Événement

Retour

Révision de la Constitution à partir de 2012

Bouteflika donne un agenda aux réformes

Réaction du RND

«Un rythme caractérisé par le réalisme»

Engagement des réformes

Washington encouragé par les «efforts continus» de l’Algérie

Le Président charge le gouvernement des réformes économiques

Des actions en faveur de l’entreprise

Presse

«Evoluer vers une professionnalisation»

Abbas Aroua, ancien de l'ex-Fis et Florence Laufer, experte en coups tordus

Un jeu dangereux

Alors qu'un semblant de calme règne sur Misrata

L’armée gouvernementale pilonne Zenten

Des locaux luxueux et des maisons dévalisés

Un important réseau de la «casse» tombe

 

 04/05/11

Révision de la Constitution à partir de 2012

Bouteflika donne un agenda aux réformes

Le président de la République a réaffirmé, lors du Conseil des ministres d’avant-hier, que les réformes politiques envisagées «seront profondes». Le projet de révision de la Constitution, a-t-il expliqué, sera soumis au Parlement après les prochaines élections législatives.

«Hormis les constantes nationales, les lois qui seront révisées ainsi que le projet de révision de la Constitution reflèteront les vues et les propositions qui auront été démocratiquement exprimées par la majorité». Les partis politiques et les personnalités nationales seront largement consultés sur toutes les réformes politiques à promouvoir, a-t-il assuré. Des rencontres seront bientôt entamées sous la direction de Abdelkader Bensalah, désigné par le président pour conduire ces consultations. Au sujet de la préparation du projet de révision de la Constitution, Bouteflika a précisé qu’une commission compétente sera également désignée par ses soins pour prendre en charge cette mission. Elle sera destinataire des propositions et suggestions des partis et des personnalités sur ce dossier. Une fois son travail achevé, cette commission présentera au président de la République le projet de révision constitutionnelle élaboré, dont la mouture finale sera soumise au Parlement comme le dispose la loi fondamentale. Si le projet de révision constitutionnelle se révèle profond, «le peuple devra, après le Parlement, en disposer en toute souveraineté, par la voie d’un référendum transparent». Le premier magistrat du pays a également expliqué qu’à la lumière des vues et des propositions des partis et des personnalités nationales qui seront consultés, le gouvernement aura la responsabilité de préparer les projets de loi découlant du programme de réformes politiques. Relevant qu’il s’agira d’abord des trois lois organiques relatives respectivement au régime électoral, aux partis politiques et à la place des femmes dans les Assemblées élues. Viendront ensuite les projets de loi relatifs aux incompatibilités avec le mandat parlementaire, au mouvement associatif, le projet de révision du code de wilaya qui viendra s’ajouter à la récente révision du code communal. Le gouvernement, ajoute le président Bouteflika, aura à recueillir, en tant que de besoin, les suggestions et propositions des partis politiques et du mouvement associatif qui devraient réagir dans les délais qui seront convenus. S’agissant du calendrier de mise en œuvre des réformes politiques, il a été indiqué que la totalité de ces projets devra être sur le bureau de l’APN au plus tard au début de sa prochaine session d’automne, afin qu’ils soient tous débattus et votés par l’actuelle législature. Un objectif politique important  qui permettra, souligne-t-il, d’organiser les prochaines élections législatives et locales conformément à ces nouvelles lois. Concernant le projet de révision de la Constitution, le président de la République dira entendre «le soumettre au Parlement après les prochaines élections législatives», soit en 2012. Un choix qu’il dit retenir «pour des raisons objectives, notamment mon espoir que les prochaines élections législatives qui seront organisées dans une transparence totale, déboucheront sur la représentation au Parlement de tous les grands partis politiques de notre pays».

Par Aomar Fekrache

      Haut

 

Réaction du RND

«Un rythme caractérisé par le réalisme»

Le Rassemblement national démocratique (RND) a affirmé hier que la déclaration du président de la République Abdelaziz Bouteflika, lors du dernier Conseil des ministres, a permis de «mettre fin à certaines interprétations et répondre à des interrogations sur les réformes».

Dans un communiqué, le RND a souligné que les réformes politiques annoncées le mois dernier par le Président Bouteflika seront «très larges et répondront aux attentes de la majeure partie de la classe politique». Le parti a salué «la décision d’organiser une consultation avec tous les partis et les personnalités nationales». Pour le RND, le calendrier établi par le président de la République pour la présentation de tous les projets de lois à l’Assemblée populaire nationale (APN) et le report de la présentation du projet d’amendement de la Constitution après les prochaines législatives, constituent «un rythme caractérisé par le réalisme».

Le RND a confirmé «sa participation» à la prochaine consultation politique et «sa contribution, partant de ses référents et programmes politiques».         

M. O.

 

      Haut

Engagement des réformes

Washington encouragé par les «efforts continus» de l’Algérie

Le conseiller principal du président Barack Obama pour la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste, John Brennan, a affirmé que les Etats-Unis sont «encouragés par les efforts continus engagés par l’Algérie dans le domaine des réformes pour répondre aux aspirations du peuple algérien». M. Brennan a tenu ces propos lors de sa rencontre lundi à Washington avec le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, qui effectue une visite de deux jours dans la capitale fédérale à l’invitation de la secrétaire d’Etat américaine, Mme Hillary Clinton. 

Lors de ces entretiens, M. Medelci a présenté à M. Brennan le contenu du programme de réformes annoncé le 15 avril dernier par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans le cadre du renforcement du processus de la démocratie en Algérie.

Cette rencontre a également été l’occasion pour les deux parties d’aborder la lutte contre le terrorisme et la situation qui prévaut dans la région du Sahel dans le sillage de la crise en Libye.

A ce propos, M. Medelci a discuté avec son interlocuteur américain de la réunion extraordinaire du conseil des chefs d’état-major de la sous-région du Sahel, tenue la semaine dernière à Bamako (Mali), et qui entre dans le cadre de la concertation et de la coordination continues entre les pays membres du Cemoc (Algérie, Mali, Mauritanie, Niger) pour faire face aux défis communs en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. Sur ce point, le chef de la diplomatie algérienne a souligné au conseiller d’Obama en matière de sécurité et de lutte antiterroriste que le partenariat entre les pays membres du Cemoc et les Etats-Unis, ou d’autres pays partenaires, devrait reposer sur la formation, le partage des renseignements et la fourniture des équipements. La situation en Libye a aussi été au menu des discussions entre M. Brennan et M. Medelci qui a abordé la «feuille de route» proposée par l’Union africaine afin de trouver une issue pacifique au conflit, à travers la cessation immédiate de toutes les hostilités, l’acheminement de l’aide humanitaire et l’ouverture d’un dialogue entre le régime et l’insurrection.

Au cours de la première journée de sa visite à Washington, le ministre s’est aussi réuni avec le sous-secrétaire d’Etat adjoint pour les Affaires politiques, William Burns. 

Relevant «la coopération bilatérale de qualité sous tous ses volets entre les Etats-Unis et l’Algérie», M. Burns a salué «l’engagement de l’Algérie dans sa démarche volontariste en matière des réformes».

G. O.

 

      Haut

Le Président charge le gouvernement des réformes économiques

Des actions en faveur de l’entreprise

Le sujet qui semble être la priorité de l'Etat est celui du développement de l'entreprise. Etant la source de création d'emplois et de richesses, l'entreprise publique et privée bénéficiera de tout l'intérêt qu'elle mérite.

Les mesures annoncées par le président de la République lors du dernier Conseil des ministres portent essentiellement sur des réformes politiques, mais il est aussi vrai que le volet économique n’a pas été négligé. Dans ce sens, le gouvernement a été instruit afin d’accélérer la cadence des actions à mener au profit de l’entreprise et de l’économie d’une façon générale. 

En réalité, le Président vient de soumettre au Conseil des ministres le programme de réformes qu’il annoncé il y a quelques jours à la nation.

Le sujet qui semble être la priorité de l’Etat est celui du développement de l’entreprise. Etant la source de création d’emplois et de richesses, l’entreprise publique et privée bénéficiera de tout l’intérêt qu’elle mérite. Dans ce cadre, le Président a rappelé les engagements pris par l’Etat pour «une action profonde en direction de l’entreprise nationale, publique ou privée, pour appuyer son développement».

Dans le communiqué rendu public par la présidence de la République, il est mentionné que «cette démarche viendra renforcer et parfaire les mesures déjà prises pour diversifier l’économie nationale et pour valoriser l’importante dépense publique d’investissement en tant que plan de charge pour les entreprises locales». Pour y parvenir, Abdelaziz Bouteflika «charge donc le gouvernement de convier rapidement ses partenaires économiques et sociaux à une concertation tripartite exclusivement consacrée aux voies et moyens de soutenir le développement de l’entreprise et de promouvoir un climat plus propice à l’investissement et à l’activité économique». Les conclusions de cette concertation et des chantiers dont elle pourrait convenir, seront mises en œuvre au cours de cette année.

Développer le hors hydrocarbures et préparer la tripartite

Outre les mesures décidées au profit de l’entreprise, le Cnes est par ailleurs chargé de trouver les mécanismes aptes à faire de l’économie algérienne une économie diversifiée. «Le Conseil national économique et social assurera, dans le cadre de ses rapports périodiques, le suivi du développement de l’économie hors hydrocarbures et particulièrement de l’entreprise, de sorte à recommander les mesures complémentaires ou les correctifs qu’il serait utile de prendre en charge».

En parallèle, le gouvernement doit préparer, pour le mois de septembre prochain, la tenue d’une réunion plénière de la tripartite qui sera l’occasion d’aborder, avec les représentants des employeurs et des travailleurs, les dossiers liés aux questions sociales, a-t-on ajouté de même source.

La LFC 2011 approuvée

Après avoir abordé les recommandations et instructions envers le gouvernement, le Conseil des ministres est passé ensuite à son ordre du jour. Ainsi, il a examiné et approuvé le projet de loi de finances complémentaire pour l’exercice 2011. Ce projet est notamment destiné à accompagner en autorisations de programme et de crédits de paiements, et, le cas échéant, en dispositions législatives, les décisions prises par le Conseil des ministres en février dernier, pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens, répondre à la demande particulière d’emplois de la jeunesse et promouvoir davantage le développement de l’outil économique productif, lit-on dans le communiqué rapporté par l’APS. Dans ce cadre, «les dépenses publiques pour l’année 2011 augmenteront de 25%, passant de 6 618 milliards DA au titre de la loi de finances de l’année en cours, à 8 275 milliards DA dans la loi de finances complémentaire proposée».

Ceci étant, dans sa partie législative le projet de loi de finances complémentaire ne comporte aucun nouvel impôt ou taxe ni augmentation d’impôt et taxe. «Bien au contraire, il propose de nouveaux encouragements à l’activité économique», a-t-on rassuré.

Renforcer la lutte contre la corruption

L’autre chantier ouvert par l’Algérie et que le président de la République a évoqué lors du Conseil des ministres est celui de la lutte contre la corruption. Le communiqué de la Présidence souligne : «Notre pays est désormais doté d’un arsenal législatif complet pour la lutte contre la corruption et toutes les autres formes d’atteinte aux deniers et patrimoines publics.

Le rôle de l’Inspection générale des finances et celui de la Cour des comptes ont également été renforcés». Ceci dit, l’Etat ne prétend pas atteindre la perfection et l’arsenal juridique mis en place est souvent actualisé. «Nous compléterons ce jour ce dispositif juridique par des projets de révision de lois destinés à protéger les cadres et les gestionnaires dans l’exécution de leurs missions et dans la prise en charge du risque de gestion», conclut-on pour ce qui est des réformes d’ordre économique.   

Par Hafid M.

 

      Haut

Presse

«Evoluer vers une professionnalisation»

Le gouvernement va initier une large opération de formation et de perfectionnement des journalistes dans les métiers de la communication, et ce,  grâce à l’activation du fonds d’aide à la presse. Le Conseil des ministres, réuni avant-hier sous la présidence de Abdelaziz Bouteflika, a examiné le  projet de loi sur la dépénalisation du délit de presse et approuvé un projet d’amendement du code pénal relatif à cette question. Il s’agit de l’amendement  qui prévoit la suppression de la peine d’emprisonnement en maintenant l’amende pécuniaire, au niveau de l’article 144 bis relatif à l’offense au chef de l’Etat. La suppression de la peine d’emprisonnement est proposée aussi au niveau de l’article 146 relatif à l’outrage, à l’injure et à la diffamation contre le Parlement, les juridictions, l’Armée nationale populaire, tout corps constitué et tout autre institution publique. Le même projet propose l’abrogation pure et simple de l’article 144 bis 1 qui énonce les sanctions applicables à l’offense au président de la République, prévoyant  des poursuites à l’encontre des responsables de la publication, la rédaction et de la publication elle-même. Ainsi, le gouvernement a été  chargé, en concertation avec la  corporation  de la presse, d’accélérer  l’élaboration du projet de loi organique relative à l’information. «Outre les nouvelles garanties juridiques sur la liberté de la presse que cette future loi consolidera, nous travaillerons à une modernisation de l’espace médiatique national pour le porter au niveau de notre pluralisme démocratique et des ambitions de notre population, et pour conforter le professionnalisme et l’éthique», lit-on dans le communiqué rendu public. Mieux encore, une commission indépendante d’experts nationaux dans le domaine des médias audiovisuels, de la communication et de l’information sera mise sur pied. Elle aura pour  mandat de proposer les voies et les moyens d’améliorer le paysage audiovisuel, de promouvoir la communication par le biais des nouvelles technologies de l’information et d’identifier les domaines à travers lesquels l’aide publique contribuera à l’épanouissement de la presse écrite. Par ailleurs, précise le communiqué, une autorité de régulation des médias sera également instaurée une fois la nouvelle loi sur l’information promulguée et aura pour mission de veiller au respect des principes  de la liberté d’expression tout en garantissant  un accès équitable des partis politiques aux médias audiovisuel. Le président de la République a  instruit  également  le gouvernement de préparer les projets de loi relatifs à la publicité et aux sondages médiatiques. «Je profite de cette occasion pour rappeler au gouvernement qu’il est également chargé de préparer les projets de loi relatifs à la publicité et aux sondages médiatiques», a-t-il  souligné.

Yazid  Madi

 

      Haut

Abbas Aroua, ancien de l'ex-Fis et Florence Laufer, experte en coups tordus

Un jeu dangereux

La situation actuelle en Libye intéresse au plus haut point un pays comme la Suisse qui a eu, l’année dernière, maille à partir avec Kaddafi lorsqu’un de ses fils a eu des problèmes avec la justice pour avoir maltraité sa gouvernante. Le gouvernement suisse vient de geler les avoirs du guide libyen et de sa famille et compte les utiliser probablement pour soutenir les insurgés. Pour ce faire, Florence Laufer, une fonctionnaire des Affaires étrangères détachée dans des organismes qui surveillent les évolutions des civilisations interculturelles, a été chargée de suivre particulièrement la situation libyenne.

Qui est Florence Laufer ?

Voilà comment elle s’est présentée elle-même, comme ancienne étudiante, à l’université de Genève :

«Après mes études en géographie humaine, j’ai travaillé pour une ONG suisse, d’abord sur l’intégration des migrants et les droits des requérants d’asile, puis comme responsable du programme de développement et d’aide humanitaire au Moyen-Orient. J’ai ensuite été déléguée par la Confédération – le gouvernement suisse – dans le cadre du «Pool d’experts suisses pour la promotion civile de la paix», pour travailler au siège de l’ONU, auprès de l’Alliance des Civilisations. Je suis chargée de promouvoir auprès des pays membres et d’autres acteurs des mesures d’intégration de migrants afin d’améliorer la compréhension et la coopération interculturelle. Les outils d’analyse interdisciplinaire de la géographie me sont utiles pour saisir la complexité des systèmes sociaux, comme par exemple l’implication des migrations sur les notions d’identités, d’appartenance et sur les représentations territoriales. C’est ce cadre logique qui me permet de proposer des actions qui engagent les sociétés à se mobiliser de façon dynamique et inclusive».

Cette «experte», qui se présente par ailleurs comme une animatrice acharnée de la «défense des droits de l’Homme», entretient des relations constantes avec les services secrets suisses. Ce sont eux qui l’ont chargée d’établir un «pont» avec les figures salafistes de l’opposition libyenne puis l’ont mise en contact avec l’Algérien Abbas Aroua, ancien dirigeant du Fis et directeur de la Fondation Cordoue de Genève. Lui-même agent des services secrets du pays d’accueil, il dispose d’un entregent jugé important dans les milieux islamistes libyens et peut s’acquitter de cette mission qui vise à «fédérer» des hommes qui aujourd’hui luttent contre Kaddafi et demain peuvent le remplacer au pouvoir. La mission est donc importante et la rémunération de Abbas Aroua, de l’ordre de dix mille francs suisses mensuellement, n’est pas de trop pour le gouvernement. 

Qui est Abbas Aroua ?

Ancien dirigeant du Fis, Abbas Aroua s’est établi en Suisse où il a continué à défendre les thèses de son parti en attaquant le régime algérien, notamment sur les ondes de la radio suspendue de l’ex-Fis

«Essalam» et à travers sa tribune de propagande «Hoggar». Discrètement pris en charge par les services secrets du pays hôte, Abbas Aroua a pu ainsi mener ses activités de contact avec de nombreux ex-dirigeants islamistes exilés, en toute quiétude, et percevoir même des rémunérations conséquentes en contrepartie des informations qu’il fournissait. Ces informations intéressaient d’ailleurs, outre le gouvernement suisse, d’autres pays européens comme la France, l’Italie ou l’Allemagne. C’est ainsi que Abbas Aroua est devenu le «pourfendeur» des tyrans algériens et se permettait, pour sa propre crédibilité, de soutenir des chefs du Gia ou d’applaudir à des actes terroristes perpétrés en Algérie tout en les imputant systématiquement aux services de l’armée. L’essentiel pour ceux qui le manipulaient était qu’ils soient bien informés de ce qui pouvait se passer sur leurs territoires. La condition nécessaire à la bonne information résidait dans la crédibilité de l’homme.

De ce point de vue, Abbas Aroua s’est montré particulièrement actif. Outre sa filiation à l’ex-Fis, tendance salafiste, il s’est improvisé «universitaire» et organisait des réunions sur l’Algérie, la «dictature» qui y règne, l’économie, voire même l’Histoire en n’hésitant pas à affirmer, avec l’historien Messli, que le nombre de morts algériens pendant la révolution ne dépasse pas 8 000. Avec l’argent suisse, il a pu réunir des fonds pour sa fondation Cordoue de Genève, et se donner un surplus de respectabilité. Sa grande idée est d’œuvrer pour le «dialogue des religions chrétienne et musulmane» qu’il s’acharne à vouloir diriger politiquement contre l’Algérie. Il a pu ainsi organiser et participer, sous couvert universitaire, avec des hommes politiques comme Abdelhamid Mehri, ou des intellectuels comme Addi Lahouari qui apportèrent à sa dénonciation du régime «tyrannique» algérien un surplus de caution.

Un homme à plusieurs facettes

On peut dire que Abbas Aroua a plusieurs facettes. Politiquement, il poursuit plus que jamais son combat contre les responsables de l’interruption du processus électoral de janvier 1991. Ce qui l’amène à épouser les thèses terroristes tout en imputant, dans un double jeu, les actes eux-mêmes aux services de sécurité : c’est le fameux «qui tue qui ?» Idéologiquement, il prône la solution islamique tout en affirmant qu’il inscrit cette solution dans le cadre d’une entente avec le christianisme. Il arrive à réunir autour de lui des prosélytes musulmans et des hommes d’Eglise.

Secrètement, il collabore avec les services de renseignement suisses à qui il rend compte de toutes ses activités ; c’est là la condition de sa liberté d’action et de parole. Il approche et recrute pour le compte du gouvernement suisse, par exemple, l’Irakien Al-Qura Daghi Ali Mohieddine qui exerce à l’université de Qatar. Il établit des alliances avec d’autres activistes algériens, notamment Larbi Zitoun de Rachad, à Londres. On le voit régulièrement intervenir comme un leader d’opposition sur France 24 et surtout sur Al Jazeera, avec la qualité de «Docteur».

Un jeu dangereux

Les interventions médiatique et politique de Abbas Aroua en faveur de la Suisse contre la Libye, à l’occasion de la crise qui a secoué récemment les deux pays, ont été jugées remarquables. Aussi bien, c’est à lui qu’on a pensé naturellement lorsqu’il a fallu trouver pour Florence Laufer un homme capable d’établir des contacts avec les opposants salafistes libyens. Comme on le voit, le jeu trouble de certains pays en Libye, qui utilisent des Algériens, pour des objectifs inavouables peut servir tout à la fois à des hypothèses farfelues d’une implication algérienne dans la guerre qui agite ce pays voisin. Abbas Aroua peut se révéler n’être qu’un exemple parmi d’autres. En conséquence, sa dénonciation publique est nécessaire.  

Par Brahim Djalil

 

Alors qu'un semblant de calme règne sur Misrata

L’armée gouvernementale pilonne Zenten  

Le calme semblait revenir hier à Misrata, troisième ville du pays, à 200 km à l'est de Tripoli. Seules quelques lourdes explosions, très espacées, étaient entendues au loin, a rapporté l'AFP. Néanmoins, face à l’expiration de l’ultimatum fixé par Maâmar Kaddafi aux rebelles pour se rendre, hier les habitants de la ville de Misrata, ville assiégée depuis plus de deux mois par les forces pro-Kaddafi, étaient de plus en plus inquiets vu que le port de cette ville est la seule voie de ravitaillement pour eux. Par ailleurs, l’Otan a annoncé hier que le port de Misrata restait accessible bien qu’il soit toujours bombardé par les forces loyales à Maâmmar Kaddafi qui l’assiègent et qu’une mine flottant à la dérive constitue une menace pour la navigation, ont rapporté des agences. Selon ces sources, qui citent le vice-amiral Rinaldo Veri, au nom du quartier général de l’opération «Protecteur unifié», à Naples, quatre embarcations relevant des forces de Maâmmar Kadafi ont largué trois mines au large de Misrata vendredi dernier dans le but apparent de couper la ville et ses 300 000 habitants de toute aide humanitaire. Expliquant que deux de ces mines ont été détruites samedi dernier par l’Otan. Toutefois, la troisième, partie à la dérive, n’avait toujours pas été repérée cet après-midi, malgré l’arrivée dans la zone de chasseurs de mines de l’Otan. L’officier se félicitera que les raids aériens des alliés aient permis de «détruire la nuit dernière (avant-hier) trois obusiers autotractés qui bombardaient Misrata». En outre, l’amiral affirmera  que grâce à l’action de l’Otan la ville de Misrata n’était toujours pas tombée aux mains des forces loyales au colonel Kaddafi qui l’assiègent depuis deux mois. Sur un autre front, les forces libyennes ont resserré hier l’étau autour des rebelles à Jbel El-Gharbi dans l’ouest du pays, en renforçant leurs opérations dans cette zone contrôlée jusque-là par les groupes rebelles, selon les médias.

Selon ces derniers, des dizaines de missiles ont été tirés par les forces loyales au colonel Maâmmar Kaddafi sur la ville de Zenten, distante de près de 160 km au sud de la capitale Tripoli. Appuyées par des chars, les forces loyalistes se trouvaient en force dans le nord de la ville, selon des témoins, cités par les médias.

Les ONG réclament l’accès aux blessés

Les agences humanitaires ont demandé hier à garantir l’accès aux blessés et aux migrants bloqués à Misrata qui actuellement se trouve toujours sous contrôle des rebelles.

Lors d’une conférence de presse à Genève, le porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Jumbe Omari Jumbe, a appelé

«toutes les parties au conflit à autoriser le bateau affrété par l’OIM Red Star à accoster le port de Misrata afin de venir au secours de 1 000 migrants», et pour venir en aide aux «nombreux civils blessés, dont certains sont en soins intensifs». Pour sa part, le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), a indiqué que plusieurs centaines de patients ont besoin d’être évacués pour recevoir d’urgence des soins médicaux.

Quant au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), il a annoncé qu’il tenterait de joindre Misrata par route «au plus tard dans la semaine».

L’ambassadeur libyen quitte Londres

L’ambassadeur libyen à Londres, Omar Djelbane, expulsé par la Grande-Bretagne en raison d’attaques contre des bâtiments britanniques à Tripoli en réaction aux bombardements de l’Otan, a quitté le Royaume- Uni, a indiqué hier une source officielle.

Lynda N. Bourebrab

 

      Haut

Des locaux luxueux et des maisons dévalisés

Un important réseau de la «casse» tombe

Le plus âgé du groupe avait la tâche de localiser les victimes tandis que les deux autres acolytes passaient à l’action.

Un dangereux réseau, composé de trois malfaiteurs, F.F., 21 ans, A.L., 20 ans, et un autre âgé de 24 ans, un repris de justice, a été démantelé durant le week-end passé par les brigades territoriales de la Gendarmerie nationale de Zéralda, après avoir sévi pendant six mois. Ces trois malfaiteurs sont derrière la

«casse» de quatre maisons, et trois locaux haut de gamme. Ils agissent souvent de nuit, profitant de l’absence des propriétaires des maisons et autres locaux, se trouvant généralement dans des fêtes. Le plus âgé du groupe avait la tâche de localiser les victimes tandis que les deux autres acolytes passaient à l’action. En effet, trois appartements ont été dévalisés par ce groupe de malfaiteurs, dans la commune de Rahmania, une des maisons à Mahelma, une boutique à Souidania, et les deux autres dans l’agglomération de Rahmania également et ce, depuis qu’ils sont en activité. Durant leurs actes, les trois accusés ont volé plusieurs objets de valeur, notamment des équipements «High Tech», des produits électroménagers, des sommes d’argent et bien entendu des bijoux de valeur. Certes, une petite partie des objets volés a été récupérée par les gendarmes. Toutefois, le gros lot a été déjà vendu par ces accusés, d’autant qu’ils sont en activité depuis six mois déjà. Ainsi, et durant le week-end passé, les gendarmes de Zéralda ont été informés de l’existence de ce dangereux groupe de malfaiteurs qui agit, dangereusement, dans les localités de Rahmania, Mehalma, Souidania et Zéralda. Aussitôt informés, les éléments de la GN de cette commune ont surveillé les malfaiteurs durant quelques jours, après leur identification. Une souricière a été tendue, le week-end dernier, à ce réseau de malfaiteurs qui, cette fois-ci, avait pour but de dévaliser un appartement à Rahmania. Profitant du départ momentané des occupants de cet appartement, les malfaiteurs ont dû passer à l’acte pour le dépouiller. En effet, après quelques dizaines de minutes de surveillance, et ce, à 1h00 du matin vendredi passé, au niveau de cet appartement situé dans la localité de Rahmania, l’un des malfaiteurs, le plus âgé du groupe était  à l’extérieur surveillant l’arrivée des services de sécurité. Ce dernier a pris la fuite après avoir repéré les gendarmes. Au même moment, les deux autres étaient prenaient  la fuite. Sur place, ces deux malfaiteurs sont capturés la main dans le sac par les gendarmes, tandis que le «guetteur» a pu s’enfuir et aujourd’hui, activement recherché. Sur place, les gendarmes ont pu récupérer un lot d’objets volés par ce réseau. Il s’agit d’une somme de 11 000 dinars, d’un important lot de bijoux de valeur, d’une caméra numérique, d’une console de jeux (PS2), et autres objets. Ils étaient cachés dans un sac plastique noir qu’utilisaient les malfaiteurs pour dissimuler ces

«butins de guerre». Après leur arrestation, les deux accusés ont fini par avouer leurs actes. Ils ont été présentés au procureur de la République près le tribunal de Koléa.     

Par Sofiane Abi

      Haut

Copyright 2003 Le Jour d'Algérie. Conception  M.Merkouche