|
Kaddafi «prêt»
à une fin de conflit
Le médiateur de
l’UA fustige l’Otan
Le président
sud-africain Jacob Zuma, qui a rencontré le colonel Kaddafi
avant-hier à Tripoli en tant que médiateur de l’Union africaine, a
appelé l’Alliance atlantique à un cessez-le-feu préalable aux
négociations de paix.
A ce sujet, Jacob
Zuma, à l’issue de sa brève visite en Libye, indiquera que le
dirigeant libyen n’est «pas disposé» à quitter la Libye mais il est
«prêt» à mettre en application la feuille de route de l’UA pour
mettre fin à la crise libyenne. Selon le médiateur de l’UA, après
avoir eu une «discussion détaillée» avec le Guide libyen, ce dernier
a demandé qu’on «donne l’opportunité aux Libyens de discuter entre
eux» et de trouver une solution à la crise qui secoue le pays depuis
la mi-février.
D’un autre côté,
le président sud-africain a estimé que les raids de l’Otan sapaient
la médiation africaine en faveur de la paix en Libye affirmant par
ailleurs que le dirigeant libyen en avait accepté la feuille de
route que le CNT libyen rejette. En effet, le médiateur sud-africain
dira que le fait d’avoir à
«demander la
permission de l’Otan» pour se rendre en Libye
«sapait
l’intégrité de l’Union africaine». Et d’affirmer dans ce contexte
que «nous ne pouvons permettre que ce conflit dure trop longtemps.
Cela pourrait déboucher sur une situation malheureuse pour la Libye
et peut-être pour Kaddafi lui-même». En outre, la médiation de l’UA,
qui a appelé l’Otan à cesser ses bombardements, prévoit un
cessez-le-feu et l’instauration d’une période de transition
conduisant à des élections démocratiques.
Pour sa part, la
télévision libyenne a diffusé des images de Maâmmar Kaddafi qui
accueillait Jacob Zuma à l’entrée d’un bâtiment. Il s’agissait là,
de la première apparition publique du Guide libyen depuis quelques
semaines.
Les rebelles
deviennent l’ALN
Quant au CNT, pour
lequel toute négociation reste tributaire du départ de Kaddafi et de
son régime, a annoncé hier que les forces de la rébellion libyenne
qui combattent le régime de Kaddafi s’appelleront désormais Armée de
libération nationale (ALN), pour refléter leur «professionnalisme»
grandissant. A ce sujet, dans un communiqué nommant l’ALN libyenne,
le CNT dira qu’il «espère que cette appellation temporaire permettra
de mieux exprimer le professionnalisme grandissant (des rebelles) et
les efforts de discipline militaire pour renverser le régime de
Kaddafi». Les forces armées de la rébellion sont constituées pour
l’essentiel de jeunes volontaires, sans expérience militaire,
encadrés souvent par d’anciens militaires de l’armée libyenne.
L’Otan
intensifie ses bombardements sur Tripoli
Sur le plan
militaire, l’Otan a intensifié ses bombardements dans le but de
porter le coup décisif au régime libyen. A ce sujet, l’agence Jana
rapportera que «des sites civils et militaires dans la région de
Wadi Kaam, à Zliten, ont été la cible lundi de raids de l’agresseur
colonialiste croisé», ajoutant que «11 martyrs sont tombés et un
certain nombre de personnes ont été blessées». En outre, dans la
nuit de lundi à mardi, l’Otan a mené de nouveaux raids sur Tripoli
et sa banlieue Tajoura ainsi qu’à Al-Jafra, à 600 km au sud de la
capitale, a rapporté la télévision d’Etat libyenne. A noter à ce
propos, que l’Otan, qui a pris le 31 mars dernier la tête de la
coalition internationale, a quant à elle annoncé avoir détruit une
vingtaine d’objectifs militaires lors des frappes menées dimanche.
Le régime de Kaddafi s’est vu par ailleurs affaibli avec la
défection d’une part, d’un bon nombre de ministres, mais surtout par
celle des huit officiers libyens, dont cinq généraux, qui ont fait
défection et ont appelé avant-hier d’autres officiers à suivre leur
exemple lors d’une conférence de presse depuis Rome. De ce fait,
l’ancien ministre libyen des Affaires étrangères, Abdel Rahman
Chalgam a indiqué que les officiers en question «font partie des 120
qui ont quitté Kaddafi et la Libye ces derniers jours». A cela
s’ajoute, sur la scène diplomatique, le régime de Tripoli qui se
voit de plus en plus fragilisé, notamment depuis que son allié de
toujours en l’occurrence la Russie, a rejoint, vendredi dernier, les
rangs des Occidentaux qui, unanimement, réclament le départ du
dirigeant libyen.
Arrivée de
Frattini à Benghazi
Le chef de la
diplomatie italienne Franco Frattini est arrivé hier à Benghazi,
fief de la rébellion libyenne dans l’Est du pays, où il doit
inaugurer un consulat, a rapporté l’AFP. Franco Frattini devait
inaugurer officiellement à la mi-journée d’hier un consulat italien
à Benghazi après avoir tenu une conférence de presse aux côtés du
président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha
Abdeljalil.
Un nouveau camp
de réfugiés à Tataouine, un millier de réfugiés en Sicile
Sur le plan
humanitaire, un nouveau camp de réfugiés d’une capacité de 1 600
personnes, financé par le Qatar, a ouvert ses portes en Tunisie, à
Tataouine, alors que près de 60 000 Libyens fuyant les violences se
trouvent dans la région, a indiqué le responsable qatari du camp à
l’AFP. Par ailleurs, près d’un millier de réfugiés fuyant les
combats en Libye sont arrivés hier matin à bord d’un navire de pêche
à Pozzallo, près de Raguse, à l’extrême sud de la Sicile, ont
annoncé les garde-côtes italiens.
«Libya Al
Hurra»,la télé de la rébellion
«Libya Al Hurra»,
première télévision libyenne à être lancée depuis le début de la
rébellion contre Maâmmar Kadddafi a commencé avant-hier soir à
émettre depuis Benghazi, fief de la rébellion dans l’est du pays. La
première émission de Al Hurra (La liberté) a démarré à 20h locales
sur la place de la Révolution, symbole de l’insurrection du 17
février contre le régime du colonel Kaddafi, très fréquentée le soir
par les habitants de Benghazi.
Pékin appelle à
résoudre la crise par la voie politique
La Chine a appelé
hier les parties en conflit en Libye à un cessez-le-feu et à
résoudre la crise par la voie politique.
En effet, la
porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Jiang Yu
a déclaré lors d’un point de presse que
«la Chine appelle
toutes les parties intéressées à cesser les combats et résoudre la
crise par la voie politique». Affirmant que «nous espérons que les
parties en Libye donnent la priorité aux intérêts du pays et du
peuple, prennent pleinement en considération la médiation mise en
place par la communauté internationale et réduisent les tensions
rapidement».
La porte-parole a
souligné à cette occasion que son pays
«respecte le choix
du peuple libyen et soutient tous les efforts utiles pour régler la
crise par une voie politique».
Elle a ajouté, en
outre, que la Chine resterait en contact avec toutes les parties
concernées et qu’elle était «prête à jouer un rôle dans la recherche
de solutions politiques à la crise libyenne».
Par Lynda N.
Bourebrab
Haut
Copyright 2003-2011 Le Jour d'Algérie.
|