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Terrorisme
Attaque au heb heb contre un commissariat
La
riposte des forces de sécurité a fait fuir les auteurs
de l’attaque embusqués dans une forêt surplombant la
BMPJ.
Une
attaque terroriste à l’aide de heb heb a été perpétrée
hier par un groupe armé à Tigzirt au nord de la wilaya
de Tizi Ouzou. En effet, peu après 07 heures du matin
une roquette artisanale a atterri dans l’enceinte de la
brigade mobile de la police judiciaire se trouvant sur
les hauteurs de la ville de Tigzirt à proximité du CFPA.
Mais la riposte des forces de sécurité a fait fuir les
auteurs de l’attaque embusqués dans une forêt
surplombant la BMPJ. On déplore un civil et un
militaire blessés mais sans gravité. Selon des sources
concordantes, le groupe terroriste serait composé d’au
moins quatre individus qui ont réussi à prendre la fuite
profitant du mouvement de panique et surtout de la
vigilance des forces de sécurité qui redoutaient le
scénario d’un guet-apens. Ainsi, de nouveau, la région
de Tigzirt est secouée par un acte terroriste après une
période d’accalmie qui a suivi l’attaque à la bombe dont
une patrouille de la gendarmerie a été victime l’été
dernier au niveau de la plage de Tasselast. Selon des
sources au fait des questions sécuritaires, le recours
des terroristes à la méthode des attaques à la roquette
artisanle démontre si besoin est la réduction de leur
capacité de nuisance grâce à la traque des forces de
sécurité soutenue ces derniers mois, d’où la recherche
des actes à effet médiatique par des irréductibles de
l’ex-GSPC.
Par
Hamid M.
Crise du Nord Mali
L'Algérie a suspendu sa médiation
Comme
nous l’annoncions dans notre édition d’hier, l’Algérie a
suspendu sa médiation dans la crise du Nord Mali.
L’Algérie a décidé de suspendre sa médiation dans la
crise du Nord Mali par mesure de représailles à la
libération, par le Mali, de quatre islamistes, dont un
Algérien recherché pour terrorisme, a appris APA, lundi
à Bamako de sources bien informées. Le retrait algérien
se concrétise, depuis mardi, par le départ des Algériens
du Comité de suivi de l’Accord d’Alger, mis en place à
Kidal (nord-est du Mali) pour faciliter le dialogue
entre le gouvernement malien et la rébellion touarègue,
a ajouté les mêmes sources. Une vague de froid souffle
sur les relations algéro-maliennes depuis que les
autorités maliennes ont accédé à une exigence de la
branche maghrébine d’Al Qaïda (AQMI) en libérant quatre
islamistes pour sauver la vie de l’otage français Pierre
Camatte. Jugeant cette décision «d’inamicale» et
contraire à la Convention bilatérale de coopération
judiciaire et d’extradition en vigueur entre les deux
pays, Alger a rappelé le 23 février dernier son
ambassadeur à Bamako pour «consultation». L’on
s’attendait, depuis à Bamako, à des mesures de rétorsion
et à une détérioration des relations d’amitié entre les
deux pays. Pays facilitateur entre le gouvernement
central de Bamako et la rébellion touarègue, l’Algérie
avait contribué à la signature d’un «Pacte national» en
1992, au Mali, avant d’apporter son parrainage à la
conclusion de nouveaux accords, signés le 4 juillet 2006
sous le nom d’«Accord d’Alger». Pour le suivi de ce
dernier accord, un comité de 9 membres, comprenant trois
représentants du gouvernement malien et autant de
représentants de la rébellion touarègue et du
facilitateur algérien, avait été mis en place le 11 août
2006 à Kidal. Le colonel Ouadahi Achour, le commandant
Zemali El Hadj et l’adjudant chef Sakhi Youcef avaient
été désignés par le facilitateur algérien pour le
représenter. En 2008, l’Algérie avait argué du
«non-respect» de l’ensemble de ses engagements par le
gouvernement malien pour suspendre, pour la première
fois sa médiation dans la crise du Nord Mali, avant de
la reprendre à la suite d’intenses échanges
diplomatiques.
Affaire d'argent
Peine capitale pour homicide volontaire
Le
tribunal criminel près la cour de Tizi-Ouzou, statuant
par contumace lundi dans une affaire d’homicide
volontaire, a prononcé la peine capitale à l’encontre
des accusés DJ. Boukhalfa et M. Ben Khedhra. Selon
l’arrêt de renvoi, la victime, S. Amar, commerçant
d’équipements informatiques, a été assassinée avec une
arme à feu le 4 août 2004 à l’entrée nord de la ville d’Azazga.
Les deux assassins, deux repris de justice notoires en
cavale actuellement, ont eu maille à partir avec la
victime au sujet d’une affaire d’argent, survenue en
France où le défunt gérait un débit de boissons. Le soir
du meurtre, les deux coupables avaient invité la victime
à «prendre un coup» avec eux dans un bar de la ville d’Azazga,
chose que ce dernier accepta volontiers, sans se douter
que ces deux individus allaient lui dresser un
guet-apens au niveau du pont du Sebaou. Une fois sur les
lieux, ils l’ont intercepté, en compagnie d’un ami,
qu’ils rouèrent de coups, avant de tirer sur la victime
qui rendit l’âme sur place, a précisé la même source. Le
tribunal a acquitté deux mis en cause dans la même
affaire, A. Ben H’lal et H. Karim, faute de confirmation
des charges.
La question du jour
Accumulation de désaccords
Que
les relations entre l’Algérie et la France ne soient pas
au beau fixe, cela est l’évidence même. Peut-être qu’il
n’y a pas de meilleur signe que les diplomaties des deux
pays sont en froid, pour ne pas dire plus, que cette
invitation faite à des journalistes francophones
algériens, à qui on a fait faire, à un train d’enfer,
une visite guidée dans Paris et Marseille, avec pour
principale étape le passage au Quai d’Orsay où un
fonctionnaire s’est chargé, sans rien leur apprendre
d’ailleurs qu’ils ne sachent déjà, de leur détailler les
sujets de désaccords existant actuellement entre les
deux pays.
J’entends certains dire : oui, mais, est-ce la première
fois que Paris et Alger, pour parler le langage des
dépêches, se trouvent au bord de la rupture, sans que
celle-ci advienne pourtant ? C’est une tradition chez
eux. Les intérêts qui les lient sont tels qu’ils sont
obligés de trouver sinon des solutions durables ou
définitives à leurs différends, du moins un modus
vivendi acceptable pour les deux, ne serait-ce que pour
expédier les multiples affaires courantes qu’ils ont en
commun.
Cette
remarque est sans doute vraie. Néanmoins, si ceux qui la
soulèvent veulent dire que le climat actuel entre les
deux pays n’a tout compte fait rien de vraiment
exceptionnel, et que de toute façon il finira par
s’améliorer, ainsi que les choses se sont toujours
passées, alors ils se trompent. Car cette fois-ci, à la
différence du passé, ce n’est pas un désaccord qui est
venu gâter les relations entre les deux pays, mais une
accumulation de désaccords, pas tous certes du même
ordre ni de la même gravité, ni non plus de la même
durée. Certains sont plus anciens que d’autres. Quelque
chose cependant a fait qu’ils se sont agglutinés tous
pour former une seule volumineuse tumeur. C’est elle que
le fonctionnaire du Quai d’Orsay s’est appliqué à
décomposer en ses éléments devant des journalistes triés
sur le volet, dont il était attendu qu’ils servent
d’intermédiaires entre la France officielle et l’opinion
publique algérienne, vu que les deux diplomaties avaient
pour ainsi dire cessé de se parler, comme le montre bien
cette visite de Bernard Kouchner qui n’en finit pas
d’être reportée.
Ce
n’est pas d’hier que les Français et les Algériens sont
en désaccord sur la question du Sahara occidental. Mais,
par contre, c’est tout récemment que la France a placé
l’Algérie sur la liste des pays représentant un risque
terroriste majeur, dont les ressortissants en
conséquence doivent faire l’objet d’un contrôle
spécifique dans les aéroports français. Par ailleurs,
les dissentiments des deux pays sur la période coloniale
sont vieux de quelques années, mais pas aussi vieux que
leur différend sur le Sahara occidental. La «guerre des
mémoires» comme l’appellent certains historiens français
avec un évident plaisir, rien n’étant aussi vendeur
qu’une guerre se faisant, c’est seulement ces dernières
années qu’elle a éclaté. Auparavant, les deux pays
étaient d’accord pour que chacun en pense ce qu’il veut.
C’est depuis qu’il est question d’un traité d’amitié
entre eux qu’ils se sont aperçus que la période
historique en question n’a pas laissé la même impression
générale de part et d’autre de la Méditerranée. Si bien
qu’on peut dire que s’ils n’ont pas nourri l’ambition de
se faire plus amis qu’ils ne le sont en réalité, le
lourd climat qui pèse sur leur relation serait
aujourd’hui allégé d’un important contentieux. L’Algérie
n’aurait pas demandé des excuses et la France, en guise
de réponse, n’aurait pas fait voter une loi positivant
le colonialisme. Et alors les députés algériens
n’auraient sûrement pas songé à proposer une loi le
criminalisant.
C’est
tout récemment aussi que la France a obtenu la
libération d’un ressortissant à elle, Pierre Calmatte,
dont du reste qu’il est en réalité un espion,
antérieurement détenu en otage au Mali par Al Qaïda au
Maghreb, en échange de la libération de quatre
terroristes, dont deux Algériens, demandés par leur
pays.
Faire
pression sur un pays pour accepter un échange pareil,
contraire à tous les engagements de la communauté
internationale en matière de lutte antiterroriste, il
n’y a que la France pour le faire et qu’une ancienne
colonie française pour obtempérer. Mais ne pas se
contenter du résultat, mais faire une visite-éclair au
Mali, lors d’un voyage en Afrique, pour féliciter le
président du pays, ça, il faut le reconnaître, il ne
suffit pas d’être un président français pour le faire,
il faut aussi être Nicolas Sarkozy.
Par
Mohamed Habili
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