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A quelques jours du mois de ramadhan
Risque de pénurie de pain
Les
boulangers perdent 7 500 DA pour chaque heure de coupure
de courant. A cela, il faut ajouter le manque
d'organisation.
Une
pénurie de pain est à craindre durant ce mois de
ramadhan. Selon le président de l’Union nationale des
boulangers Youcef Kalfat, les problèmes que connaissent
les professionnels du pain risquent de se répercuter sur
la disponibilité de cet aliment indispensable pour les
Algériens. Bien que la consommation du pain «normal»
baisse de 80% durant le mois sacré, sa présence sur la
meida du f’tour demeure néanmoins irremplaçable. Les
boulangers imputent ce risque de pénurie à la
persistance des problèmes qui durent depuis des mois et
dont le règlement tarde à se faire. Il citent notamment,
la cherté des produits de première nécessité mais
surtout les coupures de courant. Selon M. Kalfat, les
boulangers perdent 7 500 DA pour chaque heure de coupure
de courant. A cela, il faut ajouter le manque
d’organisation. Selon lui, plusieurs boulangers
préfèrent baisser rideau durant la période d’été. Faute
d’une planification des congés, beaucoup de boulangeries
ferment en même temps, ce qui cause un manque de
l’offre. Aussi, l’orateur a relevé le non- respect par
certains boulangers du prix du pain et le phénomène de
la vente de cet aliment d’une manière illégale sur les
trottoirs et places publiques. Bref, l’Union nationale
des boulangers attire l’attention des autorités
publiques sur les problèmes que traverse la profession
et demandent un règlement définitif des contraintes
exposées. Hormis le pain, l’Union générale des
commerçants et artisans algériens (UGCAA), annonce que
ce mois de ramadhan sera caractérisé par une stabilité
des prix des produits de large consommation. Le
président de l’UGCAA, Salah Souileh, annonce que les
commerçants en collaboration avec certaines instances
œuvreront à assurer la disponibilité des produits de
large consommation à des prix raisonnables. Ainsi, la
SGP «Proda» est chargé de mettre 500 000 tonnes de
viandes blanches sur le marché, alors que l’Office
national de l’alimentation du bétail assurera quelque
4 200 tonnes de poulets congelés et 4 000 tonnes de
viande bovine congelée sera importée de l’Inde. Les
sociétés en question devraient respecter un cahier des
charges les obligeant à appliquer un prix unique, arrêté
à 250 DA/kg pour le poulet congelé et 450 DA pour la
viande congelée importée de l’Inde. Aussi, 5 000 tonnes
de viande rouge fraîche seront importées spécialement en
prévision de ce mois sacré. M. Souileh a affirmé que les
prix des huiles alimentaires et du sucre enregistreront
une baisse de 4 à 6 dinars. Comme il a prévu des offres
promotionnelles sur les prix de l’eau minérale. Quant
aux fruits et légumes, les prix seront revus à la baisse
comparativement aux années précédentes. C’est le cas
notamment de la pomme de terre dont l’application du
système du «Syrpalac» permettra d’inonder le marché et
d’éviter tout risque de spéculation. De son côté,
l’Office national interprofessionnel du lait a été
chargé de constituer des stocks supplémentaires, en
mesure de répondre à la demande durant une durée de
trois mois.
Aomar F.
L’UGCAA exclut toute hausse des prix des produits de
large consommation
Le
secrétaire général de l’Union générale des commerçants
et artisans algériens (UGCAA), Salah Souilah a exclu
samedi à Alger toute hausse des prix des produits de
large consommation durant le mois de ramadhan. «Les prix
des fruits et légumes ne connaîtront pas de hausse
durant le ramadhan car le mois sacré coïncide avec la
saison de récolte de plusieurs fruits et légumes qui
permettront de couvrir la demande sur les marchés», a
précisé M. Souilah lors d’une conférence de presse. Le
SG de l’UGCAA a en outre souligné que le prix du poulet
devrait s’établir autour de 200 DA/kg durant le mois de
ramadhan contre 300 DA/kg actuellement grâce au stock
constitué par des entreprises relevant de la Société de
gestion des participations de la production animale (SGP
Proda). M. Souilah a imputé la rareté des viandes
blanches aux difficultés que rencontrent les éleveurs de
volaille, notamment en été. Il a rappelé les mesures
prises par l’Etat pour importer près de 5 000 tonnes de
viandes rouges congelées qui permettront, a-t-il dit,
une stabilisation des prix autour de 450 DA/kg.
Concernant les autres produits de consommation,
notamment le sucre et l’huile, le SG de l’UGCAA a
indiqué que leurs prix connaîtront une baisse durant le
mois de ramadhan.
R.
D.
La question du jour
Des
statistiques qui gagneraient à être affinées
Si le
seul but recherché par le gouvernement à travers les
nouvelles orientations économiques était de réduire le
coût des importations, tout en faisant l’économie des
pénuries susceptibles d’en découler, alors force serait
de reconnaître qu’une année d’application n’a pas été
vaine.
Admettons, dira-t-on, mais faire baisser le coût dans un
domaine donné n’est pas quelque chose de bien difficile,
la tâche n’exigeant aucune qualité particulière. Une
année après la mise en œuvre du dispositif filtrant, et
même refoulant, les importations sont revenues moins
chères. La belle affaire ! Fallait-il donc s’attendre à
ce qu’elles renchérissent? Si c’était le cas, oui, il
aurait fallu se poser sérieusement des questions sur le
pourquoi du comment. Mais là, avec une politique de
restrictions tous azimuts et se traduisant comme de
juste par une baisse, à confirmer d’ailleurs, il n’y a
pas grand-chose à porter au crédit des gouvernants.
La
réalité, c’est qu’il y a une année, au moment de la
publication de ces mesures, il n’était pas du tout
évident que la baisse allait se produire. Beaucoup au
contraire étaient convaincus de leur inefficacité, dans
l’idée que les importations sont de toute façon
incompressibles, et que sauf à vouloir désorganiser
complètement l’économie, ce qui tout de même ne semblait
pas être l’objectif de ce gouvernement, aussi
irresponsable qu’il puisse paraître par ailleurs, il
n’est pas de politique volontariste capable d’infléchir
leur progression. D’autres, souvent les mêmes mais
revenant à la charge quelque temps plus tard, voyant
qu’ils avaient beau tempêter, prédire un retour de
manivelle dévastateur, le gouvernement restait droit
dans ses bottes, ont cherché à se consoler en se disant
que tout compte fait ce n’est pas à une politique
nouvelle qu’ils avaient affaire, à un mode de croissance
qui serait en rupture avec celui qui était suivi
jusque-là, mais seulement à un réflexe de panique
provoqué par la baisse drastique des recettes
pétrolières par suite de la crise économique mondiale.
Que cette dernière vienne à être surmontée, ce qui de
leur point de vue ne saurait tarder, faisant du même
coup repartir à la hausse le prix du baril, et ce même
gouvernement dont l’acte de bravoure a été la LFC 2009,
s’empressera de la récuser.
Cette
opinion n’est peut-être pas de nature purement
compensatoire. Toujours est-il qu’une année après, le
gouvernement n’a rien fait qui puisse la conforter. Tout
au contraire, il donne de plus en plus le sentiment que
son but n’est pas tant de contracter les importations
que d’empêcher qu’elles ne finissent par se substituer
totalement à la production locale tout en dilapidant
l’argent du pétrole.
Pour
autant, une année de pratique ne nous dit pas pour
chaque baisse quelle mesure a fait quoi.
Un
exemple parmi d’autres : l’importation de voitures a
baissé les 6 premiers mois de l’année en cours de près
de 18% par rapport à la même période de 2009. Ce n’est
pas la seule baisse enregistrée. Mais à quoi est-elle
attribuable: à la suppression du crédit à la
consommation, au crédoc, ou à une autre disposition ?
Aucune étude n’est encore faite qui nous permette de
faire la part de chaque mesure dans l’obtention de
chaque baisse. On ne peut même pas dire à l’heure
actuelle que du moins elles y ont toutes été pour
quelque chose, même dans des proportions inégales.
Néanmoins, notre ignorance à cet égard n’est pas la même
partout. Ainsi, nous savons que le crédoc n’est
quasiment pour rien dans le fait que l’importation des
médicaments ait chuté cette année, que cela est
imputable à l’interdiction d’importer des médicaments
fabriqués localement.
L’industrie pharmaceutique est d’ailleurs la seule qui
soit en train de se substituer aux importations.
Par
Mohamed Habili
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