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Révision de la
Constitution à partir de 2012
Bouteflika
donne un agenda aux réformes
Le président de la
République a réaffirmé, lors du Conseil des ministres d’avant-hier,
que les réformes politiques envisagées «seront profondes». Le projet
de révision de la Constitution, a-t-il expliqué, sera soumis au
Parlement après les prochaines élections législatives.
«Hormis les
constantes nationales, les lois qui seront révisées ainsi que le
projet de révision de la Constitution reflèteront les vues et les
propositions qui auront été démocratiquement exprimées par la
majorité». Les partis politiques et les personnalités nationales
seront largement consultés sur toutes les réformes politiques à
promouvoir, a-t-il assuré. Des rencontres seront bientôt entamées
sous la direction de Abdelkader Bensalah, désigné par le président
pour conduire ces consultations. Au sujet de la préparation du
projet de révision de la Constitution, Bouteflika a précisé qu’une
commission compétente sera également désignée par ses soins pour
prendre en charge cette mission. Elle sera destinataire des
propositions et suggestions des partis et des personnalités sur ce
dossier. Une fois son travail achevé, cette commission présentera au
président de la République le projet de révision constitutionnelle
élaboré, dont la mouture finale sera soumise au Parlement comme le
dispose la loi fondamentale. Si le projet de révision
constitutionnelle se révèle profond, «le peuple devra, après le
Parlement, en disposer en toute souveraineté, par la voie d’un
référendum transparent». Le premier magistrat du pays a également
expliqué qu’à la lumière des vues et des propositions des partis et
des personnalités nationales qui seront consultés, le gouvernement
aura la responsabilité de préparer les projets de loi découlant du
programme de réformes politiques. Relevant qu’il s’agira d’abord des
trois lois organiques relatives respectivement au régime électoral,
aux partis politiques et à la place des femmes dans les Assemblées
élues. Viendront ensuite les projets de loi relatifs aux
incompatibilités avec le mandat parlementaire, au mouvement
associatif, le projet de révision du code de wilaya qui viendra
s’ajouter à la récente révision du code communal. Le gouvernement,
ajoute le président Bouteflika, aura à recueillir, en tant que de
besoin, les suggestions et propositions des partis politiques et du
mouvement associatif qui devraient réagir dans les délais qui seront
convenus. S’agissant du calendrier de mise en œuvre des réformes
politiques, il a été indiqué que la totalité de ces projets devra
être sur le bureau de l’APN au plus tard au début de sa prochaine
session d’automne, afin qu’ils soient tous débattus et votés par
l’actuelle législature. Un objectif politique important qui
permettra, souligne-t-il, d’organiser les prochaines élections
législatives et locales conformément à ces nouvelles lois.
Concernant le projet de révision de la Constitution, le président de
la République dira entendre «le soumettre au Parlement après les
prochaines élections législatives», soit en 2012. Un choix qu’il dit
retenir «pour des raisons objectives, notamment mon espoir que les
prochaines élections législatives qui seront organisées dans une
transparence totale, déboucheront sur la représentation au Parlement
de tous les grands partis politiques de notre pays».
Par Aomar
Fekrache
Haut
Réaction du RND
«Un rythme
caractérisé par le réalisme»
Le Rassemblement
national démocratique (RND) a affirmé hier que la déclaration du
président de la République Abdelaziz Bouteflika, lors du dernier
Conseil des ministres, a permis de «mettre fin à certaines
interprétations et répondre à des interrogations sur les réformes».
Dans un
communiqué, le RND a souligné que les réformes politiques annoncées
le mois dernier par le Président Bouteflika seront «très larges et
répondront aux attentes de la majeure partie de la classe
politique». Le parti a salué «la décision d’organiser une
consultation avec tous les partis et les personnalités nationales».
Pour le RND, le calendrier établi par le président de la République
pour la présentation de tous les projets de lois à l’Assemblée
populaire nationale (APN) et le report de la présentation du projet
d’amendement de la Constitution après les prochaines législatives,
constituent «un rythme caractérisé par le réalisme».
Le RND a confirmé
«sa participation» à la prochaine consultation politique et «sa
contribution, partant de ses référents et programmes
politiques».
M. O.
Haut
Engagement des réformes
Washington
encouragé par les «efforts continus» de l’Algérie
Le conseiller
principal du président Barack Obama pour la sécurité intérieure et
la lutte antiterroriste, John Brennan, a affirmé que les Etats-Unis
sont «encouragés par les efforts continus engagés par l’Algérie dans
le domaine des réformes pour répondre aux aspirations du peuple
algérien». M. Brennan a tenu ces propos lors de sa rencontre lundi à
Washington avec le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci,
qui effectue une visite de deux jours dans la capitale fédérale à
l’invitation de la secrétaire d’Etat américaine, Mme Hillary
Clinton.
Lors de ces
entretiens, M. Medelci a présenté à M. Brennan le contenu du
programme de réformes annoncé le 15 avril dernier par le président
de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans le cadre du
renforcement du processus de la démocratie en Algérie.
Cette rencontre a
également été l’occasion pour les deux parties d’aborder la lutte
contre le terrorisme et la situation qui prévaut dans la région du
Sahel dans le sillage de la crise en Libye.
A ce propos, M.
Medelci a discuté avec son interlocuteur américain de la réunion
extraordinaire du conseil des chefs d’état-major de la sous-région
du Sahel, tenue la semaine dernière à Bamako (Mali), et qui entre
dans le cadre de la concertation et de la coordination continues
entre les pays membres du Cemoc (Algérie, Mali, Mauritanie, Niger)
pour faire face aux défis communs en matière de lutte contre le
terrorisme et la criminalité organisée. Sur ce point, le chef de la
diplomatie algérienne a souligné au conseiller d’Obama en matière de
sécurité et de lutte antiterroriste que le partenariat entre les
pays membres du Cemoc et les Etats-Unis, ou d’autres pays
partenaires, devrait reposer sur la formation, le partage des
renseignements et la fourniture des équipements. La situation en
Libye a aussi été au menu des discussions entre M. Brennan et M.
Medelci qui a abordé la «feuille de route» proposée par l’Union
africaine afin de trouver une issue pacifique au conflit, à travers
la cessation immédiate de toutes les hostilités, l’acheminement de
l’aide humanitaire et l’ouverture d’un dialogue entre le régime et
l’insurrection.
Au cours de la
première journée de sa visite à Washington, le ministre s’est aussi
réuni avec le sous-secrétaire d’Etat adjoint pour les Affaires
politiques, William Burns.
Relevant «la
coopération bilatérale de qualité sous tous ses volets entre les
Etats-Unis et l’Algérie», M. Burns a salué «l’engagement de
l’Algérie dans sa démarche volontariste en matière des réformes».
G. O.
Haut
Le Président charge le gouvernement des réformes économiques
Des actions en
faveur de l’entreprise
Le sujet qui
semble être la priorité de l'Etat est celui du développement de
l'entreprise. Etant la source de création d'emplois et de richesses,
l'entreprise publique et privée bénéficiera de tout l'intérêt
qu'elle mérite.
Les mesures
annoncées par le président de la République lors du dernier Conseil
des ministres portent essentiellement sur des réformes politiques,
mais il est aussi vrai que le volet économique n’a pas été négligé.
Dans ce sens, le gouvernement a été instruit afin d’accélérer la
cadence des actions à mener au profit de l’entreprise et de
l’économie d’une façon générale.
En réalité, le
Président vient de soumettre au Conseil des ministres le programme
de réformes qu’il annoncé il y a quelques jours à la nation.
Le sujet qui
semble être la priorité de l’Etat est celui du développement de
l’entreprise. Etant la source de création d’emplois et de richesses,
l’entreprise publique et privée bénéficiera de tout l’intérêt
qu’elle mérite. Dans ce cadre, le Président a rappelé les
engagements pris par l’Etat pour «une action profonde en direction
de l’entreprise nationale, publique ou privée, pour appuyer son
développement».
Dans le communiqué
rendu public par la présidence de la République, il est mentionné
que «cette démarche viendra renforcer et parfaire les mesures déjà
prises pour diversifier l’économie nationale et pour valoriser
l’importante dépense publique d’investissement en tant que plan de
charge pour les entreprises locales». Pour y parvenir, Abdelaziz
Bouteflika «charge donc le gouvernement de convier rapidement ses
partenaires économiques et sociaux à une concertation tripartite
exclusivement consacrée aux voies et moyens de soutenir le
développement de l’entreprise et de promouvoir un climat plus
propice à l’investissement et à l’activité économique». Les
conclusions de cette concertation et des chantiers dont elle
pourrait convenir, seront mises en œuvre au cours de cette année.
Développer le
hors hydrocarbures et préparer la tripartite
Outre les mesures
décidées au profit de l’entreprise, le Cnes est par ailleurs chargé
de trouver les mécanismes aptes à faire de l’économie algérienne une
économie diversifiée. «Le Conseil national économique et social
assurera, dans le cadre de ses rapports périodiques, le suivi du
développement de l’économie hors hydrocarbures et particulièrement
de l’entreprise, de sorte à recommander les mesures complémentaires
ou les correctifs qu’il serait utile de prendre en charge».
En parallèle, le
gouvernement doit préparer, pour le mois de septembre prochain, la
tenue d’une réunion plénière de la tripartite qui sera l’occasion
d’aborder, avec les représentants des employeurs et des
travailleurs, les dossiers liés aux questions sociales, a-t-on
ajouté de même source.
La LFC 2011
approuvée
Après avoir abordé
les recommandations et instructions envers le gouvernement, le
Conseil des ministres est passé ensuite à son ordre du jour. Ainsi,
il a examiné et approuvé le projet de loi de finances complémentaire
pour l’exercice 2011. Ce projet est notamment destiné à accompagner
en autorisations de programme et de crédits de paiements, et, le cas
échéant, en dispositions législatives, les décisions prises par le
Conseil des ministres en février dernier, pour préserver le pouvoir
d’achat des citoyens, répondre à la demande particulière d’emplois
de la jeunesse et promouvoir davantage le développement de l’outil
économique productif, lit-on dans le communiqué rapporté par l’APS.
Dans ce cadre, «les dépenses publiques pour l’année 2011
augmenteront de 25%, passant de 6 618 milliards DA au titre de la
loi de finances de l’année en cours, à 8 275 milliards DA dans la
loi de finances complémentaire proposée».
Ceci étant, dans
sa partie législative le projet de loi de finances complémentaire ne
comporte aucun nouvel impôt ou taxe ni augmentation d’impôt et taxe.
«Bien au contraire, il propose de nouveaux encouragements à
l’activité économique», a-t-on rassuré.
Renforcer la
lutte contre la corruption
L’autre chantier
ouvert par l’Algérie et que le président de la République a évoqué
lors du Conseil des ministres est celui de la lutte contre la
corruption. Le communiqué de la Présidence souligne : «Notre pays
est désormais doté d’un arsenal législatif complet pour la lutte
contre la corruption et toutes les autres formes d’atteinte aux
deniers et patrimoines publics.
Le rôle de
l’Inspection générale des finances et celui de la Cour des comptes
ont également été renforcés». Ceci dit, l’Etat ne prétend pas
atteindre la perfection et l’arsenal juridique mis en place est
souvent actualisé. «Nous compléterons ce jour ce dispositif
juridique par des projets de révision de lois destinés à protéger
les cadres et les gestionnaires dans l’exécution de leurs missions
et dans la prise en charge du risque de gestion», conclut-on pour ce
qui est des réformes d’ordre économique.
Par Hafid M.
Haut
Presse
«Evoluer vers
une professionnalisation»
Le gouvernement va
initier une large opération de formation et de perfectionnement des
journalistes dans les métiers de la communication, et ce, grâce à
l’activation du fonds d’aide à la presse. Le Conseil des ministres,
réuni avant-hier sous la présidence de Abdelaziz Bouteflika, a
examiné le projet de loi sur la dépénalisation du délit de presse
et approuvé un projet d’amendement du code pénal relatif à cette
question. Il s’agit de l’amendement qui prévoit la suppression de
la peine d’emprisonnement en maintenant l’amende pécuniaire, au
niveau de l’article 144 bis relatif à l’offense au chef de l’Etat.
La suppression de la peine d’emprisonnement est proposée aussi au
niveau de l’article 146 relatif à l’outrage, à l’injure et à la
diffamation contre le Parlement, les juridictions, l’Armée nationale
populaire, tout corps constitué et tout autre institution publique.
Le même projet propose l’abrogation pure et simple de l’article 144
bis 1 qui énonce les sanctions applicables à l’offense au président
de la République, prévoyant des poursuites à l’encontre des
responsables de la publication, la rédaction et de la publication
elle-même. Ainsi, le gouvernement a été chargé, en concertation
avec la corporation de la presse, d’accélérer l’élaboration du
projet de loi organique relative à l’information. «Outre les
nouvelles garanties juridiques sur la liberté de la presse que cette
future loi consolidera, nous travaillerons à une modernisation de
l’espace médiatique national pour le porter au niveau de notre
pluralisme démocratique et des ambitions de notre population, et
pour conforter le professionnalisme et l’éthique», lit-on dans le
communiqué rendu public. Mieux encore, une commission indépendante
d’experts nationaux dans le domaine des médias audiovisuels, de la
communication et de l’information sera mise sur pied. Elle aura
pour mandat de proposer les voies et les moyens d’améliorer le
paysage audiovisuel, de promouvoir la communication par le biais des
nouvelles technologies de l’information et d’identifier les domaines
à travers lesquels l’aide publique contribuera à l’épanouissement de
la presse écrite. Par ailleurs, précise le communiqué, une autorité
de régulation des médias sera également instaurée une fois la
nouvelle loi sur l’information promulguée et aura pour mission de
veiller au respect des principes de la liberté d’expression tout en
garantissant un accès équitable des partis politiques aux médias
audiovisuel. Le président de la République a instruit également
le gouvernement de préparer les projets de loi relatifs à la
publicité et aux sondages médiatiques. «Je profite de cette occasion
pour rappeler au gouvernement qu’il est également chargé de préparer
les projets de loi relatifs à la publicité et aux sondages
médiatiques», a-t-il souligné.
Yazid Madi
Haut
Abbas Aroua, ancien de l'ex-Fis et Florence Laufer, experte en
coups tordus
Un jeu
dangereux
La situation
actuelle en Libye intéresse au plus haut point un pays comme la
Suisse qui a eu, l’année dernière, maille à partir avec Kaddafi
lorsqu’un de ses fils a eu des problèmes avec la justice pour avoir
maltraité sa gouvernante. Le gouvernement suisse vient de geler les
avoirs du guide libyen et de sa famille et compte les utiliser
probablement pour soutenir les insurgés. Pour ce faire, Florence
Laufer, une fonctionnaire des Affaires étrangères détachée dans des
organismes qui surveillent les évolutions des civilisations
interculturelles, a été chargée de suivre particulièrement la
situation libyenne.
Qui est Florence
Laufer ?
Voilà comment elle
s’est présentée elle-même, comme ancienne étudiante, à l’université
de Genève :
«Après mes études
en géographie humaine, j’ai travaillé pour une ONG suisse, d’abord
sur l’intégration des migrants et les droits des requérants d’asile,
puis comme responsable du programme de développement et d’aide
humanitaire au Moyen-Orient. J’ai ensuite été déléguée par la
Confédération – le gouvernement suisse – dans le cadre du «Pool
d’experts suisses pour la promotion civile de la paix», pour
travailler au siège de l’ONU, auprès de l’Alliance des
Civilisations. Je suis chargée de promouvoir auprès des pays membres
et d’autres acteurs des mesures d’intégration de migrants afin
d’améliorer la compréhension et la coopération interculturelle. Les
outils d’analyse interdisciplinaire de la géographie me sont utiles
pour saisir la complexité des systèmes sociaux, comme par exemple
l’implication des migrations sur les notions d’identités,
d’appartenance et sur les représentations territoriales. C’est ce
cadre logique qui me permet de proposer des actions qui engagent les
sociétés à se mobiliser de façon dynamique et inclusive».
Cette «experte»,
qui se présente par ailleurs comme une animatrice acharnée de la
«défense des droits de l’Homme», entretient des relations constantes
avec les services secrets suisses. Ce sont eux qui l’ont chargée
d’établir un «pont» avec les figures salafistes de l’opposition
libyenne puis l’ont mise en contact avec l’Algérien Abbas Aroua,
ancien dirigeant du Fis et directeur de la Fondation Cordoue de
Genève. Lui-même agent des services secrets du pays d’accueil, il
dispose d’un entregent jugé important dans les milieux islamistes
libyens et peut s’acquitter de cette mission qui vise à «fédérer»
des hommes qui aujourd’hui luttent contre Kaddafi et demain peuvent
le remplacer au pouvoir. La mission est donc importante et la
rémunération de Abbas Aroua, de l’ordre de dix mille francs suisses
mensuellement, n’est pas de trop pour le gouvernement.
Qui est Abbas
Aroua ?
Ancien dirigeant
du Fis, Abbas Aroua s’est établi en Suisse où il a continué à
défendre les thèses de son parti en attaquant le régime algérien,
notamment sur les ondes de la radio suspendue de l’ex-Fis
«Essalam» et à
travers sa tribune de propagande «Hoggar». Discrètement pris en
charge par les services secrets du pays hôte, Abbas Aroua a pu ainsi
mener ses activités de contact avec de nombreux ex-dirigeants
islamistes exilés, en toute quiétude, et percevoir même des
rémunérations conséquentes en contrepartie des informations qu’il
fournissait. Ces informations intéressaient d’ailleurs, outre le
gouvernement suisse, d’autres pays européens comme la France,
l’Italie ou l’Allemagne. C’est ainsi que Abbas Aroua est devenu le
«pourfendeur» des tyrans algériens et se permettait, pour sa propre
crédibilité, de soutenir des chefs du Gia ou d’applaudir à des actes
terroristes perpétrés en Algérie tout en les imputant
systématiquement aux services de l’armée. L’essentiel pour ceux qui
le manipulaient était qu’ils soient bien informés de ce qui pouvait
se passer sur leurs territoires. La condition nécessaire à la bonne
information résidait dans la crédibilité de l’homme.
De ce point de
vue, Abbas Aroua s’est montré particulièrement actif. Outre sa
filiation à l’ex-Fis, tendance salafiste, il s’est improvisé
«universitaire» et organisait des réunions sur l’Algérie, la
«dictature» qui y règne, l’économie, voire même l’Histoire en
n’hésitant pas à affirmer, avec l’historien Messli, que le nombre de
morts algériens pendant la révolution ne dépasse pas 8 000. Avec
l’argent suisse, il a pu réunir des fonds pour sa fondation Cordoue
de Genève, et se donner un surplus de respectabilité. Sa grande idée
est d’œuvrer pour le «dialogue des religions chrétienne et
musulmane» qu’il s’acharne à vouloir diriger politiquement contre
l’Algérie. Il a pu ainsi organiser et participer, sous couvert
universitaire, avec des hommes politiques comme Abdelhamid Mehri, ou
des intellectuels comme Addi Lahouari qui apportèrent à sa
dénonciation du régime «tyrannique» algérien un surplus de caution.
Un homme à
plusieurs facettes
On peut dire que
Abbas Aroua a plusieurs facettes. Politiquement, il poursuit plus
que jamais son combat contre les responsables de l’interruption du
processus électoral de janvier 1991. Ce qui l’amène à épouser les
thèses terroristes tout en imputant, dans un double jeu, les actes
eux-mêmes aux services de sécurité : c’est le fameux «qui tue qui ?»
Idéologiquement, il prône la solution islamique tout en affirmant
qu’il inscrit cette solution dans le cadre d’une entente avec le
christianisme. Il arrive à réunir autour de lui des prosélytes
musulmans et des hommes d’Eglise.
Secrètement, il
collabore avec les services de renseignement suisses à qui il rend
compte de toutes ses activités ; c’est là la condition de sa liberté
d’action et de parole. Il approche et recrute pour le compte du
gouvernement suisse, par exemple, l’Irakien Al-Qura Daghi Ali
Mohieddine qui exerce à l’université de Qatar. Il établit des
alliances avec d’autres activistes algériens, notamment Larbi Zitoun
de Rachad, à Londres. On le voit régulièrement intervenir comme un
leader d’opposition sur France 24 et surtout sur Al Jazeera, avec la
qualité de «Docteur».
Un jeu
dangereux
Les interventions
médiatique et politique de Abbas Aroua en faveur de la Suisse contre
la Libye, à l’occasion de la crise qui a secoué récemment les deux
pays, ont été jugées remarquables. Aussi bien, c’est à lui qu’on a
pensé naturellement lorsqu’il a fallu trouver pour Florence Laufer
un homme capable d’établir des contacts avec les opposants
salafistes libyens. Comme on le voit, le jeu trouble de certains
pays en Libye, qui utilisent des Algériens, pour des objectifs
inavouables peut servir tout à la fois à des hypothèses farfelues
d’une implication algérienne dans la guerre qui agite ce pays
voisin. Abbas Aroua peut se révéler n’être qu’un exemple parmi
d’autres. En conséquence, sa dénonciation publique est nécessaire.
Par Brahim
Djalil
Alors qu'un semblant de calme règne sur Misrata
L’armée
gouvernementale pilonne Zenten
Le calme semblait
revenir hier à Misrata, troisième ville du pays, à 200 km à l'est de
Tripoli. Seules quelques lourdes explosions, très espacées, étaient
entendues au loin, a rapporté l'AFP. Néanmoins, face à l’expiration
de l’ultimatum fixé par Maâmar Kaddafi aux rebelles pour se rendre,
hier les habitants de la ville de Misrata, ville assiégée depuis
plus de deux mois par les forces pro-Kaddafi, étaient de plus en
plus inquiets vu que le port de cette ville est la seule voie de
ravitaillement pour eux. Par ailleurs, l’Otan a annoncé hier que le
port de Misrata restait accessible bien qu’il soit toujours bombardé
par les forces loyales à Maâmmar Kaddafi qui l’assiègent et qu’une
mine flottant à la dérive constitue une menace pour la navigation,
ont rapporté des agences. Selon ces sources, qui citent le
vice-amiral Rinaldo Veri, au nom du quartier général de l’opération
«Protecteur unifié», à Naples, quatre embarcations relevant des
forces de Maâmmar Kadafi ont largué trois mines au large de Misrata
vendredi dernier dans le but apparent de couper la ville et ses 300
000 habitants de toute aide humanitaire. Expliquant que deux de ces
mines ont été détruites samedi dernier par l’Otan. Toutefois, la
troisième, partie à la dérive, n’avait toujours pas été repérée cet
après-midi, malgré l’arrivée dans la zone de chasseurs de mines de
l’Otan. L’officier se félicitera que les raids aériens des alliés
aient permis de «détruire la nuit dernière (avant-hier) trois
obusiers autotractés qui bombardaient Misrata». En outre, l’amiral
affirmera que grâce à l’action de l’Otan la ville de Misrata
n’était toujours pas tombée aux mains des forces loyales au colonel
Kaddafi qui l’assiègent depuis deux mois. Sur un autre front, les
forces libyennes ont resserré hier l’étau autour des rebelles à Jbel
El-Gharbi dans l’ouest du pays, en renforçant leurs opérations dans
cette zone contrôlée jusque-là par les groupes rebelles, selon les
médias.
Selon ces
derniers, des dizaines de missiles ont été tirés par les forces
loyales au colonel Maâmmar Kaddafi sur la ville de Zenten, distante
de près de 160 km au sud de la capitale Tripoli. Appuyées par des
chars, les forces loyalistes se trouvaient en force dans le nord de
la ville, selon des témoins, cités par les médias.
Les ONG réclament l’accès aux blessés
Les agences
humanitaires ont demandé hier à garantir l’accès aux blessés et aux
migrants bloqués à Misrata qui actuellement se trouve toujours sous
contrôle des rebelles.
Lors d’une
conférence de presse à Genève, le porte-parole de l’Organisation
internationale pour les migrations (OIM), Jumbe Omari Jumbe, a
appelé
«toutes les
parties au conflit à autoriser le bateau affrété par l’OIM Red Star
à accoster le port de Misrata afin de venir au secours de 1 000
migrants», et pour venir en aide aux «nombreux civils blessés, dont
certains sont en soins intensifs». Pour sa part, le Bureau de
coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), a indiqué
que plusieurs centaines de patients ont besoin d’être évacués pour
recevoir d’urgence des soins médicaux.
Quant au Comité
international de la Croix-Rouge (CICR), il a annoncé qu’il tenterait
de joindre Misrata par route «au plus tard dans la semaine».
L’ambassadeur
libyen quitte Londres
L’ambassadeur
libyen à Londres, Omar Djelbane, expulsé par la Grande-Bretagne en
raison d’attaques contre des bâtiments britanniques à Tripoli en
réaction aux bombardements de l’Otan, a quitté le Royaume- Uni, a
indiqué hier une source officielle.
Lynda N.
Bourebrab
Haut
Des locaux luxueux et des maisons dévalisés
Un important
réseau de la «casse» tombe
Le plus âgé du
groupe avait la tâche de localiser les victimes tandis que les deux
autres acolytes passaient à l’action.
Un dangereux
réseau, composé de trois malfaiteurs, F.F., 21 ans, A.L., 20 ans, et
un autre âgé de 24 ans, un repris de justice, a été démantelé durant
le week-end passé par les brigades territoriales de la Gendarmerie
nationale de Zéralda, après avoir sévi pendant six mois. Ces trois
malfaiteurs sont derrière la
«casse» de quatre
maisons, et trois locaux haut de gamme. Ils agissent souvent de
nuit, profitant de l’absence des propriétaires des maisons et autres
locaux, se trouvant généralement dans des fêtes. Le plus âgé du
groupe avait la tâche de localiser les victimes tandis que les deux
autres acolytes passaient à l’action. En effet, trois appartements
ont été dévalisés par ce groupe de malfaiteurs, dans la commune de
Rahmania, une des maisons à Mahelma, une boutique à Souidania, et
les deux autres dans l’agglomération de Rahmania également et ce,
depuis qu’ils sont en activité. Durant leurs actes, les trois
accusés ont volé plusieurs objets de valeur, notamment des
équipements «High Tech», des produits électroménagers, des sommes
d’argent et bien entendu des bijoux de valeur. Certes, une petite
partie des objets volés a été récupérée par les gendarmes.
Toutefois, le gros lot a été déjà vendu par ces accusés, d’autant
qu’ils sont en activité depuis six mois déjà. Ainsi, et durant le
week-end passé, les gendarmes de Zéralda ont été informés de
l’existence de ce dangereux groupe de malfaiteurs qui agit,
dangereusement, dans les localités de Rahmania, Mehalma, Souidania
et Zéralda. Aussitôt informés, les éléments de la GN de cette
commune ont surveillé les malfaiteurs durant quelques jours, après
leur identification. Une souricière a été tendue, le week-end
dernier, à ce réseau de malfaiteurs qui, cette fois-ci, avait pour
but de dévaliser un appartement à Rahmania. Profitant du départ
momentané des occupants de cet appartement, les malfaiteurs ont dû
passer à l’acte pour le dépouiller. En effet, après quelques
dizaines de minutes de surveillance, et ce, à 1h00 du matin vendredi
passé, au niveau de cet appartement situé dans la localité de
Rahmania, l’un des malfaiteurs, le plus âgé du groupe était à
l’extérieur surveillant l’arrivée des services de sécurité. Ce
dernier a pris la fuite après avoir repéré les gendarmes. Au même
moment, les deux autres étaient prenaient la fuite. Sur place, ces
deux malfaiteurs sont capturés la main dans le sac par les
gendarmes, tandis que le «guetteur» a pu s’enfuir et aujourd’hui,
activement recherché. Sur place, les gendarmes ont pu récupérer un
lot d’objets volés par ce réseau. Il s’agit d’une somme de 11 000
dinars, d’un important lot de bijoux de valeur, d’une caméra
numérique, d’une console de jeux (PS2), et autres objets. Ils
étaient cachés dans un sac plastique noir qu’utilisaient les
malfaiteurs pour dissimuler ces
«butins de
guerre». Après leur arrestation, les deux accusés ont fini par
avouer leurs actes. Ils ont été présentés au procureur de la
République près le tribunal de Koléa.
Par Sofiane Abi
Haut
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