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Une année
universitaire gâchée
Seule la moitié
du programme dispensée
Jamais année
universitaire n’a été aussi courte. C’est du moins ce que pensent
plusieurs étudiants, organisations estudiantines et enseignants.
En fait, malgré
les mouvements de grève ayant caractérisé le début et la fin de
l’année en cours, le ministère de l’Enseignement supérieur n’a pas
jugé utile de prolonger l’année et essayer de rattraper, un tant
soit peu, le retard enregistré dans l’exécution du programme
pédagogique. A en croire nos sources, le taux moyen des cours
dispensés est de «50%». Autrement dit, les étudiants en fin de cycle
pour l’année universitaire 2010/2011 seront «diplômés à 50%»,
ironise un enseignant. Ce qui demeure un précédent grave qui risque
de nuire, encore davantage, à la crédibilité des diplômes de
l’université algérienne. N’empêche que tout baigne dans l’huile au
niveau de nos facultés et écoles, où les examens ont commencé depuis
quelques jours déjà. A l’université des sciences sociales et
humaines de Bouzareah, à titre d’exemple, plusieurs départements
sont en pleine période d’examens. Les étudiants se limitent à la
révision des quelques cours dispensés, les enseignants suivent le
programme tracé par l’administration et cette dernière ne semble se
soucier que de l’application d’un planning arrêté au début de
l’année, sans prendre en considération les aléas des perturbations
et mouvements de protestation devenus inéluctables.
Etudiants
déboussolés
Plusieurs
étudiants ont exprimé leurs appréhensions quant au déroulement de
l’année. Ils admettent que le retard est important et disent qu’ils
sont «pris au piège». «On aurait aimé que l’année soit prolongée, au
moins jusqu’au mois de juillet» dira un étudiant à la faculté des
langues étrangères de Bouzareah. «Hélas, l’administration semble
pressée de boucler l’année et partir en vacances» a-t-il ajouté. Il
affirme qu’une bonne partie du programme n’a pas été enseignée, à
cause du mouvement de grève du mois de février dernier, ayant duré
plus de deux mois. «Certains professeurs nous ont demandé de ne
réviser que le premier semestre, le deuxième ne sera inclus qu’à la
synthèse» révèle un autre étudiant. Selon lui, cela est «aberrant et
ne répond à aucune logique». Pis encore, les enseignants concentrent
leurs efforts sur les étudiants en fin de cycle; pour les autres, à
savoir 1re, 2e et 3e années, ils passeront les examens et rentreront
chez eux. «Ils nous ont dit que les délibérations ont été reportées
jusqu’à la fin du mois de ramadhan» se plaint un autre étudiant. La
seule explication fournie était que «les profs n’ont pas assez de
temps pour corriger toutes les copies» raconte notre interlocuteur.
«J’aurais aimé que
l’on nous laisse avancer un peu plus dans le programme, que l’on
sacrifie une partie des vacances et que la correction et les
délibérations se fassent d’une manière ordinaire» ajoute-t-il.
Organisations
et enseignants crient au scandale
L’année
universitaire en cours «est à jeter aux oubliettes» suggère Farid
Boutaba, enseignant. Il affirme que ce n’est pas la première fois
que le programme pédagogique n’est pas achevé dans les délais.
Cependant, le retard accusé cette année est encore plus important.
«Depuis plus de 10 ans, je n’ai pas assisté à une année aussi
particulière» assène-t-il. L’unique objectif du ministère, dénonce
M. Boutaba, est de faire appliquer le calendrier, même s’il y a du
retard dans l’exécution du programme. «Ne pas enseigner la moitié
des cours est énorme» soutient-il. Pour l’interlocuteur, les
autorités publiques sont «en train de gérer la paix sociale». Si ce
n’est ces considérations, «cette année universitaire, système LMD,
ne sera pas validée». De son côté, l’Union générale des étudiants
algériens (UGEA) voit plutôt rouge. «L’administration a toujours
programmé les examens dans la précipitation, dans le but de se
libérer et profiter des vacances d’été» souligne Kaldi Sofiane,
secrétaire général de l’UGEA, ajoutant que «les responsables parlent
d’année universitaire qui commence au mois d’octobre et se termine
au mois de juin et ne se soucient guère de l’année pédagogique,
censée être la référence». Pire, notre interlocuteur évoque
«l’existence de complicité entre les cellules pédagogiques et
l’administration pour bâcler l’année dans les plus brefs délais, et
ce, au détriment des étudiants et de la qualité de l’enseignement».
Par Aomar
Fekrache
Haut
Les syndicats des enseignants du supérieur reçus hier par
Bensalah
«Diagnostiquer
les maux »
L’Instance de
consultations sur les réformes politiques a reçu hier les
représentants des syndicats des enseignants du supérieur. Malek
Rahmani, coordonnateur du Conseil national des enseignants du
supérieur (Cnes), a souligné, à l’issue de cette rencontre, la
nécessité d’impulser le processus démocratique frappé de léthargie
depuis des années.
Selon lui, il est
temps d’opérer un changement tout en promouvant les libertés
individuelles et collectives rétrécies, pour ne pas dire
confisquées. Car, dit-il, la réhabilitation de ces droits
communs constitue un prélude pour tout changement politique ou
tout autre projet de réforme. Ajoutant de l’eau au moulin du Cnes,
le secrétaire général du Syndicat national des professeurs et
doctorants (Snpdsm) a pour sa part plaidé pour un diagnostic de
la situation pour mieux identifier les lacunes.
Aux yeux de Nacer
Djidjelli, c’est l’application des lois qui fait défaut et non
pas le cadre juridique et législatif. Allant plus loin de sa
réflexion, ce syndicat a exigé le départ pur et simple de
l’exécutif actuel qui sera substitué par un gouvernement de
transition capable de résoudre, de manière concrète et efficace,
les problèmes des Algériens. Par ailleurs, les syndicats affiliés à
l’Union générale des travailleurs algériens (Ugta) ont été également
reçus par les membres de l’Instance de consultations sur les
réformes politiques.
Ainsi, le
secrétaire général du Syndicat national des chercheurs permanents,
Zoghbi Smati, a préconisé la séparation des pouvoirs, à savoir
législatif, exécutif et judiciaire.
Dans un autre
registre, le Syndicat national des chercheurs permanents a plaidé
l’ouverture du champ audiovisuel au privé. Idem pour Messaoud
Amarna, du Syndicat national des enseignants universitaires qui
qualifie ces réformes politiques de «nouvelle ère» prometteuse
pour l’Algérie. L’Instance de consultations a reçu dans soirée
d’hier une délégation de l’Union nationale des paysans algériens (Unpa).
Yazid Madi
Haut
Malgré une augmentation de salaire de 30%
Les postiers
poursuivent leur grève
Les postiers
rejettent en bloc l’accord conclu, dimanche dernier, entre leur
tutelle et la Fédération des postiers, affiliée à l’UGTA.
La grève illimitée
initiée par les travailleurs des bureaux de poste se poursuit
toujours. Les postiers de la capitale n’ont donc pas assuré de
service hier, malgré l’annonce du ministre de la Poste et des
Technologies de l’information et de la Communication, Moussa
Benhamadi, d’une augmentation de 30% de leurs salaires. Les postiers
rejettent en bloc l’accord conclu, dimanche dernier, entre leur
tutelle et la Fédération des postiers, affiliée à l’UGTA. Les
travailleurs du secteur des postes, non représentés par aucun
syndicat, hissent la barre plus haut et exigent désormais une
augmentation de 70% du salaire. Les grévistes demandent du concret
dans l’immédiat. Hier, tous les bureaux de poste de la capitale ont
été paralysés par ce débrayage. Que ce soit à Alger-Centre, Hussein
Dey, Bab Ezzouar ou Reghaïa, les guichets de poste ont été désertés.
Les quelques distributeurs automatiques mis en place sont loin de
satisfaire les 13 millions de clients d’Algérie Poste. La colère des
citoyens a atteint son paroxysme dans certains bureaux de poste. La
Grande Poste, située en plein centre de la capitale, a été prise
d’assaut par des citoyens. Mais, aucun d’eux n’a pu retirer son
argent. Même le service minimum n’a pas été assuré. Une centaine de
travailleurs de différents bureaux de poste d’Alger se sont
rassemblés devant l’entrée principale : «UGTA dégage !» «Nous ne
voulons aucun syndicat», «l’UGTA ne nous représente pas», lit-on
sur des pancartes accrochées aux murs de cet édifice. Les
travailleurs ne croient plus aux promesses de la tutelle d’augmenter
leur salaire de 30% avec effet rétroactif à partir de janvier 2008.
«On n’a rien reçu. Absolument rien. Ce ne sont que de promesses sans
lendemain. Il (le ministre) nous a promis déjà d’augmenter nos
salaires, mais rien n’a été fait. On ne fait confiance à personne.
Nous exigeons du concret et pas des déclarations à la presse», dit
un groupe de postiers qui affiche leur détermination à poursuivre le
mouvement de protestation. «Cette augmentation est une provocation
pour nous, voire une défaite», nous déclare un employé. Pour les
citoyens, c’est la galère. «Nous sommes tous solidaires avec les
travailleurs. C’est leur droit de revendiquer un salaire digne. Mais
pas au détriment des clients qui sont privés de leur propre argent»,
martèle une quinquagénaire, qui n’a pas pu accéder à sa maigre
pension depuis le début de la grève des postiers. «Les postiers
doivent comprendre que nous sommes les seuls victimes de ce
débrayage. Les dirigeants de ce pays n’ont pas de compte CCP. Je
vous assure que je ai aucun sou avec moi, même pas de quoi prendre
le bus chaque matin pour rejoindre mon lieu de travail», déplore un
fonctionnaire. Ici, quelques clients pressés et très irrités s’en
prennent violemment aux agents postiers. «C’est pas du tout mon
problème. Je n’ai rien à faire de vos revendications. Moi je veux
mon argent tout de suite», crie un jeune fonctionnaire en face d’un
postier qui l’observait de loin. Les postiers qui en sont à leur
onzième jour de débrayage, leur grève ayant commencé le 28 mai sans
préavis, dénoncent le non-respect des accords de 2003 signés avec le
gouvernement et revendiquent leur application immédiate. La tutelle,
dans une tentative d’apaisement, a décidé d’augmenter le salaire des
postiers de 30%. Une revalorisation qui semble ne pas satisfaire les
travailleurs. La tutelle a fixé le 24 juin comme date butoir pour
répondre favorablement aux revendications des postiers. Les
travailleurs de la poste exigent une revalorisation de 75% de leur
salaire avec effet rétroactif au 1er janvier 2008 et réclament en
outre une prime de rendement individuelle et collective ainsi qu’un
avancement et un positionnement de grade en fonction de la
compétence.
Marche et
sit-in
Les postiers de la
wilaya de Béjaïa ont battu le pavé hier. Ils ont marché depuis la
recette principale sise au niveau de l’ancienne ville, empruntant le
boulevard de la liberté pour aboutir à leur point de chute qu’est la
direction d’«Algérie poste» de la wilaya où ils ont tenu un
rassemblement de protestation. Cette action, première du genre,
intervient après 11 jours de grève du personnel des postes qui
veulent interpeler leur tutelle sur la non-prise en charge de leurs
revendications et rejeter le délai fixé pour la satisfaction de leur
plateforme de revendications, fixé au 25 juillet. Les postiers
exigent de leur tutelle de fixer un délai avant le 15 juin, soit
avant la sortie des travailleurs en congés annuels. Les
protestataires ont revendiqué une nouvelle fois une augmentation
salariale conséquente, un régime indemnitaire à la hauteur de leur
mission, le renforcement des postes en personnels, la réduction du
temps de travail et un week-end de deux jours, une meilleure prise
en charge du volet sécuritaire, le versement des rappels et des
primes, la régularisation des carrières des travailleurs par les
avancements dans les échelons selon la réglementation, etc. Hier,
ils ont menacé de maintenir la pression tant qu’un engagement écrit
ne leur est pas parvenu.
Par Hocine
Larabi
Haut
En attendant «le concret»
La protesta des
médecins résidents maintenue
Le Collectif
autonome des médecins résidents algériens (Camra) organise
aujourd’hui un sit-in national dans la capitale de l’Ouest, Oran.
Lors d’une conférence de presse tenue hier par le Collectif autonome
des médecins résidents algériens (Camra) à Alger, les porte-parole
de la corporation sont revenus sur l’itinéraire de leur mouvement,
sur leur plateforme de revendications, les réponses non-satisfaites
de la tutelle ainsi que la situation désastreuse qui pénalise le
secteur de la santé et les malades. Dans son intervention, le
Docteur Sid Ali Merouane, un des porte-parole de Camra, a donné un
aperçu sur les difficulté que rencontrent les étudiants en médecine
durant leur cursus universitaire ainsi que les défaillances
d’encadrement, de formation et d’infrastructures qui entravent la
pratique de la médecine dans les centres hospitalo-universitaires
(CHU). «Nous éprouvons un sentiment de frustration quand on a les
capacités de soigner les malades alors que le matériel fait défaut»
a-t-il expliqué. Par ailleurs, et pour expliquer les vraies
défaillances du «désert médical» en Algérie, le Docteur Akhamokh
représentant de la wilaya de Tamanrasset a souligné que le désert
médical dont la tutelle impute la mission au service civil pour
combler le vide dans les régions isolées n’est pas la solution
«sage» de la polémique. Le Dr Akhamokh s’interroge simplement :
«Sur les 13
centres hospitalo-universitaires, combien de CHU sont construits
dans le
Sud ? Aucun,
ajoute-t-il. Si notre Etat pense vraiment à la santé des citoyens
du Sud pourquoi ne pas construire des CHU dans cette région ?» Plus
loin, le Dr Akhamokh a regretté la notion de «solidarité» avec les
habitants du Sud, puisqu’à l’origine, le problème est à la fois de
gestion et d’infrastructures. «On veut une médecine de qualité pas
de solidarité. Et puis, même quand les médecins sont présents dans
ces régions du Sud il ne font que transférer, systématiquement les
malades vers le Nord, faute d’infrastructures». Le même
interlocuteur a exprimé son étonnement d’avoir entendu un député de
la région du Sud, proposer à l’Etat de ramener des médecins du
Niger et du Mali. Dans le même registre, les conférenciers ont été
unanimes à insister sur le point de remplacer le caractère
«obligatoire» du service civil par l’«incitation» des médecins
résidents d’aller s’installer dans ces régions, avec des salaires
dignes et des moyens de travail adéquats. Par ailleurs, rien ne
semble freiner le mouvement de protestation du Collectif autonome
des médecins résidents algériens ; ils restent mobilisés. Aucun
point de nos revendications n’a été satisfait, mis à part la
déclaration : «on ne peut pas mettre fin à la grève tant que nos
revendications ne sont pas satisfaites» a indiqué le Dr Yelles,
délégué de l’hôpital Mustapha-Bacha. Il convient de souligner que la
protestation des médecins résidents a débuté le 7 mars, les
protestataires ont multiplié les contestations, ils ont organisé 20
sit-in, deux marches, et ont passé une nuit à la belle étoile devant
la présidence de la République. Le ministre de la Santé a, quant à
lui, multiplié les promesses et les menaces sans pouvoir mettre fin
à la paralysie de son secteur.
Yasmine Ayadi
Haut
OPEP
Aujourd'hui à
Vienne se décident les quotas
Avec un baril
au-dessus de la barre des 100 dollars, la 159e réunion de l’opep
va-t-elle jouer en faveur de l’augmentation des prix ou de la
production ?
Alors que la
réunion des membres de l’Opep en Autriche est prévue pour
aujourd’hui, les prix du brut se sont adonnés à leur jeu favori, à
savoir le yo-yo : lundi, soit à l’avant-veille de la réunion des
pays exportateurs de pétrole, le prix du baril était en berne : Il
affichait 114 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de
Londres, en déperdition de 42 cents par rapport à la clôture de
vendredi. Même essoufflement sur le New York Mercantile Exchange
(NYMEX) où le prix du baril du Light sweet crude a creusé de 74
cents pour s’établir à 99,48 dollars. Hier, emballés par les
spéculations autour de la décision finale de la réunion
d’aujourd’hui, les prix du baril brut en ont pâti. Sur les mêmes
marchés, ils ont affiché une tendance mitigée et globalement
haussière : A la mi-journée, le baril a rebondi de 27 cents sur l’ICE
londonien contre des chiffres un peu plus stables et quasiment
identiques à la veille du côté de la ville pomme sur le NYMEX. Ces
fluctuations même légères mettent en exergue l’influence des
décisions prises au cours de la réunion d’aujourd’hui minée par la
conjoncture actuelle dont les situations en Libye et au
Moyen-Orient. Toujours est-il et sur cette réunion, sur la forme
elle sera présidée par l’Iran, verra la participation des ministres
de l’Energie des 12 pays membres dont l’Algérie avec la présence de
Youcef Yousfi. Sur la fond, si cette réunion semestrielle du cartel
s’inscrit dans la continuité et pérennité, il n’empêche que la
décision à prendre et portant sur une augmentation ou non de la
production du cartel se traduira certainement sur le prix du baril.
Sur la question, les avis au sein du cartel sont globalement
divisés en deux : Une partie entraînée par Téhéran représentée à
Vienne par Ali Khatibi (fraîchement désigné comme représentant du
ministère du Pétrole par Ahmadinejad qui a décidé de tenir les
rennes, ndlr) est contre une hausse de la production et juge
que «le marché est équilibré, la tendance à la baisse des prix du
pétrole signifie que les producteurs doivent être très prudents et
très vigilants avant toute hausse de la production». Même son de
cloche du côté vénézuélien. Cette volonté du statu quo de la
production tranche avec celle affichée par les pays du golfe
présents à Vienne qui, soucieux des retombées de l’effondrement du
prix du baril, sont pour une augmentation de la production et prêts
à jouer des coudes pour cela ou carrément faire entorse auxdits
quotas, selon des experts des questions énergétiques. La volonté des
pays du Golfe, si elle n’est pas relayée par l’Agence
Internationale de l’Energie (AIEA), celle-ci soutient le principe
de l’augmentation des quotas de production pour soutenir l’économie
mondiale qui risque de piquer du nez en tenant compte des tendances
économiques américaines. Ce pays qui est réputé pour sa grande
consommation en pétrole affiche cependant des indicateurs
économiques au rouge, minés par le chômage, le secteur de
l’immobilier, la confiance des ménages et l’accroissement de ses
propres stocks en pétrole pendant la dernière semaine du mois de
mai. La crise de 2008 risque-t-elle de refaire surface ? Les
experts, à la fois attentifs et avertis, tempèrent. Pour eux, les
stocks du brut américain de la semaine qui a pris fin le 3 juin
ont toutes les chances de s’amenuiser avec la fermeture de l’oléoduc
Keystone en provenance du Canada et qui alimente les Etats-Unis en
brut. Pour ce qui en est des décisions de la réunion de demain, il
est clair qu’une augmentation des quotas de production se traduira
sur les prix dont seuls les pays à faible ou moyenne production
ressentiront. Affaire donc à suivre
Par Djaouida
Abbas
Haut
La Banque d'Algérie toujours silencieuse
Les grossistes
refusent les billets de 2000 DA
La plupart des
commerçants de gros que nous avons interrogés restent prudents en ce
qui concerne les billets de 2000 dinars.
Hier, lors d’une
tournée dans les marchés de gros de la capitale, notamment à Oued
Smar, Jolie Vue et Aïn Naâdja, nous avons constaté que la
quasi-majorité des grossistes refusent de travailler avec les
nouveaux billets de 2000 dinars. Et pour cause, des rumeurs
circulent dans ces milieux qu’il y aurait de faux billets de ces
coupures en circulation. Ainsi, les grossistes refusent de vendre
leurs marchandises aux clients qui se présentent avec les billets de
2000 dinars. A Oued Smar, l’inquiétude est grande. La plupart des
commerçants de gros que nous avons interrogés restent prudents en ce
qui concerne les billets de 2000 dinars. Selon certains, plusieurs
fausses coupures de 2000 dinars circulent, ce qui risque de leur
causer des pertes sèches. «Depuis la mis en circulation de ces
billets il y a presque deux mois, tout le monde était content,
surtout nous en tant que grossistes, car cette nouvelle mesure aller
nous faciliter les opérations de paiement. Mais il se trouve
qu’aujourd’hui il y’aurait de fausses coupures de 2000 dinars, ce
qui nous causera de graves préjudices», explique un grossiste
d’Oued Smar. Mais s’agit-il vraiment de faux billets ou plutôt de
simples rumeurs diffusées pour créer des perturbations dans le
marché de gros ? La réponse à cette question est venue de la Banque
d’Algérie. Selon cette dernière, il n’y a pas de faux billets en
circulation, néanmoins pour les coupures de 2000 dinars. Cependant,
concernant les billets de 200 et 1000 dinars, c’est un autre
problème. Ces coupures de billets font malheureusement l’objet de
«piratage» par certains réseaux de trafic de fausses monnaies, et la
Banque d’Algérie a pris ses précautions en mobilisant de nouveaux
appareils très sophistiqués afin de les détecter. Par contre, les
coupures de 2000 dinars sont à l’abri de ces «pirates», rassurent
les responsables de la BA. Devant ces assurances, les grossistes
restent fermes quant à leur décision de ne pas accepter les billets
de 2000 DA. C’est le cas au marché de gros de Jolie Vue, à Kouba.
Ici, les grossistes de produits laitiers n’acceptent que les billets
de 100, 200, 500 et 1000 dinars. Hormis ceux-là, rien ne passe. Un
«fidèle» client chez un marchand de gros de détergents situé à
quelques centaines de mètres du lycée Hamia à Kouba, a été contraint
d’aller vers un autre fournisseur vu que le sien a refusé les
billets de 2000 dinars. L’inquiétude s’est installée, et le doute
s’est amplifié sur ces nouveaux billets. De son côté, la Banque
d’Algérie a ouvert une enquête concernant les appareils dont sont
équipées les banques publiques, et qui n’arrivent pas à détecter les
nouveaux billets. Un véritable casse-tête qui irrite de plus en plus
la Banque d’Algérie, auquel vient s’ajouter le problème des
grossistes. Il faut souligner également que beaucoup de particuliers
refusent les billets de 2000 DA. Il semble que la mise en
circulation de ces nouveaux billets, le 24 mars dernier, ne fait pas
l’affaire du marché financier du pays ; pis, les choses semblent se
dégrader pour la BA. Affaire à suivre.
Par Sofiane Abi
Haut
La spéculation sur le logement bat son plein
L’immobilier
entre salons et réalité
En dépit des
programmes ambitieux annoncés en grande pompe et les promesses
lancées par les pouvoirs publics, la question de l’immobilier est
loin d’être résolue puisque l’accès au logement relève du parcours
du combattant pour beaucoup d’Algériens. Le problème, selon les
experts, ne réside pas seulement dans le fait que les entreprises du
BTPH ne construisent pas assez, mais aussi parce que la spéculation
bat son plein dans un secteur qui rapporte gros. Sinon, comment
expliquer que des citoyens bénéficient de programmes de logements
sociaux pour faire ensuite de la sous-location sans qu’ils ne soient
pour autant inquiétés. Des pratiques qui ne font que favoriser la
spéculation autour de l’immobilier. En effet, des appartements qui
devraient coûter 3,5 millions de dinars sont cédés à 10 millions sur
le marché de l’immobilier. Une situation ahurissante pour les
petites bourses qui continuent à prendre leur mal en patience au
moment où des appartements restent fermés, sans que cela
n’interpelle personne.
Parallèlement au
vécu des citoyens, des salons spécialisés dans le domaine de
l’immobilier et du bâtiment se sont multipliés ces dernières années
à tel point que pratiquement chaque grande ville a son salon.
Il est évident que
l’engouement de ces rendez-vous évènementiels témoigne de l’intérêt
que portent les professionnels à ce secteur d’activité en pleine
expansion dans notre pays, mais à aller les visiter on se rend
compte que même si certains d’entre eux sont ouverts au grand
public, ils n’enregistrent pas des chiffres record quant à leur
fréquentation par la population. En effet, même si leur champ
d’action n’est pas pareil, Batimatec et Logimmo s’imposent comme
étant les plus en vue du secteur du bâtiment et de l’immobilier. Le
premier s’étant déroulé au début du mois de mai, le second est prévu
du 21 au 25 juin à la Safex des Pins maritimes, à Alger. Organisé
par Capedes et bénéficiant du haut patronage du ministère de
l’Habitat et de l’Urbanisme, Logimmo est un espace qui rassemble
tous les professionnels, à commencer par les maîtres d’œuvre,
représentés essentiellement par les établissements publics, les
maîtres d’ouvrage, les entreprises de réalisation, le secteur
financier et bancaire, les compagnies d’assurance et les promoteurs
immobiliers. Reconnaissant que le salon est d’ abord dédié aux
professionnels, Mahmoud Elhani, directeur de Capedes, a expliqué :
«Il est vrai qu’il s’agit d’un salon qui se révèle être, en premier
lieu, un endroit de promotion et de rencontre entre professionnels,
mais il est destiné également au grand public, particulièrement à
ceux qui souhaitent faire l’acquisition d’un logement». Pour cette
nouvelle édition, l’organisateur entend lancer le débat autour de
l’habitat intelligent, conçu suivant des exigences normatives en
relation avec l’environnement et l’énergie. Un débat dont beaucoup
de monde parle mais peu d’entre eux y croient vraiment, estimant
qu’avant de parler de la bataille de la qualité il faut d’abord
remporter celle de la quantité.
Hafid Mesbah
Haut
Commerce et fraudes
1 700
interventions des agents de contrôle
Les deux brigades
de la répression des fraudes et de la qualité ont dressé durant la
même période 872 contraventions et 302 procès-verbaux à l’encontre
des auteurs de ces infractions au code du commerce.
Plus de 1 700
interventions ont été effectuées depuis le début de l’année en cours
par les services de qualité et de la répression des fraudes auprès
de la direction locale du commerce à Tizi Ouzou, apprend-on dans un
bilan de leurs activités. En effet, les deux brigades de la
répression des fraudes et de la qualité ont dressé durant la même
période 872 contraventions et 302 procès-verbaux à l’encontre des
auteurs de ces infractions au code du commerce. Et 126 affaires ont
été transmises à la justice qui devrait statuer. Toujours selon le
même bilan, la quantité de marchandises saisies depuis le début de
l’année en cours est d’une valeur de plus de 12,5 millions de
dinars alors que la brigade de répression des fraudes a effectué
plus de 900 opérations de contrôle qui se sont soldées par
l’établissement de 185 procès- verbaux et 170 contraventions en plus
de la saisie de près d’une tonne de marchandises d’une valeur de
plus de 34 000 DA. Il est à signaler que pendant le mois de mai
écoulé, les mêmes services ont opéré plus de 1 000 interventions à
travers l’ensemble du territoire de la wilaya de Tizi Ouzou. Ces
contrôles ont abouti à l’établissement de 102 contraventions et 97
procès-verbaux. La hausse du nombre d’interventions durant le mois
de mai écoulé intervenait au moment où des opérations coup de poing
contre le marché informel étaient lancées au chef-lieu de la wilaya
de Tizi Ouzou. Par ailleurs, il est à relever que de nombreux
habitants de la capitale du Djurdjura se plaignent de la hausse à
des proportions inexpliquées décidée par les commerçants légaux des
prix de fruits et légumes ainsi que d’autres produits, notamment
l’habillement. En effet, à en croire nos interlocuteurs, certains
articles d’habillement qui se vendaient auparavant à 2 000 DA sont
cédés aujourd’hui à 6 000 DA et le même phénomène touche également
les légumes et les fruits en particulier du fait de la suppression
de la «concurrence déloyale» sans pour autant fournir des
explications aux citoyens sur cette revue à la hausse des prix. Pour
cela, ils sollicitent l’intervention des inspecteurs des services
des pratiques commerciales.
Par Hamid M.
Haut
Habitat et urbanisme
1res Assises
nationales du secteur les 19 et 20 juin
Le ministère de
l’Habitat et de l’Urbanisme organise les 19 et 20 juin, au Palais
des Nations, Club des Pins, les Assises nationales de l’urbanisme.
Durant ces deux journées, seront étudiées toutes les recommandations
qui ont été retenues lors des trois rencontres régionales organisées
justement pour la préparation de ces 1res Assises nationales du MHU.
Une exposition consacrée aux grands projets sectoriels se rapportant
au développement urbain est également prévue en marge de cette
manifestation. Ainsi, dans le cadre de la préparation de ces assises
nationales de l’urbanisme, le ministère de l’Urbanisme et de
l’Habitat a organisé trois rencontres régionales préliminaires à
Constantine, Ouargla et Tlemcen qui ont regroupé les services
techniques de l’Etat, organismes professionnels, les bureaux
d’études, les entreprises du bâtiment, les élus, les universitaires,
ainsi que les représentants de la société civile. Durant ces
rencontres, des thèmes de réflexion ont été proposés au débat et à
l’enrichissement et ont porté notamment sur le développement de la
cohérence urbaine comme outil de la qualité du cadre bâti, la
régénération urbaine comme outil de revitalisation des fonctions
urbaines, l’aménagement rural intégré et l’adaptation de la
réglementation. Des thèmes qui ont été étudiés à travers des
ateliers de travail et ont débouché sur une cinquantaine de
recommandations dont essentiellement celles relatives à la
régulation et l’harmonisation du cadre bâti et à une planification
étudiée mettant à contribution tous les acteurs et allégeant les
mesures administratives et juridiques.
Lynda.
N.Bourebrab
Haut
CHU de Béjaïa
«Toutes les
conditions réunies pour des médecins spécialistes»
Lancé en août 2009
pour une population de 930 000 habitants, le CHU de Béjaïa sera
réalisé à Sidi Boudrahem. C’est ce qu’a réaffirmé la coordinatrice
du CHU lors du Forum Soummam de la radio locale. Selon Mme Mouri, le
choix d’un terrain pour la réalisation du CHU – qui est abrité pour
le moment dans l’enceinte même de l’hôpital Khellil-Amrane avec deux
autres structures que sont les unités hospitalières Franz Fanon et
Targua Ouzemour – a été fait et ce grand établissement aura 500
lits. Son fonctionnement a déjà débuté, dira-t-elle, puisqu’il a été
affecté 89 praticiens spécialistes et 17 vers les trois
établissements retenus en attendant la réalisation de la nouvelle
structure qui va coûter 4,5 milliards de dinars. Et de poursuivre :
il est question de l’ouverture de 36 postes en 2010 et 40 pour 2011
pour justement combler le déficit des effectifs sans compter
d’autres mutations. Toutes les conditions sont réunies en faveur des
spécialistes afin qu’ils puissent travailler dans un climat serein.
Pour rappel, les médecins spécialistes n’ont pas manqué à maintes
reprises de relever les carences liées aux conditions
socioprofessionnelles dans lesquelles ils évoluent. Des mouvements
de grève et de protestation avaient été observés à ce propos.
Toujours dans le même sillage, l’invité du Forum dira qu’il a été
déboursé 850 millions de centimes pour prendre en charge le loyer de
ce dernier et répondre aux besoins en matière de logement. Mme
Mouri n’a pas manqué de louer les efforts de l’Etat en la matière,
ce qui va se répercuter positivement, selon elle, sur la prise en
charge des malades qui n’auront pas besoin, avec cette nouvelle
structure, de se déplacer pour se soigner. Mme Mouri reviendra sur
le déficit accusé en matière de camions de collecte de sang par le
Centre de wilaya de transfusion sanguine (CWTS) plaidant pour un
renforcement en la matière vu l’importance que revêt la collecte de
sang dans toute intervention chirurgicale, relevant aussi une
carence en matière de scanner; une seule unité s’avère
«insuffisante». Et pour la formation des médecins, une unité de
recherche et d’aide au diagnostic médical est née; aussi, 100
stagiaires-médecins y seront encadrés. Pour ce qui est de la
restauration des malades, 7 millions de centimes ont été dégagés
comme elle n’a pas oublié de faire remarquer que deux incinérateurs
sont disponibles pour le traitement des déchets toxiques du CHU.
Hocine Cherfa
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