peu de
temps a été appliquée avec une égale conviction à une
chose puis à son contraire ? A l’évidence, aucun.
Par
Mohamed Habili
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